Emmanuel Crétet

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Emmanuel Crétet
Portrait d'Emmanuel Crétet (gravure)
Portrait d'Emmanuel Crétet (gravure)
Fonctions
Parlementaire français
Assemblée constituante puis conseil des Anciens
brumaire an IV (1795) –
Gouvernement Directoire, Consulat
Groupe politique Bonapartisme
Ministre de l'Intérieur
Gouvernement Premier Empire
Prédécesseur Jean-Baptiste Nompère de Champagny
Successeur Joseph Fouché
Gouverneur de la Banque de France
18061807
Prédécesseur Fonction créée
Successeur François Jaubert
Biographie
Date de naissance à Pont-de-Beauvoisin
Date de décès à Paris
Résidence Paris

Emmanuel Crétet de Champmol, né le au Pont-de-Beauvoisin[1] en Savoie[2], mort le à Paris, est un administrateur et homme politique français qui a été ministre de l'intérieur de Napoléon Bonaparte et responsable de beaucoup d'aménagements dans Paris. Il est inhumé au Panthéon de Paris.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils de François Crétet des Rivaux (1680-1763), il est issu d'une famille de négociants de Pont-de-Beauvoisin (duché de Savoie, également pays de Mandrin) qui a fait fortune à partir de la contrebande d'étoffes indiennes, dont l'importation était interdite en France[3]. Après ses études, il entre comme commis chez un armateur bordelais. Il fait plusieurs fois le voyage d'Amérique, avant de devenir directeur d'une caisse d'assurance contre les incendies à Paris.

En 1791, déçu des conséquences des suites de la Révolution, il utilise sa fortune personnelle pour acquérir un bien national, le monastère des Chartreux de Champmol en Côte d'Or, où il se retire.

Se réintéressant aux affaires publiques, il devient député de la Côte-d'Or et est élu ensuite au conseil des Anciens (brumaire an IV : 1795).

Favorable aux idées nouvelles, il soutient le coup d'État de Bonaparte (18 brumaire, An VIII, 9 novembre 1799) qui le remercie en le faisant nommer conseiller d'État en 1799. On lui proposera également de devenir membre du Sénat conservateur, mais il préférera choisir son poste au conseil d'état.

Il définit ce qui doit réguler les flux financiers, projet qui deviendra la Banque de France (dont il sera premier directeur en 1806).

En 1801, il participe à la signature du Concordat.

Il établit la constitution et la réalisation du premier cadastre en 1802 et les impératifs du suivi notarial.

Devenu directeur des ponts et chaussées en 1806, il est à l'origine des décisions et des réalisations de nombreux aménagements de salubrité publique dans Paris et de réfection des voies de communication dans tout le pays (qu'il ne verra pas toutes réalisées de son vivant).

Ministre de l'Intérieur le , il contresigne le décret du qui organise l'Université impériale.

Tout cela est confirmé par le service ordinaire du 4 nivôse an VIII à 1808, où il est défini rattaché à la section de l'intérieur et de l'an IX à l'an XI, spécialement chargé des ponts et chaussées, des canaux de navigation et du cadastre :

« Les attributions de la sixième division, qui est spécialement confiée au C. en Crétet, conseiller d'état, sont, les ponts et chaussées, canaux, navigation intérieure, cadastre, taxe d'entretien des routes, et lignes télégraphiques. La sixième division comprend cinq subdivisions : les dépenses, les recettes, le secrétariat, les archives, et la navigation intérieure. »

— Extrait des archives du Conseil d'État.

Il contribue à l'aménagement de voies navigables, de rues dans Paris et réorganise le corps des ingénieurs des Ponts-et-Chaussées.

Le , il démissionne pour raison de santé (attaques de goutte) de sa charge de ministre de l'intérieur et il est remplacé par Joseph Fouché.

Il meurt le au 94 rue du Bac, à Paris-Auteuil.
Ses obsèques ont lieu le , en l'Église Saint-Thomas d'Aquin, et il est inhumé au Panthéon.

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Aménagement dans Paris[modifier | modifier le code]

Dans le reste du pays[modifier | modifier le code]

  • Le premier tunnel routier français : le tunnel des Échelles (de la route impériale Paris-Milan) en avant-Pays savoyard, afin d'améliorer les conditions de passage entre la France et les États de Savoie (inauguré seulement en 1820).
  • Projet routier du Mont-Cenis.
  • Route au passage du col du Simplon
  • Ponts à Roanne, à Bordeaux
  • Reconstruction de la Roche-sur-Yon où Napoléon venu contrôler l'avancée des travaux en 1807, dira : « J'ai répandu l'or à pleines mains pour édifier des palais, vous avez construit une ville de boue » (car Emmanuel Crétet, avait décidé, sans son avis, de la faire reconstruire par François Cointeraux premier spécialiste du pisé).

