Javert

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Javert
Personnage de fiction apparaissant dans
Les Misérables.

Illustration de Gustave Brion
Illustration de Gustave Brion

Naissance 1775
Origine France
Décès 7 juin 1832 (57 ans)
Sexe Masculin
Espèce Humain
Activité(s) Inspecteur de police
Caractéristique(s) Intransigeant, inflexible, déterminé
Suicide Se jette dans la Seine du haut d'un pont après l'insurrection de 1832
Famille Une mère gitane
Un père galérien
Ennemi(s) Jean Valjean

Créé par Victor Hugo
Roman(s) Les Misérables

Javert est l'un des personnages du roman Les Misérables de Victor Hugo. Il est inspecteur de police et l'ennemi juré de Jean Valjean qu'il pourchasse sans trêve. Il se suicide quand il comprend que celui-ci est un homme bon et il regrette alors de l'avoir pourchassé.

Biographie du personnage[modifier | modifier le code]

Fils d'une bohémienne, dont le mari est aux galères, il est né en 1775[1] dans une prison. Plus grand, il décide d'entrer dans la police. Dans sa jeunesse, il sert à Toulon, dans les chiourmes. Javert est ainsi décrit : « Les paysans asturiens sont convaincus que dans toute portée de louve il y a un chien, lequel est tué par la mère, sans quoi en grandissant il dévorerait les autres petits. Donnez une face humaine à ce chien fils d'une louve, et ce sera Javert »[2].

Javert ne vit que pour faire respecter les lois. Il a deux maximes auxquelles il n'admet pas d'exceptions : « Le fonctionnaire ne peut se tromper » et « Ceux-ci [les criminels] sont irrémédiablement perdus. Rien de bon ne peut en sortir »[3].

À quarante-cinq ans, en 1820, il devient inspecteur de police à Montreuil. Il est le seul à suspecter le maire, M. Madeleine, d'être l'ancien forçat Jean Valjean. Ses soupçons se confirment quand il voit M. Madeleine soulever une charrette avec son dos, action qui requiert une force exceptionnelle et que, pour Javert, un seul homme possède.

Il remarque, outre une ressemblance physique entre le maire et Valjean, la force exceptionnelle du maire, son adresse au tir, et le fait qu'il traîne sa jambe droite (à laquelle étaient fixées les lourdes chaînes du bagne) et qu'il fait des recherches à Faverolles (lieu de naissance de Valjean).

Un jour, pendant le mois de mars 1823, Javert appréhende Fantine, une fille publique accusée, à tort, d'avoir troublé l'ordre public. M. Madeleine exige qu'il la remette en liberté. Javert, enragé et humilié, dénonce Madeleine comme étant Jean Valjean. Quelques jours plus tard, il reçoit une réponse lui disant qu'il était fou, car on a déjà arrêté Valjean à Arras. Javert, pensant avoir manqué de respect à un supérieur, demande à Valjean de le révoquer et lui explique l'histoire. Le même jour, il part pour Arras, pour témoigner dans l'affaire. Le lendemain, il reçoit l'ordre de la cour d'assises d'arrêter M. Madeleine qui a été reconnu comme étant l'ancien forçat Jean Valjean, car il est venu se dénoncer au tribunal afin de disculper un innocent. Javert part à la recherche de Valjean et il le retrouve près du lit de mort de Fantine. Valjean lui demande trois jours pour chercher l'enfant de Fantine, mais Javert le lui refuse. Impatient, Javert dit toute la vérité à Fantine ; l'émotion est si forte pour celle-ci qu'elle meurt sur le coup. Valjean, après avoir juré devant le lit de la morte de s'occuper de son enfant (ce que Javert ignore), est incarcéré dans la prison de Montreuil, mais réussit rapidement à s'en évader. Javert le recherche jusqu'à l'hôpital où une religieuse qui veille Fantine, sœur Simplice, lui répond qu'elle n'a pas vu Valjean (alors qu'il se dissimule à deux pas). Javert, qui sait que cette religieuse considère le mensonge comme un péché, la considère de ce fait comme une sainte incapable de mentir et se retire.

En poste à Paris où il a été affecté, il entend parler, dans le courant du mois de mars 1824, « d'un mendiant, qui fait l'aumône », surnom que les pauvres d'un quartier ont donné à Valjean qui y vit sous l'identité d'Ultime Fauchelevent. Javert retrouve sa trace, mais Valjean, alerté, s'enfuit avec Cosette. Javert le pourchasse et il croit le tenir à sa merci, car Valjean s'est engagé dans un cul-de-sac, mais quand Javert y fait irruption, Valjean a disparu. Il surveille le quartier pendant plus d'un mois, sans résultat.

