Albert Besnard
Albert Besnard
Albert Besnard
| Nom de naissance | Paul Albert Besnard |
|---|---|
| Naissance | 2 juin 1849 Paris, quai Voltaire |
| Décès | 4 décembre 1934 (à 85 ans) Paris, rue Guillaume-Tell |
| Nationalité | |
| Activité(s) | Peintre, graveur, décorateur |
| Formation | École nationale supérieure des beaux-arts |
| Maître | Jean-François Brémond Alexandre Cabanel et Sébastien Cornu. |
| Récompenses | Prix de Rome Grand-croix de la Légion d'honneur |
Paul Albert Besnard, né à Paris le 2 juin 1849 et mort à Paris le 4 décembre 1934, âgé de 85 ans, est un artiste peintre, décorateur et graveur français.
Sommaire |
Biographie[modifier]
Ses parents sont Louis Adolphe Besnard, un peintre d'histoire élève d'Ingres, et Louise Pauline Vaillant, une miniaturiste réputée élève de Lizinska de Mirbel.
Albert Besnard étudie auprès de Jean-François Brémond et est admis le 20 mars 1866[1] à dix-sept ans, à l'École des beaux-arts, dans les ateliers d'Alexandre Cabanel et de Sébastien Cornu. Il est un proche de Lazar Meyer, artiste peintre. En 1874, il remporte le grand Prix de Rome avec sa composition La Mort de Timophane, tyran de Corinthe. Au cours de son séjour à Rome il rencontre Franz Liszt[2].
Il prolonge son séjour et épouse, en 1879, Charlotte Dubray, fille du sculpteur Gabriel-Vital Dubray et elle-même sculpteur, avec qui il s'installe trois ans en Angleterre, entre 1881 et 1884, où il expose à la Royal Academy de Londres.
Le portraitiste[modifier]
Au Salon de 1886, son portrait de Madame Roger Jourdain[3] annonce les caractéristiques de son art, influencé par l'impressionnisme et la technique de Carolus-Duran. En 1887, il présente sa Femme devant un feu de cheminée dont la version au pastel éblouira le jeune Pierre Louÿs.
Parmi ses nombreux portraits, on peut citer ceux de sa femme, de ses enfants (Une famille, 1890, Paris, Musée d'Orsay), de la princesse Mathilde, de la comédienne Réjane, de Madame Georges Duruy, de Madame Henry Lerolle, d'Ernest Cognacq, de Marie-Louise Jaÿ, de Gabriele D'Annunzio, de Jean-Louis Vaudoyer, de Denys Cochin ou de Frantz Jourdain qui sera son premier biographe.
Le décorateur[modifier]
Il contribue à la décoration de plusieurs monuments parisiens : le plafond du salon des Sciences de l’Hôtel de ville de Paris, le vestibule de l'École de pharmacie de Paris, l’amphithéâtre de chimie de la Sorbonne, le plafond de la Comédie-Française, la coupole du Petit Palais, la salle des mariages de la mairie du 1er arrondissement. Il participe également à la décoration de demeures privées comme l'hôtel Rouché, rue de Prony, aux côtés de Maurice Denis et George Desvallières.
Il réalise aussi des décors à l'étranger : en 1908, il peint Union de l'Autriche-Hongrie et de la France à l'ambassade de France à Vienne (Autriche) ; en 1914, La Paix par l'arbitrage pour la salle de Justice du Palais de la Paix à La Haye.
Le graveur[modifier]
Son œuvre gravé compte plus de deux cents eaux-fortes dont certaines, sous forme de séries, sont restées célèbres : La Femme, Elle, l'Affaire Clemenceau, l'Ile Heureuse, les Petites Voluptés, etc.
Deux catalogues en ont été faits de son vivant, l'un par son ami André-Charles Coppier, le second par Louis Godefroy.
En 1910, il part avec sa femme et deux de ses fils pour un voyage de neuf mois aux Indes (Ceylan, Inde du Sud, Pondichéry, Rajahstan, Bombay) dont il reviendra avec de nombreux croquis, esquisses et projets, et qu'il narre dans son ouvrage L'Homme en rose.
Les honneurs[modifier]
En 1913 il est nommé directeur de la Villa Médicis à Rome, succédant à Carolus-Duran. En 1922, il est nommé directeur de l’École des Beaux-Arts de Paris.
Membre de l’Académie des beaux-arts depuis 1912, il est élu à l’Académie française le 27 novembre 1924, devenant le premier peintre à entrer dans cette institution depuis 1760. Son épée d'académicien est l'œuvre d'Antoine Bourdelle.
Il est inhumé au cimetière du Montparnasse à Paris, après des funérailles nationales à l'église Saint-Ferdinand-des-Ternes.
