Pochoir

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Personnages réalisés au pochoir.

Le pochoir est une technique d'impression (ou technique picturale) qui permet de reproduire plusieurs fois des caractères ou des motifs sur divers supports.

Le pochoir est aussi la « feuille de carton ou de métal découpée, pour colorier avec une brosse, le dessin ayant le contour de la découpure », selon la définition du dictionnaire Larousse en 1874.

Le pochoir est utilisée depuis des siècles et ce, à des fins très variées (décorative, éducative, industrielle, artistique, publicitaire, signalétique, de protestation ou, même, par commodité). Très fréquemment, on a recours à cette technique pour former des lettres.

Histoire[modifier | modifier le code]

Graffiti réalisé avec deux pochoirs.

On peut donner comme origine du pochoir la technique qu'utilisaient les ancêtres des hommes pour décorer les cavernes de l'image de leur main, en soufflant un pigment pour en faire ressortir uniquement les contours.

Cette technique a été utilisée dans l'édition dès le XVIIe siècle, en particulier pour l'impression de textes liturgiques (le grand format des livres de chœur n'était pas compatible avec les caractères mobiles.

L'application se faisait manuellement à l'aide d'une brosse, grâce à des pochoirs généralement réalisés dans un alliage de laiton et de zinc[1].

Quelques utilisations actuelles[modifier | modifier le code]

L'utilisation de la technique du pochoir dans notre société est encore courante même si elle peut passer inaperçue.

Son usage en dehors du cercle de l'« art de la rue » se conserve quelque peu, bien que remplacé par la sérigraphie, en d'autres temps, et aujourd'hui par les nouvelles formes de reproduction via l'informatique.

On retrouve certains marquages publics comme « PAYANT » au pied d'une place de parking, les passages pour piétons ou des « Défense d'afficher - Loi du 21 juillet 1881 ».

En pâtisserie, le pochoir fut introduit en 1957 en application de décors par Jean Louis Daudignac, alors maître pâtissier à l’hôtel Lutetia à Paris, dans une matière en cuivre pour décorer de chocolat les entremets recouvert de pâte d'amande[réf. nécessaire]. Jean Louis Daudignac consacrera sa carrière de fabricant de pochoirs pâtisseries au service de cette profession[réf. souhaitée].

Très en vogue depuis les années 2000, l'art du Fait Maison (ou Home déco) s'accorde particulièrement avec le pochoir : en effet, tout le jeu est de personnaliser ses objets, sa décoration intérieure ou même ses vêtements de manière harmonisée, et le pochoir permet de réaliser sa décoration personnalisée de manière très facile, et ce pour tous les loisirs créatifs en vogue (scrapbooking, carterie, toiles, home-staging, objets de récupération, transformation de meubles...)[réf. nécessaire]

Le pochoir pratiqué comme art[modifier | modifier le code]

La discipline, une des plus importantes de l'art urbain apparaît de manière régulière à Paris, au début des années 1980, et à diverses périodes antérieures et postérieures dans d'autres villes et pays. La continuité d'action de rue et la multiplication des supports de conservation d'images, via la photographie, entraînent alors une sorte de suivi des « traces urbaines » au moins pour Paris.

Naissent alors plusieurs « noms » du pochoir. Blek le rat est souvent désigné comme point de départ du mouvement parisien début 1980, mais Marie Rouffet en 1982 dit en avoir vu avant au Canada.

On le nomme « graffiti au pochoir », « pochoir urbain » ou « pochoir de rue », historiquement associé à la figuration libre.

Les pochoiristes sont souvent des peintres de rue, utilisant une matrice de carton ou de métal, pour reproduire des dessins sur les murs, ou toute autre surface plane. Au début des années 1980, Paris voit apparaître une pléiade d'artistes s'exprimant sur les murs. Ce mouvement du graffiti urbain connaît aujourd'hui des artistes reconnus par les circuits officiels et une communauté bien plus large d'individus s'exprimant pour des raisons aussi variées qu'il existe de couleurs.

Les grands pochoiristes des années 1980 comptent Blek le rat, Jef Aérosol, Mix Mix, Miss.Tic, Marie Rouffet, Jean Bombeur, Jérôme Mesnager, Epsylon Point, Paul Etherno, Hervé Morlay (dit VR), Nice Art, Surface Active, Midnight Heroes, les Nuklé-Art, Kim Prisu, Kriki, le Rire du Fou, les Potaches pocheurs...

Les années 1990 voient apparaître Némo, Le Bateleur, Hao, Zao, le collectif Splix (Pixal Parazite, Spliff-Gâchette), Laszlo, Sorcière, Mosko...

Technique[modifier | modifier le code]

Graffiti pacifiste au pochoir.

L'utilisation de la technique du pochoir peut se découper en 2 grandes étapes :

  1. La découpe, comprenant :
    • Le choix du motif à reproduire
    • Le choix du matériau
    • La découpe proprement dite
  2. L'application, comprenant
    • Le choix du support
    • Le choix du type de couleur
    • L'application proprement dite

Choix du motif[modifier | modifier le code]

L'image destinée à être reproduite peut être dessinée ou récupérée (photo, magazine, affiche...). Suivant le matériau dans lequel sera fait le pochoir, un choix doit être fait entre l'utilisation d'un calque pour copier l'image, ou la découpe directe d'après le master de l'image photocopiée ou dessinée. Le motif peut également être retravaillé pour différencier des zones de couleurs similaires et créer une série de calque (un par couleur).

