Alexandre-Antoine Hureau de Sénarmont

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Alexandre-Antoine Hureau de Sénarmont
Image illustrative de l'article Alexandre-Antoine Hureau de Sénarmont

Naissance 21 avril 1769
Strasbourg
Décès 26 octobre 1810 (à 41 ans)
Cadix
Mort au combat
Origine Français, Alsacien
Allégeance Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau de la France République française
Drapeau de l'Empire français Empire français
Arme Artillerie
Grade Général de division
Années de service 17851810
Conflits Guerres de la Révolution française
Guerres napoléoniennes
Faits d'armes Bataille de Fleurus
Bataille de Montebello
Bataille de Marengo
Bataille d'Iéna
Bataille d'Eylau
Bataille de Friedland
Bataille d'Uclés
Bataille de Talavera
Bataille d'Almonacid
Bataille d'Ocaña
Distinctions Commandeur de la Légion d'honneur
Hommages Nom gravé sous l'arc de triomphe de l'Étoile

Le baron d'Empire, Alexandre-Antoine Hureau, baron de Sénarmont né le 21 avril 1769 à Strasbourg, tué d'un éclat d'obus au siège de Cadix le 26 octobre 1810, est un des pionniers de la tactique moderne de l'artillerie.

Il démontra à Napoléon l'efficacité de la concentration des pièces d'artillerie pendant la bataille de Friedland (14 juin 1807). L'Empereur usera de cette technique à Wagram, à la Moskova et durant la campagne de 1813. Son nom est gravé dans la crypte du Panthéon, où son cœur embaumé repose dans une urne ; il est également inscrit sur la 38e colonne de l'arc de triomphe de l'Étoile.

Carrière[modifier | modifier le code]

Fils du général Alexandre-François de Senarmont, il entre en 1784 à l'École d'application de l'artillerie et du génie de Metz comme aspirant le 1er août 1784 ; il en sort le 1er septembre 1785[1]. En 1785 il entre au 3e régiment d'artillerie de Besançon avec le grade de lieutenant. Il va servir d'aide de camp à son père, Alexandre-François de Senarmont, aux armées du Centre et du Nord.

En 1792 il est promu capitaine d’artillerie et il participe en 1794 au siège de Charleroi et à la bataille de Fleurus. Le 13 novembre de la même année, il est nommé capitaine commandant et titulaire de la sous-direction de Douai. Il passe chef d'escadron provisoire le 14 octobre 1794, nomination approuvé le 23 novembre suivant.

Le 18 avril 1797, il participe à la Bataille de Neuwied, et en avril 1799, il est affecté à l'armée du Rhin, comme chef d’État-major de l’artillerie de l’armée de réserve. Il est nommé chef de brigade le 6 septembre 1799, et en mai 1800, il participe au passage du col du Grand-Saint-Bernard, puis à la bataille de Montebello, le 9 juin 1800. Le 14 juin 1800, il se signale à la tête du 5e régiment d'artillerie à pied à laBataille de Marengo, et il devient colonel le 6 septembre 1800.

Le 17 décembre 1801, il prend le commandement du 6e régiment d’artillerie à pied, et il fait les campagnes de l'an XII et de l'an XIII, à l'armée des côtes de l'Océan. Le 8 décembre 1803, il prend les fonctions de chef d’état-major de l’artillerie du camp de Brest, il est fait chevalier de la Légion d'honneur le 11 décembre 1804, et officier de l'ordre le 14 juin 1804.

De l'an XIV à 1807, il sert à la Grande Armée. Le 30 juillet 1805, il est prêt à embarquer pour envahir l’Angleterre au camp de Boulogne ;

«  Rien ne paraît plus sérieux, que notre embarquement : tout est prêt et embarqué, armes, munitions, poudre, qu’on avait réservées jusqu’au dernier moment.(…) Cette entreprise est bien hardie, mais on a vu réussir tant de choses qu’il est à espérer que celle-ci n’échouera pas… » écrit-il alors à son frère.

Il est promu général de brigade le 10 juillet 1806, et commandant de l’artillerie de la Grande-Armée. Il est élevé au grade de commandeur de la Légion d’honneur le 3 mars 1807, en récompense de sa conduite à la Bataille d'Eylau le 8 février 1807. A la bataille de Friedland le 14 juin 1807, au moment ou la cavalerie du général Latour-Maubourg se dorme et repousse une charge ennemie, il établit avec promptitude et habileté une batterie de 30 pièces de canon qui font éprouver de grandes pertes à l'ennemi.

Il est créé Baron d'Empire le 2 juillet 1808, et le 26 août suivant, il est nommé commandant de l'artillerie du 1er corps de l'armée d'Espagne, puis le 22 novembre 1808, il est fait chevalier de la Couronne de Fer. Après la prise de Madrid le 4 décembre 1808, il est nommé général de division le 7 décembre suivant.

Il est à la bataille d’Uclès le 13 janvier 1809, et le 9 mars 1809, il prend le commandement en chef de l’Artillerie des armées en Espagne en remplacement du général Lariboisière. Il combat à Talavera les 27 et 28 juillet 1809, et à d’Almonacid le 11 août 1809, où il combat les généraux Palafox, Blake et Wellesley (Wellington).

Le 26 octobre 1810, il est emporté par un boulet anglais alors qu’il organise le siège de Cadix depuis le Puerto Santa-Maria. Son corps est enterré dans l’église Santa Ana de Chiclana.

Le 5 juin 1811, son cœur embaumé est placé dans le Panthéon à Paris sur ordre de Napoléon du 17 janvier 1811. L’oraison funèbre est prononcée par le général comte Lariboisière.

En 1823, lors de l’expédition d’Espagne le lieutenant-général vicomte Tirlet, commandant en chef l’Artillerie des armées d’Espagne écrivait à Amédée de Sénarmont : « Ce que vous craigniez est arrivé ; les espagnols ont violé la sépulture, dans la chapelle Santa Anna (…) La populace insensée a jeté au vent les cendres de l’homme généreux qui la protégea au milieu des désastres de la guerre, qui fut toujours juste et loyal »

Famille[modifier | modifier le code]

Alexandre-Antoine Hureau de Sénarmont a eu deux enfants, Alexandre-Hyppolyte (1794 -1870) et Henriette-Désirée (1800-1874). Alexandre-Hippolyte, après avoir été confirmé dans le titre de baron héréditaire en 1817, partit pour l'île de la Réunion ou il eut une descendance... nombreuse après deux mariages !

Son neveu, Henri Hureau de Senarmont (1808-1862) fut un éminent physicien, dont les travaux ont notamment porté sur la géologie, la réflexion de la lumière polarisée, la conductibilité calorifique des cristaux, les propriétés optiques des corps isomorphes, etc. Il tint une chaire de minéralogie à l'École des Mines.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Page552- Fastes de la Légion d'Honneur par A. Lievyns,Jean -Maurice Verdot,Pierre Bégat -Publié en 1844 -archivé à l'université du Wisconsin-Madison - numérisé par Google Books

Sources[modifier | modifier le code]

  • Biographie universelle ancienne et moderne
  • A. Lievyns, Jean Maurice Verdot, Pierre Bégat, Fastes de la Légion-d'honneur, biographie de tous les décorés accompagnée de l'histoire législative et réglementaire de l'ordre, Tome 3, Bureau de l’administration,‎ 1844, 529 p. (lire en ligne), p. 491

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]