Théodore Géricault

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Théodore Géricault

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Théodore Géricault par Alexandre Colin, 1816.

Naissance
Rouen, Drapeau français Royaume de France
Décès (à 32 ans)
Paris, Royal Standard of King Louis XIV.svg Royaume de France
Nationalité Française
Activités Peintre, sculpteur, dessinateur, lithographe
Formation École des beaux-arts de Paris
Maîtres Carle Vernet, Pierre-Narcisse Guérin
Influencé par Antoine-Jean Gros
Influença Eugène Delacroix, Alfred de Dreux

Œuvres réputées

Le Radeau de La Méduse

Théodore Géricault, né le 26 septembre 1791 à Rouen et mort le 26 janvier 1824 à Paris, est un peintre et sculpteur français.

Incarnation de l’artiste romantique, sa vie courte et tourmentée a donné naissance à de nombreux mythes. Son œuvre la plus célèbre est Le Radeau de La Méduse (1818-1819).

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Géricault naît dans une famille aisée de Rouen, originaire de la Manche, à Saint-Cyr-du-Bailleul où un lieu-dit du même nom, l’« hôtel Géricault » existe toujours. Il y reviendra régulièrement pendant de nombreuses années, notamment chez ses cousins à Saint-Georges-de-Rouelley. C’est là qu’il découvre le milieu équestre, future source d’inspiration et qu’il y peint sa première œuvre connue  : son autoportrait (1808). De nombreux tableaux du peintre sont restés dans cette famille. Mais une majorité d’entre eux ont été détruits lors des bombardements de 1944. Géricault y a fait également le portrait de son oncle bas-normand, le conventionnel Siméon Bonnesœur-Bourginière (Minneapolis Institute of Arts[1]), et de son cousin Félix Bonnesoeur-Bourginière.

Le père du peintre, Georges, magistrat et riche propriétaire terrien, tient une manufacture de tabac. Sa mère, Louise Caruel, descend d’une vieille et riche famille normande. Le peintre ne connaît pas de problèmes d’argent et n’a pas besoin de vendre ses œuvres pour vivre, excepté à la fin de sa vie, à la suite de mauvais placements. Vers 1796, la famille Géricault s’installe à Paris où Théodore fait ses études au Lycée Impérial.

Apprentissage[modifier | modifier le code]

Théodore étudie dans l’atelier du peintre Carle Vernet, spécialiste de scènes de chasse. Il y fait la connaissance de son fils, Horace Vernet. Il étudie ensuite avec Pierre-Narcisse Guérin avant de s’inscrire, le 5 février 1811, à l’École des Beaux-Arts de Paris. En 1814, Géricault s’éprend d’Alexandrine Caruel, la jeune épouse de Jean-Baptiste Caruel de Saint-Martin, son oncle maternel. De cette liaison, qui dure plusieurs années et qui s’avère désastreuse pour l’artiste, naquit un fils, Hippolyte Georges. Il fut également l'ami intime de Delacroix, de son élève Louis-Alexis Jamar qui a posé nu pour Le Radeau de la Méduse, seul modèle vivant au milieu des cadavres prêtés par l'hôpital Cochin, et de Dedreux-Dorcy, le modèle de la toile Artiste dans son atelier.

Ayant échoué au concours du grand prix de Rome, Géricault décide, en 1816, de partir pour l’Italie à ses propres frais. Il est durablement impressionné par les peintres de la Renaissance italienne, en particulier Michel-Ange, ainsi que par Pierre Paul Rubens, par le mouvement qu’il donne à ses œuvres. Parmi ses contemporains, il porte une admiration particulière pour Antoine-Jean Gros.

Premiers envois au Salon[modifier | modifier le code]

Sa première œuvre exposée au Salon, est l'Officier de chasseurs à cheval de la garde impériale chargeant (1812) . Deux ans plus tard, Géricault expose sa deuxième œuvre à côté de la première : Cuirassier blessé quittant le feu (1814, musée du Louvre). Formant un contraste avec la première, celle-ci représente un officier sur une pente avec son cheval, s’éloignant de la bataille. Son regard, tourné vers la tuerie qu’il vient de quitter, traduit le désarroi, la défaite. Dramatiques et monumentaux, ces deux portraits équestres, suscitent un certain intérêt lors du Salon de 1814, dans un Paris occupé par les Alliés.