Titres[modifier | modifier le code]

  • Député en 1795,
  • Sénateur et conseiller d'État en 1799,
  • Commandant de la Légion d'honneur en 1805,
  • Conseiller d'État à vie en 1806.
  • Gouverneur de la Banque de France du 26 avril 1806 au 9 août 1807,
  • Ministre de l'intérieur de 1807 jusqu'au 29 juin 1809,
  • Comte de Champmol[4] le 26 avril 1808.

Hommages[modifier | modifier le code]

  • Tombeau au Panthéon de Paris[5]
  • Une rue de Paris, parallèle à la rue Jean-Baptiste Say et au boulevard de Rochechouard, porte son nom dans le IXe arrondissement et d'une longueur de 58 m.
  • Pose d'une plaque commémorative au jardin de ville du Pont de Beauvoisin (Savoie), le samedi 15 septembre 2007 à l'occasion des Journées du Patrimoine[6].
  • Ses armoiries : Armorial des rues de Paris IXe arrondissement[7]
  • Son portrait au Pont des Arts par le peintre Antoine Ansiaux (Liège, 1764 - Paris, 1840), au musée des Beaux-Arts de Dijon

Notes de l'empereur à Crétet, son ministre de l'intérieur[modifier | modifier le code]

  • Saint-Cloud, 1er septembre 1807 :
    « La mendicité est un objet de première importance. L'Empereur a demandé différents rapports, qu'on n'a pas faits ; mais on a dû présenter le travail. Les choses devraient être établies de manière qu'on put dire : tout mendiant sera arrêté. Mais l'arrêter pour le mettre en prison serait barbare ou absurde. Il ne faut l'arrêter que pour lui apprendre à gagner sa vie par son travail. Il faut donc une ou plusieurs maisons ou ateliers de charité par département... »
  • Saint-Cloud, 2 septembre 1807 :
    « Le ministre est invité à écrire aux syndics de Lyon que la fabrique de cette ville ne fabrique pas de manière à conserver sa réputation. La tenture verte, avec les bordures roses tissues en or, qui a été placée dans le cabinet de Sa Majesté, à Saint-Cloud, il n'y a pas beaucoup plus d'un an, est déjà passée... »

Armoiries[modifier | modifier le code]

Figure Blasonnement
Orn ext comte de l'Empire GCLH.svg
Blason Emmanuel Crétet (1752-1809).svg
Armes du comte Champmol et de l'Empire[8] (1808)

D'azur, à un coq hardi d'argent, crêté et barbé de gueules surmonté de deux clefs d'or passées en sautoir ; au canton des Comtes Ministres brochant.[9]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Il est écrit Pont de Bon-Voisin, département du Mont-Blanc, sur son tombeau
  2. Maintenant département français de la Savoie.
  3. Jean Nicolas, La Savoie au XVIIIe siècle : Noblesse et bourgeoisie, Ed. La Fontaine de Siloé, 2004. ISBN 2842062221 ; ISBN 978-2842062224.
  4. Champmol : nom d'une terre acquise en Côte-d'Or en 1791 et ancienne chartreuse, actuellement absorbée par Dijon. L'hôpital psychiatrique de la chartreuse de Champmol en marque l'emplacement.
  5. a-p-n.skyrock.com
  6. avant-pays-savoyard-tourisme.com
  7. heraldique-europeenne.org
  8. Champmol : nom d'une terre acquise en Côte-d'Or en 1791 et ancienne chartreuse, actuellement absorbée par Dijon. L'hôpital psychiatrique de la chartreuse de Champmol en marque l'emplacement.
  9. Source : heraldique-europeenne.org

Sources[modifier | modifier le code]

  • Dictionnaire Ferdinand Buisson
  • Robert Robinet, ROBINET et Le Chaplain : Dictionnaire de la Révolution et de l'Empire, Librairie Historique et Biographique, Paris (1899)
  • Revue de l'U.C.G.H.N. no 70
  • Revue Banque de France - Magazine de novembre 1950
  • Jean-Pierre Blazin : guide-conférencier lors de l'inauguration de la plaque commémorative du jardin public de Pont de Beauvoisin (Savoie) et le no 7 de la revue Mnémosyne éditée par l'association Mémoires des Pays du Guiers dont il est président.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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