Auguste Comte

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Auguste Comte

Philosophe français

XIXe siècle

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Lithographie de Comte par Tony Touillon.

Naissance
(Montpellier)
Décès (à 59 ans)
(Paris)
Nationalité française
École/tradition positivisme
Principaux intérêts histoire des sciences, épistémologie, mathématiques, physique, biologie, philosophie politique, sociologie
Idées remarquables Loi des trois états, sociologie
Œuvres principales Cours de philosophie positive ; Synthèse subjective ; Catéchisme positiviste
Influencé par Bacon, Descartes, Condorcet, Saint-Simon, Bichat
A influencé Littré, Michel Bakounine, Le Play, Mill, Proudhon, Bernard, Ferry, Durkheim, Lévy-Bruhl, Duhem, Alain, Maurras, Brunschvicg, Gilson, Bachelard, Canguilhem

Auguste Comte (Isidore Marie Auguste François Xavier Comte), né le (30 nivôse An VI) à Montpellier (Hérault) et mort le à Paris, est un philosophe français.

Il est le fondateur du positivisme, et est considéré comme un des précurseurs de la sociologie.

Il est l'auteur de la célèbre loi des trois états, selon laquelle l'esprit humain passe successivement par « l'âge théologique », par « l'âge métaphysique », pour aboutir enfin à « l'âge positif » admettant que la seule vérité accessible l'est par les sciences.

Les sciences qualifiées de « positives » (aujourd'hui appelées « exactes » ou « dures »), comme les mathématiques ou la physique, vont permettre de réaliser une triple tâche :

« Éliminer les spéculations métaphysiques abstraites, établir les critères de la rationalité des savoirs, et comprendre les lois de l'organisation sociale. »

Son influence sur l'épistémologie française est considérable.

Il fut le secrétaire particulier, puis le disciple du comte de Saint-Simon, lui-même fondateur du mouvement saint-simonien.

Après sa rencontre en 1844 avec Clotilde de Vaux et la mort de celle-ci en 1846, Auguste Comte fonde la « religion de l'humanité », sorte de religion sans Dieu où la déesse de l’Humanité est constituée de « l’ensemble des êtres passés, futurs et présents qui concourent librement à perfectionner l’ordre universel »[N 1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Auguste Comte étudie au lycée de Montpellier. Il perd la foi à l'âge de 14 ans. Il est reçu à 16 ans à l'École polytechnique, dans les premiers, en 1814. Il est surnommé Sganarelle par les élèves de sa promotion, ou le philosophe. Il complète sa formation par la lecture des œuvres de David Hume, Condorcet, Joseph de Maistre, Bonald, Bichat, et Gall. Durant ces années, il s'illustre aussi par sa passion pour le jeu de dames[réf. nécessaire].

À la Restauration, en avril 1816, toute sa promotion est congédiée pour manque de discipline par le comte de Vaublanc. Il trouve en 1817 un poste de secrétaire auprès de Saint-Simon (Claude-Henri de Rouvroy, comte de Saint-Simon, à ne pas confondre avec le duc de Saint-Simon auteur des mémoires de la cour de Louis XIV), avec qui il collabore sur différents ouvrages jusqu'à une rupture orageuse en 1824.

Il fait la connaissance en 1825 de Caroline Massin, dont il dira dans « l'addition secrète » de son testament qu'elle était alors une ancienne prostituée qu'il voulait sortir de sa condition en lui donnant des cours de mathématiques. Un mariage civil est d'abord célébré, puis un mariage religieux à la suite des instances de la mère de Comte.

Il rencontre Félicité Robert de Lamennais. Il assiste à l'enterrement de Saint-Simon et participe vers fin 1825 - début 1826 aux réflexions sur la nécessité d'une nouvelle doctrine générale.

C'est ainsi qu'il commence en 1826 son « cours de philosophie positive », mais doit l'interrompre rapidement du fait d'une grave dépression, qu'il qualifie d'« épisode cérébral » et qui a peut-être un rapport avec la conduite de sa femme. Il erre pendant dix jours à Montmorency d'où il écrit une note à M. de Blainville. Il fait un séjour de huit mois à l'hôpital d'Esquirol, dont il sort avec la mention « NG » (non guéri) [1], puis tente de se suicider. Il publie entre 1830 et 1842 les quatre volumes composant son Cours de philosophie positive. La légende affirme qu'il produit ses ouvrages de tête, sans notes ni lectures extérieures, et qu'une fois sa réflexion achevée, il rédige au fil de la plume et envoie ses travaux à l'impression.

En dépit de ses opinions républicaines, et malgré l'échec à l'obtention d'un professorat à Polytechnique, il est finalement nommé dans cette école comme répétiteur d'analyse et de mécanique (1832), puis comme examinateur d'entrée (1836). Séparé de sa femme en 1842, il rencontre en 1844 Clotilde de Vaux, sœur de l'un de ses plus célèbres élèves, Maximilien-Marie de Ficquelmont. Éperdument amoureux de la jeune femme, il commence une relation passionnée et platonique, mais Clotilde meurt l'année suivante, le 5 avril, de la tuberculose.

Sa pensée évolue vers une forme de religiosité : pour faire son deuil, il s'impose la solitude et développe une « religion » de l'humanité. Alors qu'il perd peu à peu ses postes, il fonde en 1848 la Société positiviste. Au niveau politique, il s'enthousiasme pour la Révolution de 1848, s'intéresse à la question du prolétariat et tente, sans succès, de rallier le monde ouvrier à ses convictions. Il s'intéresse aussi à la fonction de l'État, et fait en sorte que le Collège de France crée une chaire d'Histoire générale des sciences positives. Après avoir été très critique vis-à-vis du prince Louis-Napoléon, il est partisan du coup d'État de 1851, ce qui provoque le trouble chez ses disciples, qui prennent, tel Littré, leurs distances à son égard.

En 1852, il perd son poste de répétiteur de mathématiques à l’École polytechnique. La solitude ne l'empêche pas de se tenir au courant des affaires du monde et d'entretenir une correspondance importante : 3 000 lettres envoyées et 6 000 reçues. Institué « grand-prêtre de l'humanité », il publie le Système de politique positive entre 1851 et 1854, un Catéchisme positiviste en 1852, ainsi que la Synthèse subjective en 1856. Il fonde la Revue occidentale. La philosophie positive est traduite en anglais en 1856.

