Giacomo Meyerbeer
Giacomo Meyerbeer
Giacomo Meyerbeer
| Nom de naissance | Jakob Liebmann Meyer Beer |
|---|---|
| Naissance | 5 septembre 1791 Berlin, |
| Décès | 2 mai 1864 (à 72 ans) Paris, |
| Activité principale | Compositeur |
| Style | Grand opéra |
| Activités annexes | Pianiste, Directeur d'Opéra |
| Lieux d'activité | Paris, Berlin |
| Années d'activité | 1810-1864 |
| Collaborations | Eugène Scribe |
| Maîtres | Muzio Clementi, Carl Friedrich Zelter, abbé Vogler |
| Distinctions honorifiques | Légion d'honneur |
Œuvres principales
- Robert le Diable (1831)
- Les Huguenots (1836)
- Le Prophète (1849)
- L'Étoile du Nord (1854)
- Dinorah ou le Pardon de Ploërmel (1859)
- L'Africaine (1865)
Giacomo Meyerbeer, de son vrai nom Jakob Liebmann Meyer Beer, est un compositeur allemand né à Tasdorf, près de Berlin[1] le 5 septembre 1791 et mort à Paris le 2 mai 1864. Ses œuvres sont considérées comme fondatrices du « Grand opéra français ».
Sommaire |
[modifier] Biographie
[modifier] 1791-1815 : Les débuts en Allemagne et à Vienne
Né dans une riche famille berlinoise de confession juive en contact avec l'élite intellectuelle, deux de ses frères deviendront célèbres : l'astronome Wilhelm Beer, et le poète et dramaturge Michael Beer. À la suite du décès de son grand-père maternel Liepmann (ou Liebmann) Meyer Wulff survenu le 16 août 1812, il accole à son nom « Beer » son troisième prénom « Meyer » qui lui avait été donné en l’honneur de son aïeul, et se fait désormais appeler Meyerbeer. Il italianisera ensuite son prénom vers 1826.
Bénéficiant d'une large éducation, il apprend très tôt le piano avec Franz Lauska et Muzio Clementi, joue en public dès l'âge de 11 ans et acquiert très vite une réputation de pianiste brillant. Il étudie entre 1805 et 1807 la composition avec Carl Friedrich Zelter (professeur de Felix Mendelssohn) et Bernhard Anselm Weber (directeur de l’Opéra de Berlin). Encore élève de ce dernier, il compose sa première ouvre scénique, le ballet-pantomime Der Fischer und das Milchmädchen, qui est créé au Théâtre royal de Berlin le 26 mars 1810. Il se rend à Darmstadt pour recevoir l’enseignement (jusqu’en 1811) de l’abbé Vogler[2] chez lequel il a pour compagnon d’étude Carl Maria von Weber, avec lequel il nouera une profonde et durable amitié.
A Darmstadt, il compose en 1811 un oratorio Gott und die Natur (créé à Berlin le 8 mai 1811), suivi d’un opéra Jephthas Gelübde (Munich, 23 décembre 1812)[3]. Puis, son singspiel, Wirt und Gast, oder Aus Scherz Ernst (créé à Stuttgart le 6 janvier 1813 essuie un échec. Il le révise pour être représenté à Vienne (20 octobre 1814) sous le titre Die beiden Kalifen, mais l’ouvrage ne réussit pas mieux. Meyerbeer tente de se faire remarquer à Vienne comme pianiste dans les cercles privés. Le soir de son arrivée cependant, il assiste à un concert de Hummel ; il est tellement subjugué par l’exceptionnel talent de pianiste de ce dernier qu’il décide de se retirer pendant dix mois afin de revoir entièrement sa technique de jeu. Il compose également à cette époque de très nombreuses pièces pour pianoforte, qui ne seront pas publiées. Enfin, estimant qu’il est désormais prêt pour affronter le public, il donne son premier concert à Vienne, qui fait sensation. Fétis rapporte le sentiment de Moscheles, selon lequel peu de pianistes auraient pu rivaliser avec Meyerbeer si ce dernier avait décidé d’embrasser une carrière de virtuose[4]. Il participe également, en tant que percussionniste, à la création, le 8 décembre 1813, de La Bataille de Vittoria de Beethoven sous la direction du compositeur. En novembre 1814, il voyage à Paris et à Londres
[modifier] 1815-1824 : La carrière italienne
En 1815, il se rend en Italie (sans doute sur les conseils d'Antonio Salieri) où il assiste à une représentation du Tancredi de Gioachino Rossini. Ce spectacle est une véritable révélation. Il compose une cantate pastorale, Gli amori di Teolinda, puis des opéras qui lui assurent une notoriété croissante : Romilda e Costanza (1817), Semiramide riconosciuta (1819), Emma di Resburgo (1819), Margherita d'Anjou (1820), L'esule di Granata (1822) et enfin Il crociato in Egitto (1824) qui est créé à Venise. Ce dernier ouvrage recueille un immense succès, Meyerbeer étant placé par le public italien à un niveau d’égalité avec Rossini. Il Crociato est alors représenté de façon triomphale au King’s Theater de Londres (23 juillet 1825) et au Théâtre-Italien à Paris.
