Friedrich Hölderlin

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Friedrich Hölderlin
penseur et poète allemand

Description de l'image  Friedrich hoelderlin.jpg.
Activités Écrivain, poète, essayiste
Naissance
Lauffen am Neckar, en Bade-Wurtemberg
Décès
Langue d'écriture allemande
Mouvement Romantisme
Genres Poésie, essai

Œuvres principales

  • Hypérion
  • La Mort d'Empédocle
  • Hymnes
  • Remarques sur Sophocle

Signature

alt=Signature de Friedrich Hölderlin
penseur et poète allemand

Friedrich Hölderlin ['fʁi:dʁɪç 'hœldɐlɪn] (1770-1843) est un poète et philosophe très proche de Fichte, Schelling, Hegel, de la haute période classico-romantique en Allemagne – époque que la tradition culturelle occidentale fait encore rayonner autour de la figure emblématique de Goethe[1]. Cette acmé de la littérature allemande, créatrice plus tardive de son premier grand « classicisme » en Europe[2] précédé d’un « pré-classicisme » (Lessing…), comprend l’ensemble du courant qui va du Sturm und Drang aux deux grands classiques allemands Goethe et Schiller pour engendrer les « Modernes » du romantisme allemand (Tieck, Novalis…).

L’énorme élaboration philosophique allemande d’alors, sécularisatrice de la religion par le protestantisme culturel, est partie prenante de cette époque : le grand nom, c’est Emmanuel Kant, que Hölderlin appellera le « Moïse de la nation allemande ». Par le « titan » Fichte (selon Hölderlin, son étudiant à Iéna en 1794-1795) qui trouve la « révolution copernicienne » de Kant « inachevée », on aboutit à l’idéalisme allemand  : le « trèfle » Hölderlin – HegelSchelling, étudiants en théologie ensemble au Stift, le Grand Séminaire protestant de Tübingen). Hölderlin oppose néanmoins une objection fondamentale : l’être ne peut se confondre avec l’identité[3].

Biographie[modifier | modifier le code]

La formation[modifier | modifier le code]

La maison natale de Hölderlin à Lauffen am Neckar.

Né le à Lauffen am Neckar, en Bade-Wurtemberg (Baden-Württemberg), Hölderlin perd à l'âge de deux ans son père, administrateur de biens conventuels, qui meurt à 36 ans. En 1774, sa mère, Johanna Christina Hölderlin, alors âgée de 26 ans, se remarie avec le conseiller Gock, bourgmestre de Nürtingen, qui décédera en 1779. Cette situation de l'enfant Hölderlin exposé à la mort accidentelle de son « second père » répétant celle de son « vrai père » a suscité après coup au XXe siècle l'intérêt de la psychanalyse[4]. En fait, l'enfance de Hölderlin, qui, à la suite des veuvages de sa mère, baigne dans un milieu familial essentiellement maternel et féminin, plonge dans une succession de vies et de morts : la plupart de ses petites sœurs, ainsi qu'un anonymus meurent en bas âge, ce qui est monnaie courante à la fin du XVIIIe siècle. Seuls restent en vie sa deuxième sœur et chère « Rike », Heinrike Hölderlin, née en 1772, et un demi-frère, Karl Gock, né en 1776.

Poussé par sa mère, qui souhaiterait le voir devenir pasteur comme son propre père, Hölderlin entre en 1784 au petit séminaire de Denkendorf, où il apprend le grec ancien, le latin et l'hébreu. Il va lire Klopstock, et la poésie idéaliste de Schiller. Vers l'âge de quatorze ans, il écrit ses premiers poèmes (comme Mon propos), ainsi que ses premières lettres retenues[5]. Hölderlin trouve l'aide d'un père spirituel, comme il l'écrira dans une lettre à Nathanaël Köstlin, en la personne du diacre de Nürtingen : « Je vous prie très humblement, très cher Monsieur le Diacre, d'être mon guide, mon père, mon ami »[6]. Deux ans plus tard, Hölderlin poursuit ses études au séminaire de Maulbronn, où il se lie avec son condisciple Immanuel Nast, qu'il appelle son Cher frère dans les lettres qu'il lui adresse, et connaît son premier amour avec Louise Nast, la cousine de ce dernier.

La tour de Hölderlin à Tübingen.

De 1788 à 1793, il est étudiant en théologie au Grand Séminaire protestant ou Stift de Tübingen, en même temps que Hegel et le précoce Schelling (lequel Schelling est d'ailleurs un lointain cousin de Hölderlin par la branche maternelle). Ces trois brillants esprits vont former le « trèfle » de l'idéalisme allemand. La Révolution française remplit d'enthousiasme[7] des jeunes Stiftler qui vont planter un arbre de la liberté sur les rives du Neckar. Dès ses années du Stift, Hölderlin rencontre aussi celui que certains considéreront comme son Méphisto, Isaac von Sinclair.

Le temps d’Hypérion et d’Empédocle[modifier | modifier le code]

En 1793 il est présenté à Friedrich Schiller, avec lequel il entame une correspondance suivie et qui publie certains de ses poèmes. La même année il travaille comme précepteur à Waltershausen chez l'amie de Schiller, Charlotte von Kalb, où il connaît quelques déboires dans son travail d'éducateur à cause de la masturbation de son élève Fritz. Un tournant décisif dans sa vie est l'obtention d'un autre poste de précepteur dans une maison appartenant à un riche banquier de Francfort, Jakob Gontard. Hölderlin rencontre en Susette Gontard, qu'il appelle « Diotima » dans ses poèmes et dans son roman Hypérion, le grand amour de sa vie. Le bonheur de cette relation ne dure pas: le mari la découvre, et elle est incompatible avec l'époque. Pourtant, ils continuent à correspondre et à se rencontrer secrètement. Ils se voient pour la dernière fois en 1800. Les lettres de Suzette adressées au poète renseignent assez précisément sur ce qu'a pu être cet amour.