Ami personnel de John Stuart Mill, il a vécu de ce que celui-ci lui a versé avant qu'ils ne se brouillent. Il meurt le 5 septembre 1857. Inhumé au cimetière du Père-Lachaise, une statue représentant l'humanité est érigée en 1983 derrière sa tombe.

Auguste Comte a eu un enfant d'une première femme, qu'il n'a pas élevé. Une fois arrivé à Paris, il n'a pas quitté certains quartiers de la capitale et n'a pas voyagé en Europe, à l'inverse de bien d'autres penseurs.

Une statue d'Auguste Comte a été inaugurée en 1902 place de la Sorbonne, sous la présidence du général André, en présence de membres de la société positiviste. Claude Allègre fit déplacer la statue et la fit pivoter de 90 °, de sorte qu'elle « tourne presque le dos à la Sorbonne ».

Doctrine : le positivisme[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Positivisme.

Idées générales[modifier | modifier le code]

Tête d'Auguste Comte

Dans son livre Auguste Comte et le positivisme, John Stuart Mill résume la doctrine positiviste de Comte d'une manière à la fois claire et synthétique :

« La doctrine fondamentale d'une philosophie véritable, d'après M. Comte, aussi bien que le caractère par lequel il définit la Philosophie Positive, se peuvent résumer de la façon suivante : Nous ne connaissons rien que des phénomènes ; et la connaissance que nous avons des phénomènes est relative, et non pas absolue. Nous ne connaissons ni l'essence, ni le mode réel de production, d'aucun fait : nous ne connaissons que les rapports de succession ou de similitude des faits les uns avec les autres. Ces rapports sont constants, c'est-à-dire toujours les mêmes dans les mêmes circonstances. Les ressemblances constantes qui lient les phénomènes entre eux, et les successions constantes qui les unissent ensemble à titre d’antécédents et de conséquents, sont ce qu'on appelle leurs lois. Les lois des phénomènes sont tout ce que nous savons d'eux. Leur nature essentielle et leurs causes ultimes, soit efficientes, soit finales, nous sont inconnues et restent, pour nous, impénétrables[2]

Comme Mill l'indique par la suite, « M. Comte ne revendique aucune originalité pour cette conception du savoir humain. Il confesse qu'elle a été presque mise en pratique, depuis les temps plus éloignés, par tous ceux qui ont apporté à la science quelque contribution véritable, et qu'elle s'est présentée d'une façon distincte aux esprits spéculatifs depuis Bacon, Descartes et Galilée, qu'il regarde comme étant collectivement les fondateurs de la Philosophie Positive. »

On peut noter que le terme même de positivisme n'est nullement l'invention de Comte. Ainsi, on parlait déjà de sciences positives à la fin du XVIIIe siècle. Saint-Simon employait déjà le terme de positivisme ; Auguste Comte, qui fut son secrétaire pendant six ans, l'a étendu à la philosophie.

Si les fondements de la philosophie positive ne sont donc nullement une découverte d'Auguste Comte (ce qu'il n'a jamais nié), il a apporté à cette doctrine un nouveau tour en montrant ce qu'elle n'était pas. John Stuart Mill confirme cette idée :

« Pour connaître convenablement ce qu'une chose est, nous avons besoin de connaître avec une égale netteté ce qu'elle n'est pas. Pour pénétrer le caractère réel d'un mode de penser, il nous faut comprendre quels sont les autres modes de penser qui rivalisent avec lui. M. Comte a pris garde que nous fassions ainsi. Les modes de philosopher qui, selon lui, disputent l'empire au mode Positif, sont au nombre de deux, et tous les deux antérieurs en date à ce dernier : ce sont le mode Théologique et le mode Métaphysique. »

Ces deux courants de pensée, s'ils ont de nombreuses différences, ont pour point commun d'affirmer qu'il existe des idées innées ou a priori et que donc, au contraire de la philosophie positive, toutes nos connaissances ne peuvent s'expliquer uniquement par l'observation et l'expérience.

En plus d'affirmer l'existence de ces trois grands modes de pensée, Comte propose une loi concernant l'évolution de chaque grande classe des connaissances humaines : celles-ci passent par trois états, de l'état théologique vers l'état métaphysique, puis vers l'état positif ; l'état métaphysique, s'il n'en est pas moins nécessaire, n'étant qu'une étape de transition entre les deux autres modes.

De cela, Comte déduit que le mode de pensée positif est « destiné à prévaloir finalement par l'effet de la conviction où l'on arrivera universellement que tous les phénomènes, sans exception, sont gouvernés par des lois invariables, avec lesquelles aucune volonté naturelle ou surnaturelle n'entre en lutte. » Ce stade de développement de l'humanité une fois atteint, les deux concepts historiquement antinomiques d'ordre et de progrès seront rendus compatibles.

Pour certains, la position de Comte révèle toutefois certaines ambiguïtés lorsqu'il se réclame de Kant et de Leibniz pour affirmer qu'il existe chez l'homme des « dispositions mentales » spontanées et fait référence à un bon sens ou à une « raison commune spontanée » chez l'homme.

La philosophie d'Auguste Comte peut se décomposer en deux phases qui correspondent aussi à chaque femme qu'il a connue.

La première phase, qui se déroule de 1830 à 1842, correspond à ce que l'on appelle le positivisme scientifique ou positivisme philosophique. Dès cette époque, Comte commence à s'intéresser aux principes d'organisation sociale, en créant le terme de « sociologie »[3] en 1839.

La deuxième phase, qui se déroule de 1846 à 1857, correspond à ce que l'on appelle quelquefois le positivisme religieux, en raison des applications politiques que Comte tire de sa doctrine : sacerdoce et prêtrise positivistes, culte de la science et de l'humanité, calendrier avec les noms des grands savants, organisation de la société par et pour la science[4]. On fait également référence à cette période comme celle de la méthode subjective.