Nous ne le rencontrons que quelques années plus tard, en 1832, lorsque Marius, un étudiant parisien, vient le prévenir d'un guet-apens planifié par un certain « Jondrette » (alias Thénardier), dans la masure Gorbeau où Marius est le voisin de Jondrette et de sa famille. Javert réussit à arrêter les Jondrette et leurs filles, ainsi que les Patron-Minette, de dangereux bandits qui participaient au guet-apens, mais quand il se tourne vers la victime, celle-ci a disparu.

Le 5 juin de la même année, une insurrection éclate lors des funérailles du Général Lamarque. Javert se déguise en révolutionnaire pour espionner les étudiants, mais il est identifié par Gavroche. Quand on lui dit qu'il sera exécuté dix minutes avant que la barricade tombe, sa seule réponse est : « Pourquoi pas maintenant ? » On le lie à un poteau auquel il reste attaché toute la nuit. Le lendemain, en regardant vers la porte, Javert voit apparaître un homme qu'il connaît : c'est Valjean. Celui-ci demande à Enjolras, chef des insurgés, la faveur d'exécuter Javert. Celui-ci y consent. Mais Valjean ne tue pas Javert, il le libère après lui avoir communiqué le nom sous lequel il vit ainsi que son adresse. À partir de ce moment, on remarque un important changement chez Javert, car, avant de partir, il dit à Valjean : « Vous m'ennuyez. Tuez-moi plutôt ». Hugo écrit : « Javert ne s'apercevait pas lui-même qu'il ne tutoyait plus Jean Valjean. »

Par la suite, après avoir fait son rapport au préfet de police, Javert poursuit Jondrette qui s'est évadé de prison. Mais celui-ci lui échappe en pénétrant dans les égouts dont il possède la clé d'une grille d'entrée. Javert se poste devant la sortie des égouts et c'est Valjean qui en sort portant sur ses épaules Marius blessé et inconscient. Valjean demande à Javert de pouvoir transporter Marius chez sa famille. Javert acquiesce, de la même façon qu'il consent à ce que Valjean aille faire ses adieux à Cosette. Javert accompagne Valjean jusqu'à sa demeure et, au lieu d'attendre le retour de celui-ci comme convenu, il s'en va.

Il se rend dans un bureau de police. Il y écrit une lettre au préfet de police dans laquelle il liste plusieurs défauts dans les prisons. Plus tard, cette lettre sera tenue comme une preuve de démence. Javert est confronté pour la première fois de sa vie à un dilemme : le crime de laisser le récidiviste Valjean en liberté et le crime d'arrêter celui qui lui paraît s'être racheté à ses yeux de policier réputé pour son inflexibilité...

Toute sa vie, Javert a pensé que lorsqu'un homme devient un criminel, c'est pour toujours ; qu'il n'existe pas de réhabilitation ; il avait pris la loi pour un droit divin. Valjean, en lui montrant que la pitié, la clémence et la réhabilitation peuvent exister, a brisé tout ce en quoi il avait toujours cru. Il n'a jamais vu qu'un seul droit chemin et maintenant il en voit deux directement opposés. Désespéré, le 7 juin 1832 vers 1 heure du matin[1], Javert se précipite du haut du Pont Notre-Dame dans la Seine où il se noie. On retrouve son corps le lendemain, pris sous un bateau.

Citations[modifier | modifier le code]

  • « J'ai souvent été sévère dans ma vie. Pour les autres. C'était juste. Je faisais bien. Maintenant, si je n'étais pas sévère pour moi, tout ce que j'ai fait de juste deviendrait injuste. Est-ce que je dois m'épargner plus que les autres »[4].
  • « Gredin de pays, où les galériens sont magistrats et où les filles publiques sont soignées comme des comtesses ! Ah mais ! tout ça va changer, il était temps ! »[5].
  • « Vous ne passerez pas par la fenêtre, vous passerez par la porte. C'est moins malsain. Vous êtes sept, nous sommes quinze. Ne nous colletons pas comme les auvergnats. Soyons gentils »[6].
  • « Prends ta revanche. […] Un surin. Tu as raison. Cela te convient mieux »[7].
  • « Vous m'ennuyez. Tuez-moi plutôt »[8].

Au cinéma et à la télévision[modifier | modifier le code]

Javert a notamment été incarné au cinéma et à la télévision par :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Source : Lire Les Misérables, collectif universitaire, section Une histoire qui date d'Yves Gohin, pages 31 et 41, Librairie José Corti, 1985 (ISBN 2714300863).
  2. Tome I (Fantine), Livre V (La descente), Chapitre 5 (Vagues éclairs à l'horizon). Note de V.H. à la date du 29 octobre 1846.
  3. Tome I, Livre V, Chapitre 5.
  4. Tome I, Livre VI, Chapitre 2.
  5. Tome I, Livre VIII, Chapitre 4.
  6. Tome III, Livre VIII, Chapitre 21, en arrêtant la bande de Thénardier.
  7. Tome V, Livre I, Chapitre 19, croyant que Valjean va le tuer.
  8. Tome V, Livre I, Chapitre 19, après avoir été libéré par Valjean à la barricade.