Giacomo Meyerbeer

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Giacomo Meyerbeer

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Giacomo Meyerbeer

Nom de naissance Jakob Liebmann Meyer Beer
Naissance
Berlin, Royaume de Prusse, Saint-Empire romain germanique (962 — 1806) Saint-Empire romain germanique
Décès (à 72 ans)
Paris, Flag of France.svg Empire français
Activité principale Compositeur
Style Grand opéra
Activités annexes Pianiste, Directeur d'Opéra
Lieux d'activité Paris, Berlin
Années d'activité 1810-1864
Collaborations Eugène Scribe
Maîtres Muzio Clementi, Carl Friedrich Zelter, abbé Vogler
Distinctions honorifiques Légion d'honneur

Œuvres principales

Giacomo Meyerbeer, de son vrai nom Jakob Liebmann Meyer Beer, est un compositeur allemand né à Tasdorf, près de Berlin[1] le et mort à Paris le . Ses œuvres sont considérées comme fondatrices du « Grand opéra français » du XIXe siècle.

Biographie[modifier | modifier le code]

1791-1815 : Les débuts en Allemagne et à Vienne[modifier | modifier le code]

Né dans une riche famille berlinoise de confession juive en contact avec l'élite intellectuelle, deux de ses frères deviendront célèbres : l'astronome Wilhelm Beer, et le poète et dramaturge Michael Beer. À la suite du décès de son grand-père maternel Liepmann (ou Liebmann) Meyer Wulff survenu le 16 août 1812, il accole à son nom « Beer » son troisième prénom « Meyer » qui lui avait été donné en l’honneur de son aïeul, et se fait désormais appeler Meyerbeer. Il italianisera ensuite son prénom vers 1826.

Portrait de Meyerbeer à l'âge de 11 ans par Friedrich Georg Weitsch

Bénéficiant d'une large éducation, il apprend très tôt le piano avec Franz Lauska et Muzio Clementi, joue en public dès l'âge de 11 ans et acquiert très vite une réputation de pianiste brillant. Il étudie entre 1805 et 1807 la composition avec Carl Friedrich Zelter (professeur de Felix Mendelssohn) et Bernhard Anselm Weber (directeur de l’Opéra de Berlin). Encore élève de ce dernier, il compose sa première ouvre scénique, le ballet-pantomime Der Fischer und das Milchmädchen, qui est créé au Théâtre royal de Berlin le . Il se rend à Darmstadt pour recevoir l’enseignement (jusqu’en 1811) de l’abbé Vogler[2] chez lequel il a pour compagnon d’étude Carl Maria von Weber, avec lequel il nouera une profonde et durable amitié.

A Darmstadt, il compose en 1811 un oratorio Gott und die Natur (créé à Berlin le ), suivi d’un opéra Jephthas Gelübde (Munich, )[3]. Puis, son singspiel, Wirt und Gast, oder Aus Scherz Ernst (créé à Stuttgart le essuie un échec. Il le révise pour être représenté à Vienne () sous le titre Die beiden Kalifen, mais l’ouvrage ne réussit pas mieux. Meyerbeer tente de se faire remarquer à Vienne comme pianiste dans les cercles privés. Le soir de son arrivée cependant, il assiste à un concert de Hummel ; il est tellement subjugué par l’exceptionnel talent de pianiste de ce dernier qu’il décide de se retirer pendant dix mois afin de revoir entièrement sa technique de jeu. Il compose également à cette époque de très nombreuses pièces pour pianoforte, qui ne seront pas publiées. Enfin, estimant qu’il est désormais prêt pour affronter le public, il donne son premier concert à Vienne, qui fait sensation. Fétis rapporte le sentiment de Moscheles, selon lequel peu de pianistes auraient pu rivaliser avec Meyerbeer si ce dernier avait décidé d’embrasser une carrière de virtuose[4]. Il participe également, en tant que percussionniste, à la création, le , de La Bataille de Vittoria de Beethoven sous la direction du compositeur. En novembre 1814, il voyage à Paris et à Londres

1815-1824 : La carrière italienne[modifier | modifier le code]

En 1815, il se rend en Italie (sans doute sur les conseils d'Antonio Salieri) où il assiste à une représentation du Tancredi de Gioachino Rossini. Ce spectacle est une véritable révélation. Il compose une cantate pastorale, Gli amori di Teolinda, puis des opéras qui lui assurent une notoriété croissante : Romilda e Costanza (1817), Semiramide riconosciuta (1819), Emma di Resburgo (1819), Margherita d'Anjou (1820), L'esule di Granata (1822) et enfin Il crociato in Egitto (1824) qui est créé à Venise. Ce dernier ouvrage recueille un immense succès, Meyerbeer étant placé par le public italien à un niveau d’égalité avec Rossini. Il Crociato est alors représenté de façon triomphale au King’s Theater de Londres () et au Théâtre-Italien à Paris.

