Ralph Waldo Emerson

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Waldo et Emerson.

Ralph Waldo Emerson

Description de l'image  RWEmerson.jpg.
Activités Écrivain
Naissance 25 mai 1803
Boston (Massachusetts, Drapeau des États-Unis États-Unis)
Décès 27 avril 1882 (à 78 ans)
Concord (Massachusetts, Drapeau des États-Unis États-Unis)
Genres Essai, philosophie, poésie

Œuvres principales

Ralph Waldo Emerson (25 mai 1803, Boston, Massachusetts - 27 avril 1882, Concord, Massachusetts) est un essayiste, philosophe, poète américain et chef de file du mouvement transcendantaliste américain du début du XIXe siècle.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse, famille et enseignement[modifier | modifier le code]

Ralph Waldo Emerson est né à Boston, Massachusetts le 25 mai 1803. Il est le fils de Ruth Haskins et du révérend William Emerson, pasteur unitarien. Leur fils fut prénommé Ralph Waldo en souvenir de son oncle maternel Ralph et de son arrière-grand-mère paternelle Rebecca Waldo. Ralph Waldo fut le second des cinq fils qui survécurent jusqu'à l'âge adulte; les autres furent William, Edward, Robert Bulkeley, et Charles. Trois autres enfants — Phebe, John Clarke, et Mary Caroline — décédèrent durant leur enfance.

Le père d'Emerson meurt d'un cancer de l'estomac le 12 mai 1811, alors qu'Emerson est âgé de 8 ans. Il est alors élevé par sa mère et d'autres femmes intellectuelles de sa famille comme sa tante Mary Moody Emerson qui eut un profond impact sur le jeune Emerson. Elle vécut avec la famille de manière irrégulière et maintint une correspondance suivie avec Emerson jusqu'à sa mort en 1863.

Ses ancêtres s'étaient installés dès le XVIIe siècle en Nouvelle-Angleterre[1].

Ralph Waldo Emerson commença ses études à la Boston Latin School à l'âge de 9 ans. À 14 ans, en octobre 1817, Emerson est admis à l'Université Harvard, avec une bourse d'études.

Début de carrière[modifier | modifier le code]

Après l'obtention de son diplôme, Emerson aide son frère au sein de l'école pour jeunes filles qui est installée dans la maison de leur mère. Lorsque son frère part à Göttingen faire des études de théologie, Emerson prend l'école en charge, ce qui assure l'essentiel de ses revenus pendant plusieurs années. En mai 1828, son plus jeune frère William, qui avait travaillé avec l'avocat Daniel Webster, est envoyé en psychiatrie au McLean Hospital.

Emerson étudie également la théologie et devient pasteur unitarien, avant de démissionner après un conflit avec les dirigeants de l'église. À peu près à la même époque, il perd sa jeune femme, Elena Louisa Tucker, qui meurt en février 1831.

Emerson fait un grand voyage en Europe au cours des années 1832-1833. Il traverse l'Italie, se rend à Paris (sa visite au Muséum national d'histoire naturelle le marquera profondément) et en Grande-Bretagne où il rencontre alors Wordsworth, Coleridge, John Stuart Mill, et Thomas Carlyle avec lequel il entretient ensuite une correspondance jusqu'au décès de Carlyle, en 1881. Il se rendra une seconde fois en Angleterre, en 1847-1848, voyage dont il tirera son ouvrage English Traits en 1856.

Carrière littéraire et transcendantalisme[modifier | modifier le code]

En 1835, Emerson achète une maison à Concord, et devient rapidement une des personnalités de la ville où il fait la connaissance de Henry David Thoreau. À l'automne 1837, Emerson demanda à Thoreau : « Tenez-vous un journal intime ? » Cette question fut une source d'inspiration pour Thoreau durant toute sa vie.

Il publie anonymement son premier livre, Nature, en septembre 1836. Un an plus tard, le 31 août 1837, il fait un discours désormais célèbre devant le club Phi Beta Kappa : « The American Scholar (en) ». Dans son discours, Emerson déclare l'indépendance littéraire des États-Unis et recommande vivement aux Américains de créer leur propre style d'écriture, libéré de l'Europe.

Il participe avec quelques autres intellectuels à la fondation du magazine The Dial dont le premier numéro sort en 1840 pour aider à la propagation des idées transcendantalistes.

Son œuvre se situe aux confluents de deux grandes traditions, le puritanisme et le romantisme.

Emerson perd son fils aîné Waldo atteint d'une scarlatine, en 1842. Sa douleur lui inspire deux œuvres majeures : le poème Threnody et l'essai Experience.

En 1844 Emerson publie le second tome des Essais.

Dernières années et mort[modifier | modifier le code]

Le 19 avril 1882, Emerson sort marcher, alors qu'il avait apparemment pris froid, et est surpris par une pluie soudaine. Deux jours plus tard, on lui diagnostique une pneumonie. Emerson meurt le 27 avril 1882. Il est enterré au cimetière de Sleepy Hollow, à Concord. Il sera placé dans son cercueil, portant une robe blanche offerte par le sculpteur américain Daniel Chester French.