On peut noter que de nombreux disciples et/ou admirateurs de la philosophie d'Auguste Comte ont rejeté dans les grands traits la deuxième partie de son travail. Ainsi, pour Émile Littré, elle est incohérente avec la méthode de la philosophie positive :

« M. Comte, à un moment donné, pensant et assurant qu’il ne faisait que développer la philosophie positive, changea de méthode. (...) Force a donc été de discuter la légitimité [du changement de méthode] (...) [I]l fut impossible de trouver cette nécessité que M. Comte avait affirmée; les deux méthodes se montrèrent comme deux doctrines distinctes, ayant des points de départ différents et inconciliables. Le procédé de discussion a été très-simple; il consiste à prendre le système de philosophie positive qui, pour M. Comte comme pour moi, fait loi en méthode et en principe, et à l’employer comme un instrument logique. Ce qui n’a pas résisté à cette épreuve a été, de soi, condamné.

(...) Je n’ai point eu à scinder l'œuvre de M. Comte, qui reste intacte et entière; je n’ai eu qu’à en retrancher des conséquences et des applications impropres.

Mais j’ai eu, et cela a été douloureux, à scinder M. Comte lui-même, c’est-à-dire à montrer que, quand il a voulu passer des principes posés dans le système de philosophie positive à l’application posée dans le système de politique positive, il n’a pas tenu d’une main sûre le fil qui devait le conduire. D’après ses propres dires, il a échangé la méthode objective pour la méthode subjective; or, dans la philosophie qu’il a fondée, il n’y a aucune place pour la méthode subjective, il n'y en a que pour la méthode déductive qui y remplace la méthode subjective des théologiens et des métaphysiciens. Mais la méthode déductive, d’après un solide principe dû à M. Comte lui-même, ne comporte que les moindres développements dans la science la plus compliquée. Donc, dans le système de politique positive, ce qui est subjectif est, comme subjectif, condamné par la méthode positive, et, comme déductif, condamné par un des principes de cette méthode. »

— Émile Littré, préface d’« Auguste Comte et la philosophie positive »

John Stuart Mill, dans la deuxième partie du livre qu'il lui consacre (intitulée « dernières spéculations d'Auguste Comte »), s'étonne du ridicule de certaines propositions et prescriptions, au point de parler d'une « dégénération intellectuelle » chez Comte. Il conclut d'ailleurs ainsi :

« II en est qui riront peut-être ; mais nous pleurerions plutôt devant cette triste décadence d'un grand esprit. M. Comte avait coutume de reprocher à ses premiers admirateurs anglais d'entretenir la conspiration du silence autour de ses dernières productions. Le lecteur peut maintenant juger si cette réserve n'est pas plus que suffisamment expliquée par un souci délicat de sa réputation et par une crainte consciencieuse de jeter un discrédit immérité sur les nobles spéculations de sa première carrière.

M. Comte était dans l'habitude de considérer Descartes et Leibnitz comme ses principaux précurseurs, et comme étant (parmi de nombreux penseurs d'une vaste capacité philosophique) les seuls grands philosophes des temps modernes. (...) M. Comte nous paraît aussi grand que ces philosophes, et à peine plus extravagant. S'il fallait exprimer toute notre pensée, nous dirions qu'il leur est supérieur, sinon intrinsèquement, du moins parce qu'il lui fut donné de déployer une égale puissance intellectuelle, à une époque où la culture de l'esprit humain était plus avancée, mais aussi dans un temps moins disposé à tolérer des absurdités palpables, et où celles qu'il a commises, sans être en soi plus grandes, semblent cependant plus ridicules. »

— John stuart Mill, Auguste Comte et le positivisme

Sources de sa pensée[modifier | modifier le code]

Auguste Comte a puisé ses références dans des philosophies du XVIIe siècle et du XVIIIe siècle, à l'exception de Roger Bacon qui est la seule source antérieure :

La psychanalyste Raquel Capurro note que les idées positivistes, en particulier la notion de Grand-Être associé à l'Humanité (avec une majuscule), déjà en germe avant Auguste Comte, puisent leurs racines dans le Culte de la Raison et dans le culte de l'Être suprême, qui eurent lieu pendant les phases extrêmes de la Révolution française.

Le positivisme scientifique[modifier | modifier le code]

Les principes du positivisme scientifique ou positivisme philosophique, sont décrits dans le Cours de philosophie positive, publié de 1830 à 1842. Auguste Comte y expose une théorie dite loi des trois états.

Article détaillé : Loi des trois états.

La loi des trois états[modifier | modifier le code]

Pour Auguste Comte, le positivisme est lié à l'émergence de l'âge de la science caractéristique de « l'état positif » qui succède, dans la loi des trois états, à « l'état théologique » et à « l'état métaphysique ».

L’état théologique[modifier | modifier le code]

Appelé aussi âge théologique ou « fictif », il correspond à celui de l'âge de l'enfance de l'humanité ; dans lequel l'esprit recherche la cause des phénomènes soit en attribuant aux objets des intentions (cf. fétichisme), soit en supposant l'existence d'êtres surnaturels (religion polythéiste) ou d'un seul Dieu (monothéisme). C'est donc le début de l'exercice de la pensée. L'enfant prend conscience de son propre pouvoir ; il croit alors à un pouvoir magique. Cette notion est amplifiée par l'apparition de la parole, l'enfant joue avec le langage (mensonges, ...). Il y a aussi une forte croyance aux choses : le fétichisme se traduit par la religion des forces de la nature. Toute la nature est une divinité ; c'est l'animisme. Peu à peu, les esprits deviennent des hommes et la religion de la nature se transforme en religion politique.

L'état métaphysique[modifier | modifier le code]

Appelé aussi âge métaphysique ou « abstrait », il correspond à celui de l'adolescence de la pensée ; dans lequel les agents surnaturels sont remplacés par les forces abstraites :

Cette époque est un progrès par rapport à la pensée anthropomorphique antérieure. Mais la pensée reste prisonnière de concepts philosophiques abstraits et universels. On rapporte la réalité à des principes premiers. C'est la « Méthode du philosophe », écrit Auguste Comte.

Comme l'explique John Stuart Mill dans son livre sur Auguste Comte[5], « le signe diagnostique universel du mode métaphysique de penser, dans le sens Comtien du mot » correspond à « celui d'ériger une pure création de l'esprit en règle, ou norma de la vérité externe, et de donner l'expression abstraite des croyances déjà adoptées, pour la raison et la preuve qui les justifient. » Le raisonnement des médecins dans le malade imaginaire de Molière expliquant que « les vertus dormitives » dans l'opium seraient la cause du sommeil en est un exemple célèbre : un mot (ou une expression) que l'on associe à un phénomène est donné comme son explication, sa justification.