1825-1841 : Les triomphes parisiens[modifier | modifier le code]

Meyerbeer profite de l'occasion pour s’installer dans la capitale française où il a préféré suivre Rossini plutôt que de rester en Italie sans celui qu'il considère comme son maître (alors que Rossini est de six mois son cadet). Il adapte pour la scène française son opéra Margherita d'Anjou, qui est représenté le .

Il épouse le 25 mai 1826 sa cousine Minna Mosson, avec qui il aura deux enfants, Eugénie et Alfred, qui mourront en bas âge.

Scène de ballet de Robert le Diable peinte par Edgar Degas en 1876

Sous la protection de Luigi Cherubini, il entame en 1827 une fructueuse collaboration avec le librettiste Eugène Scribe. Leur première œuvre commune, Robert le Diable, est créée à l'Opéra en 1831 où il est l'« un des plus grands triomphes de tous les temps[5] ». Après La Muette de Portici de Daniel-François-Esprit Auber (1828) et Guillaume Tell, le dernier opéra de Rossini (1829), cette œuvre pose les bases de ce qui deviendra le « Grand opéra », nouveau genre (dont les principales caractéristiques sont celles d’être un drame sur fond historique, aux situations théâtrales tragiques, avec des décors et des ballets fastueux) dans lequel nombre de compositeurs se sentent désormais obligés de faire leurs preuves.

La consécration passe en effet désormais par Paris où Donizetti, Verdi et même Wagner chercheront à briller à l'égal de Meyerbeer. Rossini s'étant retiré, il laisse le champ libre au succès de Meyerbeer. Cinq ans plus tard (perfectionniste, le compositeur allemand n'avait pas la facilité de gestation de son maître italien), Les Huguenots remportent un triomphe encore plus absolu.

En 1836, Meyerbeer et Scribe commencent à travailler sur un nouvel opéra Le Prophète. Ils élaborent à part d’août 1837 les premières esquisses de L'Africaine, opéra destiné à la célèbre Cornélie Falcon. Néanmoins, cette dernière commençant à connaître des difficultés vocales, Meyerbeer abandonne (provisoirement) la partition. Il reprend alors Le Prophète qui est achevé dès 1840. Cependant, la création ne cesse d’être repoussée, les chanteurs disponibles ne répondant pas aux exigences du compositeur.

1842-1848 : Fonctions officielles en Allemagne[modifier | modifier le code]

Le 11 juin 1842, il est nommé directeur général de la musique de Prusse par le roi Frédéric-Guillaume IV et prend la suite de Gaspare Spontini à la direction de l'Opéra de Berlin. Il compose un certain nombre d’œuvres pour des circonstances officielles, et notamment l’opéra Ein Feldlager in Schlesien (« Le camp de Silésie ») créé en 1844 pour la réouverture de l’Opéra après sa destruction dans un incendie et qui ne sera couronné de succès que lorsque Jenny Lind sera appelée par Meyerbeer pour chanter le premier rôle. Il monte Euryanthe de Carl Maria von Weber, mais aussi Rienzi (à l’occasion de l’anniversaire du roi) et Le Vaisseau fantôme de Wagner. « Médiocre chef d'orchestre[6] », et trop éloigné désormais du goût allemand, il est démis de ses fonctions le 26 novembre 1848 et rentre à Paris après avoir donné Ein Feldlager à Vienne en 1847 sous le titre Vielka. Auparavant, il aura écrit la musique de scène pour Struensee, drame écrit par son frère Michael Beer.

1849-1864 : Les dernières années[modifier | modifier le code]

Buste de Giacomo Meyerbeer à Spa. Meyerbeer a séjourné plusieurs fois dans cette mondaine ville d'eau belge.

Nouveau triomphe dans la capitale française avec Le Prophète en 1849 que le musicien a révisé entièrement pour Pauline Viardot. Sa santé commence cependant à se détériorer, et il passera désormais chaque automne à Spa, ville thermale qu’il affectionne tout particulièrement, comme en témoignent les nombreuses références dans son journal. La ville de Spa lui érigera un monument.