« Les plus grands poètes lyriques, comme Hölderlin ou Keats, sont des hommes en qui le pouvoir mythique de perception se brise encore vers son intensité extrême et son pouvoir d'objection... » (Ernst Cassirer dans Language and Myth, 1946).

Hölderlin quitte Francfort en septembre 1798. Survient alors une période d'intense créativité, avec les grandes élégies et le second volume de Hyperion. Il écrit également des textes philosophiques et une tragédie, Der Tod des Empedokles (La Mort d'Empédocle), restée inachevée en dépit de trois versions différentes dérivant du plan originel, dit « de Francfort ».

Le temps des grands poèmes[modifier | modifier le code]

Parmi les grands poèmes de Hölderlin, on peut citer Brot und Wein (Pain et Vin), élégie rapprochant Jésus et Dionysos, Der Archipelagus, où l'on voit à l’œuvre le « retour » à la Grèce antique que Hölderlin fait effectuer poétiquement à l'Allemagne de son temps, très située cependant dans sa Souabe natale, Heidelberg et Der Rhein, des odes sur la ville et le fleuve, et le patriotique Germanien. Dans la conclusion de son hymne Patmos, le poète dit qu'il appartient à la « poésie allemande » de « respecter la lettre immuable » et « interpréter avec soin tout ce qui demeure » (traduction de Geneviève Bianquis).
Peu avant son départ pour la France, Hölderlin déclare : « Maintenant je peux rejoindre une nouvelle vérité, une meilleure vision en grande partie de nous-mêmes et de ce qui nous entoure, en pensant que j'ai peur de ces choses qui peuvent éventuellement s'associer à moi comme pour l'ancien Tantale, qui a reçu des dieux plus qu'il ne pouvait en digérer. » Après avoir tenu un bref emploi de précepteur à Bordeaux[8], Hölderlin retourne en 1802 en Allemagne. Ce voyage du « retour », effectué probablement à pied, à travers la France post-révolutionnaire, renferme sa part de mystère et d'inconnu. L'histoire littéraire tend en tous les cas à dater l'éclosion de la « folie » du poète du « retour de Bordeaux ». Hölderlin a appris la mort de Susette Gontard[9] et revient à Nürtingen. Son état de santé se dégrade de plus en plus. Il sera interné de force dans la clinique du docteur Autenrieth à Tübingen en 1806.
Les grands Hymnes de Hölderlin sont écrits entre 1800 et 1803, et des fragments extraordinaires de la grande poésie hymnique sont écrits jusqu'en 1806 environ (la datation devient difficile à ce moment-là). À partir de 1800, Hölderlin traduit Pindare et Sophocle. Les Remarques sur Œdipe et Antigone sont des textes d'une densité inouïe et d'une importance considérable sur la tragédie et la traduction occidentale du mythe tragique dans le monde moderne.

Les trente-six dernières années de la vie d'Hölderlin se déroulent dans l'ombre de la folie, chez le menuisier Ernst Zimmer à Tübingen. Il meurt le . Hölderlin rédige encore (de 1807 à 1843) des poèmes portant principalement sur le cycle naturel des saisons, en les affectant de dates fantaisistes (1748, 1936). C'est seulement à la fin de sa vie, à partir de 1841, qu'il signera du pseudonyme Scardanelli [10].
C.T. Schwab fait paraître après la mort du poète la première édition de son œuvre (1846).
Le début du XXe siècle commence à reconnaître cet immense poète du « temps de Goethe » (de la Goethezeit).
La réception après coup de Hölderlin au XXe siècle passe en partie, notamment à une certaine époque chez les intellectuels français, par Heidegger, profondément influencé par le poète (Cf. Approche de Hölderlin, traduit des Erläuterungen...) qui lui sert de « pré-texte » à penser. L'interprétation heideggerienne de la poésie de Hölderlin a été critiquée par Adorno et l'École de Francfort.

Hölderlin et la psychanalyse[modifier | modifier le code]

La Grèce de Hölderlin est une « traduction » (cf. Remarques sur les traductions de Sophocle) dans l'acception que pourra avoir ce mot dans une théorie de la traduction psychique comme celle qu'implique la théorie de la séduction généralisée post-freudienne du psychanalyste Jean Laplanche, lui-même influencé par Hölderlin. Dans la langue de Hölderlin, il s'agit de la création du mythe poétique lui-même, soit de l’art poétique hölderlinien. Cette théorie complexe et très élaborée du mythe chez Hölderlin n'est évidemment pas à confondre, de manière anachronique et réductrice, avec une conception rationaliste française ethnocentrée du mythe d'après le structuralisme de Lévi-Strauss situé au XXe siècle, qui fut repris par Lacan pour interpréter le mythe psychanalytique de l'Œdipe freudien au moment de sa définition « linguistique » de « l'inconscient structuré comme un langage » : théorie franco-lacanienne de la « forclusion du Nom-du-père », qu'on appliquerait, sur le mode rétroactif de l'après-coup lacanien, et du raisonnement par l'absurde – la non-admission d'un Œdipe « mytho-symbolique »[11] prédéterminé comme étant celui normal de la « névrose », ad hominem du « cas clinique » d'un Hölderlin déjà « pré-jugé » fou par « les médecins ». Selon la thèse philosophique de Bruno Liebrucks (1979), le mythe hölderlinien est un mythe « logiquement possible »[12]. L'extraordinaire envergure du mythe hölderlinien tient aussi au fait qu'il comporte une analyse visionnaire de l'histoire de notre culture sur des millénaires, basculant, autour du pivot littéraire critique des Anciens et des Modernes, sur la pierre de touche de son mythe tragique qui le fait virer du grec à l’hespérique. Dans la Grèce de Hölderlin, le Christ représente en effet le dernier « dieu » de l'Antiquité, dieu néanmoins charnière, car spécifique, ineffaçable de l'histoire de l'humanité et de son destin dans la civilisation occidentale (Poèmes : Patmos, L'Unique). Le roman Hypérion (1797-99) demeure au cœur de l'œuvre, le centre « excentrique » du mythe (au sens hölderlinien du terme) de l’autre Grèce de Hölderlin. Cette « autre Grèce » est aussi celle du retour hölderlinien au « natal » (ou « patriotique ») : on y retrouve une étrange Grèce souabe profondément, c'est-à-dire poétiquement « habité »e de ses propres « dieux », la Nature du mythe hölderlinien.