Influences et héritage[modifier | modifier le code]

Emerson avait une passion pour le génie de Montaigne et il dit un jour à Bronson Alcott qu’il voulait écrire, comme lui, un livre « drôle, rempli de poésie, de théologie, de choses journalières, de philosophie, d’anecdotes, de scories ». Comme Goethe, Emerson cherche d’abord dans une « science » de la nature la réponse à la question sur la place de l’homme.

Une bonne part de ses intuitions lui viennent de son étude des religions orientales, notamment l’hindouisme, le confucianisme et le soufisme.

Parmi tous les penseurs qui peuvent aujourd’hui se réclamer d’Emerson, citons Stanley Cavell qui rapproche ce qu’il appelle le perfectionnisme émersonien[2] de la morale qui traverse certaines œuvres cinématographiques (que Cavell réunit dans le genre des comédies de remariage). Ce perfectionnisme du sujet politique a pour caractéristique notable de ne pas être élitiste.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Ses plus importants travaux en prose sont :

Emerson a aussi écrit de la poésie : Threnody, Uriel, Works and Days et le célèbre Concord Hymn.

Traductions en langue française[modifier | modifier le code]

  • Sept essais d'Emerson. Trad. de J. Will, avec une préface de Maurice Maeterlinck, Bruxelles, P. Lacomblez, 1899, 295 p.
  • Société et Solitude. Trad. de Marie Dugard. Paris, Armand Colin, 1911, VIII-293 p. Comprend : La civilisation; L'art; La vie domestique; Les travaux et les jours; Le courage; Le succès; La vieillesse (Bibliothèque nationale de France, Gallica, format PDF)
  • Essais choisis. Trad. d'Henriette Mirabaud-Thorens, préface d'Henri Lichtenberger. Paris, F. Alcan, 1912, XVI-156-36 p. (Bibliothèque nationale de France, Gallica, format PDF)
  • Trois volumes d'Essais, chez Michel Houdiard Éditeur :
    • I : Nature, Confiance et autonomie, Cercles, L’Âme suprême, 1997
    • II : Le Transcendantaliste, L’Intellectuel américain, Le Poète, L’Art L’Intellectuel américain, L’Art, Le Poète, traduction d'Anne Wicke, 2000 (ISBN 978-2-35692-000-3)
    • III : Histoire, Compensation, Expérience, Destin, préface de Sandra Laugier, traduction de Christian Fournier, 2005 (ISBN 978-2-91267336-7)
  • Pages choisies. Traduction de Marie Dugard. Librairie Armand Colin, Paris 1908 - réédité aux éditions Astra, Paris, 1976.
  • La Confiance en soi et autres essais . Trad. de Monique Bégot, postface de Stéphane Michaud, Rivages poche/Petite Bibliothèque, 2000.
  • Essais : Nature, Confiance et autonomie, Cercles, L’Âme suprême, Le Transcendantaliste, L’Intellectuel américain, Le Poète, L’Art, Michel Houdiard Éditeur, 2000
  • L'Amitié. Postface et trad. de Thomas Constantinesco, Éditions Aux forges de Vulcain/Essais, 2010.
  • Anatomie des Anglais. Trad. de Pierre Chavannes. Paris, Rivages poche/Petite Bibliothèque, 2010.
  • Société et Solitude. Trad. de Thierry Gillybœuf. Paris, Rivages poche/Petite Bibliothèque, 2010.
  • Les travaux et les jours. Trad. de Jean-Paul Blot. Éditions Fédérop, 2010.
  • David Henry Thoreau, Ralph Waldo Emerson, Correspondance, éd. bilingue, Paris, Édition du Sandre, 2010
  • Le discours aux étudiants en théologie de Harvard. Trad. de Raphaël Picon. Nantes, Éditions Cécile Defaut, 2011.
  • La Nature. Ed. Allia, 2011

Source[modifier | modifier le code]

  • Stanley Cavell, À propos du prétendu pragmatisme de Wittgenstein et Emerson, Association Diderot.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • François Brunet, Anne Wicke, (dir.), L’œuvre en prose de Ralph Waldo Emerson, Paris, Armand Colin/VUEF-CNED, 2003.
  • Lawrence Buell, Emerson, Cambridge, Harvard University Press, 2003.
  • Stanley Cavell, Emerson’s Transcendental Etudes, David Justin Hodge (éd.), Stanford, Stanford University Press, 2003.
  • Stanley Cavell, Qu’est-ce que la philosophie américaine ? De Wittgenstein à Emerson, trad. par Christian Fournier et Sandra Laugier, Gallimard, « Folio », 2009.
  • Sandra Laugier, (dir.) « Ralph Waldo Emerson. L'autorité du scepticisme », dans Revue française d'études américaines, nº 91, février 2002.
  • Barbara Packer, Emerson’s Fall: A New Interpretation of the Major Essays, New York, Continuum, 1982.
  • Joel Porte (en), Representative Man: Ralph Waldo Emerson in His Time, New York, Oxford University Press, 1979.
  • Joel Porte, Saundra Morris (dir.), The Cambridge Companion to Ralph Waldo Emerson, Cambridge, Cambridge University Press, 1999.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. H. Trocmé, Les Américains et leur architecture, Paris : Aubier Montaigne, 1981, page 72.
  2. perfectionnisme émersonien