[modifier] 1825-1841 : Les triomphes parisiens
Meyerbeer profite de l'occasion pour s’installer dans la capitale française où il a préféré suivre Rossini plutôt que de rester en Italie sans celui qu'il considère comme son maître (alors que Rossini est de six mois son cadet). Il adapte pour la scène française son opéra Margherita d'Anjou, qui est représenté le 11 mars 1826.
Il épouse le 25 mai 1826 sa cousine Minna Mosson, avec qui il aura deux enfants, Eugénie et Alfred, qui mourront en bas âge.
Sous la protection de Luigi Cherubini, il entame en 1827 une fructueuse collaboration avec le librettiste Eugène Scribe. Leur première œuvre commune, Robert le Diable, est créée à l'Opéra en 1831 où il est l'« un des plus grands triomphes de tous les temps[5] ». Après La Muette de Portici de Daniel-François-Esprit Auber (1828) et Guillaume Tell, le dernier opéra de Rossini (1829), cette œuvre pose les bases de ce qui deviendra le « Grand opéra », nouveau genre (dont les principales caractéristiques sont celles d’être un drame sur fond historique, aux situations théâtrales tragiques, avec des décors et des ballets fastueux) dans lequel nombre de compositeurs se sentent désormais obligés de faire leurs preuves.
La consécration passe en effet désormais par Paris où Donizetti, Verdi et même Wagner chercheront à briller à l'égal de Meyerbeer. Rossini s'étant retiré, il laisse le champ libre au succès de Meyerbeer. Cinq ans plus tard (perfectionniste, le compositeur allemand n'avait pas la facilité de gestation de son maître italien), Les Huguenots remportent un triomphe encore plus absolu.
En 1836, Meyerbeer et Scribe commencent à travailler sur un nouvel opéra Le Prophète. Ils élaborent à part d’août 1837 les premières esquisses de L'Africaine, opéra destiné à la célèbre Cornélie Falcon. Néanmoins, cette dernière commençant à connaître des difficultés vocales, Meyerbeer abandonne (provisoirement) la partition. Il reprend alors Le Prophète qui est achevé dès 1840. Cependant, la création ne cesse d’être repoussée, les chanteurs disponibles ne répondant pas aux exigences du compositeur.
[modifier] 1842-1848 : Fonctions officielles en Allemagne
Le 11 juin 1842, il est nommé directeur général de la musique de Prusse par l'empereur Frédéric-Guillaume IV et prend la suite de Gaspare Spontini à la direction de l'Opéra de Berlin. Il compose un certain nombre d’œuvres pour des circonstances officielles, et notamment l’opéra Ein Feldlager in Schlesien (« Un camp en Silésie ») créé en 1844 pour la réouverture de l’Opéra après sa destruction dans un incendie et qui ne sera couronné de succès que lorsque Jenny Lind sera appelée par Meyerbeer pour chanter le premier rôle. Il monte Euryanthe de Carl Maria von Weber, mais aussi Rienzi (à l’occasion de l’anniversaire du roi) et Le Vaisseau fantôme de Wagner. « Médiocre chef d'orchestre[6] », et trop éloigné désormais du goût allemand, il est démis de ses fonctions le 26 novembre 1848 et rentre à Paris après avoir donné Ein Feldlager à Vienne en 1847 sous le titre Vielka. Auparavant, il aura écrit la musique de scène pour Struensee, drame écrit par son frère Michael Beer.