Répercussions[modifier | modifier le code]

La place d'Hölderlin dans le contexte allemand de son temps[modifier | modifier le code]

Hölderlin n'est pas directement affilié aux deux principaux mouvements littéraires de son époque, le classicisme de Weimar ou le romantisme, mais sa pensée reflète des éléments communs à ces deux grands courants. Dans son utilisation classique des vers, de la forme et de la syntaxe, Hölderlin peut d'abord être considéré comme le successeur de Friedrich Klopstock (1724-1803), qui tente de développer pour la langue allemande une perfection classique, la plaçant à l'égalité du grec et du latin. Hölderlin partage l'amour des classiques pour la edle Einfalt und stille Grösse (la noble simplicité et la magnificence du calme), formulé par Johann Winckelmann (1717-1768), en y ajoutant son sens mythique de la nature au travers le syncrétisme réalisé d'éléments traduits du Panthéon grec et du christianisme. Comme William Blake et W.B.Yeats, il explore la cosmologie et l'histoire pour trouver un sens en ce monde incertain. Hölderlin joue aussi un rôle important dans le développement de la philosophie post-kantienne, et participe à la formation de l'idéalisme allemand.

Le « retour » hölderlinien en France (I) : Hölderlin et la Révolution française[modifier | modifier le code]

C'est l'objet de la thèse « révolutionnaire » en 1936 du germaniste français Pierre Bertaux dont le Hölderlin est plus jacobin que fou.

Hölderlin et Heidegger[modifier | modifier le code]

La poésie de Hölderlin fascine également le philosophe allemand Martin Heidegger (1889-1976) qui a écrit que « la Poésie est l'établissement de l'Étant par les moyens du monde ». Les essais d'Heidegger sur Hölderlin (1936) sont traduits dans Existence et Étant de W. Brock (1949). Nietzsche se montra vivement intéressé par Hölderlin[13], mais cela fut sans prolongement, jusqu'aux décadences du monde d'après guerre en Allemagne, jusqu’à ce que le poète reçoive une plus grande attention, en partie due à l'enthousiasme de Norbert von Hellingrath. Dans ses lectures des années 1930, Heidegger considère Hölderlin, en tant que poète, comme le réveilleur national des consciences, un prophète du futur latent d'une nation. « Les poètes se sont élevés pour la plupart au commencement ou à la fin d'une ère », dit lui-même une fois Hölderlin. Il est fastement célébré durant le Troisième Reich, et ses œuvres regroupées sont publiées en quatre volumes. Ironiquement, le héros dans Hypérion quitte sa maison et sa patrie, parce que la loi du despotisme s'y applique... Heidegger a emprunté à Hölderlin, dans ses cours de 1934-1935 sur La Germanie et sur Le Rhin, puis dans une série de conférences sur la poésie hölderlinienne, dont Terre et ciel chez Hölderlin à Munich (1959), l'origine de ce qu'il a nommé une autre pensée : elle permettrait d'accéder à un autre commencement. Heidegger a trouvé dans Hölderlin, moins le poète de la Terre-mère, que l'épreuve de la vérité de l'être qui commande le quadrillage de la métaphysique. Comment comprendre ce quadrillage qui, selon Heidegger, remonte aux quatre causes d'Aristote ? Si l'étant, en effet, comme le philosophe grec le déclare à plusieurs reprises, se dit en multiples façons, en grec pollachôs, ce que Heidegger interprète comme tetrachôs, en quatre façons (cause formelle, cause matérielle, cause motrice et cause finale), pourquoi ces façons se trouvent-elles au nombre de quatre ? L'énigme de la métaphysique dissimulerait ainsi une énigme plus originelle, celle de l'autre pensée qui déploie le monde selon les quatre nervures du Geviert. Les traducteurs français ont rendu ce terme allemand (Vier : Quatre) par Quadriparti, Uniquadrité ou Cadrant. Terre et Ciel, Divins et Mortels expriment en effet pour Heidegger les puissances de l'origine, ces harmoniques de l'être que Hölderlin appelait pour sa part les voix du destin. Jean-François Mattéi a consacré un livre, Heidegger et Hölderlin. Le Quadriparti, à la constitution chez Heidegger, en commentant Hölderlin, de cette figure quadripartite du monde. Elle intervient chez d'autres philosophes et écrivains, comme Eric Voegelin ou, de façon plus inattendue, Henri Bosco (Une Ombre, Gallimard) ; mais elle se trouvait initialement dans le Gorgias de Platon, à la page 507e-508a.

Le « retour » hölderlinien en France (II) : Hölderlin et la « révolution psychanalytique »[modifier | modifier le code]

Hölderlin commence d'être reçu en psychanalyse par Jean Laplanche (Hölderlin et la question du père, Paris, PUF, 1961), dont il inspire en partie l’œuvre et la pensée (théorie de la séduction généralisée et de la traduction), ainsi que les principes qui président à la traduction entreprise en France des Œuvres Complètes de Freud / Psychanalyse — OCF.P aux PUF sous la direction scientifique de Jean Laplanche.

