Louis Jacques Thénard

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Louis Jacques Thénard

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Louis Jacques Thénard

Naissance 4 mai 1777
La Louptière (France)
Décès 21 juin 1857
Paris (France)
Nationalité Drapeau de la France France
Champs Chimie
Institutions École polytechnique (1798-1835)
Collège de France (1804-1845)
Faculté des sciences de Paris (1809-1840)
Diplôme Collège de Sens
Renommé pour Eau oxygénée

Le baron Louis Jacques Thénard, né à La Louptière le 4 mai 1777 et mort à Paris le 21 juin 1857, est un chimiste français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et éducation[1][modifier | modifier le code]

Louis Jacques Thénard est né dans le village de La Louptière à une trentaine de kilomètres de Sens en Champagne. Il est le quatrième enfant d'Étienne Aimable Thénard, laboureur et procureur fiscal, et Anne Cécile Savourat, âgés respectivement de 39 et 35 ans à sa naissance. Son frère cadet Antoine devint ingénieur des ponts et chaussées. La famille Thénard vient de Grange-le-Bocage, où l'arrière-arrière grand-père du chimiste était prévôt et procureur royal. Sa mère sentant en Louis Jacques une aptitude aux études, il fut mis en pension de 9 à 11 ans chez le curé de Villeneuve-l'Archevêque, l'abbé Maget, qui l'envoya ensuite au collège de Sens[2]. Il y eut comme professeur de physique Alexis-Louis Billy[3], avec lequel il resta ensuite en contact, comme professeur de rhétorique le futur journaliste Jean-Barthélemy Salgues, et comme professeur de 4e et 3e le père Bardin. C'est à cette époque que les bâtiments du collège furent entièrement reconstruit. A l'âge de 16 ans, Thénard quitta le collège alors que celui-ci était fermé par la Révolution. Il partit ensuite pour Paris l'année suivante, 1794, pour devenir pharmacien.

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Carrière universitaire[modifier | modifier le code]

À son arrivée à Paris, Thénard rejoint le laboratoire de Nicolas Louis Vauquelin grâce à la sœur de celui-ci[4]. Il est nommé aide-préparateur de chimie à l'École polytechnique le 1er nivôse de l'an 7 (1798) auprès de Antoine-François de Fourcroy[5], puis répétiteur en 1801. Il collabore avec Bernard Courtois qui découvrira plus tard l'iode. En germinal de l'an 12 (1804), il est nommé professeur de chimie au Collège de France à la place vacante par la démission de Louis-Nicolas Vauquelin et sur proposition de ce dernier. Il démissionne alors de sa place de répétiteur à l'École polytechnique et est remplacé par Gay-Lussac. En 1809 (14 avril), il devient le premier titulaire de la chaire de chimie de la faculté des sciences de Paris. Il y eut comme préparateurs Pierre Louis Dulong, Jean-Nicolas Gannal[6] de novembre 1815 à 1818, puis Claude-François Barruel. En 1810[7], il obtient le titre de professeur de chimie-pratique à l'École polytechnique[8] et supplée Guyton-Morveau auquel il succède comme instituteur de chimie en 1815. Il est doyen de la faculté des sciences de Paris de 1821 à 1840. Il quitte l’École polytechnique en novembre 1836 pour raison de santé[9], puis la faculté des sciences en 1841[9].

Il a eu comme préparateur Adolphe Noël des Vergers et comme élève Ignacy Domeyko (1802-1889).

Contribution scientifique[modifier | modifier le code]

En 1799, il découvre, sur commande du ministre Chaptal pour la manufacture de Sèvres, le "bleu de Thénard" (le bleu de cobalt), qui sert à colorer la porcelaine. À partir de 1808, il collabore à l'école polytechnique avec Gay-Lussac : ils travaillent à la préparation du potassium et du sodium. En 1811, il isole le silicium. Il découvre l'eau oxygénée en 1818, ainsi que le bore, et établit une classification des métaux. En 1813, il publie son célèbre Traité de chimie.

  • En minéralogie, il a décrit quelques espèces:
    • la stibine sous le nom de proto-sulfure d'antimoine[10].

Carrière publique et honorifique[modifier | modifier le code]

Il est élu en 1810 à l'Académie des sciences.

En 1814, il devient membre du comité consultatif des manufactures.