L’état positif[modifier | modifier le code]

Appelé aussi âge positif, il est décrit comme « l'état viril de notre intelligence ». L'esprit positif rejette la recherche du « pourquoi ultime » des choses pour considérer les faits, « leurs lois effectives, c’est-à-dire leurs relations invariables de succession et de similitude » (Cours, I). Le recours aux faits, à l'expérimentation, à l'épreuve de la réalité, est ce qui permet de sortir des discours spéculatifs. C'est le premier principe du positivisme. Alors que l'esprit métaphysique recourt à des concepts éternels et universels, qu'il ne soumet pas à la réalité, l'esprit positif confronte les hypothèses au monde réel.

La classification des sciences[modifier | modifier le code]

Partant du fait que « les phénomènes observables peuvent être classés dans un très-petit nombre de catégories naturelles » correspondant aux différentes sciences, Auguste Comte en a proposé une classification rationnelle à partir d'une comparaison de ces différents phénomènes. En effet, pour lui, il existe entre eux une dépendance :

« Tous les phénomènes observables peuvent être (...) disposés de telle manière que l'étude de chaque catégorie soit fondée sur la connaissance des lois principales de la catégorie précédente, et devienne le fondement de l’étude de la suivante. Cet ordre est déterminé par le degré de simplicité ou, ce qui revient au même, de généralité des phénomènes, d’où résulte leur dépendance successive et par suite la facilité plus ou moins grande de leur étude. »

— A. Comte, Cours de philosophie positive, deuxième leçon

Ainsi, Comte propose l'ordre suivant : les mathématiques, l'astronomie, la physique, la chimie, la biologie et enfin la sociologie; chaque science (ou chaque phénomène que cette science observe) dépendant des précédentes sans que celle-ci soit sous leur dépendance. Par exemple, les corps vivants sont, comme ceux inorganiques, soumis aux lois des mathématiques, de la physique et de la chimie, mais vont, de plus, se conformer aux lois de la biologie.

En suivant cette hiérarchie (au sens positif et non normatif), les sciences vont donc être classées du plus abstrait, général, simple, avancé et éloigné de l'homme au plus concret, général, reculé et « directement intéressant pour l’homme. »

Notons enfin qu'il reconnait pour différentes raisons (notamment l’existence de deux mode distincts d'exposition pour chaque sciences : dogmatique et historique) que « quelque naturelle qu'elle puisse être, [une classification rationnelle des sciences fondamentales] renfermera toujours quelque chose sinon d’arbitraire, du moins d’artificiel, qui la rendra imparfaite. » Mais, « de tels défauts ne peuvent invalider une classification qui remplit d’ailleurs les conditions principales. Ils tiennent à ce qu’il y a d'essentiellement artificiel dans notre division du travail intellectuel[6]. »

Le « positivisme religieux »[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Église positiviste.

Dans cette phase, Auguste Comte cherche à concilier les principes de la rationalité scientifique avec l'amour humain, qu'il a découvert par sa rencontre avec Clotilde de Vaux. Après la mort de Clotilde (1846), il lui voue un culte qu'il qualifie de fétichisme.

Comte fut en effet influencé à ce stade de sa pensée par les études de l'ethnologue Charles de Brosses sur le fétichisme des peuples dits primitifs. Il considéra que le fétichisme était plutôt une manifestation de la simplicité de ces peuples, par opposition à l'orgueil de l'occident. On ne peut donc pas considérer que Comte ait été à l'origine du racialisme, puisque ces doctrines furent développées ultérieurement.

Dans cette phase, Comte considère que sa vie privée concerne toute l'humanité. Il cherche à réorganiser son système philosophique antérieur et développe les principes d'organisation qui doivent, selon lui, fonder les sociétés humaines. « La religion constitue donc pour l'âme, un processus normal exactement comparable à celui de la santé envers le corps. » (in Systèmes de politique positive)

D'après Raymond Aron reprenant l'analyse d'Auguste Comte : « L'homme a besoin de religion parce qu'il a besoin d'aimer quelque chose qui le dépasse. Les sociétés ont besoin de religion parce qu'elles ont besoin d'un pouvoir spirituel, qui consacre et modère le pouvoir temporel et rappelle aux hommes que la hiérarchie des capacités n'est rien à côté de la hiérarchie des mérites. »

Comte est amené à définir une morale, qu'il fonde sur l'ordre, le progrès et l'altruisme. Il vise le bien de l'humanité définie comme Grand Être, et dont il est le "grand prêtre".

La théorie qu'il échafaude s'appuie sur une classification des sciences qu'il a lui-même érigée. Les nombres et la logique en constituent la base, la sociologie régissant l'ensemble.

Comte développe les principes de la sociologie dans son Système de politique positive, publié entre 1851 et 1854.

Pour lui, elle est l'intégration des acquis des autres sciences pour affronter l'objet le plus complexe qui soit : la « société humaine ».

La sociologie permet de connaître à la fois les lois d'organisation de la société (« statique sociale ») et celles de son évolution (« dynamique sociale »). Avec la sociologie, Auguste Comte cherche aussi à résoudre les problèmes sociaux par l'organisation sociale : « Savoir pour prévoir, prévoir pour pouvoir ».

Critique de la Révolution française[modifier | modifier le code]

Admirateur de Bonald et Maistre, se méfiant des avocats et juristes, métaphysiciens fauteurs de révolutions, Comte a durci les positions de Saint-Simon, dont il fut le secrétaire de 1817 à 1824. Théoricien du passage de la société aristocratique guerrière à la société industrielle moderne, Comte approuva la destruction de la féodalité et des distinctions liées à la naissance, mais il critiqua aussitôt la Révolution et les « divagations » de la « métaphysique » de 1789. Avec l'ambition de reconstruire une société à partir d'une politique fondée sur des suppositions abstraites et non sur une bonne organisation de l'économie basée sur une connaissance des faits sociaux[Quoi ?] et l'inégalité des compétences, la Révolution a selon lui érigé un ordre social hostile aux travailleurs en détruisant les associations protectrices traditionnelles.