Hölderlin et la question du père « symbolique » de Lacan par Jean Laplanche sous-entend et inaugure une question d'importance, à la fois hölderlinienne et psychanalytique (par rapport à la définition de la psychanalyse comme science dans (ou de) la culture). La thèse de médecine soutenue par Jean Laplanche, dans la période encore « paralacanienne » de celui-ci, sous-entend en effet le début d'une discussion avec l'herméneutique en psychanalyse, qui passe par la réception heideggerienne de Hölderlin en France à cette époque (cf. Maurice Blanchot), laquelle se trouve passer en psychanalyse par Lacan. Ce dernier n'emprunte-t-il pas en effet à Heidegger quelque chose de son ontologie pour en « parfumer » d'un zeste son « inconscient structuré comme un langage », réfuté ensuite par J. Laplanche ? Or, très tôt, Heidegger se fonde sur Hölderlin pour « penser »... Ce qui ne veut pas dire que ce Hölderlin heideggerien est le « vrai » Hölderlin (cf. déjà la contestation de l'École de Francfort vis-à-vis du « jargon ontologisant » de Heidegger)...

La Grèce de Hölderlin reste le témoin incontournable d’une « falsification » du message hölderlinien par le « mythe romantique » (au sens dégradé du terme), où l’on tenterait toujours d’enfermer le « poète fou » dans sa tour de carte postale à Tübingen. Cette référence fondamentale à une autre Grèce, l’étranger ou « feu du ciel » d’après Hölderlin, dont la force poétique risque de faire pâlir les mystérieuses « mères » dans le miroir du second Faust de Goethe, rend irrecevable le classement de Hölderlin parmi les Romantiques, puisque ces derniers se définissent précisément par leur renoncement à la référence grecque[14] pour se replier sur le monde intérieur de « l’âme » ou du « cœur » : le Gemüt, siège « des sentiments », qui vont générer les ressources de la Phantasie romantique, liée, depuis Fichte et après Kant, à l’« imagination » des philosophes ( Einbildungskraft et Einbildung). Mais cette puissance de « l’affect » romantique n’est plus vraiment d’inspiration rousseauiste comme au temps du Sturm und Drang, très ouvert aux influences extérieures, anglaises et françaises entre autres. Une répercussion importante de la Phantasie romantique réside entre autres dans la compromission problématique de la traduction de la Phantasie en psychanalyse avec l'héritage philosophique des Lumières et son envers du Romantisme. Le concept psychanalytique de Phantasie en effet n’est pas sans rappeler l’héritage romantique qui demeure en partie dans la pensée de l’homme des Lumières Freud. Celui-ci trouve le « fantasme » après la renonciation à ses neurotica (théorie de la séduction factuelle chez les hystériques) et invente par conséquent la psychanalyse. Dès lors, l’objection capitale de Hölderlin à l’idéalisme allemand, à l’élaboration duquel il a néanmoins largement contribué, fait de ce très grand auteur un précurseur de l’interrogation psychanalytique sur l’inconscient, à l’insu de Freud certes, mais non plus vraiment, après coup de sa réception au XXe siècle en France, à l’insu d’un psychanalyste de la « troisième génération » comme Jean Laplanche[15], dont le premier livre (1961) traite d'Hölderlin. L’objection catégorique de l’auteur Hölderlin en son temps à l’idéalisme allemand s’étend donc à la mise en question de la thèse lacanienne de la « forclusion du Nom-du-père » qui est appliquée à son « cas clinique », dans la mesure où le système lacanien, dans ses années 1950 du « père symbolique », s'inspire de la dynamique phénoménologique de l'Esprit (Geist) hégélien pour « capitonner » la « Métaphore du Nom-du-père » en « œdipe » lacanien, fabricatrice d'un « Sujet » de « l'inconscient »[16].[réf. insuffisante][pas clair]

Musique[modifier | modifier le code]

Les poèmes de Hölderlin ont inspiré de nombreux compositeurs, à commencer par Brahms avec son Hyperions Schicksalslied (Le Chant du Destin). Parmi ces compositeurs, on peut noter Richard Strauss (Drei Hymnen von Friedrich Hölderlin, opus 71), Max Reger (An die Hoffnung : « À l'Espérance »), Paul Hindemith, Benjamin Britten, Hans Werner Henze, György Kurtág, György Ligeti, Luigi Nono, Wolfgang Rihm, Hans Pfitzner, Hanns Eisler, Peter Cornelius, Richard Wetz (Hyperion), Josef Matthias Hauer, Stefan Wolpe, Viktor Ullmann (qui composa sa musique dans le camp de concentration de Terezin), ainsi que Georg Friedrich Haas (avec Hyperion), sans oublier Heinz Holliger qui composa un monumental Scardanelli Zyclus.

Théâtre et Cinéma[modifier | modifier le code]

Au théâtre Friedrich Hölderlin, sa vie et son œuvre, ont fait l'objet d'un culte, notamment par le metteur en scène allemand Klaus Michael Grüber, qui s'est attaché à traduire une esthétique théâtrale, conçue comme une alternance poétique autonome au texte et au parcours du poète souabe, tout en étant la traduction et le miroir. En réalisant Winterreise dans le stade olympique de Berlin, où eurent lieu les Jeux olympiques d'été de 1936 sous le régime nazi, Grüber mène, à travers la langue d'Hölderlin, une réflexion sur la destruction, l'errance, le crime, mais aussi la volonté de rédemption. Le comédien Michael König se trouve au centre de cette mise en scène historique. Il signera par la suite d'autres spectacles, tels qu'Hypérion présenté au Festival d'automne à Paris (1991), avec le grand comédien de langue allemande Bruno Ganz, qui a, quelques années plus tôt, incarné Empédocle, là aussi à l'Olympia-Stadion de Berlin, en 1976, dans une production du Théâtre de la Schaubühne.

