Friedrich Hölderlin

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Friedrich Hölderlin
penseur et poète allemand

Description de l'image  Friedrich hoelderlin.jpg.
Activités Écrivain, poète, essayiste
Naissance 20 mars 1770
Lauffen am Neckar, en Bade-Wurtemberg
Décès 7 juin 1843
Langue d'écriture allemande
Mouvement Romantisme
Genres Poésie, essai

Œuvres principales

  • Hypérion
  • La Mort d'Empédocle
  • Hymnes
  • Remarques sur Sophocle

Signature

alt=Signature de Friedrich Hölderlin
penseur et poète allemand

Friedrich Hölderlin ['fʁi:dʁɪç 'hœldɐlɪn] (1770-1843) est un poète et philosophe très proche de Fichte, Schelling, Hegel, de la haute période classico-romantique en Allemagne – époque que la tradition culturelle occidentale fait encore rayonner autour de la figure emblématique de Goethe[1]. Cette acmé de la littérature allemande, créatrice plus tardive de son premier grand « classicisme » en Europe[2] précédé d’un « pré-classicisme » (Lessing…), comprend l’ensemble du courant qui va du Sturm und Drang aux deux grands classiques allemands Goethe et Schiller pour engendrer les « Modernes » du romantisme allemand (Tieck, Novalis…).

L’énorme élaboration philosophique allemande d’alors, sécularisatrice de la religion par le protestantisme culturel, est partie prenante de cette époque : le grand nom, c’est Emmanuel Kant, que Hölderlin appellera le « Moïse de la nation allemande ». Par le « titan » Fichte (selon Hölderlin, son étudiant à Iéna en 1794-1795) qui trouve la « révolution copernicienne » de Kant « inachevée », on aboutit à l’idéalisme allemand  : le « trèfle » Hölderlin – HegelSchelling, étudiants en théologie ensemble au Stift, le Grand Séminaire protestant de Tübingen).

Vie et œuvre liées[modifier | modifier le code]

La vie et l'œuvre de Hölderlin sont difficilement dissociables.

La formation[modifier | modifier le code]

La maison natale de Hölderlin à Lauffen am Neckar.

Né le 20 mars 1770 à Lauffen am Neckar, en Bade-Wurtemberg (Baden-Württemberg), Hölderlin perd à l'âge de deux ans son père, administrateur de biens conventuels, qui meurt à 36 ans. En 1774, sa mère, Johanna Christina Hölderlin, alors âgée de 26 ans, se remarie avec le conseiller Gock, bourgmestre de Nürtingen, qui décédera en 1779. Cette situation de l'enfant Hölderlin exposé à la mort accidentelle de son « second père » répétant celle de son « vrai père » a suscité après coup au XXe siècle l'intérêt de la psychanalyse[3]. En fait, l'enfance de Hölderlin, qui, à la suite des veuvages de sa mère, baigne dans un milieu familial essentiellement maternel et féminin, plonge dans une succession de vies et de morts : la plupart de ses petites sœurs, ainsi qu'un anonymus meurent en bas âge, ce qui est monnaie courante à la fin du XVIIIe siècle. Seuls restent en vie sa deuxième sœur et chère « Rike », Heinrike Hölderlin, née en 1772, et un demi-frère, Karl Gock, né en 1776.

Poussé par sa mère, qui souhaiterait le voir devenir pasteur comme son propre père, Hölderlin entre en 1784 au petit séminaire de Denkendorf, où il apprend le grec ancien, le latin et l'hébreu. Il va lire Klopstock, et la poésie idéaliste de Schiller. Vers l'âge de quatorze ans, il écrit ses premiers poèmes (comme Mon propos), ainsi que ses premières lettres retenues[4]. Hölderlin trouve l'aide d'un père spirituel, comme il l'écrira dans une lettre à Nathanaël Köstlin, en la personne du diacre de Nürtingen : « Je vous prie très humblement, très cher Monsieur le Diacre, d'être mon guide, mon père, mon ami »[5]. Deux ans plus tard, Hölderlin poursuit ses études au séminaire de Maulbronn, où il se lie avec son condisciple Immanuel Nast, qu'il appelle son Cher frère dans les lettres qu'il lui adresse, et connaît son premier amour avec Louise Nast, la cousine de ce dernier.