Philosophe, considéré comme un des fondateurs de la sociologie envisagée comme une science globale, Auguste Comte souhaite restaurer l'ordre rompu par une Révolution contraire aux lois sociologiques et au progrès, de même qu'il soulignait que Napoléon allait au rebours de l'Histoire en cherchant à rétablir un ordre guerrier. Il s'opposa au parlementarisme, qu'il voyait comme un accident de l'histoire anglaise que les Constituants avaient voulu imposer à la suite d'une double erreur sur la nature des institutions représentatives et sur l'histoire de France[7]. Le nouvel ordre souhaité par Comte devait être le fruit d'un pouvoir spirituel rénové, gage de l'unité sociale, où l'administration des choses aurait remplacé le gouvernement des hommes.

Postérité[modifier | modifier le code]

Monument à Auguste Comte, Place de la Sorbonne à Paris
Article détaillé : Positivisme.

Le positivisme a exercé une influence très importante sur l'évolution des idées en France, mais aussi à l'étranger. Au XIXe siècle, en France, le Parti républicain s'est largement inspiré du Positivisme. Par contre au XXe siècle, le principal disciple de Comte est Charles Maurras, le théoricien et le chef de file du mouvement nationaliste français entre les deux guerres.
À première vue, il peut sembler surprenant que le positivisme ait été d'abord la doctrine de certains hommes de gauche pour devenir ensuite celle des hommes de l'extrême droite. Cela peut s'expliquer cependant selon l'historien Henri Denis[8] : “ Auguste Comte a été vénéré par les Républicains au XIXe siècle en tant qu'il fait l'apologie de la Science et l'oppose à la Religion. Mais au XXe siècle., ce sont surtout ses idées sociales qui sont utilisées par l'extrême droite

Appréciations du positivisme[modifier | modifier le code]

« Ce que rêvait Comte, c'était en effet une véritable organisation, comme la comprennent les partisans de l'autorité ; les croyances du public en matière de science et, plus encore, le travail de recherche des savants eux-mêmes, devaient être strictement réglés et surveillés par un corps constitué, composé d'hommes jugés compétents et armés de toutes les rigueurs du bras séculier. Cette réglementation devait, bien entendu, comme c'est le cas, partout et toujours, de toute réglementation, consister principalement en interdictions, et Comte a tracé d'avance le programme de quelques-unes d'entre ces dernières. Défense de se livrer à des investigations autres que « positives », c'est-à-dire ayant pour objet la recherche d'une loi ; défense de toute tentative visant à pénétrer des problèmes que l'homme, manifestement, n'avait aucun intérêt à connaître et qui, d'ailleurs, pour cette raison même, devaient rester entièrement impénétrables à son esprit, tels que, par exemple, la constitution chimique des astres […]. »[9]
  • Henri de Lubac, dans Le Drame de l'humanisme athée (1944), a consacré une section à Auguste Comte et sa loi des trois états.

« On a fait remarquer […] qu’en réalité ce que Comte a pris pour trois états successifs, ce sont bien plutôt “trois modes coexistants de la pensée”, correspondant à trois aspects des choses ; que le progrès consiste à distinguer de mieux en mieux ces trois aspects, perçus d'abord dans une sorte d'unité chaotique ; si donc il est vrai de dire que la physique (entendant par ce mot toute science) a commencé par être théologique, il serait tout aussi vrai de dire que la théologie a commencé par être physique, et la loi de l'évolution ne tend pas plus à évacuer la théologie que la science, mais à les “purifier” l'une et l'autre en les différenciant. »

Henri de Lubac fait ici référence à Robert Flint, La philosophie de l'Histoire en France et en Allemagne (1894, tr. Carran, 1878). L'état théologique serait donc l'état de confusion primitive où se trouvent une science et une religion également dans l'enfance.

  • John Stuart Mill qui a consacré un livre à Auguste Comte ( “Auguste Comte et le positivisme”) pense que les objections de ce genre sont « fondées sur une compréhension imparfaite ou plutôt sur un simple premier coup d'œil » :

« Quelques-uns (...) regardent la doctrine des trois phases successives de spéculation et de croyance comme incompatible avec ce fait qu'elles ont été toutes les trois contemporaines : c'est absolument comme si la succession naturelle de l'état cynégétique, de l'état nomade et de l'état agricole, pouvait être réfutée par le fait qu'il y a encore des chasseurs et des nomades. Que les trois phases aient été contemporaines, qu'elles aient commencé avant l'histoire authentique et qu'elles coexistent encore, c'est ce qu'établit expressément M. Comte; ainsi que ce fait que l’avènement des deux derniers modes de penser fut la cause même qui désorganisa et continue à détruire graduellement le mode primitif. L'explication théologique des phénomènes fut jadis universelle, à l'exception, sans doute, des faits familiers qui, comme on vit dès lors même qu'ils étaient sous l'empire de la volonté humaine, relevaient déjà du mode Positif de penser. (...) A une période plus avancée, quand on en vint à comprendre à un certain degré le caractère véritable des lois positives de la nature, et que l'idée théologique eût revêtu, chez les esprits scientifiques, son caractère final, à savoir celui d'un Dieu gouvernant au moyen de lois générales, l'esprit Positif, n'ayant désormais plus besoin de l'entremise fictive d'entités imaginaires, entreprit la tâche facile de détruire l'instrument de sa propre apparition. Mais, bien qu'il ait renversé la véritable croyance à la réalité objective de ces abstractions, cette croyance a laissé derrière elle dans l'esprit humain des tendances vicieuses qui sont encore bien loin d'être effacées, et que nous aurons bientôt occasion de caractériser. »

— Auguste Comte et le positivisme, Émile Littré[10]

  • Ces vues ont été reprises par Jacques Maritain, qui a distingué l'état « nocturne » et l'état « solaire » de la science et de la religion (« Signe et symbole », Revue thomiste, 1938).
  • André Comte-Sponville adopte un point de vue très différent de celui d'Auguste Comte : au lieu d'« états » qui se succèdent dans le temps, il décrit des « ordres » qui se superposent dans le réel (ordre technico-économique, ordre politico-juridique, ordre de la morale, et ordre éthique)[11].