En 1997, la réalisatrice allemande Nina Grosse (de) réalise un film, relativement romancé, Feuerreiter (Le Chevalier du feu) traitant de la vie et de l'œuvre de Friedrich Hölderlin (interprété par Martin Feifel), notamment sous l'optique de sa relation avec Suzette Gontard (interprétée par Marianne Denicourt) et son ami Isaac von Sinclair (interprété par Ulrich Matthes). Le comédien Ulrich Mühe, grand acteur de l'ex-RDA, qui devint très populaire après la réunification, joue dans ce film l'un des rôles-clef, celui de Jacob Gontard, époux de Susette.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Éditions allemandes des œuvres complètes[modifier | modifier le code]

  • Sämtliche Werke < Große Stuttgarter Ausgabe [StA] > (dite « édition de Stuttgart »), éditée par Friedrich Beißner <Œuvres> et Adolf Beck <Lettres et documents> avec un index final. 8 volumes, Stuttgart : 1943-1985 ; éd. Friedrich Beissner, Adolf Beck, Ute Oelmann. Stuttgart : Kohlhammer, 1983-1985. Les volumes 1, 2, 4 et 6 se subdivisent chacun en deux parties (deux volumes), dont la deuxième contient l’appareil critique et les variantes. Le volume 7 se compose de quatre parties (quatre volumes) avec des lettres à Hölderlin et des documents commentés en détail.
  • Sämtliche Werke. Frankfurter Ausgabe [FtA] (dite « édition de Francfort »), édition historico-critique de D.E. Sattler. 20 volumes. Bâle (Basel): Stroemfeld-Verlag / Frankfurt a. M. : Verlag Roter Stern, 1975-2008.
  • Sämtliche Werke und Briefe, trois volumes, édité par Jochen Schmidt. Francfort-sur-le-Main : Deutscher Klassiker Verlag [DKV], 1992-94 (Bibliothèque des classiques allemands). Cette édition, accompagnée d’un très riche commentaire de Jochen Schmidt et qui tient compte de la révision critique des textes, suit davantage la Groβe Stuttgarter Ausgabe (StA) de F. Beissner.
  • Sämtliche Werke und Briefe, trois volumes, édité par Michael Knaupp. Munich, Vienne : Carl Hanser Verlag [HV], 1992-1993. Cette édition suit davantage la Frankfurter Ausgabe (FtA). L’orthographe de Hölderlin y est restituée.

Traductions françaises[modifier | modifier le code]

