La Folie des grandeurs

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Page d'aide sur les redirections Pour les musiques du film, voir La Folie des grandeurs (bande originale).

La Folie des grandeurs

Réalisation Gérard Oury
Scénario Gérard Oury
Danièle Thompson
Marcel Jullian
Acteurs principaux
Sociétés de production Gaumont (Paris)
Coral Films (Madrid)
Mars Films (Rome)
Orion Filmproduktion (Munich)
Pays d’origine Drapeau de la France France
Drapeau de l'Italie Italie
Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Drapeau de l'Espagne Espagne
Genre Comédie Historique
Sortie 1971
Durée 132 minutes

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

La Folie des grandeurs est un film franco-italo-germano-espagnol de Gérard Oury, très librement inspiré du Ruy Blas de Victor Hugo et sorti en 1971.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Don Salluste est ministre du roi d'Espagne. C'est un être fourbe, hypocrite et cupide qui collecte lui-même les impôts, qu'il détourne en partie à son profit. Il est détesté par la population qu'il opprime.

Accusé par la reine, une belle princesse bavaroise, d'avoir fait un enfant illégitime à une de ses dames d'honneur, il est déchu de ses fonctions et condamné à se retirer dans un monastère. Décidé à se venger, il entre en contact avec son séduisant neveu, César, devenu brigand, mais ce dernier refusant d'entrer dans sa machination, il le fait capturer par ses sbires et l'envoie comme esclave aux Barbaresques. Il décide alors d'utiliser pour sa vengeance Blaze, son valet récemment congédié et dont il a découvert les sentiments pour la reine : il le fera passer pour César et l'aidera à séduire la reine.

Le jour même de sa présentation à la cour, Blaze déjoue un attentat ourdi contre le roi par les Grands d'Espagne. Il s'attire ainsi les faveurs du couple royal et devient rapidement ministre. Suivant de loin l'évolution de la situation, Salluste découvre que les Grands ont décidé de se venger de Blaze après qu'il eût décidé avec le roi de taxer les nobles et non plus les pauvres. Ce qui risque de faire capoter la machination de Salluste.

De son côté, Blaze s'apprête à déclarer sa flamme à la reine, mais cette dernière fuit pour éviter la duègne qui prend sa place et croit recevoir les compliments de Blaze pour elle, alors que lui ne s'est pas rendu compte de ce transfert. L'appétence sexuelle de Doña Juana est ainsi attisée. Blaze, forcé de partir après l'arrivée d'un baron qui le cherchait, la laisse seule exprimer ses sentiments réciproques, non pas à lui, mais simplement au chien du roi qui a remplacé Blaze un court instant après son départ.

Blaze est sauvé de justesse du complot qui le visait par Salluste, qui découvrira que son gâteau d'anniversaire est empoisonné. Mais, prenant son sauvetage pour une simple faveur de son ancien maître, Blaze est fait prisonnier par Salluste, sans comprendre qu'il vise à travers lui un complot d'une envergure encore plus grande.

Salluste va commettre lui aussi une énorme bourde quand, au lieu de prévenir la reine par l’intermédiaire d'un perroquet que Blaze l'aime et souhaite la voir, il envoie l'animal accidentellement dans la chambre de Doña Juana. Une fois encore elle aura droit à diverses confidences qui ne lui étaient pas destinées. Heureusement Salluste réussira tout de même à prévenir la reine de l'invitation de Blaze dans une petite auberge.

La situation se complique encore avec le retour du vrai César, échappé des Barbaresques, qui délivre Blaze. Ainsi que l'arrivée de Doña Juana dans l'auberge qui se livrera à un mémorable strip-tease à l'attention de Blaze, qu'elle croit toujours fou amoureux d'elle. Bien qu'elle ne demande rien de mieux que de lui faire l'amour, ce dernier repoussera ses avances grâce à la boisson dans laquelle Salluste a versé un puissant somnifère. Et, avec César, il déjouera tous les plans de Salluste sous les yeux du roi, qui croira que Blaze a définitivement conquis les faveurs de la duègne. Au dernier moment, c'est le vrai César qui part avec la Reine, cachés sur le toit d'un carrosse, sous les yeux émus de Blaze qui voit ainsi un autre profiter de son amour.

Finalement le roi enverra Salluste et Blaze aux Barbaresques, le premier à cause de son complot, le second pour ne pas avoir voulu épouser Doña Juana. Mais cette dernière poursuivra Blaze jusque dans le désert...