[modifier] 1849-1864 : Les dernières années
Nouveau triomphe dans la capitale française avec Le Prophète en 1849 que le musicien a révisé entièrement pour Pauline Viardot. Sa santé commence cependant à se détériorer, et il passera désormais chaque automne à Spa, ville thermale qu’il affectionne tout particulièrement, comme en témoignent les nombreuses références dans son journal. La ville de Spa lui érigera un monument.
Il crée pour l'Opéra-Comique deux œuvres de facture différente : L'Étoile du Nord (réutilisant la musique de Ein Feldlager) en 1854 et Le Pardon de Ploërmel en 1859 qui rencontrent un succès cependant moins éclatant que les précédents.
Honoré (Meyerbeer est le premier Allemand à être nommé commandeur de la Légion d’honneur) et reconnu comme étant l’un des musiciens les plus célèbres de son temps, il reçoit des commandes d’œuvres de circonstance. Il compose ainsi la Fest-Ouvertüre im Marschstyl pour l'Exposition universelle de Londres de 1862 et se rend en Angleterre à cette occasion.
Malgré la mort de Scribe en 1861 et des soucis de santé croissants, il reprend alors une partition commencée avant son départ pour Berlin, L'Africaine et parvient enfin à l’achever en avril 1864. Les répétitions commencent sous sa supervision, mais il meurt dans la nuit du 2 mai 1864, avant la création de l’ouvrage. Fétis est alors chargé de la préparation finale de la création le 28 avril 1865 à l'Opéra de Paris[7].
[modifier] Style
Meyerbeer a donc fixé pour longtemps les canons du « grand opéra » et s’est assuré tout au long de sa carrière la prééminence dans ce genre. Pourtant, peu de compositeurs ont été aussi anxieux que lui quant à la qualité de leurs œuvres. Fétis[4] rapporte que, tout au long du processus de composition, et longtemps après que la partition a été achevée, il ne cesse d’effectuer des modifications, n’étant jamais satisfait et sûr de son art. Pendant la correction des parties, le recrutement et la préparation des chanteurs, il semble toujours prêt à remettre en cause la moindre décision. Lors de répétitions interminables, il fournit à l’orchestre des passages avec deux instrumentations différentes, chacune étant identifiée par une couleur d’encre qui lui est propre, et fait jouer alternativement chaque version avant de décider quelle est la plus satisfaisante.
Le perfectionnisme de Meyerbeer conduisait souvent à des rapports houleux avec ses librettistes. Demandant sans cesse des modifications, Meyerbeer s’est à plusieurs reprises heurté avec Eugène Scribe qui, se lassant de toujours devoir réécrire les mêmes scènes, finissait par lui opposer un refus catégorique. Afin de débloquer la situation, il fallait recourir, souvent à l’insu de Scribe, à un second librettiste, acceptant de rédiger les modifications demandées par Meyerbeer. Dans ses Nouveaux Mémoires[8], Alexandre Dumas raconte que le directeur de l’opéra de Paris lui avait commandé, dans les premiers mois de 1836, la rédaction du livret du prochain opéra de Meyerbeer. Le projet avorta suite aux exigences devenues rapidement inacceptables pour l’écrivain. Il précise ironiquement : « On m’avait prévenu que Scribe dans les clauses de sa collaboration avec Meyerbeer avait introduit un article qui lui accordait cinquante centimes d’indemnité pour chaque vers qu’il lui faisait retoucher ou refaire, et que là étaient les principaux droits d’auteur de Scribe. Je me reprochai bientôt amèrement de ne pas avoir prévu le cas.»
