Gustavo Adolfo Bécquer

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Gustavo Adolfo Becquer

Gustavo Adolfo Bécquer (1836-1870), pseudonyme de Gustavo Adolfo Domínguez de la Bastida Insauti Vargas Bécquer Bausá, est un auteur et poète espagnol. Il est né à Séville et a étudié au collège de San Antonio Abad. À dix-huit ans, il part s'installer à Madrid où il se consacre à la littérature en publiant dans la presse des contes (histoires courtes) et des articles « costumbristas » ainsi que des essais de mœurs. Modérément connu pendant sa vie, ce n'est qu'après sa mort que la plupart de ses œuvres sont éditées. Ses travaux littéraires les plus connus sont les "Rimes et Légendes", habituellement éditées ensemble sous le titre Rimas y Leyendas. Il a abordé la poésie et les thèmes traditionnels d'une manière moderne. Il est considéré comme le fondateur du lyrisme espagnol moderne. Ses poésies et ses contes sont essentiels à l'étude de la littérature espagnole et incontournables pour les lycéens des pays hispanophones.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né à Séville, le - mort à Tolède le . Son père, José Dominguez Insauti Bécquer est peintre « costumbrista » d'origine noble. Il meurt en 1841 alors que Bécquer va fêter ses cinq ans. Sa mère, Joaquina de la Bastida y Vargas, elle aussi d'ascendance noble meurt en 1847. Bécquer est ainsi très tôt orphelin. Suite au décès de ses parents, Bécquer et ses sept frères sont recueillis par leurs tantes María et Amparo de la Bastida. Il étudie au lycée de San Telmo (il allait être un marin, mais l'école était fermée en raison des fonds), puis il intègre à l'âge de quatorze ans l'atelier de Peinture de Cabral-Bejarano. Il y reste plus d'un an avant d'intégrer l'atelier de son oncle Joaquín Domínguez Bécquer, où étudie déjà son frère Valeriano. Ce n'est qu'à l'âge de dix-huit ans qu'il arrive à Madrid en 1854, où il obtient un petit poste dans la fonction publique grâce à une lettre de recommandation donnée par son oncle Joaquín. Écarté peu après pour inattention, il mène une vie de bohème.

Pour gagner sa vie, il effectue des traductions de romans étrangers, il travaille en tant que journaliste dans plusieurs journaux : El Contemporáneo et La Ilustración de Madrid. Il est également Censor de Novelas - un poste au gouvernement - pendant l'administration González-Bravo. Ses travaux ont été édités à titre posthume par ses amis en 1873.

Dans ses contes en prose tels que El Rayo de Luna, El beso, La Rosa de la Pasión, Bécquer est manifestement influencé par E.T.A. Hoffmann, et dans sa poésie, certaines analogies peuvent être faites avec H. Heine. Son œuvre évolue entre le réel et l'irréel, il crée une atmosphère de musique féerique étrange. Bécquer est un auteur qui n'a pas son pareil en Espagne. Son travail est inachevé et inégal. Il est singulièrement exempt de la rhétorique caractéristique de son Andalousie natale, et son ardeur lyrique est d'une belle douceur. Il a également écrit sur un mode épistolaire : Cartas desde mi celda, écrit pendant ses voyages au monastère de Veruela, La Mujer de Piedra ou encore El pantalón de la novia. Il joue un peu de théâtre.

En 1860 il rencontre sa future épouse, Casta Esteban Navarro, la fille de son médecin qui le soigne de la syphilis (cette maladie lui a d'ailleurs laissé pour séquelle un strabisme). Le 19 mai 1861, il l'épouse et un an plus tard elle donne naissance à un garçon, Gregorio Gustavo Adolfo.

1863 est une année marquante pour Bécquer puisque c'est cette année-là qu'il se rend au monastère de Veruela où il écrit Cartas desde mi celda. En 1865, son épouse lui donne un second enfant, Jorge Bécquer Esteban. En 1868, Bécquer rompt avec sa femme en découvrant que l'enfant qu'elle attend n'est pas de lui.

