Javert

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Javert
Illustration de Gustave Brion

Javert est l'un des personnages du roman Les Misérables de Victor Hugo. Il est inspecteur de police et ennemi juré de Jean Valjean. Il se suicidera quand il comprendra que celui-ci est un homme bon.

Biographie du personnage [modifier]

Fils d'une bohémienne, dont le mari est aux galères, il est né en 1780 dans une prison. Plus grand, il décide d'entrer dans la police. Dans sa jeunesse, il sert à Toulon, dans les chiourmes. Javert est ainsi décrit : « Les paysans asturiens sont convaincus que dans toute portée de louve il y a un chien, lequel est tué par la mère, sans quoi en grandissant il dévorerait les autres petits. Donnez une face humaine à ce chien fils d'une louve, et ce sera Javert. » [Tome I (Fantine), Livre V (La descente), Chapitre 5 (Vagues éclairs à l'horizon)] (note de V.H. à la date du 29 octobre 1846)

Javert ne vit que pour les lois. Il a deux maximes auxquelles il n'admet pas d'exceptions : « Le fonctionnaire ne peut se tromper » et « Ceux-ci (les criminels) sont irrémédiablement perdus. Rien de bon ne peut en sortir. » [Tome I, Livre V, Chapitre 5)

À quarante ans, en 1820, il devient inspecteur de police à Montreuil. Il est le seul qui reconnaisse, dans le maire monsieur Madeleine, l'ancien forçat Jean Valjean. Ses soupçons s'aggravent quand il voit M. Madeleine soulever une charrette, action qui requiert une force exceptionnelle que, pour Javert, un seul homme possède.

Il remarque, outre une certaine ressemblance physique entre le maire et Valjean, la force exceptionnelle du maire, son adresse au tir, et le fait qu'il traîne sa jambe droite (à laquelle étaient fixées les lourdes chaînes du bagne) et qu'il fait des recherches à Faverolles (lieu de naissance de Valjean).

Un jour, pendant le mois de mars 1823, Javert arrête Fantine, une fille publique, accusée, à tort, d'avoir troublé l'ordre public. M. Madeleine exige qu'il la mette en liberté. Javert, enragé et humilié, dénonce Madeleine comme étant Jean Valjean. Quelques jours plus tard, il reçoit une réponse disant qu'il était fou et qu'on avait déjà arrêté Valjean. Javert, croyant avoir manqué de respect à un supérieur, demande à Valjean de le révoquer et lui explique l'histoire. Le même jour, il part pour Arras, pour témoigner dans l'affaire. Le lendemain, il reçoit l'ordre de la cour d'assises d'arrêter M. Madeleine, qui a été identifié comme étant l'ancien forçat Jean Valjean (en vérité, ce dernier s'est dénoncé lui-même). Javert part à la recherche de Valjean et il le retrouve près du lit de mort de Fantine. Valjean lui demande trois jours pour chercher l'enfant de Fantine, ce que Javert lui refuse. Impatient, Javert dit toute la vérité à Fantine, émotion si forte que celle-ci meurt sur le coup. Valjean, après avoir juré devant le lit de mort de Fantine de s'occuper de son enfant (ce que Javert ignore), est incarcéré dans la prison de Montreuil, mais réussit rapidement à s'en évader. Javert le recherche jusqu'à l'hôpital où une religieuse qui veille Fantine, sœur Simplice, lui répond qu'elle n'a pas vu Valjean (alors qu'il se dissimule à deux pas). Javert, qui sait que cette religieuse considère le mensonge comme un péché et qui regarde une religieuse comme une sainte qui ne pèche pas, se retire.

En fonction à Paris où il a été muté, il entend parler, dans le courant du mois de mars 1824, « d'un mendiant, qui fait l'aumône », surnom que les pauvres d'un quartier ont donné à Valjean, qui y vit. Javert retrouve sa trace, mais Valjean, alerté, s'enfuit avec Cosette. Javert le pourchasse et il croit l'avoir à sa merci car Valjean s'est engagé dans un cul-de-sac, mais quand Javert y arrive à son tour, Valjean a disparu. Il surveille le quartier pendant plus d'un mois, sans résultat.