La tour de Hölderlin à Tübingen.

De 1788 à 1793, il est étudiant en théologie au Grand Séminaire protestant ou Stift de Tübingen, en même temps que Hegel et le précoce Schelling (lequel Schelling est d'ailleurs un lointain cousin de Hölderlin par la branche maternelle). Ces trois brillants esprits vont former le « trèfle » de l'idéalisme allemand. La Révolution française remplit d'enthousiasme[6] des jeunes Stiftler qui vont planter un arbre de la liberté sur les rives du Neckar. Dès ses années du Stift, Hölderlin rencontre aussi celui que certains considéreront comme son Méphisto, Isaac von Sinclair.

« La Grèce de Hölderlin »[modifier | modifier le code]

La « Grèce de Hölderlin » est un « mythe créé » dans l'acception du mot « mythe » chez Hölderlin, c'est-à-dire au sens de toute l'œuvre poétique de cet « écrivain » ( Dichter). C'est une autre Grèce que celles respectivement « classiques » de « Goethe » et de « Schiller ». Cette « autre Grèce » est aussi celle du retour hölderlinien au « natal » (ou « à la patrie ») : on y retrouve une étrange Grèce souabe profondément, c'est-à-dire poétiquement « habité »e de ses propres « dieux », la Nature du mythe hölderlinien.

Le temps d’Hypérion et d’Empédocle[modifier | modifier le code]

En 1793 Hölderlin est présenté à Friedrich Schiller, avec lequel il entame une correspondance suivie et qui publie certains de ses poèmes. La même année il travaille comme précepteur à Waltershausen chez l'amie de Schiller, Charlotte von Kalb, où il connaît quelques déboires dans son travail d'éducateur à cause de la masturbation de son élève Fritz. Un tournant décisif dans sa vie est l'obtention d'un autre poste de précepteur dans une maison appartenant à un riche banquier de Francfort, Jakob Gontard. Hölderlin rencontre en Susette Gontard, qu'il appelle « Diotima » dans ses poèmes et dans son roman Hypérion, le grand amour de sa vie. Le bonheur de cette relation ne dure pas: le mari la découvre, et elle est incompatible avec l'époque. Pourtant, ils continuent à correspondre et à se rencontrer secrètement. Ils se voient pour la dernière fois en 1800. Les lettres de Suzette adressées au poète renseignent assez précisément sur ce qu'a pu être cet amour.

« Les plus grands poètes lyriques, comme Hölderlin ou Keats, sont des hommes en qui le pouvoir mythique de perception se brise encore vers son intensité extrême et son pouvoir d'objection... » (Ernst Cassirer dans Language and Myth, 1946).

Hölderlin quitte Francfort en septembre 1798. Survient alors une période d'intense créativité, avec les grandes élégies et le second volume de Hyperion. Il écrit également des textes philosophiques et une tragédie, Der Tod des Empedokles (La Mort d'Empédocle), restée inachevée en dépit de trois versions différentes dérivant du plan originel, dit « de Francfort ».

Le temps des grands poèmes[modifier | modifier le code]