  • L'Antigone, de Sophocle, [texte de la trad. et adaptation en allemand d'Hölderlin, trad. en français] par Philippe Lacoue-Labarthe, suivi de [l'étude], La Césure du spéculatif, par Philippe Lacoue-Labarthe, coll. « Première livraison ». Paris: C. Bourgois, 1978 (ISBN 2-267-00122-5)
  • La Mort d'Empédocle, traduction et introduction d'André Babelon, Paris, Gallimard, 1929[17].
  • Poèmes de la Folie de Hölderlin, traduction de Pierre Jean Jouve avec la collaboration de Pierre Klossowski, avant-propos de Bernard Groethuysen, Fourcade, 1929-1930[18], rééd. Paris, Gallimard, 1963. « Ces poèmes français ont été établis d'après l'édition de M. Franz Zinkernagel (Insel-Verlag, Leipzig, 1926), en suivant l'ouvrage allemand, tant pour les leçons du texte que pour les dispositions dans l'architecture des Fragments que cet auteur a adoptées : points suspensifs, valeur des blancs, position relative des lignes, etc.
  • Hypérion ou l'Hermite en Grèce, traduction de Joseph Delage, 2 vol., Paris et Neuchâtel, Victor Attinger, collection « Romantiques allemands », n° 2, 1930.
  • Poèmes de Hœlderlin, traduction de Gustave Roud[19], dans les Cahiers du Sud, Le Romantisme allemand, N° spécial publié sous la direction de G. Camille, E. Jaloux, P. d'Exideuil, Ch. Du Bos, J. Cassou, M. Brion, A. Béguin et J. Ballard, mai-juin 1937. Traductions d' Armel Guerne et Gustave Roud, dans Le Romantisme allemand (2e édition), Textes et études publiés sous la direction d'Albert Béguin, Les Cahiers du Sud, 1949.
  • Poèmes, version française de Gustave Roud, Lausanne, Mermod, 1942.
  • Hölderlin le Poète. Étude critique suivi d'un choix de poèmes, par Maxime Alexandre, Marseille, Robert Laffont, 1942.
  • Poèmes / Gedichte, traduction de Geneviève Bianquis (T. Bianquis). Paris, Aubier, 1943. En 1943, G. Bianquis dispose de l’édition Hellingrath et du 1er tome de l’édition Beissner (StA).
  • Hymnes et autres poèmes (1796-1804). Armel Guerne a traduit Hymnes, élégies et autres poèmes, Paris, Mercure de France, 1950 ; Paris, GF Flammarion, 1983.
  • Douze poèmes, traduits de l'allemand et présentés par François Fédier, Éditions de la Différence, coll. « Orphée », Paris, 1989.
  • Remarques sur Œdipe Remarques sur Antigone, édition bilingue, traduction et notes par François Fédier, préface par Jean Beaufret, Paris, UGE, 10/18, 1965.
  • Œuvres, édition publiée sous la direction de Philippe Jaccottet, avant-propos de Philippe Jaccottet, traduction de Ph. Jacottet, D. Naville, Gustave Roud, Robert Rovini, François Fédier, Michel Deguy, André du Bouchet, Paris, Gallimard, "La Pléiade", 1967. Cette édition se fonde sur la StA, et pour son plan chronologique sur l’édition Hellingrath.
  • Hymnes, élégies et autres poèmes suivi de Parataxe par Theodor W. Adorno, introduction par Philippe Lacoue-Labarthe. Paris, GF Flammarion, 1983.
  • In Anthologie bilingue de la poésie allemande, édition établie par Jean-Pierre Lefèbvre, Bibliothèque de la Pléiade, Paris, 1993. Hölderlin occupe les pages 456-545. Les poèmes de Hölderlin y sont traduits par Jean-Pierre Lefebvre, Philippe Jaccottet, Robert Rovini, François Fédier, Gustave Roud. Dans ses notes, p. 1521–1547, Jean-Pierre Lefèbvre est souvent amené à se référer au commentaire de Jochen Schmidt dans DKV.
  • Traductions de Pindare, Sophocle : Antigone, Œdipe. Les traductions de Sophocle (1804) de Hölderlin ont été traduites en français pour le théâtre par Philippe Lacoue-Labarthe : Hölderlin. Œdipe de Sophocle. Paris, Christian Bourgois, collection « Détroits », édition bilingue, 1998 ; Hölderlin. Antigone de Sophocle. Paris, Christian Bourgois, collection « Détroits », édition bilingue, 1978, 1998.
  • L'aède en exil, librement adapté par Michel Butor, illustrations par Bernard Dufour, Fata Morgana, 2000
  • Poèmes (1806-1843). Édition bilingue. Tr. et présenté par Bernard Pautrat [qui suit la Frankfurter Ausgabe, volume 9 « Poèmes d’après 1806 »], Paris, Payot-Rivages poche, 2001.
  • « ...Belle Garonne et les jardins... » précédé de Hölderlin dans la renverse du souffle par Jean-Pierre Lefèbvre. Version planétaire [Traduction en plus de vingt langues du poème Andenken (Souvenir)], Bordeaux, William Blake éditeur, 2002 (ISBN 2-84103-118-7)
  • Poèmes fluviaux, anthologie annotée et présentée par N. Waquet, Paris, Éditions Laurence Tepper, 2004, (ISBN 2-9520442-5-2)
  • Hymnes et autres poèmes (1796-1804), édition bilingue, traduit et présenté par Bernard Pautrat [qui se réfère au texte allemand présenté par Michael Knaupp au Hanser Verlag (HV), München 1992]. Paris, Payot-Rivages poche, 2004.
  • Hypérion ou l’ermite de Grèce (1797-99), présentation et traduction par Jean-Pierre Lefèbvre, Paris, GF Flammarion, 2005. J.-P. Lefèbvre a effectué sa traduction sur la base des éditions établies par Jochen schmidt (DKV) et par Michael Knaupp (HV). Elle a été consultée également la reproduction de l’édition originale (fac-similé, 284 pages, FtA, 1992).
  • Friedrich Hölderlin, Œuvre poétique complète, édition bilingue, préface et traduction de François Garrigue [d’après l’édition Hanser de Michael Knaupp], Paris, La Différence, 2005.
  • Hölderlin, Fragments de poétique et autres textes, édition bilingue, présentation, traduction et notes de Jean-François Courtine, Paris, Imprimerie nationale Éditions, 2006.
  • Les chants de la terre natale, édition bilingue, choix, présentation et traduction de Ludwig Lehnen, coll. "Orphée", Éditions de la Différence, 2014.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Internationale Hölderlin-Bibliographie (IHB). Hrsg. vom Hölderlin-Archiv der Württembergischen Landesbibliothek Stuttgart. 1804-1983. Bearb. Von Maria Kohler. Stuttgart 1985.
  • Internationale Hölderlin-Bibliographie (IHB). Hrsg. vom Hölderlin-Archiv der Württembergischen Landesbibliothek Stuttgart. Bearb. Von Werner Paul Sohnle und Marianne Schütz, online 1984 ff (depuis 1.1.2001: IHB online). Homepage des Archives de Hölderlin : http://www.wlb-stuttgart.de/archive/hoeld2.htm
[L'IHB, qui comporte un nombre considérable d'entrées, est à présent un outil primordial dans la recherche hölderlinienne].