En 1815, il est fait chevalier de la Légion d'honneur, puis officier en 1828 et commandeur en 1837. En 1825, il est élevé par lettres patentes au titre de baron héréditaire par le roi Charles X après avoir trouvé le moyen de sauver de l’humidité les fresques du peintre Gros sur la coupole du Panthéon. Il est élu député de l'Yonne en 1827[11], il vote l'adresse des 221, est réélu après la dissolution de la Chambre, fin 1830. Il est battu aux élections de 1831 et est nommé pair de France par Louis-Philippe le 11 octobre 1832.

Il est nommé au conseil royal de l'instruction publique fin 1830, puis chancelier de l'Université de France.

Il est président de la Société pour l'encouragement de l'industrie nationale, de la mort de Jean-Antoine Chaptal (dont il était un proche) en 1832 jusqu'en 1845, où il cède sa place au chimiste Jean-Baptiste Dumas. Il s’y fait remarquer pour son soutien permanent au développement des entreprises innovantes, comme celles de la chimie ou des chemins de fer, ainsi qu’à la création de l’école centrale des arts et manufactures.

Vie privée[modifier | modifier le code]

  • En 1814, il se marie avec Victorine Humblot, petite-fille de Nicolas Conté, et participe aux activités industrielles de sa belle-famille, notamment la fabrication des crayons. Outre l'invention du bleu de cobalt, il met également au point un procédé de fabrication du blanc de céruse (1803).
  • En 1830, il achète l'ancienne seigneurie du château de Chaumot de la vente en 1818 des héritiers du prince François-Xavier de Saxe, et sa famille y vivra pendant plus de 100 ans. Il avait déplacé les deux tourelles du château en ruine, pour les rattacher à sa ferme (à Chaumot).
  • Le 26 juillet 1864, la veuve de Louis Jacques Thénard achète le Château de la Madeleine dans l'Eure (département). Il restera dans sa famille jusqu'en 1915. Lire l'ouvrage : "Pressagny l'Orgueilleux, histoire d'un village normand au bord de la Seine" par Rémy Lebrun, maire honoraire. (2012)
  • À la fin de la Seconde Guerre mondiale, à la demande de sa petite-fille, le « Legs Thénard » est créé et protège les orphelins et les forêts se trouvant autour et à Chaumot.

Hommages[modifier | modifier le code]

  • Depuis 1858, la rue Thénard porte son nom dans le 5e arrondissement de Paris
  • Son nom est inscrit sur la tour Eiffel.
  • Sans que ce soit vraiment un hommage, il a inspiré à Victor Hugo le nom du personnage de Thénardier dans le roman Les Misérables[12]. En effet, Victor Hugo souhaitait faire passer de 16 à 10 le nombre d’heures de travail journalier des enfants, ce à quoi Thénard était opposé.
  • En 1861, la ville de Sens a élevé, sur la place Drappès, une statue du baron Thénard en habit de professeur des universités ; celle-ci a été déposée en 1942 pour être fondue tandis que le socle, longtemps abandonné, a depuis été replacé au bas du cours Tarbé et surmonté d'une vasque[13].
  • Une espèce minérale lui a été dédiée par le minéralogiste Casaseca en 1826 : la thénardite composée de sulfate de sodium.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. "La statue du Baron Thénard", Étienne Dodet, communication présentée le 2 décembre 1986 à la société Archéologique de Sens.
  2. ancien collège jésuite fondé en 1537 par le chanoine Philippe Hodoard, doyen de la faculté de théologie de l'université de Paris
  3. qui eut ensuite comme élève Siméon-Denis Poisson à Fontainebleau
  4. catholic encyclopedia
  5. Correspondance sur l'École impériale polytechnique, Jean Nicolas Pierre Hachette
  6. Biographie de JN Gannal par Germain Sarrut, 1838
  7. décret du 17 février 1810
  8. Titre précédemment porté par Gay-Lussac et qui devient instituteur de chimie à cette même date en remplacement de Fourcroy.
  9. a et b Jean-Baptiste Dumas lui succède à la chaire de chimie.
  10. Traité de chimie élémentaire, théorique et pratique, Volume 1 Par Louis Jacques Thénard P514
  11. C'est sur son rapport que fut rendue la loi du 14 juin 1829 en vertu de laquelle l'ancienne monnaie de France n'eut plus cours à partir de 1834.
  12. Lettre n° 28 de l'académie des sciences - p.17
  13. Etienne Dodet, « La statue du Baron Thénard », Bulletin de la Société archéologique de Sens, 29, 1986, 1988, p. 60.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Louis-Bernard Guyton-Morveau