Parmi les grands poèmes de Hölderlin, on peut citer Brot und Wein (Pain et Vin), élégie rapprochant Jésus et Dionysos, Der Archipelagus, où l'on voit à l’œuvre le « retour » à la Grèce antique que Hölderlin fait effectuer poétiquement à l'Allemagne de son temps, très située cependant dans sa Souabe natale, Heidelberg et Der Rhein, des odes sur la ville et le fleuve, et le patriotique Germanien. Dans la conclusion de son hymne Patmos, le poète dit qu'il appartient à la « poésie allemande » de « respecter la lettre immuable » et « interpréter avec soin tout ce qui demeure » (traduction de Geneviève Bianquis).
Peu avant son départ pour la France, Hölderlin déclare : « Maintenant je peux rejoindre une nouvelle vérité, une meilleure vision en grande partie de nous-mêmes et de ce qui nous entoure, en pensant que j'ai peur de ces choses qui peuvent éventuellement s'associer à moi comme pour l'ancien Tantale, qui a reçu des dieux plus qu'il ne pouvait en digérer. » Après avoir tenu un bref emploi de précepteur à Bordeaux[7], Hölderlin retourne en 1802 en Allemagne. Ce voyage du « retour », effectué probablement à pied, à travers la France post-révolutionnaire, renferme sa part de mystère et d'inconnu. L'histoire littéraire tend en tous les cas à dater l'éclosion de la « folie » du poète du « retour de Bordeaux ». Hölderlin a appris la mort de Susette Gontard[8] et revient à Nürtingen. Son état de santé se dégrade de plus en plus. Il sera interné de force dans la clinique du docteur Autenrieth à Tübingen en 1806.
Les grands Hymnes de Hölderlin sont écrits entre 1800 et 1803, et des fragments extraordinaires de la grande poésie hymnique sont écrits jusqu'en 1806 environ (la datation devient difficile à ce moment-là). À partir de 1800, Hölderlin traduit Pindare et Sophocle. Les Remarques sur Œdipe et Antigone sont des textes d'une densité inouïe et d'une importance considérable sur la tragédie et la traduction occidentale du mythe tragique dans le monde moderne.

Les trente-six dernières années de la vie d'Hölderlin se déroulent dans l'ombre de la folie, chez le menuisier Ernst Zimmer à Tübingen. Il meurt le 7 juin 1843. Hölderlin rédige encore (de 1807 à 1843) des poèmes portant principalement sur le cycle naturel des saisons, en les affectant de dates fantaisistes (1748, 1936). C'est seulement à la fin de sa vie, à partir de 1841, qu'il signera du pseudonyme Scardanelli [9].
C.T. Schwab fait paraître après la mort du poète la première édition de son œuvre (1846).
Le début du XXe siècle commence à reconnaître cet immense poète du « temps de Goethe » (de la Goethezeit).
La réception après coup de Hölderlin au XXe siècle passe en partie, notamment à une certaine époque chez les intellectuels français, par Heidegger, profondément influencé par le poète (Cf. Approche de Hölderlin, traduit des Erläuterungen...) qui lui sert de « pré-texte » à penser. L'interprétation heideggerienne de la poésie de Hölderlin a été critiquée par Adorno et l'École de Francfort.

Répercussions[modifier | modifier le code]

Pensée et histoire européennes[modifier | modifier le code]

La place d'Hölderlin dans le contexte allemand de son temps[modifier | modifier le code]

Hölderlin n'est pas directement affilié aux deux principaux mouvements littéraires de son époque, le classicisme de Weimar ou le romantisme, mais sa pensée reflète des éléments communs à ces deux grands courants. Dans son utilisation classique des vers, de la forme et de la syntaxe, Hölderlin peut d'abord être considéré comme le successeur de Friedrich Klopstock (1724-1803), qui tente de développer pour la langue allemande une perfection classique, la plaçant à l'égalité du grec et du latin. Hölderlin partage l'amour des classiques pour la edle Einfalt und stille Grösse (la noble simplicité et la magnificence du calme), formulé par Johann Winckelmann (1717-1768), en y ajoutant son sens mythique de la nature au travers le syncrétisme réalisé d'éléments traduits du Panthéon grec et du christianisme. Comme William Blake et W.B.Yeats, il explore la cosmologie et l'histoire pour trouver un sens en ce monde incertain. Hölderlin joue aussi un rôle important dans le développement de la philosophie post-kantienne, et participe à la formation de l'idéalisme allemand.

Hölderlin et Heidegger[modifier | modifier le code]