Études françaises ou accessibles en français, éventuellement en anglais

  • Theodor W. Adorno, Parataxe, in : Hölderlin, hymnes, élégies et autres poèmes, introduction par Philippe Lacoue-Labarthe, Paris, GF Flammarion, 1983.
  • Beda Allemann, Hölderlin et Heidegger, Recherche de la relation entre poésie et pensée (T. par François Fédier), Paris, PUF, 1959. [Hölderlin und Heidegger. Zurich, Freiburg i. B., Atlantis, 1954.]
  • André Alter, Hölderlin - Le chemin de lumière, Paris, Champ Vallon, 1992.
  • Roger Ayrault, La Genèse du romantisme allemand. Tomes 1 et 2. Situation spirituelle de l’Allemagne dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle, Paris, Aubier / Editions Montaigne, 1961.
  • Albert Beguin, L’Âme romantique et le rêve. Essai sur le romantisme allemand et la poésie française. Paris: Corti, 1967.
  • Walter Benjamin, “Deux poèmes de Friedrich Hölderlin "Courage de poète" et "Timidité" trad. par Maurice de Gandillac, revue par Pierre Rusch. In Oeuvres I. Paris : Gallimard (folio essais), 2000.- p. 91–124. [Frankfurt am Main: Suhrkamp Verlag, 1972, 1974, 1977, 1978,1985, 1989].
  • Harald Bergmann, Hölderlin Edition, Buch- und DVD-Edition aller vier Hölderlin-Filme Bergmanns (Lyrische Suite/Das untergehende Vaterland, Hölderlin Comics, Scardanelli, Passion Hölderlin), Berlin 2012, ISBN 978-3-9815488-4-6. Homepage: http://www.bergmannfilm.de/films/hoelderlin-edition
  • Antoine Berman, L'épreuve de l'étranger. Culture et traduction dans l'Allemagne romantique: Herder, Goethe, Schlegel, Novalis, Humboldt, Schleiermacher, Hölderlin., Paris, Gallimard, Essais, 1984. ISBN 978-2-07-070076-9
  • Pierre Bertaux, Hölderlin, Essai de biographie intérieure, Paris, Hachette, 1936 ; - Hölderlin ou le temps d’un poète. Paris : Gallimard, 1983.
  • Maurice Blanchot. “La parole sacrée de Hölderlin” in La Part du feu. Paris: Gallimard, 1949.- p. 118-135 ; “L’itinéraire de Hölderlin” in L’Espace littéraire. Paris: Gallimard, 1955.- p. 367–379.
  • Roseline Bonnellier : « De Hölderlin et la question du père à la théorie de la séduction généralisée de Jean Laplanche : Avancée paradoxale de la traduction d’Œdipe en psychanalyse ». Württembergische Landesbibliothek Hölderlin-Archiv. Internationale Hölderlin-Bibliographie online Id.-Nr.: 26088052007.0170-1.2. 2007.0171-1/3- Elektronische Ressource. - Paris : [Bonnellier], 2007. - 1 CD-ROM (1041 S.) + exposé [Ausdr., 18 S.] Zugl.: Paris, univ. Paris-XIII, Diss., 2007. - Systemvoraussetzungen: MS Word Textdatei. - Im HA auch als Papierausdruck (3 Bände) [HA2007.0171-1/3]. [1]. Thèse reproduite par l'Atelier national de reproduction des thèses (diffusion ANRT) [2], Domaine Universitaire du Pont de Bois, BP 60149, 59653 Villeneuve d’Ascq Cedex France, ISBN 978 2 7295 7070 5
  • Roseline Bonnellier, « Aux sources culturelles de la psychanalyse, l'Œdipe relatif : Hölderlin et la question du père de Jean Laplanche », in le Carnet PSY, numéro 124 - mars 2008, p. 24-30.
  • Roseline Bonnellier, Sous le soleil de Hölderlin: Oedipe en question - Au premier temps du complexe était la fille, Paris, L'Harmattan, Collection « Études psychanalytiques », février 2010, 358 pages, ISBN 978-2-296-10411-2
  • Maxence Caron, Être et identité, Paris, Éditions du Cerf, 2006.
  • Jean-François Courtine (dir.), Cahier Hölderlin, Éditions de L'Herne, Cahiers de l'Herne, no 57, Paris, 1989, 358 p. ((ISBN 9782851970640))
  • Martin Heidegger. Approche de Hölderlin [Titre original : Erläuterungen zu Hölderlins Dichtung Frankfurt am Main : © Vittorio Klostermann, 1951]. Tr. par Henry Corbin, Michel Deguy, François Fédier et Jean Launey. Paris : © Gallimard, 1962.
  • Philippe Jaccottet, Paysages avec figures absentes, Paris, NRF Gallimard, 1970.
  • Gilles Jallet, Hölderlin, Paris, Collection « Poètes d'aujourd'hui », Seghers, 1985.
  • Christoph Jamme. Introduction à la philosophie du mythe 2. Époque moderne et contemporaine. Tr. Alain Pernet. Paris: Vrin, 1995.
  • Charles Juliet, Un Lourd Destin, une évocation de Friedrich Hölderlin, Paris éditions POL, 2000.
  • Isabelle Kalinowski, Une histoire de la réception de Hölderlin en France 1925-1967.
  • Jean Laplanche, Hölderlin et la question du père, premier livre [thèse de médecine, 1959] du psychanalyste, Puf - Paru en 1961, 2e trimestre (1re édition); 2e édition : 4e trimestre 1969 ; 3e édition (Quadrige/PUF): janvier 1984. < Ouvrage "pionnier" dans la réception de Hölderlin en France et en psychanalyse >;Hölderlin and the Question of the Father, with an introduction by Rainer Nägele, edited and translated by Luke Carson, Victoria (Canada), ELS Editions no 97, 2007, ISBN 978-1-55058-379-3
  • Roger Laporte. « Hölderlin ou le combat poétique » (étude d’abord parue dans le no 259 de la revue Critique) in : Quinze variations sur un thème biographique. Paris : © Flammarion (essais / textes), 1975. < Roger Laporte, qui est blanchotien, se montre critique dans cette étude envers Hölderlin et la question du père de Jean Laplanche, dont il reconnaît néanmoins l'importance > ; Hölderlin une douleur éperdue. Seyssel (Ain) : Éditions Comp'Act, 1986.