Nous ne le rencontrons que quelques années plus tard, en 1832, lorsque Marius, un étudiant parisien, vient le prévenir du guet-apens planifié par un certain « Jondrette » (alias Thénardier), dans la masure Gorbeau où Marius est le voisin de Jondrette et de sa famille. Javert réussit à arrêter les Jondrette, leurs filles et les Patron-Minette, de dangereux bandits qui participaient au guet-apens, mais quand il se tourne vers la victime, celle-ci a disparu.

Le 5 juin de la même année, une insurrection éclate lors des funérailles du Général Lamarque. Javert se déguise en révolutionnaire pour espionner les étudiants, mais il est identifié par Gavroche. Quand on lui dit qu'il sera tué dix minutes avant que la barricade ne tombe, sa seule réponse est : « Pourquoi pas maintenant ? » On le lie à un poteau auquel il reste attaché toute la nuit. Le lendemain, en regardant vers la porte, Javert y voit un homme, qui lui est connu : c'est Valjean. Celui-ci demande à Enjolras, le chef des insurgés, la faveur de tuer Javert. Celui-ci y consent. Mais Valjean ne tue pas Javert, il le libère après lui avoir communiqué le nom sous lequel il vit ainsi que son adresse. On remarque un important changement chez Javert à partir de ce moment, car, avant de partir, il dit à Valjean : « Vous m'ennuyez. Tuez-moi plutôt ». Hugo écrit : « Javert ne s'apercevait pas lui-même qu'il ne tutoyait plus Jean Valjean. »

Par la suite, après avoir fait son rapport au préfet de police, Javert poursuit Jondrette qui s'est évadé de prison. Mais celui-ci lui échappe en pénétrant dans les égouts dont il possède la clé d'une grille d'entrée. Javert se poste devant la sortie des égouts et c'est Valjean qui en sort portant sur ses épaules Marius blessé et inconscient. Valjean demande à Javert de pouvoir transporter Marius chez sa famille. Javert y consent. Il consent aussi à ce que Valjean aille faire ses adieux à Cosette. Javert laisse Valjean aller dans sa maison puis s'en va.

Il se rend dans un bureau de police. Il y écrit une lettre au préfet de police dans lequel il liste plusieurs défauts dans les prisons. Plus tard, cette lettre sera tenue comme une preuve de démence. Javert se voit pris entre deux crimes : le crime de laisser échapper Valjean et le crime de l'arrêter.

Toute sa vie, Javert avait pensé que lorsqu'un homme devient un criminel, c'est pour toujours ; qu'il n'existe pas de réhabilitation ; il avait pris la loi pour un droit divin. Valjean, en lui montrant que la pitié, la clémence et la réhabilitation peuvent exister, a brisé tout ce en quoi il avait toujours cru. Il n'a jamais vu qu'un seul droit chemin et maintenant il en voit deux, directement opposés. Désespéré, Javert se précipite du haut du Pont Notre-Dame dans la Seine où il se noie. On retrouve son corps le lendemain, pris sous un bateau.

Citations [modifier]

  • « J'ai souvent été sévère dans ma vie. Pour les autres. C'était juste. Je faisais bien. Maintenant, si je n'étais pas sévère pour moi, tout ce que j'ai fait de juste deviendrait injuste. Est-ce que je dois m'épargner plus que les autres. » (Tome I, Livre VI, Chapitre 2).
  • « Gredin de pays, où les galériens sont magistrats et où les filles publiques sont soignées comme des comtesses ! Ah mais ! tout ça va changer, il était temps ! » (Tome I, Livre VIII, Chapitre 4).
  • « Vous ne passerez pas par la fenêtre, vous passerez par la porte. C'est moins malsain. Vous êtes sept, nous sommes quinze. Ne nous colletons pas comme les auvergnats. Soyons gentils. » (Tome III, Livre VIII, Chapitre 21, en arrêtant la bande de Thénardier).
  • « Prends ta revanche. […] Un surin. Tu as raison. Cela te convient mieux. » (Tome V, Livre I, Chapitre 19, croyant que Valjean va le tuer).
  • « Vous m'ennuyez. Tuez-moi plutôt. » (Tome V, Livre I, Chapitre 19, après avoir été libéré par Valjean à la barricade).

Au cinéma et à la télévision [modifier]

Javert a notamment été incarné au cinéma et à la télévision par :