Pierre tombale de Meyerbeer dans le cimetière juif de Berlin

Il crée pour l'Opéra-Comique deux œuvres de facture différente : L'Étoile du Nord (réutilisant la musique de Ein Feldlager) en 1854 et Le Pardon de Ploërmel en 1859 qui rencontrent un succès cependant moins éclatant que les précédents.

Honoré (Meyerbeer est le premier Allemand à être nommé commandeur de la Légion d’honneur) et reconnu comme étant l’un des musiciens les plus célèbres de son temps, il reçoit des commandes d’œuvres de circonstance. Il compose ainsi la Fest-Ouvertüre im Marschstyl pour l'Exposition universelle de Londres de 1862 et se rend en Angleterre à cette occasion.

Malgré la mort de Scribe en 1861 et des soucis de santé croissants, il reprend alors une partition commencée avant son départ pour Berlin, L'Africaine et parvient enfin à l’achever en avril 1864. Les répétitions commencent sous sa supervision, mais il meurt dans la nuit du , avant la création de l’ouvrage. Fétis est alors chargé de la préparation finale de la création le à l'Opéra de Paris[7].

Style[modifier | modifier le code]

Trio de l'Acte V de Robert le Diable peint par François-Gabriel Lépaulle vers 1835

Meyerbeer a donc fixé pour longtemps les canons du « grand opéra » et s’est assuré tout au long de sa carrière la prééminence dans ce genre. Pourtant, peu de compositeurs ont été aussi anxieux que lui quant à la qualité de leurs œuvres. Fétis[4] rapporte que, tout au long du processus de composition, et longtemps après que la partition a été achevée, il ne cesse d’effectuer des modifications, n’étant jamais satisfait et sûr de son art. Pendant la correction des parties, le recrutement et la préparation des chanteurs, il semble toujours prêt à remettre en cause la moindre décision. Lors de répétitions interminables, il fournit à l’orchestre des passages avec deux instrumentations différentes, chacune étant identifiée par une couleur d’encre qui lui est propre, et fait jouer alternativement chaque version avant de décider quelle est la plus satisfaisante.

Le perfectionnisme de Meyerbeer conduisait souvent à des rapports houleux avec ses librettistes. Demandant sans cesse des modifications, Meyerbeer s’est à plusieurs reprises heurté avec Eugène Scribe qui, se lassant de toujours devoir réécrire les mêmes scènes, finissait par lui opposer un refus catégorique. Afin de débloquer la situation, il fallait recourir, souvent à l’insu de Scribe, à un second librettiste, acceptant de rédiger les modifications demandées par Meyerbeer. Dans ses Nouveaux Mémoires[8], Alexandre Dumas raconte que le directeur de l’opéra de Paris lui avait commandé, dans les premiers mois de 1836, la rédaction du livret du prochain opéra de Meyerbeer. Le projet avorta suite aux exigences devenues rapidement inacceptables pour l’écrivain. Il précise ironiquement : « On m’avait prévenu que Scribe dans les clauses de sa collaboration avec Meyerbeer avait introduit un article qui lui accordait cinquante centimes d’indemnité pour chaque vers qu’il lui faisait retoucher ou refaire, et que là étaient les principaux droits d’auteur de Scribe. Je me reprochai bientôt amèrement de ne pas avoir prévu le cas.»

Duo de l'Acte IV des Huguenots peint par Camille Roqueplan

Malgré (ou peut-être, à cause de) ses succès éclatants, il fut très critiqué, notamment par Schumann et Wagner[9] qui l’accusèrent de rechercher l’effet pour l’effet, au détriment des véritables valeurs musicales et dramatiques. Cependant, presque tous les compositeurs d’opéras du XIXe siècle ont été influencés par Meyerbeer : le jeune Wagner l’imitera dans Rienzi avant de s’en affranchir[10] ; Verdi lui-même devra se soumettre aux règles dramatiques qu’il avait fixées, lorsqu’il écrira pour Paris. Il est vrai que Verdi admirait Meyerbeer et ne ratait jamais une première de ses opéras. La carrière française du compositeur, seulement interrompue par le séjour malheureux de Berlin, fait montre d’une remarquable longévité.