Malgré (ou peut-être, à cause de) ses succès éclatants, il fut très critiqué, notamment par Schumann et Wagner[9] qui l’accusèrent de rechercher l’effet pour l’effet, au détriment des véritables valeurs musicales et dramatiques. Cependant, presque tous les compositeurs d’opéras du XIXe siècle ont été influencés par Meyerbeer : le jeune Wagner l’imitera dans Rienzi avant de s’en affranchir[10] ; Verdi lui-même devra se soumettre aux règles dramatiques qu’il avait fixées, lorsqu’il écrira pour Paris. Il est vrai que Verdi admirait Meyerbeer et ne ratait jamais une première de ses opéras. La carrière française du compositeur, seulement interrompue par le séjour malheureux de Berlin, fait montre d’une remarquable longévité.
Bien que célèbre dans toute l'Europe dès les années 1830, sa renommée, après sa mort, fut très rapidement éclipsée, en particulier par Wagner, et ses œuvres ont peu à peu disparu du répertoire. Le disque et quelques rares reprises ont cependant évité à ses œuvres de tomber dans l'oubli, et permis au public moderne de mieux prendre la mesure de son importance dans l’évolution des procédés dramatiques et dans l’histoire de l’opéra.
Il utilise souvent le principe du leitmotiv, qui a été perfectionné par Wagner. Parmi les traits dominants du grand opéra conçu par Meyerbeer, le plus remarquable est sans doute la place faite aux interprètes. Dans toute son œuvre, le choix de ces derniers est capital et même déterminant pour l’élaboration du livret. Le compositeur consacrait la plupart de ses voyages à l’audition de nouveaux chanteurs, et si l’un de ceux qu’il avait engagés rompait son contrat, il n’hésitait pas à remanier le rôle concerné pour l’adapter au nouvel interprète, voire à interrompre son travail sur un opéra si aucun acteur ne lui paraissait convenir.
Meyerbeer est aussi l’un des premiers compositeurs d’opéras à porter une attention particulière à la couleur de l’orchestre. Dans son Grand traité d’instrumentation et d’orchestration modernes (1843-1844), Berlioz donne en exemple plusieurs passages tirés de Robert le Diable ou des Huguenots.
[modifier] Œuvre
[modifier] Opéras
| Titre | Genre | Date de création | Lieu de création | Notes |
|---|---|---|---|---|
| Jephthas Gelübde | Opéra | 23 décembre 1812 | Hofoper de Munich | Livret de Aloys Schreiber |
| Wirt und Gast, oder Aus Scherz Ernst | Lustspiel | 6 janvier 1813 | Stuttgart | Livret de Johann Gottlieb Wohlbrück. Révisé sous le titre Die beiden Kalifen et représenté à Vienne le 20 octobre 1814, puis connu sous le nom d’Alimelek |
| Das Brandenburger Tor | Singspiel | 5 septembre 1991 | Livret de Johann Emanuel Veith. Composé en 1814 afin de célébrer le retour à Berlin des troupes prussiennes victorieuses des armées napoléoniennes, cet opéra ne fut pas créé du vivant de Meyerbeer, mais plus de 170 plus tard, en 1991, à l’occasion du bicentenaire de la naissance du compositeur. | |
| Romilda e Costanza | Melodramma semiserio | 19 juillet 1817 | Teatro nuovo de Padoue | Livret de Gaetano Rossi |
| Semiramide riconosciuta | Dramma per musica | 3 février 1819 | Teatro Regio de Turin | Livret de Pietro Metastasio revu par le comte Feys |
| Emma di Resburgo | Melodramma eroico | 26 juin 1819 | Théâtre San Benedetto de Venise | Livret de Gaetano Rossi. Joué en Allemagne sous le titre de Emma von Leicester |
| Margherita d'Anjou | Melodramma semiserio | 14 novembre 1820 | Scala de Milan | Livret de Felice Romani. Révisé pour être représenté au Théâtre de l’Odéon à Paris à partir du 11 mars 1826 |