La poésie de Hölderlin fascine également le philosophe allemand Martin Heidegger (1889-1976) qui a écrit que « la Poésie est l'établissement de l'Étant par les moyens du monde ». Les essais d'Heidegger sur Hölderlin (1936) sont traduits dans Existence et Étant de W. Brock (1949). Nietzsche se montra vivement intéressé par Hölderlin[10], mais cela fut sans prolongement, jusqu'aux décadences du monde d'après guerre en Allemagne, jusqu’à ce que le poète reçoive une plus grande attention, en partie due à l'enthousiasme de Norbert von Hellingrath. Dans ses lectures des années 1930, Heidegger considère Hölderlin, en tant que poète, comme le réveilleur national des consciences, un prophète du futur latent d'une nation. « Les poètes se sont élevés pour la plupart au commencement ou à la fin d'une ère », dit lui-même une fois Hölderlin. Il est fastement célébré durant le Troisième Reich, et ses œuvres regroupées sont publiées en quatre volumes. Ironiquement, le héros dans Hypérion quitte sa maison et sa patrie, parce que la loi du despotisme s'y applique... Heidegger a emprunté à Hölderlin, dans ses cours de 1934-1935 sur La Germanie et sur Le Rhin, puis dans une série de conférences sur la poésie hölderlinienne, dont Terre et ciel chez Hölderlin à Munich (1959), l'origine de ce qu'il a nommé une autre pensée : elle permettrait d'accéder à un autre commencement. Heidegger a trouvé dans Hölderlin, moins le poète de la Terre-mère, que l'épreuve de la vérité de l'être qui commande le quadrillage de la métaphysique. Comment comprendre ce quadrillage qui, selon Heidegger, remonte aux quatre causes d'Aristote ? Si l'étant, en effet, comme le philosophe grec le déclare à plusieurs reprises, se dit en multiples façons, en grec pollachôs, ce que Heidegger interprète comme tetrachôs, en quatre façons (cause formelle, cause matérielle, cause motrice et cause finale), pourquoi ces façons se trouvent-elles au nombre de quatre ? L'énigme de la métaphysique dissimulerait ainsi une énigme plus originelle, celle de l'autre pensée qui déploie le monde selon les quatre nervures du Geviert. Les traducteurs français ont rendu ce terme allemand (Vier : Quatre) par Quadriparti, Uniquadrité ou Cadrant. Terre et Ciel, Divins et Mortels expriment en effet pour Heidegger les puissances de l'origine, ces harmoniques de l'être que Hölderlin appelait pour sa part les voix du destin. Jean-François Mattéi a consacré un livre, Heidegger et Hölderlin. Le Quadriparti, à la constitution chez Heidegger, en commentant Hölderlin, de cette figure quadripartite du monde. Elle intervient chez d'autres philosophes et écrivains, comme Eric Voegelin ou, de façon plus inattendue, Henri Bosco (Une Ombre, Gallimard) ; mais elle se trouvait initialement dans le Gorgias de Platon, à la page 507e-508a.

Deux thèses françaises importantes sur Hölderlin au XXe siècle[modifier | modifier le code]

La réception de Hölderlin en France au XXe siècle est particulièrement importante et ne passe pas seulement par une réception de Heidegger chez les intellectuels français. C'est d'abord en 1936 la thèse « jacobine » de Pierre Bertaux, germaniste et homme politique. Trente ans environ plus tard, au seuil des années 1960 arrive la thèse de médecine du psychanalyste Jean Laplanche sur Hölderlin et la question du père (1961).

La thèse « jacobine » de Pierre Bertaux[modifier | modifier le code]

Dans sa thèse,intitulée Hölderlin. Essai de biographie intérieure [11], le germaniste français Pierre Bertaux considère que Hölderlin n'était pas « fou  » au sens médical psychiatrique du vingtième siècle. Il analyse surtout le rapport de Hölderlin à la Révolution française de 1789 et considère que l'orientation politique de Hölderlin était jacobine, engagement intellectuel « révolutionnaire » pratiquement impossible à faire reconnaître en plein absolutisme des princes allemands à la fin du XVIIIe siècle. Tous les intellectuels allemands, en premier lieu les deux grands « classiques » Goethe et Schiller, Schiller surtout, observent avec le plus grand intérêt les événements en France révolutionnaire de l'époque. Sur Hölderlin, Pierre Bertaux est peut-être plus connu en Allemagne qu'en France aujourd'hui d'autant qu'il écrit dans les deux langues, en allemand comme en français. Sa thèse et sa lutte ultérieure pour défendre et mûrir cette thèse[12], ont fait grand bruit en Allemagne. Non sans provoquer des réactions très critiques chez certains psychiatres concernant le premier diagnostic bien établi de la schizophrénie de Hölderlin.