Premières influences : médecine[modifier | modifier le code]

C'est par les milieux médicaux de la société positiviste (docteur Robinet, Pierre Laffitte (philosophe)) que la pensée d'Auguste Comte s'est tout d'abord développée et a contribué à l'émergence d'une médecine positive. La pensée de Comte s'est d'ailleurs transmise à l'Amérique latine par des médecins qui avaient fait leurs études à Paris.

Puis les idées d'Auguste Comte se sont répandues très largement en France dès la deuxième moitié du XIXe siècle, via ses deux principales œuvres :

D'autres ouvrages comme le « catéchisme » positiviste ou la synthèse subjective ont également diffusé cette doctrine, notamment auprès de Charles Maurras.

Principaux domaines influencés[modifier | modifier le code]

Extension géographique[modifier | modifier le code]

L'influence s'est fait sentir d'abord dans une partie de l'Europe : Angleterre, Portugal, puis s'est étendue à d'autres pays et d'autres continents : les États-Unis, la Russie, le Brésil, le Mexique, la Turquie, le Chili etc.

Dans le monde anglo-saxon, le positivisme s'est manifesté par certaines formes d'altruisme, qui à travers John Stuart Mill rejoignent les théories utilitaristes de Jeremy Bentham. Herbert Spencer a aussi subi l'influence positiviste. Les États-Unis ont été influencés à travers le positivisme anglais.

En Amérique latine, Raquel Capurro note que ce sont des médecins qui ont apporté le positivisme à travers les mouvements révolutionnaires qui se sont produits sur ce continent. Il a pris une forme scientifique ou "religieuse" selon les cas, parfois aussi politique.

Évolutions dans la recherche épistémologique[modifier | modifier le code]

Auguste Comte croit que l'ensemble des phénomènes observables sont soumis à des lois causales immuables dans le temps et l'espace et que le but de la science est de rechercher ces lois (ce qui correspond au travail d'analyse). Lorsque cela est possible, elle a également pour but de réduire le nombre de ces lois en cherchant des identités de cause, des similitudes de formes, etc. (ce qui s'appelle la synthèse et dont le meilleur exemple est la théorie de la gravitation par laquelle Newton a montré que la pesanteur sur terre et le mouvement des astres avaient une unique cause). La citation suivante résume cette position :

« Le caractère fondamental de la philosophie positive est de regarder tous les phénomènes comme assujettis à des lois naturelles invariables, dont la découverte précise et la réduction au moindre nombre possible sont le but de tous nos efforts, en considérant comme absolument inaccessible et vide de sens la recherche de ce qu'on appelle les causes soit premières, soit finales. »

— Extrait du Cours de philosophie positive, 1830-1842, volume I, 16

On peut noter que la plupart des scientifiques de premier plan d'hier et d'aujourd'hui (et pas nécessairement adeptes du positivisme comtien) s'accordent sur ce postulat que l'ensemble des lois de l'univers sont soumis à des lois invariables. Par exemple, le paléontologue Stephen Jay Gould, lorsqu'il présente la théorie uniformitariste du géologue Charles Lyell avance qu'elle s'appuie notamment sur ce même principe :

« Les lois naturelles sont immuables dans le temps et dans l’espace. Comme l’a montré John Stuart Mill, ce principe n’est pas relatif à une description du monde ; il s’agit d’une affirmation a priori que les scientifiques doivent poser s’ils veulent analyser le passé. Si le passé n’est pas stable, si Dieu peut violer à volonté les lois de la nature, la connaissance scientifique est impossible. C’était également l’avis d’Agassiz et des catastrophistes ; eux aussi cherchaient à expliquer les cataclysmes par des causes naturelles et ils soutinrent Lyell dans sa défense de la science contre l’intrusion de la théologie. »

— Stephen Jay Gould, Darwin et les grandes énigmes de la vie, chapitre 18, Uniformité et catastrophe

On a vu qu'Henri de Lubac considère que la loi des trois états correspond non à des successions d'états dans l'Histoire, mais à trois aspects des choses. On a vu aussi les quatre ordres que distingue André Comte-Sponville.

René Rémond parle de positivisme à travers certaines formes d'esthétique.

En fait, les recherches épistémologiques du XXe siècle ont montré que les postulats positivistes sont erronés. Auguste Comte a propagé une représentation du monde héliocentrique. Cette vision mécaniste a été popularisée au XIXe siècle par les romans de Jules Verne. Elle ne correspond pas du tout à la vision contemporaine de l'univers que donne aujourd'hui l'astrophysique contemporaine.

Henri Poincaré, l'un des précurseurs de la théorie de la relativité, a donné une vision actualisée de la science dans La Valeur de la Science (1905).

Citations[modifier | modifier le code]

  • « L'humanité se compose de plus de morts que de vivants. »
  • « Science d’où prévoyance ; prévoyance d’où action. »
  • « Savoir pour prévoir afin de pouvoir. »
  • « Ordre et Progrès » qui a donné la devise nationale du Brésil : Ordem e Progresso.
  • « Nous n'avons pas besoin de savoir ce que nous n'avons nul besoin de connaître. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Il existe une chapelle de l'humanité dans le quartier du Marais à Paris, ainsi que des temples positivistes au Brésil.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Raquel Capurro, Le positivisme est un culte des morts, page 34.
  2. John Stuart Mill, Le positivisme, p. 6.
  3. Sieyès avait toutefois utilisé le mot dans un manuscrit vers 1780 (voir Sieyès et le non-dit de la sociologie : du mot à la chose, par Jacques Guilhaumou).
  4. Cf. le Catéchisme positiviste. Francis Bacon avait lui aussi imaginé une utopie pour la science en son temps (La Nouvelle Atlantide).
  5. Auguste Comte et le positivisme http://books.google.com/books?id=ChYUAAAAQAAJ&printsec=frontcover&dq=mill+comte+clemenceau&client=firefox-a#v=onepage&q=&f=false
  6. Cours de philosophie positive, deuxième leçon
  7. Sous la direction de Jean-Clément Martin, Dictionnaire de la Contre-Révolution, Yves Fauchois, « Action française - Canada », éd. Perrin, 2011, p. 194.
  8. Henir Denis, Histoire de la pensée économique, Paris Thémis 1966
  9. Émile Meyerson, La Déduction relativiste, § 253, Payot, paris, 1925
  10. http://books.google.com/books?pg=PA30&dq=mill+comte+clemenceau&client=firefox-a&id=ChYUAAAAQAAJ&hl=fr#v=onepage&q=mill%20comte%20clemenceau&f=false
  11. André Comte Sponville, Le capitalisme est-il moral ?, Albin Michel