Bien que célèbre dans toute l'Europe dès les années 1830, sa renommée, après sa mort, fut très rapidement éclipsée, en particulier par Wagner, et ses œuvres ont peu à peu disparu du répertoire. Le disque et quelques rares reprises ont cependant évité à ses œuvres de tomber dans l'oubli, et permis au public moderne de mieux prendre la mesure de son importance dans l’évolution des procédés dramatiques et dans l’histoire de l’opéra.

Il utilise souvent le principe du leitmotiv, qui a été perfectionné par Wagner. Parmi les traits dominants du grand opéra conçu par Meyerbeer, le plus remarquable est sans doute la place faite aux interprètes. Dans toute son œuvre, le choix de ces derniers est capital et même déterminant pour l’élaboration du livret. Le compositeur consacrait la plupart de ses voyages à l’audition de nouveaux chanteurs, et si l’un de ceux qu’il avait engagés rompait son contrat, il n’hésitait pas à remanier le rôle concerné pour l’adapter au nouvel interprète, voire à interrompre son travail sur un opéra si aucun acteur ne lui paraissait convenir.

Meyerbeer est aussi l’un des premiers compositeurs d’opéras à porter une attention particulière à la couleur de l’orchestre. Dans son Grand traité d’instrumentation et d’orchestration modernes (1843-1844), Berlioz donne en exemple plusieurs passages tirés de Robert le Diable ou des Huguenots.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Opéras[modifier | modifier le code]

Titre Genre Date de création Lieu de création Notes
Jephthas Gelübde Opéra Hofoper de Munich Livret de Aloys Schreiber
Wirt und Gast, oder Aus Scherz Ernst Lustspiel Stuttgart Livret de Johann Gottlieb Wohlbrück. Révisé sous le titre Die beiden Kalifen et représenté à Vienne le , puis connu sous le nom d’Alimelek
Das Brandenburger Tor Singspiel Livret de Johann Emanuel Veith. Composé en 1814 afin de célébrer le retour à Berlin des troupes prussiennes victorieuses des armées napoléoniennes, cet opéra ne fut pas créé du vivant de Meyerbeer, mais plus de 170 plus tard, en 1991, à l’occasion du bicentenaire de la naissance du compositeur.
Romilda e Costanza Melodramma semiserio Teatro nuovo de Padoue Livret de Gaetano Rossi
Semiramide riconosciuta Dramma per musica Teatro Regio de Turin Livret de Pietro Metastasio revu par le comte Feys
Emma di Resburgo Melodramma eroico Théâtre San Benedetto de Venise Livret de Gaetano Rossi. Joué en Allemagne sous le titre de Emma von Leicester
Margherita d'Anjou Melodramma semiserio Scala de Milan Livret de Felice Romani. Révisé pour être représenté au Théâtre de l’Odéon à Paris à partir du
L'Almanzore Composé en 1821 pour Rome mais jamais représenté. Généralement considéré comme inachevé, il est également possible qu’il s’agisse d’une première version de L'esule di Granata
L'esule di Granata Melodramma serio Scala de Milan Livret de Felice Romani
Il crociato in Egitto Melodramma eroico La Fenice de Venise Livret de Gaetano Rossi d'après une pièce de Monperlier. Fréquemment révisé par Meyerbeer
Robert le Diable Opéra Opéra de Paris, Salle Le Peletier Livret d'Eugène Scribe et Germain Delavigne
Les Huguenots Opéra Opéra de Paris, Salle Le Peletier Livret d'Eugène Scribe et Emile Deschamps
Ein Feldlager in Schlesien Singspiel Hofoper, Berlin Livret de Ludwig Rellstab d’après Eugène Scribe. Révisé et représenté à Vienne le sous le titre de Vielka
Le Prophète Opéra Opéra de Paris, Salle Le Peletier Livret d'Eugène Scribe et Émile Deschamps
L'Étoile du Nord Opéra-comique Opéra-Comique, Paris Livret d'Eugène Scribe, en partie basé sur Ein Feldlager in Schlesien. Révisé et traduit en italien pour être représenté au Covent Garden de Londres le
Le Pardon de Ploërmel (Dinorah) Opéra-comique Opéra-Comique, Paris Livret de Jules Barbier et Michel Carré. Révisé et traduit en italien pour être représenté au Covent Garden de Londres le
L'Africaine Opéra Opéra de Paris, Salle Le Peletier Livret d'Eugène Scribe complété par François-Joseph Fétis. Posthume

Autres œuvres pour la scène[modifier | modifier le code]