| L'Almanzore | Composé en 1821 pour Rome mais jamais représenté. Généralement considéré comme inachevé, il est également possible qu’il s’agisse d’une première version de L'esule di Granata | |||
| L'esule di Granata | Melodramma serio | 12 mars 1821 | Scala de Milan | Livret de Felice Romani |
| Il crociato in Egitto | Melodramma eroico | 7 mars 1824 | La Fenice de Venise | Livret de Gaetano Rossi d'après une pièce de Monperlier. Fréquemment révisé par Meyerbeer |
| Robert le Diable | Opéra | 21 novembre 1831 | Opéra de Paris, Salle Le Peletier | Livret d'Eugène Scribe et Germain Delavigne |
| Les Huguenots | Opéra | 29 février 1836 | Opéra de Paris, Salle Le Peletier | Livret d'Eugène Scribe et Emile Deschamps |
| Ein Feldlager in Schlesien | Singspiel | 7 décembre 1844 | Hofoper, Berlin | Livret d’Heinrich Rellstab d’après Eugène Scribe. Révisé et représenté à Vienne le 18 février 1847 sous le titre de Vielka |
| Le Prophète | Opéra | 16 avril 1849 | Opéra de Paris, Salle Le Peletier | Livret d'Eugène Scribe et Émile Deschamps |
| L'Étoile du Nord | Opéra-comique | 16 février 1854 | Opéra-Comique, Paris | Livret d'Eugène Scribe, en partie basé sur Ein Feldlager in Schlesien. Révisé et traduit en italien pour être représenté au Covent Garden de Londres le 19 juillet 1855 |
| Le Pardon de Ploërmel (Dinorah) | Opéra-comique | 4 avril 1859 | Opéra-Comique, Paris | Livret de Jules Barbier et Michel Carré. Révisé et traduit en italien pour être représenté au Covent Garden de Londres le 26 juillet 1859 |
| L'Africaine | Opéra | 28 avril 1865 | Opéra de Paris, Salle Le Peletier | Livret d'Eugène Scribe complété par François-Joseph Fétis. Posthume |
[modifier] Autres œuvres pour la scène
| Titre | Genre | Date de création | Lieu de création | Notes |
|---|---|---|---|---|
| Der Fischer und das Milchmädchen, oder Viel Lärm um einen Kuss | Ballet-pantomime | 26 mars 1810 | Berlin | |
| Gli Amori di Teolinda | Monodrame | 1816 | Gênes | |
| Das Hoffest zu Ferrara | Masque | 28 février 1843 | Berlin | |
| Struensee | Musique de scène | 19 septembre 1846 | Berlin | Composée pour un drame de Michael Beer, le frère de Meyerbeer |
[modifier] Musique sacrée
| Titre | Genre | Date de création | Lieu de création |
|---|---|---|---|
| Gott und die Natur | Oratorio | 8 mai 1811 | Berlin |
| Geistliche Gesänge | 7 Odes d’après Klopstock, pour soprano, alto, ténor et basse | 1817 ou 1818 | Leipzig |
| An Gott | Hymne pour soprano, alto, ténor et basse | 1817 | Leipzig |
| Psaume XCI | Pour soprano, alto, ténor, basse et double chœur mixte a capella | 1853 | Berlin |
| Prière du Matin | Pour 2 chœurs et piano ad libitum | 1864 | Paris |
[modifier] Œuvres chorales de circonstance et profanes
| Titre | Type de voix | Date de création | Lieu de création | Notes |
|---|---|---|---|---|
| Festgesang zur Errichtung des Guttenbergischen Denkmals in Mainz | Pour 2 ténors, 2 basses, voix d’hommes et piano ad libitum | 1835 | Mayence | |
| Dem Vaterland | Pour voix d’hommes | 1842 | Berlin | |
| Le Voyageur au tombeau de Beethoven | Pour basse et voix de femmes a capella | 1845 | ||
| Festhymne | Pour voix solistes, chœur et piano ad libitum | 1848 | Composé pour les noces d’argent du roi et de la reine de Prusse | |
| Ode an Rauch | Pour voix solistes, chœur et orchestre | 1851 | Berlin | Composée en l’honneur du sculpteur Christian Daniel Rauch |
| Maria und ihr Genius | Cantate pour soprano, ténor, chœur et piano | 1852 | Composée pour les noces d’argent du prince Charles de Prusse et de la princesse Marie | |