La thèse de médecine, « lacanienne », de Jean Laplanche[modifier | modifier le code]

Avec Hölderlin et la question du père (1961) de Jean Laplanche, le genre de la « sacro-sainte psycho-biographie" »[13] commence d'être mis en cause par la psychanalyse en plein essor en France au seuil des années 1960. Le premier livre de Jean Laplanche, salué par Michel Foucault[14], rencontre un grand succès auprès des intellectuels français. Laplanche énonçait son projet concernant Hölderlin de la façon suivante:

« Comprendre dans un seul mouvement son œuvre et son évolution vers et dans la folie, ce mouvement fût-il scandé comme une dialectique et multilinéaire comme un contrepoint »

— Jean Laplanche, Hölderlin et la question du père, p. 13. Cité par Roger Laporte[15]

Jacques Lacan avait fortement recommandé à Laplanche, ancien élève de l'ENS de la rue d'Ulm et agrégé de philosophie, de faire ses études de médecine et son internat de psychiatrie, pour devenir psychanalyste. Dans sa thèse de médecine soutenue à la fin des années 1950,donc en pleine période du Symbolique chez Lacan, « l'élève » Laplanche est tenu de servir "deux maîtres" à la fois: La Faculté et le Lacan du "retour à Freud" par lequel la psychanalyse va devenir "française". C'est une position difficile pour Laplanche qui élabore une critique de "l'inconscient structuré comme un langage" selon Lacan, critique débutant dès 1960 au Colloque de Bonneval sur "L'inconscient" dans le rapport coécrit avec Serge Leclaire et soumis à discussion, L'inconscient, une étude psychanalytique. Hölderlin et la question du père, publication de sa thèse de médecine paraît un an plus tard, en 1961. Laplanche y applique la «théorie des psychoses» de Lacan, celle d'une structure de la psychose par Forclusion du Nom-du-père, mais non sans quelques réserves. Dans une conclusion "ouverte", Laplanche fait " (r)ouvrir" à son Hölderlin "la question du père" en même temps que "la question de la schizophrénie comme problème universel" [16].

Musique[modifier | modifier le code]

Les poèmes de Hölderlin ont inspiré de nombreux compositeurs, à commencer par Brahms avec son Hyperions Schicksalslied (Le Chant du Destin). Parmi ces compositeurs, on peut noter Richard Strauss (Drei Hymnen von Friedrich Hölderlin, opus 71), Max Reger (An die Hoffnung : « À l'Espérance »), Paul Hindemith, Benjamin Britten, Hans Werner Henze, György Kurtág, György Ligeti, Luigi Nono, Wolfgang Rihm, Hans Pfitzner, Hanns Eisler, Peter Cornelius, Richard Wetz (Hyperion), Josef Matthias Hauer, Stefan Wolpe, Viktor Ullmann (qui composa sa musique dans le camp de concentration de Terezin), ainsi que Georg Friedrich Haas (avec Hyperion), sans oublier Heinz Holliger qui composa un monumental Scardanelli Zyclus.

Théâtre et Cinéma[modifier | modifier le code]

Au théâtre Friedrich Hölderlin, sa vie et son œuvre, ont fait l'objet d'un culte, notamment par le metteur en scène allemand Klaus Michael Grüber, qui s'est attaché à traduire une esthétique théâtrale, conçue comme une alternance poétique autonome au texte et au parcours du poète souabe, tout en étant la traduction et le miroir. En réalisant Winterreise dans le stade olympique de Berlin, où eurent lieu les Jeux olympiques d'été de 1936 sous le régime nazi, Grüber mène, à travers la langue d'Hölderlin, une réflexion sur la destruction, l'errance, le crime, mais aussi la volonté de rédemption. Le comédien Michael König se trouve au centre de cette mise en scène historique. Il signera par la suite d'autres spectacles, tels qu'Hypérion présenté au Festival d'automne à Paris (1991), avec le grand comédien de langue allemande Bruno Ganz, qui a, quelques années plus tôt, incarné Empédocle, là aussi à l'Olympia-Stadion de Berlin, en 1976, dans une production du Théâtre de la Schaubühne.