Le Radeau de la Méduse[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Le Radeau de La Méduse.

En 1819, un nouveau Salon s’ouvre au Louvre. Géricault veut réaliser une œuvre immense, spectaculaire. Cherchant son inspiration dans les journaux, il y découvre l’« affaire de la Méduse », catastrophe maritime peu glorieuse que la monarchie restaurée avait tenté d’étouffer. Le fait divers que le peintre évoque par sa toile est celui du naufrage d’une frégate, la Méduse, le 2 juillet 1816, au large des côtes du Sénégal. Le moment culminant choisi par Géricault dans cette dérive qui dura treize jours, est celui où une partie des naufragés survivants sur un radeau, voient au loin le navire qui vient les sauver, le brick Argus. Géricault peint cet instant dramatique, où les hommes encore valides se lèvent pour faire signe au navire qui point, à peine visible, à l’horizon.

Le peintre a trouvé son inspiration. Soucieux d’ancrer son œuvre dans la réalité, il prend connaissance du récit de deux survivants : Alexandre Corréard, l’ingénieur géographe de la Méduse, et Henri Savigny, le chirurgien du bord. Il fait construire une maquette grandeur nature du radeau dans son atelier et demande à sept rescapés de la dérive du radeau de venir poser pour lui. Il va jusqu’à exposer dans son atelier des restes humains. Grâce à l’entremise d’un ami médecin à l’hôpital Beaujon, proche de son atelier, Géricault peut obtenir des bras et pieds amputés, afin de les étudier. De même, il dessine plusieurs fois une tête décapitée, obtenue à Bicêtre, où se trouvait une institution qui était tout à la fois hospice, prison et asile d’aliénés. Selon Charles Clément, son biographe, une puanteur étouffante régnait parfois dans son atelier de la rue du Faubourg-du-Roule. Géricault travaille avec acharnement, pendant une année entière, à une œuvre de cinq mètres sur sept qui est, selon l’expression de Michel Schneider, « une leçon d’architecture autant qu’une leçon d’anatomie ».

Le Radeau de La Méduse est présenté au musée du Louvre en 1819. Lors de l’accrochage, le tableau est placé beaucoup trop haut, à côté d’autres œuvres immenses.

Séjour en Angleterre[modifier | modifier le code]

Éreinté par la critique, Géricault quitte Paris pour l’Angleterre. D’avril 1820 à novembre 1821, il voyage en Angleterre et découvre à la fois les grands paysagistes anglais, dont Constable et Turner, et les courses de chevaux, ce fut derechef toute une nouvelle série d’œuvres inspirée par « la plus grande conquête de l’homme » dont, entre autres, le Derby d’Epsom (musée du Louvre). Le thème du cheval, est un sujet central de son œuvre du début et surtout de la fin de sa vie.

Dernières années[modifier | modifier le code]

La mort de Géricault, par Ary Scheffer. À son chevet, figurent ses amis le colonel Bro de Comères et le peintre Pierre-Joseph Dedreux-Dorcy.
Tombeau de Théodore Géricault (1791-1824), réalisé par Antoine Étex en 1839-1840 – soit quinze ans après la mort du peintre – et financé par son fils naturel, Hippolyte Georges Géricault.

En décembre 1821, le peintre revient à Paris, tombe malade et ne se débarrasse pas de son état. Son ami médecin-chef de la Salpêtrière et pionnier en études psychiatriques, Étienne-Jean Georget, lui propose de peindre les portraits de dix malades mentaux.

Outre ses peintures à l’huile, Géricault réalise également des lithographies, des sculptures, rares mais remarquables, et des centaines de dessins. Il meurt le 26 janvier 1824, après une longue agonie due officiellement à une chute de cheval ou plus probablement à une maladie vénérienne, ce qui fera dire au philosophe et critique d'art Élie Faure que « Géricault est mort d'avoir trop fait l'amour »[2].

Il est enterré au cimetière du Père-Lachaise à Paris. Une statue de bronze ainsi qu’un bas-relief représentant Le Radeau de La Méduse, tous deux signés Antoine Étex, ornent sa sépulture.