Prix[modifier]
- 1874 - Prix de Rome avec La Mort de Timophane, tyran de Corinthe
Décorations[modifier]
- Légion d'honneur[4] : chevalier (1887), commandeur (1903), grand officier (1921), grand-croix (1926[5])
- Grand officier de l'ordre de la Couronne d'Italie
- Commandeur de l'ordre des Saints-Maurice-et-Lazare (Italie)
- Membre de l'ordre de Léopold (Belgique) et de Gustave de Suède
Généalogie[modifier]
L'état civil et les registres paroissiaux situent le berceau de la famille Besnard à Courtomer, petit village des environs de Sées. Ses ancêtres exercent l'activité de marchands, puis de négociants et migrent au milieu du XVIIIe siècle à Sées, avant de s'installer à Paris au début du Premier Empire[6]. Par sa grand-mère paternelle, Albert Besnard est lié à la famille de Ferdinand Gannal (1703-1775), sculpteur à Sarrelouis[7], et de Jean-Nicolas Gannal, inventeur de la méthode moderne de la thanatopraxie.
Il est le père de :
- Louis Besnard (1873-1962), peintre, né avant son mariage d'une relation avec Ernestine Aubourg, décrite par Maupassant comme « la belle Ernestine »[8] ;
- Robert Besnard (1881-1914), peintre, tué à l'ennemi à Chauny (Aisne), mort pour la France ;
- Germaine Besnard (1884-1975), sculpteur, mariée en premières noces au peintre Marius Avy et en secondes noces à l'architecte Stéphane Dessauer ;
- Philippe Besnard (1885-1971), sculpteur ;
- Jean Besnard (1889-1958), céramiste d'art.
Œuvre[modifier]
(Liste non exhaustive.)
Dessins, aquarelles[modifier]
Peintures[modifier]
- 1888 - L'Excursion botanique - L'Excusion géologique - Le cours de chimie - Le cours de physiologie, 4 grandes toiles pour décorer le vestibule d'honneur de l'École de pharmacie de Paris
Gravures, lithographies[modifier]
Cartons, vitraux[modifier]
- 1890 - Les Cygnes sur le Lac d'Annecy, carton de Besnard transcrit en verrière par Henri Carot, pour le vestibule de l'hôtel particulier du peintre Henry Lerolle au 20 avenue Duquesne, offert en 1938 au musée des Arts décoratifs par les fils de l'artiste et attribué au musée d'Orsay depuis 1981 section Art nouveau
- 1890 ca - La Basse-cour, carton pour une des fenêtres latérales du vestibule d'honneur (présenté la même année au Pavillon de Marsan) l'ensemble des cartons est remisé depuis 1892 dans les archives du musée des Arts décoratifs
- 1890 ca - La Cascade
- 1895 - Les Paons , carton transcrit par Carot à la forme d'une baie cintrée dans des dimensions supérieures à celle de l'École de pharmacie, elle est aujourd'hui dans les réserves du musée des Arts décoratifs et fut exposée au Salon des dissidents de 1895
- 1895 - Le Mail, buvette du conseil à l'hôtel de Ville
- Un vitrail de Besnard est conservé au musée départemental Maurice-Denis « Le Prieuré »
Salons[modifier]
- 1895 - Salon des dissidents : Les Paons verrière
Expositions, galeries[modifier]
Musées, monuments[modifier]
Ouvrages d'Albert Besnard[modifier]
- Annecy, Paris, Émile Paul, 1930
- Georges de La Tour (avec Georges Wildenstein), Paris, Éditions d’études et de documents sur les Beaux-Arts, 1928
- Sous le ciel de Rome – Souvenirs, Paris, Les Éditions de France, 1925
- L’Homme en rose – L’Inde couleur de sang, Paris, Eugène Fasquelle, 1913
Iconographie[modifier]
- Sargent le représente au milieu de sa famille en 1885 dans un tableau intitulé Fête familiale[9].
- Edmond Aman-Jean a réalisé son portrait vers 1896.
- André-Charles Coppier a fait de lui un portrait (gravure à l'eau-forte).
- Le graveur André Jacques a fait de lui un portrait à l'eau-forte.
- Albert Herbemont a gravé de lui une médaille commémorative en bronze.
- René-Xavier Prinet a représenté sa réception à l'Institut en 1912[10].
- Maurice Denis l'a représenté sur son lit de mort.
Hommages[modifier]
- Un square lui est dédié sur la place du Maréchal Juin (Paris 17, ancienne place Péreire). Y figure son buste exécuté par le statuaire Philippe Besnard, son fils.
- La Galerie André Candillier, rue de Seine à Paris, a consacré une exposition à son œuvre gravé du 2 mai au 30 juin 1979.