En 1997, la réalisatrice allemande Nina Grosse (de) réalise un film, relativement romancé, Feuerreiter (Le Chevalier du feu) traitant de la vie et de l'œuvre de Friedrich Hölderlin (interprété par Martin Feifel), notamment sous l'optique de sa relation avec Suzette Gontard (interprétée par Marianne Denicourt) et son ami Isaac von Sinclair (interprété par Ulrich Matthes). Le comédien Ulrich Mühe, grand acteur de l'ex-RDA, qui devint très populaire après la réunification, joue dans ce film l'un des rôles-clef, celui de Jacob Gontard, époux de Susette.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Anciennes traductions françaises[modifier | modifier le code]

  • La Mort d'Empédocle, traduction et introduction d'André Babelon, Paris, Gallimard, 1929[17].
  • Hypérion ou l'Hermite en Grèce, traduction de Joseph Delage, 2 vol., Paris et Neuchâtel, Victor Attinger, collection « Romantiques allemands », n° 2, 1930.
  • Poèmes de la Folie de Hölderlin, traduction de Pierre Jean Jouve avec la collaboration de Pierre Klossowski, Fourcade, 1930, rééd. Gallimard, 1963
  • Poèmes, Version française de Gustave Roud, Lausanne, Mermod, 1942.
  • Hölderlin le Poète – Étude critique suivi d'un choix de poèmes, par Maxime Alexandre, Marseille, Robert Laffont, 1942.
  • Poèmes / Gedichte. Traduction de Geneviève Bianquis (T. Bianquis), Paris, Aubier, 1943.
  • Poèmes de Hœlderlin, traduction de Gustave Roud[18], dans les Cahiers du Sud, Le Romantisme allemand, N° spécial publié sous la direction de G. Camille, E. Jaloux, P. d'Exideuil, Ch. Du Bos, J. Cassou, M. Brion, A. Béguin et J. Ballard, mai-juin 1937. Traductions d' Armel Guerne et Gustave Roud, dans Le Romantisme allemand (2e édition), Textes et études publiés sous la direction d'Albert Béguin, Les Cahiers du Sud, 1949.
  • Hymnes et autres poèmes (1796-1804), Trad. d'Armel Guerne,Mercure de France, 1950 ; GF Flammarion, 1983.

Traductions plus récentes[modifier | modifier le code]

  • Œuvres, Éd. de Philippe Jaccottet, traduction de Ph. Jacottet, D. Naville, Gustave Roud, R. Rovini, François Fédier, Michel Deguy, André du Bouchet, Bibliothèque de la Pléiade, 1967
  • L'Antigone, de Sophocle, [texte de la trad. et adaptation en allemand d'Hölderlin, trad. en français] par Philippe Lacoue-Labarthe, suivi de [l'étude], La Césure du speculatif, par Philippe Lacoue-Labarthe, coll. Première livraison. Paris: C. Bourgois, 1978. ISBN 2-267-00122-5
  • Poèmes fluviaux, anthologie bilingue traduite de l'allemand, annotée et présentée par Nicolas Waquet, Éditions Laurence Teper, Paris, 2004, (ISBN 2-9520442-5-2).
  • Œuvre poétique complète, trad. de François Garrigue, bilingue, Éd. de la Différence, 2005
  • Les chants de la terre natale, édition bilingue, choix, présentation et traduction de Ludwig Lehnen, coll. "Orphée", Éditions de la Différence, 2014.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Laplanche, Hölderlin et la question du père, Paris, PUF, 1961; rééd., Paris, PUF, 1984, coll. "Quadrige".
  • Roger Laporte, « Hölderlin ou le combat poétique » dans Quinze variations sur un thème biographique, Paris, Flammarion (essais / textes), 1975; Hölderlin une douleur éperdue, Seyssel (Ain), Editions Comp'Act, 1986.
  • Pierre Bertaux, Hölderlin ou le temps d’un poète, Paris, Gallimard, 1983.
  • Gilles Jallet, Hölderlin, Paris, Seghers, 1985, coll. "Poètes d'aujourd'hui".
  • Jean-François Courtine (dir.), Hölderlin, Cahiers de l'Herne, n° 57, Paris, L'Herne, 1989, 358 p. (ISBN : 9782851970640).
  • André Alter, Hölderlin. Le chemin de lumière, Paris, Champ Vallon, 1992.
  • L'aède en exil, librement adapté par Michel Butor, illustrations par Bernard Dufour, Fata Morgana, 2000.
  • Jean-François Mattéi, Heidegger et Hölderlin. Le Quadriparti, Paris, PUF, 2001, coll. "Épiméthée".
  • Maxence Caron, Être et identité, Paris, Le Cerf, 2006.
  • Aude Therstappen, Friedrich Hölderlin. Présences du poète, Paris, Somogy, 2010.
  • Harald Bergmann, Hölderlin Edition, Buch- und DVD-Edition aller vier Hölderlin-Filme Bergmanns (Lyrische Suite/Das untergehende Vaterland, Hölderlin Comics, Scardanelli, Passion Hölderlin), Berlin 2012, ISBN 978-3-9815488-4-6. Homepage: http://www.bergmannfilm.de/films/hoelderlin-edition

