Albert Besnard

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Albert Besnard

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Albert Besnard

Nom de naissance Paul Albert Besnard
Naissance
Paris, 21 bis Quai Voltaire
Décès (à 85 ans)
Paris, rue Guillaume-Tell
Nationalité Drapeau de la France France
Activités Peintre, graveur, décorateur
Formation École nationale supérieure des beaux-arts
Maîtres Jean-François Brémond
Alexandre Cabanel et Sébastien Cornu (en).
Récompenses Prix de Rome
Grand-croix de la Légion d'honneur

Paul Albert Besnard, né à Paris le et mort à Paris le , âgé de 85 ans, est un artiste peintre, décorateur et graveur français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ses parents sont Louis Adolphe Besnard, un peintre d'histoire élève d'Ingres, et Louise Pauline Vaillant, une miniaturiste réputée élève de Lizinska de Mirbel.

Albert Besnard étudie auprès de Jean-François Brémond et est admis le 20 mars 1866[1] à dix-sept ans, à l'École des beaux-arts, dans les ateliers d'Alexandre Cabanel et de Sébastien Cornu (en). Il est un proche de Lazar Meyer, artiste peintre. En 1874, il remporte le grand Prix de Rome avec sa composition La Mort de Timophane, tyran de Corinthe. Au cours de son séjour à Rome il rencontre Franz Liszt[2].

Il prolonge son séjour et épouse, en 1879, Charlotte Dubray, fille du sculpteur Gabriel-Vital Dubray et elle-même sculpteur, avec qui il s'installe trois ans en Angleterre, entre 1881 et 1884, où il expose à la Royal Academy de Londres.

Le portraitiste[modifier | modifier le code]

Madame Roger Jourdain (1886), musée d'Orsay.
Albert Besnard devant le portrait de son épouse en 1905.

Au Salon de 1886, son portrait de Madame Roger Jourdain[3] annonce les caractéristiques de son art, influencé par l'impressionnisme et la technique de Carolus-Duran. En 1887, il présente sa Femme devant un feu de cheminée dont la version au pastel éblouira le jeune Pierre Louÿs.

Parmi ses nombreux portraits, on peut citer ceux de sa femme, de ses enfants (Une famille, 1890, Paris, Musée d'Orsay), de la princesse Mathilde, de la comédienne Réjane, de Madame Georges Duruy, de Madame Henry Lerolle, d'Ernest Cognacq, de Marie-Louise Jaÿ, de Gabriele D'Annunzio, de Jean-Louis Vaudoyer, de Boni de Castellane, de Denys Cochin ou de Frantz Jourdain qui sera son premier biographe.

Le décorateur[modifier | modifier le code]

Il contribue à la décoration de plusieurs monuments parisiens : le plafond du salon des Sciences de l’Hôtel de ville de Paris, le vestibule de l'École de pharmacie de Paris, l’amphithéâtre de chimie de la Sorbonne, le plafond de la Comédie-Française, la coupole du Petit Palais, la salle des mariages de la mairie du 1er arrondissement. Il participe également à la décoration de demeures privées comme l'hôtel Rouché, rue de Prony, aux côtés de Maurice Denis et George Desvallières.

Il réalise aussi des décors à l'étranger : en 1908, il peint Union de l'Autriche-Hongrie et de la France à l'ambassade de France à Vienne (Autriche) ; en 1914, La Paix par l'arbitrage pour la salle de Justice du Palais de la Paix à La Haye.

Le graveur[modifier | modifier le code]

Son œuvre gravé compte plus de deux cents eaux-fortes dont certaines, sous forme de séries, sont restées célèbres : La Femme, Elle, l'Affaire Clemenceau, l'Ile Heureuse, les Petites Voluptés, etc.

Deux catalogues en ont été faits de son vivant, l'un par son ami André-Charles Coppier, le second par Louis Godefroy.

En 1910, il part avec sa femme et deux de ses fils pour un voyage de neuf mois aux Indes (Ceylan, Inde du Sud, Pondichéry, Rajasthan, Bombay) dont il reviendra avec de nombreux croquis, esquisses et projets, et qu'il narre dans son ouvrage L'Homme en rose.