| Brautgeleite aus der Heimat | Sérénade pour chœur a capella | 1856 | Composée pour les noces de la princesse Louise | |
| Festgesang zur Feier des 100 jährigen Geburstfestes von Friedrich Schiller | Pour soprano, alto, ténor, basse, chœur et orchestre | 1859 | ||
| Festhymnus | Pour voix solistes, chœur et piano ad libitum | 1861 | Composé pour le couronnement de Guillaume Ier |
[modifier] Musique pour orchestre
| Titre | Date de création | Notes |
|---|---|---|
| Symphonie en mi bémol majeur | 1811 | |
| Concerto pour piano | 1811 | |
| Concerto pour piano et violon | 1812 | |
| Vier Fackeltänze | 1844, 1850, 1856 et 1858 | Composée pour musique militaire ou orchestre à l’occasion des noces de la famille royale de Prusse |
| Festmarch | 1859 | Composée pour le centenaire de la naissance de Schiller |
| Krönungsmarch pour 2 orchestres | 1861 | Composée pour le couronnement de Guillaume Ier |
| Fest-Ouverture im Marschstyl | 1862 | Composée pour l’ouverture de l’Exposition universelle de Londres |
[modifier] Discographie sélective
- Les Huguenots dirigé par Tullio Serafin avec Giacomo Lauri-Volpi (Raoul), Antonietta Pastori (Marguerite), Anna de Cavalieri (Valentine de Saint-Bris), Giuseppe Taddei (de Nevers), Giorgio Tozzi (Comte de Saint-Bris), Nicola Zaccaria (Marcel)- (RAI, Milan 1956)
- Les Huguenots dirigé par Ernst Märzendorfer avec Rita Shane (Marguerite de Valois) et Nicolai Gedda (Raoul de Nangis) - Opera d'Oro (live, 1971)
- Les Huguenots dirigé par Richard Bonynge avec Joan Sutherland (Marguerite de Valois), Martina Arroyo (Valentine de Saint-Bris) et Anastasios Vrenios (Raoul de Nangis) - Decca (1970)
- Les Huguenots dirigé par Cyril Diederich avec Ghylaine Raphanel (Marguerite de Valois), Françoise Pollet (Valentine de Saint-Bris) et Richard Leech (Raoul de Nangis) - Erato (1990)
- Robert le Diable dirigé par Thomas Fulton avec Alain Vanzo (Robert), June Anderson (Isabelle) et Samuel Ramey (Bertram) - Gala Records (live, 1985).
- Robert le Diable dirigé par Renato Palumbo avec Warren Mok (Robert), Patrizia Ciofi (Isabelle) et Giorgio Surian (Bertram) - Dynamic (live, 2000).
- Le Prophète dirigé par Henry Lewis avec Marilyn Horne et Nicolai Gedda - Opera d'Oro (live, 1971)
- L'Africaine dirigé par Riccardo Muti avec Jessye Norman - Opera d'Oro (live, 1971)
[modifier] Autour de Meyerbeer
Fasciné par Robert le Diable, Honoré de Balzac en a fait le péristyle d’une nouvelle, Gambara, parue en 1837. La nouvelle propose une analyse de l'œuvre sous forme de tension entre celui qui la trouve sublime (Gambara) et celui qui l'attaque (le comte Andrea) : « Je conviens avec vous que la science est grande dans l'opéra de Meyerbeer, mais cette science devient un défaut lorsqu'elle s'isole de l'inspiration, et je crois avoir aperçu dans cette œuvre le pénible travail d'un esprit fin qui a trié sa musique dans des milliers de motifs des opéras tombés ou oubliés, pour se les approprier en les étendant, les modifiant ou les concentrant[11]. »
[modifier] Sources
- (fr) Theodore Baker, Nicolas Slonimsky, Dictionnaire biographique des musiciens, traduction française par Marie-Stella Pâris, édition française adaptée et augmentée par Alain Pâris, Paris : Robert Laffont, Collection Bouquins, 1995, ISBN 2-221-06787-8
- (fr) Marie-Hélène Coudroy-Saghai, Dictionnaire de la musique en France au XIXe siècle, Joël-Marie Fauquet (dir.), Paris : Fayard, 2003, pp. 800–801.