Bibliographie disponible[modifier | modifier le code]

  • Philosophie des sciences, éd. Gallimard, Tel, 1997 (recueil de textes d'A. Comte).
  • Cours de philosophie positive tome 1, éd. Hermann, 1998.
  • Leçons sur la sociologie: Cours de philosophie positive: leçons 47 à 51, éd. GF-Flammarion, 1999.
  • Discours sur l'ensemble du positivisme, 1848, éd. GF-Flammarion, 1999 (sur la politique et la société).
  • Système de politique positive, éd. Vrin, 2000.
  • Cours de philosophie positive, quatre tomes, éd. BookSurge Publishing, 2001.
  • Synthèse subjective ou système universel[1], éd. Fayard, 2000.
  • Discours sur l'esprit positif: Ordre et progrès, éd. Vrin, 2002.
  • Science et politique : Les conclusions générales des cours de philosophie positive, éd. Pocket, 2003.
  • Premiers cours de philosophie positive : Préliminaires généraux et philosophie mathématique, éd. PUF, 2007.
  • Catéchisme positiviste, 1852, éd. Sandre, 2009.
  • Auguste Comte: Correspondance générale et confessions, publ.par Paulo E. de Berrêdo Carneiro, Pierre Arnaud, Paul Arbousse-Bastide, et Angèle Kremer-Marietti. 8 vols. Paris: École des Hautes Études en Sciences Sociales, 1973-90.
  • Correspondance de John Stuart Mill et d'Auguste Comte, publiée par Lucien Lévy-Bruhl, L'Harmattan, 2007 ;
  • The Correspondence of John Stuart Mill and Auguste Comte. Edited and translated by Oscar Haac, with an Inroduction (1-32) by Angèle Kremer-Marietti. New Brunswick: Transaction Publishers 1995 ;
  • Du pouvoir spirituel, Le livre de poche, 1978

Bibliographie critique[modifier | modifier le code]