Les honneurs[modifier | modifier le code]

En 1913 il est nommé directeur de la Villa Médicis à Rome, succédant à Carolus-Duran. En 1922, il est nommé directeur de l’École des Beaux-Arts de Paris.

Membre de l’Académie des beaux-arts depuis 1912, il est élu à l’Académie française le 27 novembre 1924, devenant le premier peintre à entrer dans cette institution depuis 1760. Son épée d'académicien est l'œuvre d'Antoine Bourdelle.

Il est inhumé au cimetière du Montparnasse à Paris, après des funérailles nationales à l'église Saint-Ferdinand-des-Ternes.

Prix[modifier | modifier le code]

Décorations[modifier | modifier le code]

Généalogie[modifier | modifier le code]

L'état civil et les registres paroissiaux situent le berceau de la famille Besnard à Courtomer, petit village des environs de Sées. Ses ancêtres exercent l'activité de marchands, puis de négociants et migrent au milieu du XVIIIe siècle à Sées, avant de s'installer à Paris au début du Premier Empire[6]. Par sa grand-mère paternelle, Albert Besnard est lié à la famille de Ferdinand Gannal (1703-1775), sculpteur à Sarrelouis[7], et de Jean-Nicolas Gannal, inventeur de la méthode moderne de la thanatopraxie.

Il est le père de :

Œuvre[modifier | modifier le code]

(Liste non exhaustive.)

Dessins, aquarelles[modifier | modifier le code]

Peintures[modifier | modifier le code]

Gravures, lithographies[modifier | modifier le code]

Deux ouvrages sont consacrés de son vivant aux plus de deux cents gravures qu'il a réalisé (voir bibliographie).

Cartons, vitraux[modifier | modifier le code]

  • 1890 - Les Cygnes sur le Lac d'Annecy, carton de Besnard transcrit en verrière par Henri Carot, pour le vestibule de l'hôtel particulier du peintre Henry Lerolle au 20 avenue Duquesne, offert en 1938 au musée des Arts décoratifs par les fils de l'artiste et attribué au musée d'Orsay depuis 1981 section Art nouveau
  • 1890 ca - La Basse-cour, carton pour une des fenêtres latérales du vestibule d'honneur (présenté la même année au Pavillon de Marsan) l'ensemble des cartons est remisé depuis 1892 dans les archives du musée des Arts décoratifs
  • 1890 ca - La Cascade
  • 1895 - Les Paons , carton transcrit par Carot à la forme d'une baie cintrée dans des dimensions supérieures à celle de l'École de pharmacie, exposée au Salon des dissidents de 1895, elle est aujourd'hui dans les réserves du musée des Arts décoratifs. La verrière est exposée au Petit Palais dans le cadre de l'exposition Paris 1900, la Ville Spectacle (2 avril au 17 août 2014)
  • 1895 - Le Mail, buvette du conseil à l'Hôtel de ville de Paris
  • Une verrière de Besnard est conservée au musée départemental Maurice-Denis « Le Prieuré »

Salons[modifier | modifier le code]

  • 1895 - Salon des dissidents : Les Paons verrière

Expositions, galeries[modifier | modifier le code]

En 1909, il expose durant la Biennale de Venise.

Musées, monuments[modifier | modifier le code]

Portrait des sœurs Kharitonenko (1903), Musée des beaux-arts Pouchkine.

Ouvrages d'Albert Besnard[modifier | modifier le code]

  • Annecy, Paris, Émile Paul, 1930
  • Maurice Quentin de La Tour (avec Georges Wildenstein), Paris, Éditions d’études et de documents sur les Beaux-Arts, 1928
  • Sous le ciel de Rome – Souvenirs, Paris, Les Éditions de France, 1925
  • L’Homme en rose – L’Inde couleur de sang, Paris, Eugène Fasquelle, 1913

Iconographie[modifier | modifier le code]

  • Sargent le représente au milieu de sa famille en 1885 dans un tableau intitulé Fête familiale[9].
  • Edmond Aman-Jean a réalisé son portrait vers 1896.
  • André-Charles Coppier a fait de lui un portrait (gravure à l'eau-forte).
  • Le graveur André Jacques a fait de lui un portrait à l'eau-forte.
  • Albert Herbemont a gravé de lui une médaille commémorative en bronze.
  • René-Xavier Prinet a représenté sa réception à l'Institut en 1912[10].
  • Maurice Denis l'a représenté sur son lit de mort.

