Émile Ollivier (homme politique)

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Page d'aide sur l'homonymie Pour l’écrivain québécois, voir Émile Ollivier (écrivain). Pour les autres personnes portant ce patronyme, voir Ollivier.
Émile Ollivier
Émile Ollivier
Émile Ollivier
Fonctions
1re chef du Cabinet
et Ministre de la justice
(33e chef du gouvernement)
2 janvier 187010 août 1870
(7 mois et 8 jours)
Monarque Napoléon III
Gouvernement Ollivier
Législature IVe législature
Prédécesseur Napoléon III, de facto
Léon Faucher en poste jusqu'au 26 octobre 1851
Successeur Charles Cousin-Montauban
Biographie
Date de naissance 2 juillet 1825
Lieu de naissance Marseille, Bouches-du-Rhône (France)
Date de décès 20 août 1913 (à 88 ans)
Lieu de décès Saint-Gervais-les-Bains, Haute-Savoie (France)
Nationalité française
Parti politique Bonapartiste
Profession Avocat

Émile Ollivier (homme politique)
Chefs du gouvernement français

Émile Ollivier, né le 2 juillet 1825 à Marseille (Bouches-du-Rhône) et mort à Saint-Gervais-les-Bains (Haute-Savoie) le 20 août 1913 (à 88 ans), est un homme politique français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines familiales et jeunesse[modifier | modifier le code]

Émile Ollivier, fils de Démosthène Ollivier, député républicain des Bouches-du-Rhône, orphelin de mère à huit ans, fit sa scolarité au Collège Royal de Marseille[1] puis étudia le droit et devint avocat à Paris. Mais avec l'établissement de la Deuxième République, le ministre de l'intérieur Ledru-Rollin, ami de son père, le nomma le 27 février 1848 commissaire du gouvernement provisoire de la République dans les départements des Bouches-du-Rhône et du Var, alors qu'il n'était âgé que de 22 ans. Il fut muté en Haute-Marne en juillet 1848 sous Cavaignac, puis révoqué en janvier 1849 après la victoire de Louis-Napoléon Bonaparte aux élections présidentielles.

Il redevint alors avocat, commençant véritablement sa carrière et se faisant remarquer par ses talents d'orateur, qui lui apportent rapidement l'aisance matérielle.

Député républicain sous le Second Empire[modifier | modifier le code]

Le 22 octobre 1857 à Florence, il épouse la fille aînée de Franz Liszt et de Marie d'Agoult, Blandine[2]. En 1860, il achète le château de la Moutte[3] à Saint-Tropez, sur la façade il fait graver sa devise : Certa viriler sustine patienter[4]. Il sera inhumé, selon ses vœux dans la propriété.

En 1857, il fut élu député de la Seine grâce au désistement du républicain Garnier-Pagès, et dut accepter de prêter serment à l'Empire, afin de pouvoir siéger au Corps législatif. Il s'affirma d'emblée comme le principal orateur de la petite opposition dite « des Cinq » (républicains) et s'attacha à faire évoluer le régime vers le parlementarisme, encouragé par le duc de Morny, président du Corps législatif. Il ne cessa de réclamer des réformes mais, loin de se cantonner dans une opposition systématique, il n'hésita pas à approuver et à encourager le gouvernement lorsque celui-ci lui parut aller dans la direction qu'il jugeait la bonne.

Réélu en 1863 avec la vague républicaine, il accepta d'être le rapporteur de la loi du 25 mai 1864, qui abolit le délit de coalition créé par la loi Le Chapelier de 1791 et instaure le droit de grève. Puis, en 1865, il rencontra l'Empereur, reconnaissant ainsi la dynastie des Bonaparte et se faisant rejeter par ses amis républicains. Il refusa néanmoins le portefeuille de l'Instruction publique et la fonction d'orateur du Gouvernement que lui offrirent Morny en 1865 puis Walewski en 1867. Il souhaitait en effet entrer au Gouvernement non pas seul, comme une vaine caution, mais à la faveur d'un mouvement qui marquerait le triomphe de ses idées libérales.

Le gouvernement Ollivier[modifier | modifier le code]

Caricature parue en 1870 dans le journal Vanity Fair

Le 23 septembre 1869, il épousa Marie-Thérèse Gravier, jeune fille de dix-neuf ans dont il avait fait la connaissance à Vittel. De cette union naquirent trois enfants.

Aux élections de 1869, il fut battu dans la Seine mais élu dans le Var et, arbitre de la situation grâce à la position charnière acquise par son Tiers Parti, fut, après quelques tergiversations, chargé par Napoléon III, le 27 décembre 1869, de lui « désigner les personnes pouvant former autour de lui un cabinet homogène représentant fidèlement la majorité du Corps législatif ». C'était la reconnaissance du principe parlementaire.