Titre Genre Date de création Lieu de création Notes
Der Fischer und das Milchmädchen, oder Viel Lärm um einen Kuss (Le Pêcheur et la laitière, ou Beaucoup de bruit autour d'un baiser) Ballet-pantomime Berlin
Gli Amori di Teolinda Monodrame 1816 Gênes
Das Hoffest zu Ferrara Masque Berlin
Struensee Musique de scène Berlin Composée pour un drame de Michael Beer, le frère de Meyerbeer

Musique sacrée[modifier | modifier le code]

Titre Genre Date de création Lieu de création
Gott und die Natur Oratorio Berlin
Geistliche Gesänge 7 Odes d’après Klopstock, pour soprano, alto, ténor et basse 1817 ou 1818 Leipzig
An Gott Hymne pour soprano, alto, ténor et basse 1817 Leipzig
Psaume XCI Pour soprano, alto, ténor, basse et double chœur mixte a capella 1853 Berlin
Prière du Matin Pour 2 chœurs et piano ad libitum 1864 Paris

Œuvres chorales de circonstance et profanes[modifier | modifier le code]

Titre Type de voix Date de création Lieu de création Notes
Festgesang zur Errichtung des Guttenbergischen Denkmals in Mainz Pour 2 ténors, 2 basses, voix d’hommes et piano ad libitum 1835 Mayence
Dem Vaterland Pour voix d’hommes 1842 Berlin
Le Voyageur au tombeau de Beethoven Pour basse et voix de femmes a capella 1845
Festhymne Pour voix solistes, chœur et piano ad libitum 1848 Composé pour les noces d’argent du roi et de la reine de Prusse
Ode an Rauch Pour voix solistes, chœur et orchestre 1851 Berlin Composée en l’honneur du sculpteur Christian Daniel Rauch
Maria und ihr Genius Cantate pour soprano, ténor, chœur et piano 1852 Composée pour les noces d’argent du prince Charles de Prusse et de la princesse Marie
Brautgeleite aus der Heimat Sérénade pour chœur a capella 1856 Composée pour les noces de la princesse Louise
Festgesang zur Feier des 100 jährigen Geburstfestes von Friedrich Schiller Pour soprano, alto, ténor, basse, chœur et orchestre 1859
Festhymnus Pour voix solistes, chœur et piano ad libitum 1861 Composé pour le couronnement de Guillaume Ier

Musique pour orchestre[modifier | modifier le code]

Titre Date de création Notes
Symphonie en mi bémol majeur 1811
Concerto pour piano 1811
Concerto pour piano et violon 1812
Vier Fackeltänze 1844, 1850, 1856 et 1858 Composée pour musique militaire ou orchestre à l’occasion des noces de la famille royale de Prusse
Festmarch 1859 Composée pour le centenaire de la naissance de Schiller
Krönungsmarch pour 2 orchestres 1861 Composée pour le couronnement de Guillaume Ier
Fest-Ouverture im Marschstyl 1862 Composée pour l’ouverture de l’Exposition universelle de Londres

Discographie sélective[modifier | modifier le code]

Autour de Meyerbeer[modifier | modifier le code]

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Fasciné par Robert le Diable, Honoré de Balzac en a fait le péristyle d’une nouvelle, Gambara, parue en 1837. La nouvelle propose une analyse de l'œuvre sous forme de tension entre celui qui la trouve sublime (Gambara) et celui qui l'attaque (le comte Andrea) : « Je conviens avec vous que la science est grande dans l'opéra de Meyerbeer, mais cette science devient un défaut lorsqu'elle s'isole de l'inspiration, et je crois avoir aperçu dans cette œuvre le pénible travail d'un esprit fin qui a trié sa musique dans des milliers de motifs des opéras tombés ou oubliés, pour se les approprier en les étendant, les modifiant ou les concentrant[11]. »

Sources[modifier | modifier le code]