Choix du matériau[modifier | modifier le code]

Le pochoir doit être découpé dans de la résine

Aujourd’hui il existe de nouveaux pochoirs à mi-chemin entre les matériaux existants : souples et adhésifs, fabriqués sans un PVC assez fin, ils permettent de réaliser ses motifs sur des surfaces non lisses et non planes. Le pochoir adhésif repositionnable permet d'éviter l'ajout de colle repositionnable en aérosol (et donc contribue à l'environnement) et permet de très nombreuses réutilisations (et donc très économique). Enfin, son caractère adhésif permet de travailler d'une seule main et d'effectuer parfaitement frises et encadrements.[réf. nécessaire]

La découpe[modifier | modifier le code]

Pour la découpe manuelle, on peut utiliser un couteau à lame rétractable à lame la plus fine possible, un scalpel, une scie à chantourner, ou des ciseaux. Des machines peuvent être programmées pour découper des motifs dans du métal, du bois ou du plastique très rigide.

Les textes et les lettres dans le pochoir[modifier | modifier le code]

Texte au pochoir.

Dans une police « classique », il y a deux types de lettres : les lettres ouvertes (C E I M N S Z...) et les lettres fermées (A O P Q R...). Certaines peuvent être ouvertes ou fermées, suivant qu'elles sont en majuscules ou minuscules : r et R, g et G...

Exemples de police pochoir :

  • Les points de retenue des formes intérieures sont déjà prévus, dans ce cas ce sont les intérieurs qui seront découpés et donc peints.
  • Exemple inverse, ici ce sont les extérieurs qui sont découpés et donc peints. Les contours des lettres seront colorisés et rendront les lettres lisibles.

Ce principe d'intérieur/extérieur s'applique également à l'interprétation d'un portrait, ou de toute autre forme.

Les ombres et volumes[modifier | modifier le code]

Une image est généralement constituée d'un ensemble de lignes qui compose la forme du sujet. À ces lignes peuvent s'ajouter des ombres, jeux de tonalités qui placent le sujet dans un espace, à la manière d'une pseudo 3D, sur une surface plane.

Dans sa notion basique, la découpe d'une forme pochoir consiste à retraduire une image en une seule couleur. Il est donc plus simple d'interpréter des images composées d'aplats de 1 ou 2 couleurs.

Le portrait[modifier | modifier le code]

Portrait de Jim Morrison au pochoir.

Plus un corps humain a de volumes, plus les pièces à découper sont faciles à trouver. Il faut donc s'appuyer sur les éléments musculaires et l'ossature. Les dessins de BD à la mode Conan ou Rahan offrent des formes musculaires marquées donc simples à découper. Une tête repose sur les mêmes contraintes. Ainsi, un visage lisse sans signe particulier sera plus dur à interpréter, ou plutôt à reconnaître.

L'élément de réflexion central d'un portrait doit porter sur les caractéristiques qui font le visage, les signes particuliers : oreilles, nez, bouche, barbe, menton, front, joues, yeux, dents... Certaines parties peuvent être difficiles de par leur finesse, yeux, intérieurs d'oreilles... et peuvent donc nécessiter un agrandissement.

La mise en couleur[modifier | modifier le code]

Le dessin sur pochoir, et les possibilités avec les différentes parties.

Il est possible d'utiliser les 2 parties du pochoir, la partie découpée, et le contour de la partie découpée, afin d'obtenir 2 effets distincts.

  • Aérosols : rapide d'exécution, séchage rapide. La bombe aérosol est la technique la plus utilisée pour le pochoir urbain. Les bombes de peinture acrylique qui ne brûlent pas le plastique, polytérenes et autres sont plus onéreuses. Néanmoins, ce médium est assez nocif pour l'environnement et pour l'utilisateur (cirrhoses), d'où l'utilisation fréquente de masques.
  • Propulsion sans aérosol : brosse à dents, pigments soufflés...
  • Éponge : avec de la peinture à l'acrylique, par tapotement.
  • Pinceau : il existe des pinceaux spécialement conçus pour cet usage (plats et à poils durs implantés en rond). Un rouleau ou une brosse peuvent aussi être utilisés, enduits de peinture ou de craie.
  • Stylo : un stylo ou un crayon peut être utilisé pour simplement suivre les contours du motif.

Statut juridique[modifier | modifier le code]

Le statut juridique du street art est complexe et peut fortement varier selon les pays. Il faut souligner dans certains pays la privation des droits d'auteur d'œuvres qui ont été réalisées dans l'illégalité, comme des pochoirs réalisés en France sans l'autorisation du propriétaire du support.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Odile Blanc (Department of typography and graphic communication), Séminaire : « Stencil letters, lettres au pochoir », 31 janvier 2003 ; consulté le 16 décembre 2006.