  • Jean-Pierre Lefèbvre. Hölderlin, journal de Bordeaux (1er janvier – 14 juin 1802). Bordeaux : William Blake and Co. Edit, 1990.(volume appartenant à la collection « Transferts », dirigée par Michel Espagne et Michaël Werner. Publié avec le concours du C.N.R.S.). J.-P. Lefèbvre est également l'auteur de l'article sur Friedrich Hölderlin dans L'Encyclopédie Universalis.
  • Rudolf Léonhard et Robert Rovini, Hölderlin. Étude et présentation. Choix de textes, bibliographie, dessins, portraits, fac-similés. Paris : éditions Pierre Seghers (Collections « Poètes d’aujourd’hui »), 1963.
  • Geert Lernout, The poet as thinker : Hölderlin in France. Columbia USA : Camden House, 1994.
  • Georges Leyenberger, Métaphores de la présence, I. L’impossible ancrage ou les destins philosophiques de la métaphore, II. La philosophie de Hölderlin. Paris : éditions Osiris, 1994.
  • Jürgen Link. Hölderlin-Rousseau retour inventif. Tr. Isabelle Kalinowski. 93526 Saint-Denis : Presses universitaires de Vincennes (PUV), université Paris-VIII, 1995.
  • Jean-François Mattéi, Heidegger et Hölderlin. Le Quadriparti, Paris, PUF, coll. « Épiméthée », 2001.
  • Jacques Rivelaygue, « La place de Hölderlin dans la vie intellectuelle de son temps » in « La genèse du système hégélien ». Leçons de métaphysique allemande. Tome I. Paris : Grasset (biblio Le Livre de Poche essais), 1990.
  • Heinz Schlaffer. Die kurze Geschichte der deutschen Literatur. Munich, Vienne : Carl Hanser Verlag, 2002. La Brève Histoire de la littérature allemande. Préface de Jean-Marie Valentin. Traduit de l’allemand par Marianne Rocher-Jacquin et Daniel Rocher. Paris : Editions de la Maison des sciences de l’homme, 2004.
  • Jacques Taminiaux. La Nostalgie de la Grèce à l’aube de l’idéalisme allemand. Kant et les Grecs dans l’itinéraire de Schiller, de Hölderlin et de Hegel. La Haye : Martinus Nijhoff, 1967.
  • TAMISIER, M. Mozart, Hölderlin suivi de Don Juan ou le mythe du théâtre. La Délirante, 1975.
  • Jacques Teboul, Cours, Hölderlin ! Roman. Paris: Seuil (Fiction & Cie), 1979.
  • Aude Therstappen. Friedrich Hölderlin. Présences du poète, Paris, Paris, Somogy, 2010
  • Ernest Tonnelat, L'Œuvre poétique et la pensée religieuse de Hölderlin, Paris, Marcel Didier, 1950.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Sainte-Beuve traduira la Goethezeit par le « siècle de Goethe ».
  2. cf. l’essai de Heinz Schlaffer, La Brève Histoire de la littérature allemande 2002, tr. fr. 2004.
  3. Jacques Rivelaygue, Leçons de métaphysique allemande ; texte philosophique de Hölderlin : Être et Jugement (Seyn und Urtheil).
  4. Cf. Jean Laplanche Hölderlin et la Question du Père (1961).
  5. Notice Biographique, chapitre Années d'études, page XXIII-XXIV des Œuvres d'Hölderlin dans l'édition de la Pléiade, 1967
  6. page 15 des Œuvres d'Hölderlin dans l'édition de la Pléiade, 1967
  7. À l'appui de ce qui justifierait cet enthousiasme largement influencé, comme on peut le penser, par le courant Sturm und Drang où arrive la pièce de Schiller Les Brigands, Hölderlin aurait fondé en 1788, une Ligue des poètes, avec deux de ses amis, Magenau et Neuffer. Et avec Georg Wilhelm Friedrich Hegel (1770-1831) et Friedrich Wilhelm Joseph von Schelling il aurait écrit un texte intitulé Du communisme des esprits, important du point-de-vue historique puisqu'il s'agit d'une des toutes premières occurrences du terme de communisme.
  8. Friedrich Hölderlin enseigna en tant que précepteur aux enfants du consul de la république de Hambourg Daniel Christophe Meyer au Château de Fongravey (construit par Victor Louis), sur la commune de Blanquefort située au Nord de Bordeaux.
  9. D'après la thèse du germaniste français Pierre Bertaux, Hölderlin aurait appris la mort de Susette Gontard alors qu'il était encore à Bordeaux.
  10. Source : la chronologie établie par Michael Knaupp
  11. Cette formulation critique de Jean Laplanche concernant l'Œdipe freudo-lacanien de la « Vulgate » psychanalytique est très postérieure à la période « para-lacanienne » de l'ancien « élève de Lacan », qui soutint (en 1959) sa thèse de médecine sur Hölderlin.
  12. Cf. Christoph Jamme. Introduction à la philosophie du mythe 2. Époque moderne et contemporaine. Tr. Alain Pernet. Paris : Vrin, 1995, p. 64.
  13. Cf. Friedrich Nietzsche, IIIe Considération inactuelle (« Schopenhauer éducateur »), éd. Gallimard, « Folio essais », 1990, pp. 30-34.
  14. cf. Roger Ayrault, introduction à La Genèse du romantisme allemand, 1961.
  15. Théorie de la séduction généralisée, 1987
  16. J. Laplanche critique désormais cet inconscient lacanien en le qualifiant de « pseudo-inconscient ». Il avait commencé de critiquer le Signifiant lacanien un an après la soutenance de sa thèse sur Hölderlin, en 1960, au colloque de Bonneval
  17. L'achevé d'imprimer : 14 décembre 1929
  18. L'achevé d'imprimer est : 27 décembre 1929 ; la couverture porte : MCMXXX
  19. Voir aussi : Lettres sur le Romantisme allemand, correspondance d'Albert Béguin et Gustave Roud, Édition Les Études de Lettres, Lausanne, 1974. Introduction de Pierre Grotzer, notes et choix de textes de Françoise Fornerod. À partir de 1936, nombreuses discussions sur Hölderlin et sa traduction. En particulier Albert Béguin propose des améliorations aux traductions de Gustave Roud pour les poèmes parus en revues, en vue de leur publication en volume (qui aura lieu chez Mermod en 1942)

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