Annie Le Brun
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Annie Le Brun, née à Rennes, (Ille-et-Vilaine) en 1942 est un écrivain, poète et critique française.
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[modifier] Biographie
Annie Le Brun rencontre André Breton en 1963 et prend part aux activités du mouvement surréaliste jusqu'en 1969, année de l'autodissolution du groupe.
Le recueil « Sur le champ » (1967), est illustré par la peintre Toyen.
« À l'air libre seulement, je compris que je me révoltais CONTRE LE CAPITAL DE LA VIE INTÉRIEURE, que j'étais arrivée au point où l'on choisit d'être nantie ou affamée : ce que vous n'étiez pas encore, ce que je n'étais pas encore, tout ce qui était encore et toujours dans l'ombre, devenait ma tentation permanente. Impatiente et résolue, patiente et affamée, je commençais à briser, centimètre par centimètre, les miroirs du labyrinthe.
J'ai parlé sans éclats de voix, mon cheminement ne fut pas sans éclats de verre. »[1]
En 1972, elle retrouve une activité collective autour des éditions Maintenant avec le poète et dramaturge Radovan Ivsic et Toyen.
En 1977, avec le texte « Lâchez tout », puis en 1990 avec « Vagit-prop », Annie Le Brun critique la réappariton "insidieuse du moralisme et de la niaiserie qui caractérise le point de vue féministe militant sur la sexualité [...] sous couvert d'une enquête objective ». Sont nommément visés, le livre d'Évelyne Sullerot « Le Fait féminin » (Fayard, 1978) et celui de Marie-Françoise Hans et Gilles Lapouge « Les Femmes, la pornographie, l'érotisme » (Éd. du Seuil, 1978). « Moralisme et niaiserie qui, loin d'être inhérents à la parole féminine, surgissent dès qu'on veut rejeter toute la criminalité sur l'autre sexe [...] Il est à regretter [...] d'entendre répéter un peu partout aujourd'hui comme un fait établi qu'il n'y a pas de femmes voyeurs, qu'il n'y a pas de femmes sadiques, et enfin et surtout, mais c'est le b-a ba de l'aveuglement néo-féministe, que le regard est une fonction phallique »[2]
En 1982, avec « Les Châteaux de la subversion », Annie Le Brun se penche sur le roman gothique et le roman noir fantastique.
Devenue une spécialiste de Sade, elle rédige une préface à une édition complète des œuvres de Sade, préface rééditée en un volume à part sous le « Soudain un bloc d'abîme, Sade » (1986). En 1989, elle organise l'exposition « Petits et grands théâtres du marquis de Sade ».
Annie Le Brun a également écrit sur Aimé Césaire, Alfred Jarry et Raymond Roussel.
« Je m'interroge sur le fonctionnement à sens unique d'une pensée sur l'amour, censée rendre pourtant compte des mouvements de l'un et de l'autre et qui, du coup, au lieu de se développer en moyen de connaissance, se fige en système de représentation.
Et je comprends mieux l'incroyable fortune du mythe des « machines célibataires » qui, sous des allusions modernistes et antilyriques, sans avoir la rigueur de Duchamp, continuent de camoufler ce qu'il faut bien appeler une carence de la pensée occidentale.
À l'opposé, seul, il y a Jarry avec la bouleversante proposition du Surmâle où, pour la première fois, l'homme et la femme paraissent aller également (et je me garde bien de dire ensemble) au-devant de leur énigme »
1990, postface à Alfred Jarry « Le Surmâle »[3]
En 1996, elle préface « Manifeste, l'avenir de la société industrielle » d'Unabomber.
« De l'éperdu » revient sur de grands auteurs littéraires comme autant de figures de la liberté.
« Du trop de réalité » (2001), rappelle la nécessité de l'utopie et du rêve, sans pour autant négliger une lucidité sans concession.
[modifier] Œuvres
- Poésie
- « Sur-le-champ », 1967, Éditions surréalistes, illustré par Toyen.
- « Les Mots font l'amour », 1970, Éric Losfeld, citations surréalistes.
- « Les Pâles et fiévreux après-midi des villes », 1972, éditions Maintenant.
- « La Traversée des Alpes », 1972, éditions Maintenant, avec Fabio de Sanctis et Radovan Ivsic.
- « Tout près les nomades », 1972, éditions Maintenant.
- « Les Écureuils de l'orage », 1974, éditions Maintenant.
- « Annulaire de lune », 1977, éditions Maintenant, illustré par Toyen.
- « Ombre pour ombre », recueil des ouvrages précédents, Gallimard, 2004.
- Essais
- « L'Humour noir », dans « Entretiens sur le surréalisme », 1968, Mouton.
- « Lâchez tout », 1977, Le Sagittaire.
- « Les Châteaux de la subversion », 1982, Jean-Jacques Pauvert et Garnier-Frères, Paris.
- « Le Sentiment de la nature à la fin du XXe siècle », 1982, éd. Atelier, avec des photographies de Petar Dabac.
- « A distance », 1984, Jean-Jacques Pauvert aux éd. Carrère, Paris.
- « Soudain un bloc d'abîme, Sade », 1986, Jean-Jacques Pauvert, Paris.
- « Appel d'air », 1988, Plon, Paris, réflexion sur la poésie.
- « Sade, aller et détours », 1989, Plon, Paris.
- « Vagit-prop, Lâchez tout et autres textes », 1990, éd. Ramsay/Jean-Jacques Pauvert, Paris.
- « Comme c'est petit un éléphant », 1990, éd. Ramsay/Jean-Jacques Pauvert, Paris, postface au « Surmâle » d'Alfred Jarry.
- « Qui vive. Considérations actuelles sur l'inactualité du surréalisme », 1990, Ramsay/Jean-Jacques Pauvert, Paris.
- « Perspective dépravée », 1991, La Lettre volée, Bruxelles.
- « Surréalisme et subversion poétique », 1991, University Lecture Series, Stanford.
- « Les Assassins et leurs miroirs. Réflexion à propos de la catastrophe yougoslave », 1993, Jean-Jacques Pauvert / éd. Terrain Vague, Paris.
- « Pour Aimé Césaire », 1994, Jean-Michel Place, Paris.
- « Vingt Mille Lieues sous les mots, Raymond Roussel », 1994, Jean-Jacques Pauvert, Paris.
- « De l'inanité de la littérature », 1994, Les Belles Lettres, Paris, recueil de textes critiques.
- « Statue cou coupé », 1996, Jean-Michel Place, Paris, dans le débat à propos de négritude et créolité.
- « Jean Benoît », 1996, Filippachi, Paris, monographie
- « De l'éperdu », 2000, Stock.
- « Du trop de réalité », 2000, Stock.
- « On n'enchaîne pas les volcans », 2006, Gallimard.
- Anthologie
- Vincent Gille (éd.) « Si vous aimez l'amour... Anthologie amoureuse du surréalisme », 2001, Syllepse.
[modifier] Bibliographie
- Georgiana Colvile « Scandaleusement d'elles. Trente quatre femmes surréalistes », Jean-Michel Place, Paris, 1999, pages 165 à 171, (ISBN 2858934967)[4]
[modifier] Liens externes
[modifier] Notes et références
- ↑ Colvile, op. cité, p. 166
- ↑ Colvile, op. cité, p. 169
- ↑ Colvile, op. cité, p. 170
- ↑ Avec un portrait réalisé par le photographe Radovan Ivsic