- (fr) François-Joseph Fétis, Biographie universelle des musiciens et biographie générale de la musique, Paris : Firmin Didot Frères, 1863
- (en) George Grove, A Dictionary of Music and Musicians, Londres: MacMillan & Co., Ltd, 1900
- (fr) Piotr Kaminski, Mille et un opéras, Paris : Fayard, Collection Les Indispensables de la Musique, 2005, ISBN 2-213-60017-1
- (en) Robert Ignatius Letellier, Meyerbeer Studies: A Series of Lectures, Essays, and Articles on the Life and Work of Giacomo Meyerbeer, Fairleigh Dickinson University Press, 2005, 238 p. ISBN 0-8386-4063-X
- (en) Robert Ignatius Letellier, Marco Clemente, Giacomo Meyerbeer, Cambridge Scholars Press, 2007, 610 p., ISBN 1-84718-125-2
- (fr) Harold Rosenthal et John Warrack, Guide de l’Opéra, édition française réalisée par Roland Mancini et Jean-Jacques Rouveroux, Paris : Fayard, Collection Les Indispensables de la Musique, 1995, ISBN 2-213-59567-4
[modifier] Notes et références
- Il est né en fait dans un relais de poste entre Berlin et Francfort-sur-Oder, sa mère n'ayant pu atteindre à temps la maison familiale où elle espérait accoucher (Robert Pourvoyeur dans l'Avant Scène Opéra de juin 1985)
- L’invitation faite à Meyerbeer de suivre l’enseignement de l’abbé Vogler fait l'objet d'une anecdote restée célèbre et qui reflète bien les caractères des deux protagonistes. Le jeune Meyerbeer remet un jour à Bernhard Anselm Weber une fugue à laquelle il a consacré beaucoup de temps et d’énergie et dont il est très fier. Weber, enthousiasmé par ce travail, décide de l’adresser à son ancien maître, l’abbé Vogler, afin de recueillir son avis. Les jours passent, pas de réponse. Enfin, Weber reçoit un jour, non pas une lettre, mais un volumineux paquet. Il contient un long traité sur la Fugue, en trois parties. La première est d’ordre théorique et expose toutes les règles que doit respecter un compositeur de fugue. La deuxième, intitulée « Fugue de l’élève », reprend le travail du jeune Meyerbeer, disséqué et critiqué mesure par mesure, et se concluant par un avis très négatif sur la qualité de la fugue du jeune homme. La troisième expose la « Fugue du Maître », à savoir la fugue composée par Vogler sur le même sujet que celui de Meyerbeer, selon les principes développés dans la première partie. Weber est complètement anéanti. Meyerbeer, quant à lui, étudie le traité reçu et compose une fugue en huit parties respectant les règles exposées par Vogler. Quelques jours après avoir envoyé cette nouvelle fugue à Vogler, il reçoit une invitation enthousiaste à venir le rejoindre à Darmstadt.
- Il est parfois mentionné que le premier opéra composé par Meyerbeer est intitulé Der Admiral. Il s’agit en fait d’une confusion avec le dernier opéra composé par son maître, l’abbé Vogler. Il n’est pas exclu cependant que le jeune Meyerbeer ait collaboré à la composition de Der Admiral
- (fr) François-Joseph Fétis, Biographie universelle des musiciens et biographie générale de la musique, Paris : Firmin Didot Frères, 1863
- Piotr Kaminski, Mille et Un Opéras, p. 939
- Denis Arnold, Dictionnaire encyclopédique de la musique, tome II, p. 131
- L'Avant Scène Opéra - Juin 1985
- Alexandre Dumas, Sur Gérard de Nerval. Nouveaux Mémoires, texte établi par Claude Schopp, Bruxelles, Editions Complexe, 1990
- Meyerbeer sera avec Mendelssohn la victime du violent pamphlet antisémite de Wagner intitulé Le Judaïsme et la Musique. Cité par Roland Mancini et Jean-Jacques Rouveroux dans Guide de l'opéra, p. 531.
- Et fera d'ailleurs plus que s'en affranchir puisqu'il le critiquera violemment dans Le Judaïsme et la Musique. Cité par Roland Mancini et Jean-Jacques Rouveroux dans Guide de l'opéra, p. 531.
- Gambara, édition Charles Furne de 1845, vol 15, p.114, voir aussi p.113 et 115 pour de plus longs développements de musicologie