  • Auguste Comte e la cultura francese dell’Ottocento. In ricordo di Mirella Larizza (“Quaderni di Acme”, 66), a cura di Marco Geuna, Milano, Cisalpino, 2004.
  • Zeïneb Ben Saïd Cherni, Auguste Comte, postérité épistémologique et ralliement des nations, L'Harmattan, 2005 ;
  • Michel Bourdeau et François Chazel (dir.), Auguste Comte et l'idée de science de l'homme, L'Harmattan, 2002 ;
  • Michel Bourdeau (dir.), Jean-François Braunstein (dir.), Annie Petit (dir.), Auguste Comte aujourd'hui, Kimé, 2003 ;
  • Augustin Cabanès, Auguste Comte, in Grands névropathes, tome 2, Albin Michel, 1931, p. 160-182 ;
  • Georges Canguilhem, « Histoire des religions et histoire des sciences dans la théorie du fétichisme chez Auguste Comte », Études d'histoire et de philosophie des sciences, Vrin, 1968 ;
  • Raquel Capurro, Le positivisme est un culte des morts : Auguste Comte, Epel, 1999 (traduction française, 2001) ;
  • G. Chabert, Un nouveau pouvoir spirituel. Auguste Comte et la religion scientifique, Presses Universitaires de Caen, 2004 ;
  • Collectif, Auguste Comte et la religion positiviste, Revue des Sciences Philosophiques et Théologiques, Vrin, 2003 ;
  • Jean Delvolvé, Réflexions sur la pensée comtienne, Félix Alcan, 1932 ;
  • Georges Dumas, Auguste Comte. Thèse latine, critique. Alcan, 1900 ;
  • Georges Dumas, Psychologie de Deux Messies Positivistes : Auguste Comte et Saint-Simon. Alcan, 1905, Paris ;
  • Georges Dumas, L’état mental d’Auguste Comte. (3 articles) Revue philosophique, 1897 ;
  • Georges Dumas, La philosophie d’Auguste Comte. Revue philosophique, 1900.
  • Walter Dussauze, Essai sur la religion d'après Auguste Comte, Préface d'Angèle Kremer-Marietti, L'Harmattan, 2007 ;
  • Laurent Fedi, Comte, Les Belles Lettres, 2000, réédition 2005 ;
  • Laurent Fedi, L’organicisme de Comte, in Auguste Comte aujourd’hui, M. Bourdeau, J.-F. Braunstein, A. Petit (dir), Kimé, 2003, p. 111-132 ;
  • Laurent Fedi, Auguste Comte, la disjonction de l’idéologie et de l’État, Cahiers philosophiques, no 94, 2003, p. 99-110 ;
  • Laurent Fedi, Le monde clos contre l’univers infini : Auguste Comte et les enjeux humains de l’astronomie, La Mazarine, no 13, juin 2000, p. 12-15 ;
  • Laurent Fedi, La contestation du miracle grec chez Auguste Comte, in L’Antiquité grecque au XIXe siècle : un exemplum contesté ?, C. Avlami (dir.), L’Harmattan, 2000, p. 157-192 ;
  • Laurent Fedi, Auguste Comte et la technique, Revue d’histoire des sciences 53/2, 1999, p. 265-293 ;
  • Étienne Gilson, Les Métamorphoses de la cité de Dieu, 1952, éd. Vrin, 2005 (voir la partie sur A. Comte) ;
  • Henri Gouhier, La vie d'Auguste Comte, Gallimard, 1931 ;
  • Henri Gouhier, La jeunesse d'Auguste Comte et la formation du positivisme, tome 1 : sous le signe de la liberté, Vrin, 1932 ;
  • Henri Gouhier, La jeunesse d'Auguste Comte et la formation du positivisme, tome 2 : Saint-Simon jusqu'à la restauration, Vrin ;
  • Henri Gouhier, La jeunesse d'Auguste Comte et la formation du positivisme, tome 3 : Auguste Comte et Saint-Simon, Vrin, 1941 ;
  • Henri Gouhier, Œuvres choisies avec introduction et notes, Aubier, 1941 ;
  • Juliette Grange, La Philosophie d'Auguste Comte, PUF, 1996 ;
  • Juliette Grange, Politique de la science. Auguste Comte, Odile Jacob, 2000 ;
  • Bernard Jolibert, Auguste Comte. L'éducation positive, L'Harmattan, 2004 ;
  • Bruno Karsenti, Politique de l'esprit : Auguste Comte et la naissance de la science sociale, Hermann, 2006 ;
  • Angèle Kremer-Marietti, Auguste Comte et la théorie sociale du positivisme, Seghers, 1970 ;
  • Angèle Kremer-Marietti, Auguste Comte La science sociale, Gallimard, 1972 ;
  • Angèle Kremer-Marietti, Le Projet anthropologique d'Auguste Comte, SEDES, 1980, réédition L'Harmattan, 1999 ;
  • Angèle Kremer-Marietti, L’Anthropologie positiviste d'Auguste Comte, Lib. Honoré Champion, 1980 ;
  • Angèle Kremer-Marietti, Entre le signe et l'histoire. L'anthropologie positiviste d'Auguste Comte, Klincksieck, 1982, réédition L'Harmattan, 1999 ;
  • Angèle Kremer-Marietti, Le Positivisme, Coll."Que sais-je ?", PUF, 1982 ; réédition : Le positivisme d'Auguste Comte, L'Harmattan, 2006 ;
  • Angèle Kremer-Marietti, Le concept de science positive. Ses tenants et ses aboutissants dans les structures anthropologiques du positivisme, Méridiens Klincksieck, 1983 ;
  • Angèle Kremer-Marietti, Introduction, in Auguste Comte, Correspondance générale, vol. 7, Paris, EHESS et Vrin, 1987 ;
  • Angèle Kremer-Marietti, Introduction, in Auguste Comte, Correspondance générale, vol.8, Paris, EHESS et Vrin, 1990 ;
  • Angèle Kremer-Marietti, Introduction : Comte and Mill, The Philosophival Encounter, in The Correspondence of John Stuart Mill and Auguste Comte, With a foreward by Oscar A. Haac, Transaction Publishers, New Brunswick (États-Unis) et Londres (GB), 1995 ;
  • Angèle Kremer-Marietti, Auguste Comte et la science politique, in Auguste Comte, Plan des travaux scientifiques nécessaires pour réorganiserla société, L'Harmattan, 2001 ;
  • Angèle Kremer-Marietti, L'humanisme entre positivisme et nihilisme in L'Art du Comprendre , 2006, no 15.
  • Angèle Kremer-Marietti, Auguste Comte et l'histoire générale, in Auguste Comte, Sommaire appréciation de l'ensemble du passé moderne, L'Harmattan, 2006 ;
  • Angèle Kremer-Marietti, Le positivisme d'Auguste Comte, L'Harmattan, 2006 ;
  • Angèle Kremer-Marietti, Auguste Comte et la science politique, L'Harmattan, 2007 ;
  • Angèle Kremer-Marietti, Le kaléidoscope épistémologique d'Auguste Comte; Sentiments Images Signes, L'Harmattan, 2007 ;
  • Angèle Kremer-Marietti (dir.), Auguste Comte, la Science, la Société, L'Harmattan, 2009 ;
  • La biologia: parametro epistemologico del XIX secolo, a cura di Maria Donzelli, Napoli, Liguori, 2003 ;
  • Pierre Laffitte: Autour d'un centenaire, in Revue des Sciences et des Techniques en perspective, 2e série, vol. 8, no 2, 2004, Brepols Publishers, 2005 ;
  • Wolf Lepenies, Auguste Comte: die Macht der Zeichen, Carl Hanser, München, 2010 ;
  • Lucien Lévy-Bruhl, Correspondance de John Stuart Mill et d'Auguste Comte, L'Harmattan, 2007 ;
  • Pierre Macherey, Comte. La philosophie et les sciences, PUF, 1989 ;
  • Realino Marra, La proprietà in Auguste Comte. Dall’ordine fisico alla circolazione morale della ricchezza, in «Sociologia del diritto», XII-2, 1985, p. 21-53 ;
  • Charles Maurras, Auguste Comte, Revue Minerva, Paris, no 6, 15 mai 1903, p. 174-204.
  • John Stuart Mill, Auguste Comte et le positivisme, trad. de l'anglais par G. Clemenceau, texte revu et présenté par M. Bourdeau, L'Harmattan, 1999 ;
  • Annie Petit (dir.), Auguste Comte. Trajectoires positivistes (1798-1998), L'Hamattan, 2003 ;
  • Mary Pickering, Auguste Comte: An Intellectual Biography, Cambridge University Press 1993, Paperback, 2006 ;
  • Mary Pickering, Auguste Comte: An Intellectual Biography, Cambridge University Press 2009, Volume II ;
  • Mary Pickering, Auguste Comte: An Intellectual Biography, Cambridge University Press 2009, Volume III ;
  • Sociologia, politica e religione: la filosofia di Comte per il diciannovesimo secolo, a cura di Cristina Cassina, Pisa, Edizioni Plus, 2001 ;
  • Albert Tshibangu, Science et superstition chez Auguste Comte, Ed. Connaissances et Savoirs, 2005 ;
  • Jean-Claude Wartelle, L’Héritage d'Auguste Comte, L'Harmattan, 2003.
  • Terence R. Wright, The religion of humanity : the impact of comtean positivism on Victorian Britain, Cambridge University Press, Cambridge, 1986.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sur les précurseurs d'Auguste Comte
Sur le positivisme et ses développements
Sur les rapports avec la religion

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. D'après Jacques Prévotat, Charles Maurras eut une « nuit d'extase » à la lecture de ce livre. Cf. Les catholiques et l'action française (1899-1939) : histoire d'une condamnation, éd. Fayard, 2001.
  2. Cf. la Préface au Traité du vide, dans laquelle Pascal trace une ligne de démarcation entre théologie (autorité) et science (expérience et raisonnement). Voir aussi Pierre Duhem, La théorie physique : Son objet, sa structure (1906, éd. Vrin, 2007).
  3. Mentionné dans Michael Sutton, Charles Maurras et les catholiques français 1890-1914, éd. Beauchesne, 1997, p.77.