Bécquer, qui depuis 1858 souffre d'une maladie, probablement tuberculeuse grave ou vénérienne, s'installe à Tolède, chez son frère Valeriano. C'est à Tolède qu'il rencontre son dernier amour, Alejandra, une jeune femme de basses conditions.

Valeriano meurt en et le poète le 22 décembre, à trente-quatre ans. Avant de mourir, il aurait prononcé ces mots : Si c'est possible, publiez mes vers. J'ai le pressentiment que mort je serai plus et mieux connu que vivant.

Monument[modifier | modifier le code]

Un monument à sa gloire a été érigé en 1911 à Séville, dans le Parc de María Luisa.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Rimas

Il s'agit d'une collection de soixante-dix poésies, publiées l'année suivant son décès avec pour titre initial El libro de los gorriones. "Las Rimas" possèdent une qualité essentiellement musicale et une simplicité apparente qui contraste avec la sonorité quelque peu creuse du style de ses prédécesseurs. Ce sont formellement de brefs poèmes dans des vers assonants, où le monde apparaît comme un ensemble confus de manières invisibles et d'atomes silencieux chargés de possibilités harmonieuses qui se matérialisent en vision ou en son grâce à l'action du poète qu'unit les manières avec les idées. Ils se réfèrent à l'émotion de ce qui est vécu, à la mémoire, à des expériences transformées des sentiments. Apparaît aussi l'amour, la déception, le désir d'évasion, le désespoir et la mort. Sa pureté et humilité, avec sa simplicité trompeuse, supposent le - aboutissement de la poésie du sentiment et de la fantaisie -, selon les termes Jorge Guillén, et comme a dit Luis Cernuda : - Ils jouent dans notre poésie moderne, un rôle équivalent à celui de Garcilaso dans notre poésie classique : celui de créer une nouvelle tradition qui arrive à ses descendants.

  • Leyendas

Les Leyendas, titre sous lequel on groupe toutes les narrations en prose de Bécquer, présentent un accent poétique semblable et une qualité artistique non inférieure. Elles ont été à l'origine publiées dans les journaux, entre 1861 et 1863, ce pourquoi on suppose que leur composition a précédé la plupart des Rimas. On en compte vingt-deux et elles sont écrites dans un style vaporeux, sensible et rythmique, où abondent les descriptions, les images et les sensations. Elles révèlent un important aspect du romantisme littéraire de leur auteur en montrant un intérêt artistique et archéologique pour le Moyen Âge, avec ses temples et cloîtres romans ou gothiques, des domaines sombres et des rues ténébreuses, des palais et des châteaux. En ces dernières prédomine le mystérieux, le surnaturel et magique des histoires populaires, dans lesquelles la recherche de l'inaccessible est généralement son argument central. Bécquer a aussi écrit des pièces de théâtre, il a adapté des œuvres dramatiques légères, françaises et italiennes. Il a collaboré dans une grande œuvre éditoriale, des Histoires des temples de l'Espagne, dont un seul volume est paru en 1864. Et dans ses lettres littéraires à une femme, de 1860-61, il expose ses points de vue en ce qui concerne sa poésie, qui pour lui est l'esthétique du sentiment. - Les Rimes et les Légendes de Bécquer sont publiées régulièrement, encore de nos jours, et constituent un des points de référence de la littérature moderne espagnole.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • L. García Montero, Gigante y extraño, Las Rimas de Gustavo Aldolfo Bécquer, Barcelona, Tusquets editores, 2001.
  • D. Lecler, « Juan Ramón Jiménez, Gustavo Adolfo Bécquer : quand la musique de l’amour conduit à l’essence du monde », in Revue des Langues Néo-latines, n°325 (juin 2003), p. 19-31.
  • Jesus Rubio Jiménez, Pintura y literatura en Gustabo Adolfo Bécquer, Premio Manuel Alvar de Estudios Humanísticos 2006, Sevilla, Fundación José Manuel Lara, 2006.

Liens externes[modifier | modifier le code]