  • (fr) Theodore Baker, Nicolas Slonimsky, Dictionnaire biographique des musiciens, traduction française par Marie-Stella Pâris, édition française adaptée et augmentée par Alain Pâris, Paris : Robert Laffont, Collection Bouquins, 1995, ISBN 2-221-06787-8
  • (fr) Marie-Hélène Coudroy-Saghai, Dictionnaire de la musique en France au XIXe siècle, Joël-Marie Fauquet (dir.), Paris : Fayard, 2003, pp. 800–801.
  • (fr) François-Joseph Fétis, Biographie universelle des musiciens et biographie générale de la musique, Paris : Firmin Didot Frères, 1863
  • (en) George Grove, A Dictionary of Music and Musicians, Londres: MacMillan & Co., Ltd, 1900
  • (fr) Piotr Kaminski, Mille et un opéras, Paris : Fayard, Collection Les Indispensables de la Musique, 2005, ISBN 2-213-60017-1
  • (en) Robert Ignatius Letellier, Meyerbeer Studies: A Series of Lectures, Essays, and Articles on the Life and Work of Giacomo Meyerbeer, Fairleigh Dickinson University Press, 2005, 238 p. ISBN 0-8386-4063-X
  • (en) Robert Ignatius Letellier, Marco Clemente, Giacomo Meyerbeer, Cambridge Scholars Press, 2007, 610 p., ISBN 1-84718-125-2
  • (fr) Harold Rosenthal et John Warrack, Guide de l’Opéra, édition française réalisée par Roland Mancini et Jean-Jacques Rouveroux, Paris : Fayard, Collection Les Indispensables de la Musique, 1995, ISBN 2-213-59567-4

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Il est né en fait dans un relais de poste entre Berlin et Francfort-sur-Oder, sa mère n'ayant pu atteindre à temps la maison familiale où elle espérait accoucher (Robert Pourvoyeur dans l'Avant Scène Opéra de juin 1985)
  2. L’invitation faite à Meyerbeer de suivre l’enseignement de l’abbé Vogler fait l'objet d'une anecdote restée célèbre et qui reflète bien les caractères des deux protagonistes. Le jeune Meyerbeer remet un jour à Bernhard Anselm Weber une fugue à laquelle il a consacré beaucoup de temps et d’énergie et dont il est très fier. Weber, enthousiasmé par ce travail, décide de l’adresser à son ancien maître, l’abbé Vogler, afin de recueillir son avis. Les jours passent, pas de réponse. Enfin, Weber reçoit un jour, non pas une lettre, mais un volumineux paquet. Il contient un long traité sur la Fugue, en trois parties. La première est d’ordre théorique et expose toutes les règles que doit respecter un compositeur de fugue. La deuxième, intitulée « Fugue de l’élève », reprend le travail du jeune Meyerbeer, disséqué et critiqué mesure par mesure, et se concluant par un avis très négatif sur la qualité de la fugue du jeune homme. La troisième expose la « Fugue du Maître », à savoir la fugue composée par Vogler sur le même sujet que celui de Meyerbeer, selon les principes développés dans la première partie. Weber est anéanti. Meyerbeer, quant à lui, étudie le traité reçu et compose une fugue en huit parties respectant les règles exposées par Vogler. Quelques jours après avoir envoyé cette nouvelle fugue à Vogler, il reçoit une invitation enthousiaste à venir le rejoindre à Darmstadt.
  3. Il est parfois mentionné que le premier opéra composé par Meyerbeer est intitulé Der Admiral. Il s’agit en fait d’une confusion avec le dernier opéra composé par son maître, l’abbé Vogler. Il n’est pas exclu cependant que le jeune Meyerbeer ait collaboré à la composition de Der Admiral
  4. a et b (fr) François-Joseph Fétis, Biographie universelle des musiciens et biographie générale de la musique, Paris : Firmin Didot Frères, 1863
  5. Piotr Kaminski, Mille et Un Opéras, p. 939
  6. Denis Arnold, Dictionnaire encyclopédique de la musique, tome II, p. 131
  7. L'Avant Scène Opéra - Juin 1985
  8. Alexandre Dumas, Sur Gérard de Nerval. Nouveaux Mémoires, texte établi par Claude Schopp, Bruxelles, Éditions Complexe, 1990
  9. Meyerbeer sera avec Mendelssohn la victime du violent pamphlet antisémite de Wagner intitulé Le Judaïsme et la Musique. Cité par Roland Mancini et Jean-Jacques Rouveroux dans Guide de l'opéra, p. 531.
  10. Et fera d'ailleurs plus que s'en affranchir puisqu'il le critiquera violemment dans Le Judaïsme et la Musique. Cité par Roland Mancini et Jean-Jacques Rouveroux dans Guide de l'opéra, p. 531.
  11. Gambara, édition Charles Furne de 1845, vol 15, p.114, voir aussi p.113 et 115 pour de plus longs développements de musicologie

Liens externes[modifier | modifier le code]

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