Ollivier constitua alors un gouvernement d'hommes nouveaux en associant bonapartistes libéraux (centre droit) et orléanistes ralliés à l'Empire libéral (centre gauche), mais en excluant les bonapartistes autoritaires (droite). Il prit lui-même le ministère de la Justice et des Cultes, le premier dans l'ordre protocolaire et apparut comme le véritable chef du ministère, mais sans se voir attribuer le titre de vice-président du Conseil que lui contestaient les ministres du centre gauche, Daru et Buffet. Ceux-ci démissionnèrent d'ailleurs dès avril 1870, contraignant Émile Ollivier à se rapprocher des bonapartistes autoritaires.

Son gouvernement ne dura que six mois mais accomplit une œuvre importante, malheureusement interrompue par la guerre. Cherchant à concilier ordre et liberté, il engagea une révision constitutionnelle d'ensemble pour mettre sur pied un système semi-parlementaire (constitution du 21 mai 1870). Il abandonna les procédés de la candidature officielle, renvoya Haussmann et quelques autres préfets autoritaires, amnistia Ledru-Rollin exilé depuis 1849, fit appliquer avec modération la législation sur la presse. Parallèlement, il fit preuve de fermeté avec l'aide de son ministre Eugène Chevandier de Valdrome face aux manifestations dues à l'affaire Victor Noir, en emprisonnant Henri Rochefort après avoir obtenu la levée de son immunité parlementaire, en envoyant la troupe contre les grévistes du Creusot, en faisant arrêter les principaux dirigeants de la section française de l'Internationale des travailleurs.

Le succès du plébiscite du 8 mai 1870 consacra le succès de cette politique mais, paradoxalement, renforça les bonapartistes autoritaires qui contestèrent de plus fort le gouvernement. Ollivier était persuadé d'avoir la situation en main alors que, lâché par les républicains et contesté par les bonapartistes autoritaires, il était de plus en plus isolé et ne se maintenait plus que grâce à la faveur de Napoléon III.

La fin de vie politique et l'écrivain[modifier | modifier le code]

Émile Ollivier, appuyé par Adolphe Thiers, est élu à l'Académie française le 7 avril 1870, alors qu'il dirige le Gouvernement, au fauteuil numéro 7, celui de Lamartine. Par cette élection, l'Académie veut signifier la fin de son hostilité à l'Empire.

Bien que personnellement favorable à la paix, il se laisse dépasser par Gramont et par les partisans de la guerre. À la suite de la dépêche d'Ems (13 juillet), et sous la pression populaire, il annonce, le 15 juillet 1870 devant le Corps législatif, la déclaration de guerre à la Prusse, disant maladroitement accepter la guerre « d'un cœur léger », et l'officialise le 19 juillet 1870. Les premiers revers fournissent à la Chambre l'occasion de le renverser, à une écrasante majorité, le 9 août 1870.

Exilé en Italie jusqu'en 1873, battu dans le Var aux élections de 1876 et de 1877, il consacre le reste de sa vie à se justifier, notamment dans les dix-sept volumes de son Empire libéral.

En 1906, il devient le doyen de l'Académie française.

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Il est l'auteur de plusieurs ouvrages :

  • Démocratie et liberté (1867)
  • Le 19 janvier - Compte-rendu aux électeurs de la 3° circonscription de la Seine (1869)
  • Le Ministère du 2 janvier, mes discours (1875)
  • Principes et conduite (1875)
  • L'Église et l'État au concile du Vatican (2 vols., 1879)
  • Solutions politiques et sociales (1893)
  • Nouveau Manuel du droit ecclésiastique français (1885).
  • L'Empire libéral (17 vols., 1895)
  • La discorde aux cent voix

Hommages[modifier | modifier le code]

Une rue de Toulon porte son nom. Son corps est inhumé à Saint-Tropez dans un tombeau entre la plage et le cap des Salins.

Sources[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Les papiers personnels d'Émile Ollivier sont conservés aux Archives nationales sous la cote 542AP[5].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jacques Delmas, Livre d'or. Histoire du lycée de Marseille, Marseille, Imprimerie marseillaise, 1898, p. 128.
  2. Blandine Ollivier, née Blandine-Rachel Liszt le 18 décembre 1835 à Genève, est la fille aînée de Franz Liszt et de Marie d'Agoult. Elle est la première femme d'Émile Ollivier, qu'elle épouse le 22 octobre 1857 à Florence. Elle meurt à vingt-six ans, le 12 septembre 1862, à Saint-Tropez, des suites de l'accouchement de son fils Daniel, deux mois après lui avoir donné naissance.
  3. D.R.A.C P.A.C.A 72 photos du site de La Moutte dont la tombe d'E.Ollivier.
  4. Combat virilement, endure l'adversité.
  5. Archives nationales

Liens externes[modifier | modifier le code]