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Production[modifier | modifier le code]

Scénario[modifier | modifier le code]

Les auteurs du film paient avec humour leur tribut à Victor Hugo en précisant dans le générique que même si « Toute ressemblance avec les personnages d'un célèbre drame ne serait que l'effet d'une fâcheuse coïncidence », ils le remercient pour sa « précieuse collaboration ».

C'est Bourvil qui était initialement prévu pour le personnage de Blaze, mais sa mort a contraint la production à lui trouver un remplaçant. Gérard Oury et Danièle Thompson rapportent, dans le film documentaire La Folle Heure des grandis, que l'idée de faire jouer le rôle de Blaze par Yves Montand fut soufflée à Gérard Oury lors d'une soirée mondaine par Simone Signoret, épouse de l'acteur, et que les adaptateurs (Oury, Thompson et Jullian), d'abord circonspects, entreprirent alors de réécrire complètement l'adaptation en fonction de la différence de personnalités des deux acteurs successivement prévus pour incarner le personnage de Blaze.

Un acteur jouant l'un des Grands d'Espagne en est véritablement un : don Jaime de Mora y Aragón, qui incarne Priego, est l'authentique marquis de Casa Riera et, par ailleurs, frère de Fabiola, ancienne reine des Belges.

Tournage[modifier | modifier le code]

La Folie des grandeurs a été tournée en Espagne (Barcelone, Grenade, Madrid, Ségovie, Séville, Tolède) et au studio Franstudio, à Saint-Maurice dans le Val-de-Marne (France). Les scènes dans le désert ont été tournées dans le désert de Tabernas, dans la province d'Almérie.

Musique[modifier | modifier le code]

Gérard Oury a confié la bande originale du film à Michel Polnareff. Le style musical est donc en décalage total avec l'époque à laquelle se situe l'intrigue et se rapproche plutôt, par certaines sonorités, des westerns spaghetti de l'époque.

Accueil[modifier | modifier le code]

Box-office[modifier | modifier le code]

Pays Box-office Nbre de semaines Classement TLT[2] Source
Box-office Drapeau de la France France 5 563 160 entrées - - [2]
Box-office Paris 917 949 entrées - 16 sem. [3]

Autour du film[modifier | modifier le code]

  • Gérard Oury et Danièle Thompson reviennent, dans le film documentaire La Folle Heure des grandis, sur l'inspiration puisée chez Hugo et l'on aperçoit des images tirées du Ruy Blas adapté au Théâtre-Français par Raymond Rouleau (de 1960 à 1962), adaptation dans laquelle Gérard Oury, pensionnaire de la Comédie-Française, incarnait le personnage de Don Salluste[3].
  • Pour la célèbre scène d'effeuillage d'Alice Sapritch, celle-ci est doublée dans certains plans par la strip-teaseuse professionnelle Sophia Palladium[4]. Gérard Oury signale d'ailleurs, dans le film documentaire La Folle Heure des grandis, le moment précis où l'on peut remarquer l'amincissement subit de la taille de la strip-teaseuse, dont on n'aperçoit plus le visage, mais seulement la « croupe » (selon les termes du réalisateur lui-même).
  • À l'origine, le film devait s'intituler Les Sombres Héros puis, après l'arrivée d'Yves Montand dans le projet, deux titres étaient envisagés : Les grands d'Espagne ou La folie des grandeurs. Ce fut finalement ce dernier qui fut choisi.
  • Le chien du Roi, qui fait de nombreuses apparitions tout au long du film, est un chien de Saint-Hubert.
  • Ce film est le dernier film du cinéma grand public dans lequel jouera Karin Schubert, avant de se tourner vers le genre pornographique.
  • Louis de Funès est lui-même issu d’une petite noblesse espagnole de Séville.
  • Pour réaliser l'armure d'Yves Montand, le costumier Jacques Fonteray s'est inspiré du tableau Gaspar de Guzmán, comte-duc d'Olivares, à cheval (1638) de Diego Vélasquez

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. [1]
  2. Tous les temps - All Time
  3. Source partielle, outre le film documentaire : page de chronologie relative aux représentations et adaptations de Ruy Blas, sur le site chronologievictor-hugo.com.
  4. Dans ses mémoires, Alice Sapritch écrit au contraire qu’elle n’a pas été doublée mais seulement coachée (Mémoires inachevées, entretien avec Raoul Mille, Éditions Ramsay, Paris, 1990, ISBN 978-2-85956-827-6).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Victor Hugo, Ruy Blas, Larousse-Bordas, Paris, 1999, (ISBN 978-2-03-871719-8) : la pièce dont s'inspire le film
  • Gérard Oury, Mémoire d'éléphant, Presses Pocket, Paris, 1989