Hommages[modifier | modifier le code]

  • Un square lui est dédié sur la place du Maréchal Juin (Paris 17, ancienne place Péreire). Y figure son buste exécuté par le statuaire Philippe Besnard, son fils.
  • La Galerie André Candillier, rue de Seine à Paris, a consacré une exposition à son œuvre gravé du 2 mai au 30 juin 1979.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

La Parisienne (1885).
  • Jean Adhémar (1908-1987), catalogue de l'exposition organisée à la Bibliothèque Nationale en 1949, à l'occasion du centenaire de la naissance de l'artiste : Albert Besnard : l'œuvre garvé, peintures, dessins, pastels
  • Chantal Beauvalot et al. : Albert Besnard 1849-1934, catalogue de l’exposition du Musée Eugène Boudin de Honfleur, 2008
  • Chantal Heuvrard-Beauvalot,  Albert Besnard 1849-1934, une vocation de décorateur , thèse, université de Paris X-Nanterre, dir. de Ségolène Le Men, 2005
  • Benoît Noël,  Sept moments de la vie de Roger Jourdain [11], in Le Pays d’Auge, no 3, mai-juin, 2005
  • Benoît Noël et Jean Hournon, Parisiana - La Capitale des peintres au XIXe siècle[11], Les Presses Franciliennes, Paris, 2006
  • Benoît Noël,  Roger Jourdain, un maire de Rueil-Malmaison atypique  in Bulletin de la Société historique de Rueil-Malmaison[11], no 26, décembre 2001
  • Raymond Bouyer, les vitraux d'Albert Besnard, Art et Décoration, vol XXIX, 1er semestre 1911, p. 119-132
  • Benoît Noël et Jean Hournon, Les Arts en Seine, le paradis des peintres[12], Les Presses Franciliennes, Paris, 2004
  • Jean-Louis Vaudoyer : Albert Besnard Fauteuil XIII, Paris, Félix Alcan, 1933
  • Louis Godefroy : Le Peintre-Graveur illustré - Albert Besnard – Tome III de la série de Loÿs Delteil, Paris, Chez l’auteur, 1926
  • Georges Lecomte : Albert Besnard – Préface de Gustave Geffroy, Paris, Nilsson, 1925
  • André-Charles Coppier : Les Eaux-fortes de Besnard, Paris, Berger-Levrault, 1920
  • Henry Cochin : L’Œuvre de guerre du peintre Albert Besnard, Paris, La Renaissance du Livre, 1918
  • Camille Mauclair : Albert Besnard – L’homme et l’œuvre, Paris, Delagrave, 1914
  • Gabriel Mourey : Albert Besnard, Paris, H. Davoust, 1906
  • Roger Marx : The Painter Albert Besnard, Paris, A. Hennuyer, 1893
  • Frantz Jourdain : Le Peintre Albert Besnard, Paris, Boussod-Valadon, 1888
  • Françoise Gatouillat,  Les vitraux de l'École de pharmacie de Paris , texte en ligne

Notes et références[modifier | modifier le code]

Autorité[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Son inscription fait l'objet d'un quiproquo : l'École l'a enregistré à tort sous le nom de « Bénard », et une note du ministère de la Maison de l'Empereur et des Beaux-Arts de novembre 1867 s'étonne que l'élève signe « A. Besnard »…
  2. Sous le ciel de Rome.
  3. Paris, musée d'Orsay.
  4. « Dossier de l'ordre de la Légion d'honneur d'Albert Besnard », base Léonore, ministère français de la Culture.
  5. .
  6. Archives départementales de l'Orne, registres paroissiaux de Courtomer, Sées et Le Merlerault, état civil de Sées.
  7. Dictionnaire Bénézit.
  8. Voir Wikisource : Chroniques, paru dans Gil Blas le 1er août 1882.
  9. Minneaplois Institute of Arts. The Ethel Morrisson Van Derlip and The John R. Van Derlip Funds
  10. Vente Artcurial du 7 novembre 2012, lot no 91
  11. a, b et c À propos du portrait d'Henriette Jourdain par Albert Besnard.
  12. À propos d'Albert Besnard canotier, en compagnie de Guy de Maupassant.

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