Bibliographie[modifier]
- Jean Adhémar (1908-1987), catalogue de l'exposition organisée à la Bibliothèque Nationale en 1949, à l'occasion du centenaire de la naissance de l'artiste : Albert Besnard : l'œuvre garvé, peintures, dessins, pastels
- Chantal Beauvalot et al. : Albert Besnard 1849-1934, catalogue de l’exposition du Musée Eugène Boudin de Honfleur, 2008
- Chantal Heuvrard-Beauvalot, « Albert Besnard 1849-1934, une vocation de décorateur », thèse, université de Paris X-Nanterre, dir. de Ségolène Le Men, 2005
- Benoît Noël, « Sept moments de la vie de Roger Jourdain »[11], in Le Pays d’Auge, no 3, mai-juin, 2005
- Benoît Noël et Jean Hournon, Parisiana - La Capitale des peintres au XIXe siècle[11], Les Presses Franciliennes, Paris, 2006
- Benoît Noël, « Roger Jourdain, un maire de Rueil-Malmaison atypique » in Bulletin de la Société historique de Rueil-Malmaison[11], no 26, décembre 2001
- Raymond Bouyer, les vitraux d'Albert Besnard, Art et Décoration, vol XXIX, 1er semestre 1911, p. 119-132
- Benoît Noël et Jean Hournon, Les Arts en Seine, le paradis des peintres[12], Les Presses Franciliennes, Paris, 2004
- Jean-Louis Vaudoyer : Albert Besnard Fauteuil XIII, Paris, Félix Alcan, 1933
- Louis Godefroy : Le Peintre-Graveur illustré - Albert Besnard – Tome III de la série de Loÿs Delteil, Paris, Chez l’auteur, 1926
- Georges Lecomte : Albert Besnard – Préface de Gustave Geffroy, Paris, Nilsson, 1925
- André-Charles Coppier : Les Eaux-fortes de Besnard, Paris, Berger-Levrault, 1920
- Henry Cochin : L’Œuvre de guerre du peintre Albert Besnard, Paris, La Renaissance du Livre, 1918
- Camille Mauclair : Albert Besnard – L’homme et l’œuvre, Paris, Delagrave, 1914
- Gabriel Mourey : Albert Besnard, Paris, H. Davoust, 1906
- Roger Marx : The Painter Albert Besnard, Paris, A. Hennuyer, 1893
- Frantz Jourdain : Le Peintre Albert Besnard, Paris, Boussod-Valadon, 1888
- Françoise Gatouillat, « Les vitraux de l'École de pharmacie de Paris », texte en ligne
Notes et références[modifier]
Autorité[modifier]
- Notices d’autorité : Système universitaire de documentation • Bibliothèque nationale de France • Fichier d’autorité international virtuel • Bibliothèque du Congrès • Gemeinsame Normdatei • WorldCat
Notes[modifier]
- Son inscription fait l'objet d'un quiproquo : l'École l'a enregistré à tort sous le nom de « Bénard », et une note du ministère de la Maison de l'Empereur et des Beaux-Arts de novembre 1867 s'étonne que l'élève signe « A. Besnard »…
- Sous le ciel de Rome.
- Paris, musée d'Orsay.
- Notice no LH/222/36.
- 30 avril 1926.
- Archives départementales de l'Orne, registres paroissiaux de Courtomer, Sées et Le Merlerault, état civil de Sées.
- Dictionnaire Bénézit.
- Voir Wikisource : Chroniques, paru dans Gil Blas le 1er août 1882.
- Minneaplois Institute of Arts. The Ethel Morrisson Van Derlip and The John R. Van Derlip Funds
- Vente Artcurial du 7 novembre 2012, lot no 91
- À propos du portrait d'Henriette Jourdain par Albert Besnard.
- À propos d'Albert Besnard canotier, en compagnie de Guy de Maupassant.
Liens externes[modifier]
- (fr) Notice biographique sur le site de l'Académie française
- (en) Albert Besnard sur Artcyclopedia
- (fr) Exposition à Honfleur en 2008
- (fr) Association Le Temps d'Albert Besnard
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- Graveur français du XIXe siècle
- Graveur français du XXe siècle
- Décorateur français
- Élève de l'École nationale supérieure des beaux-arts
- Pensionnaire de la Villa Médicis
- Prix de Rome en peinture
- Académie des beaux-arts (France)
- Membre de l'Académie française
- Chevalier de la Légion d'honneur
- Commandeur de la Légion d'honneur
- Grand officier de la Légion d'honneur
- Grand-croix de la Légion d'honneur
- Ordre de Léopold
- Naissance en 1849
- Naissance à Paris
- Décès en 1934
- Funérailles nationales
- Ordre de la Couronne d'Italie
- Commandeur de l'ordre des Saints-Maurice-et-Lazare