Claude Ambroise Régnier

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Claude Ambroise Régnier, par Robert Lefèvre (1808).
Armes du Duc de Massa

Claude Ambroise Régnier, duc de Massa, né à Blâmont (alors duché de Lorraine, actuellement Meurthe-et-Moselle) le , mort à Paris le , est un homme politique français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est le fils de Ambroise Régnier, receveur des Domaines du Roi et de Marie-Françoise Thiry ; petit-fils de Jean-Antoine Régnier procureur au bailliage des Vosges et par sa mère, petit-fils de Jean-Baptiste Thiry, procureur du Roi en l'hôtel de ville de Blâmont[1]. Il commence ses études à Saint-Dié, sous la direction d'un oncle prêtre, l'abbé Régnier, curé de la paroisse principale, et il les termine à l'université de Strasbourg avec l'obtention du diplôme de licencié ès-droit. Inscrit au Parlement depuis juillet 1765, il va aussitôt faire l'apprentissage de la profession d'avocat au barreau de Lunéville. Il devient en 1769 à la demande du prince Louis de Salm-Salm son conseiller et procureur général à Senones, lui confiant l'administration de la principauté[2].

Devenu Français avec la réunion de la Lorraine à la France en 1766, il devient en 1773 avocat à Nancy où il est au premier rang des avocats de la chambre civile[3]. Enthousiasmé par la Révolution, il est élu le , par le bailliage de Nancy, député du tiers état aux États généraux, où il siège au comité de constitution. Après la fuite du roi, il est envoyé le comme commissaire dans les départements du Rhin pour y recevoir le serment des troupes. Après s'être retiré de la vie politique sous la Terreur, il est élu le 23 vendémiaire an IV () député de la Meurthe au Conseil des Anciens, où il siège à gauche. La même année, il devient secrétaire le 2 frimaire an IV (), puis président de l'assemblée le 1er ventôse an IV (), et fait partie de plusieurs commissions (radiation de la liste des émigrés, successions, examen du nouveau pour les délits et peines des troupes de la République, délits de presse, vérification des pouvoirs des nouveaux députés). Sans soutenir le Directoire, il combat les royalistes du club de Clichy. Adversaire des néo-jacobins, de même, il soutient la proposition de Courtois, conduisant à la fermeture du club du Manège. Il est réélu le 23 germinal an VII ().

Acquis au général Bonaparte, il est l'un des principaux coopérateurs du coup d'État du 18 brumaire an VIII () ; il fait ainsi partie des membres du Conseil des Anciens qui se réunissent chez leur président, Lemercier, le soir du 17 brumaire (8 novembre), pour préparer la translation des conseils à Saint-Cloud, qui doit être votée le lendemain. Le 19 (10 novembre), il entre à la commission intermédiaire du conseil des Anciens, dont il devient président quelques jours plus tard. Le 4 nivôse an VIII (), il est nommé au Sénat conservateur et au Conseil d'État. Il renonce conformément à la Constitution au premier poste de sénateur pour se consacrer au conseil d'État. Marqué par une connaissance approfondie des questions juridiques, il devient l'un des principaux ennemis du Code civil.

Napoléon le nomme grand-juge et ministre de la justice (Garde des Sceaux) le 27 fructidor an X (), fonctions qu'il conserve jusqu'au . Jusqu'au , il dirige également le ministère de la Police. À ce poste, il découvre le complot de Cadoudal, dont il instruit le procès. Il est fait chevalier de la Légion d'honneur le 9 vendémiaire an XII (), grand officier le 25 prairial (), grand aigle (Grand Croix) le 13 pluviôse an XIII (), créé comte d'Empire le . Il devient duc de Massa le . À son départ du ministère de la justice, le (), il reçoit le titre de ministre d'État et la présidence du Corps législatif, dont il n'est pourtant pas membre. Il recevra de Napoléon, lors de son départ du ministère, un hôtel particulier, rue de Choiseul.

En , il adhère à la déchéance de Napoléon. Il décède le et est enterré au Panthéon. Son fils, Nicolas Régnier, deviendra comte de Gronau en 1809, préfet de l'Empire (Oise et Cher) puis pair de France sous la Restauration.

Les papiers personnels de Claude Ambroise Régnier sont conservés aux Archives nationales sous la cote 279AP[4]

Famille[modifier | modifier le code]

Son épouse Charlotte Lejeune, née à Lunéville le , décéda à Paris le . Ils eurent deux enfants : Catherine Charlotte (1775-1856) et Nicolas François Sylvestre (1783-1851)[5]. Louis Lejeune (le frère de Charlotte) avait perdu la raison.

Au nombre de ses descendants, figure Jean-Marie Bastien-Thiry (1927-1963).

Armoiries[modifier | modifier le code]

Figure Blasonnement
Orn ext comte de l'Empire GCLH.svg
Blason Claude Ambroise Régnier (1746-1814) Comte.svg
Armes du comte Régnier et de l'Empire

D'hermines à une fasce de sable chargée de trois alérions d'or, le franc-quartier de comte ministre brochant sur le tout.[6],[7]

Orn ext Duc de l'Empire GCLH.svg
Blason Claude Ambroise Régnier (1746-1814) Duc de Massa.svg
Armes du duc de Massa et de l'Empire

D'hermines à la fasce de sable chargé de trois alérions d'or, chef des ducs d'Empire.[6]

Source[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Paul Delaval, «Le grand juge Régnier, duc de Massa», Le Pays lorrain et le pays messin, 20 décembre 1909, n° 12.
  2. Ibidem, p. 739
  3. L. Adam, Étude sur trois gardes des sceaux nés en Lorraine : Régnier, duc de Massa ; Comte de Serre ; Henrion de Pansey, 1872.
  4. Voir la notice dans la salle des inventaires virtuelle des Archives nationales
  5. Daniel Baduel, Saint-Martin-du-Tertre : un village, une histoire, Syndicat d'initiative de Saint-Martin-du-Tertre, 2000.
  6. a, b et c « PLEADE CHAN », sur chan.archivesnationales.culture.gouv.fr (consulté le 29 avril 2011)
  7. Source : www.heraldique-europeenne.org

Liens externes[modifier | modifier le code]

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André Joseph Abrial
Garde des Sceaux
1802-13 juin 1813
Mathieu Louis Molé
Joseph Fouché
Ministre de la Police
1802-1804
Joseph Fouché
Élisabeth-Pierre de Montesquiou-Fezensac
Président du Corps législatif
23 novembre 1813 - 4 juin 1814
changement de régime