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Sainte-Beuve traduira la Goethezeit par le « siècle de Goethe ».
  2. cf. l’essai de Heinz Schlaffer, La Brève Histoire de la littérature allemande 2002, tr. fr. 2004.
  3. Cf. Jean Laplanche Hölderlin et la Question du Père (1961).
  4. Notice Biographique, chapitre Années d'études, page XXIII-XXIV des Œuvres d'Hölderlin dans l'édition de la Pléiade, 1967
  5. page 15 des Œuvres d'Hölderlin dans l'édition de la Pléiade, 1967
  6. À l'appui de ce qui justifierait cet enthousiasme largement influencé, comme on peut le penser, par le courant Sturm und Drang où arrive la pièce de Schiller Les Brigands, Hölderlin aurait fondé en 1788, une Ligue des poètes, avec deux de ses amis, Magenau et Neuffer. Et avec Georg Wilhelm Friedrich Hegel (1770-1831) et Friedrich Wilhelm Joseph von Schelling il aurait écrit un texte intitulé Du communisme des esprits, important du point-de-vue historique puisqu'il s'agit d'une des toutes premières occurrences du terme de communisme.
  7. Friedrich Hölderlin enseigna en tant que précepteur aux enfants du consul de la république de Hambourg Daniel Christophe Meyer au Château de Fongravey (construit par Victor Louis), sur la commune de Blanquefort située au Nord de Bordeaux.
  8. D'après la thèse du germaniste français Pierre Bertaux, Hölderlin aurait appris la mort de Susette Gontard alors qu'il était encore à Bordeaux.
  9. Source : la chronologie établie par Michael Knaupp
  10. Cf. Friedrich Nietzsche, IIIe Considération inactuelle (« Schopenhauer éducateur »), éd. Gallimard, « Folio essais », 1990, pp. 30-34.
  11. Pierre Bertaux, Hölderlin, Essai de biographie intérieure, Paris, Hachette, 1936.
  12. Pierre Bertaux, Hölderlin ou le temps d'un poète, Paris, Gallimard, 1983.
  13. Élisabeth Roudinesco, Histoire de la psychanalyse en France. 2, Paris, Fayard, 1994, p. 396.
  14. Michel Foucault, « Le "non" du père », in Critique, mars 1962, 178, p. 195-209.
  15. Roger Laporte, "Hölderlin ou le combat poétique" dans Quinze variations sur un thème biographique, Paris, Flammarion, 1975, coll. "Textes" p. 85.
  16. Jean Laplanche, Hölderlin et la question du père, p. 133.
  17. L'achevé d'imprimer : 14 décembre 1929
  18. Voir aussi : Lettres sur le Romantisme allemand, correspondance d'Albert Béguin et Gustave Roud, Édition Les Études de Lettres, Lausanne, 1974. Introduction de Pierre Grotzer, notes et choix de textes de Françoise Fornerod. À partir de 1936, nombreuses discussions sur Hölderlin et sa traduction. En particulier Albert Béguin propose des améliorations aux traductions de Gustave Roud pour les poèmes parus en revues, en vue de leur publication en volume (qui aura lieu chez Mermod en 1942)

Sources et liens externes[modifier | modifier le code]

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