Peintures[modifier | modifier le code]

  • Deux chevaux de poste à la porte d'une écurie, huile sur toile, 27,9 × 35,2 cm. Musée d'Évreux.
  • Le monomane du vol d'enfants, 1822-1823, huile sur toile, 64 × 54 cm, musée des beaux-arts de Springfield.

Note : Il s'agit d'une copie exécutée d'après une lithographie de Léon Cogniet, elle-même reproduisant en l'inversant le tableau peint par Géricault conservé au Louvre mentionné ci-après : Chevaux de poste à la porte d'une écurie dans laquelle la composition est complétée d'un postillon abreuvant ses chevaux avec un seau. (Médaille d'argent au Salon de Douai en 1823).

Sculptures[modifier | modifier le code]

Une statue de bronze d’Antoine Étex orne la tombe de Théodore Géricault au cimetière du Père-Lachaise.
  • Cheval écorché ;
  • Cheval arrêté par un homme ;
  • Nymphe et Satyre ;
  • Bœuf terrassé par un tigre ;
  • Nègre brutalisant une femme ;
  • Statue équestre de l’empereur Alexandre ;
  • Lion au repos ;
  • Cavalier Antique ;
  • Écorché.

Références en littérature[modifier | modifier le code]

Dans Vingt mille lieues sous les mers de Jules Verne, le Nautilus est décoré de peintures dont des Géricault : « Les diverses écoles des maîtres anciens étaient représentées par une madone de Raphaël, une vierge de Léonard de Vinci, une nymphe du Corrège, une femme du Titien, une adoration de Véronèse, une assomption de Murillo, un portrait d’Holbein, un moine de Vélasquez, un martyr de Ribeira, une kermesse de Rubens, deux paysages flamands de Téniers, trois petits tableaux de genre de Gérard Dow, de Metsu, de Paul Potter, deux toiles de Géricault et de Prud'hon, quelques marines de Backuysen et de Vernet. » (chapitre IX)

Théodore Géricault est le personnage principal du roman de Louis Aragon, paru en 1958, La Semaine Sainte.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.artsmia.org/viewer/detail.php?v=12&id=1587
  2. Charles Clément, Géricault, Paris, Didier, 1868, p. 8.

3 http://www.art.collegefaubert.fr/picture.php?/64/category/8&hspart=Elex&hsimp=yhs-elex_22find

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Denise Aimé-Azam, La Passion de Géricault, Paris, 1970.
  • Aldaheff, Albert, The Raft of the « Medusa », Munich, Berlin, Londres, New York, Prestel, 2002.
  • Gilles Buisson, Géricault, de Mortain à Paris ; le conventionnel Bonnesœur-Bourginière, oncle de Géricault, préface de Denise Aimé-Azam, 18 p., OCEP, Coutances, 1986 ISBN 2-7134-0010-4(BR) : 30 F
  • Gilles Buisson, Le duc de Trévise, passionné de Géricault à Mortain en 1924, Revue de l’Avranchin et du pays de Granvillen, tome LXVIII, no 348, septembre 1991, no 463-495, et no 449, décembre 1991, p. 541-576
  • Gilles Buisson, Troubles psychopathologiques dans la famille mortainaise de Géricault, La Méduse, feuille d’information de l’Association des amis de Géricault, no 12, décembre 2003
  • Bruno Chenique, « Géricault, une vie et Lettres et documents », I:261-308 in Géricault, catalogue d’exposition édité par Régis Michel, 2 vol. Paris, 1991-1992.
  • Jean Clay, Le romantisme. Hachette Réalités, 1980.
  • Charles Clément, Géricault, étude critique et biographique. Paris, 1879.
  • Lorenz Eitner, Géricault, catalogue d’exposition. Los Angeles County Museum of Art, 1971.
  • George Oprescu, Géricault, monographie, 1927, édition française : Paris, La Renaissance du Livre, collection À travers l'Art français, 1927, 217p.
  • Léon Rosenthal, Du Romantisme au Réalisme. Paris, réédition Macula, 1987.
  • Michel Schneider, Un rêve de pierre: Le Radeau de la Méduse. Géricault. Paris, Gallimard, NRF, 1991.
  • Jean Sagne, Géricault, Biographie, Fayard.
  • Géricault, Catalogue rétrospective du Grand Palais, 1991-1992, éd. Musée Nationaux.

Roman

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]