Vittorio Alfieri

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Vittorio Alfieri
Vittorio Alfieri, portrait de François-Xavier Fabre (1797)
Vittorio Alfieri, portrait de François-Xavier Fabre (1797)

Titre Conte de Cortemilia
(17501830)
Prédécesseur Antonio Amedeo Alfieri
Successeur Luigi Leonardo Colli
Autres fonctions Écrivains, philosophe, poète.
Biographie
Dynastie Alfieri
Nom de naissance Vittorio Amedeo Alfieri
Naissance 16 janvier 1749
Asti
Décès 8 octobre 1803 (à 54 ans)
Florence
Père Antonio Amedeo Alfieri
Mère Monica Maillard de Tournon
Signature
Alfieri firma.png

Alfieri 1.jpg

Le conte Vittorio Amedeo Alfieri (Asti, 16 janvier 1749 - Florence, 8 octobre 1803) est un dramaturge, philosophe, poète et écrivain piémontais.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ce célèbre poète tragique est issu d'une famille noble et ancienne. Ayant perdu son père de très bonne heure, son éducation fut négligée, et il eut une jeunesse fort dérangée. Sa mère ne tarda pas à se remarier. L’éducation qu’il reçut fut celle de beaucoup de jeunes gens de son milieu. Les premiers rudiments lui furent enseignés par un prêtre-précepteur ; puis il fut envoyé à l’Académie militaire de Turin et, à sa sortie de cet établissement, nommé porte-enseigne au régiment d’Asti ; mais la vocation militaire n’était pas son fait, et il ne tarda pas à démissionner. Comme beaucoup d’autres jeunes nobles, il compléta cette formation par de grands voyages. Il passa plusieurs années à courir le monde, à Gênes d’abord, en 1765 ; puis, en 1766-1768, à travers l’Italie, la France (à Versailles eut lieu sa présentation à Louis XV), l’Angleterre, enfin la Hollande,à chercher des aventures; mais à l'âge de 25 ans, il se fit en lui une subite métamorphose : le désir de plaire à une femme aussi distinguée par son esprit que par son rang, la comtesse d'Albany, épouse du dernier des Stuarts, pour laquelle il avait conçu la plus vive passion, lui inspira du goût pour les lettres et pour la poésie, qu'il avait dédaignées jusque-là. Il s'exerça dans la tragédie, et créa un système de composition tout nouveau pour l'Italie, substituant un dialogue serré, un style concis, et retranchant impitoyablement de ses pièces les personnages inutiles d'amoureux ou de confidents.

Rentré au Piémont, il se plongea dans la lecture des philosophes français et de Plutarque qui, les uns et l’autre, l’influencèrent définitivement : à quoi il faut ajouter au moins les Mémoires d’un homme de qualité de l’abbé Prévost, familiers à notre futur tragédien depuis les années de l’Académie Militaire, et Montaigne, dont les Essais étaient devenus pour lui le plus fidèle des compagnons de voyage, auquel il ne cessa de revenir toute sa vie durant.

Travaillant avec une ardeur incroyable, il composa en moins de sept ans (1775-1782) quatorze tragédies, dont plusieurs sont des chefs-d'œuvre. En même temps il écrivait en prose des ouvrages qui devaient le placer à côté de Machiavel, un Traité de la tyrannie, et celui qui a pour titre le Prince et les Lettres, dans lesquels il se montre ardent républicain. Il composait aussi à la même époque son poème de l'Étrurie vengée.

La comtesse d'Albany étant devenue veuve en 1788, il s'unit à elle par un mariage secret, puis il vint en France dans le désir d'y faire imprimer plusieurs de ses ouvrages, et même de se fixer dans ce pays, qu'il appelait alors la patrie de la liberté. Mais effrayé par les excès du 10 août 1792, il s'empressa de fuir et se retira à Florence. le Paris révolutionnaire cria à la foule qui voulait l’empêcher de sortir : « Voyez, écoutez ; mon nom est Alfieri ; je suis italien et non français ; grand, maigre, pâle, cheveux roux [...] ». Par son autobiographie Vita di Vittorio Alfieri da Asti scritta da Esso, il voulut manifester sa vocation tragique, mais cette œuvre resta avant tout romantique, célèbre par ses descriptions de paysages. Le gouvernement révolutionnaire le traita en émigré et le dépouilla de la plus grande partie de sa fortune, qu'il avait placée sur les fonds français. Toutes ces causes réunies finirent par lui inspirer, pour la France et pour la révolution une haine implacable qu'il n'a cessé depuis d'exhaler dans tous ses écrits.

Dans ses dernières années, Alfieri apprit le grec, afin d'étudier dans l'original les grands tragiques qu'il avait pris pour modèles. Il traduisit et imita plusieurs des plus belles tragédies d'Eschyle, de Sophocle et d'Euripide.

Épuisé par ses travaux, il mourut à l'âge de 54 ans, en 1803, laissant un grand nombre d'œuvres posthumes, parmi lesquelles on remarque une autobiographie particulièrement célèbre que l'on considère souvent comme sa plus grande œuvre : Vita (Ma Vie en français).

Auteur de tragédies, de poèmes et de satires. Par ses évocations du monde ancien, par son amour de la liberté et par sa haine du despotisme, il inspira dans les générations successives des sentiments qui préparèrent le Risorgimento.

Antonio Canova a réalisé son monument funéraire, dans la basilique Santa Croce de Florence.

Ses tragédies[modifier | modifier le code]

Le théâtre d'Alfieri se compose des tragédies suivantes :

  • Philippe II,
  • Polynice,
  • Antigone[1],
  • Agamemnon,
  • Virginie,
  • Oreste,
  • la Conjuration des Pazzi,
  • Don Garcia,
  • Rosemonde,
  • Marie Stuart,
  • Timoléon,
  • Octavie,
  • Merope,
  • Saül,
  • Agis,
  • Sophonisbe,
  • Myrrha,
  • Brutus I,
  • Brutus II
  • Cléopâtre,
  • Tymoleon,
  • Dom Garel,
  • Junius Brutus.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. icône Commons Pierre Larousse, « Antigone, tragédie d’Alfiéri », Grand dictionnaire universel du XIXe siècle, vol. 1re,‎ 1866 (lire en ligne), p. 442.

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Marie-Nicolas Bouillet et Alexis Chassang (dir.), « Vittorio Alfieri » dans Dictionnaire universel d’histoire et de géographie,‎ 1878 (Wikisource)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Mémoires de Victor Alfiéri d'Asti, écrits par lui-même, traduit par Antoine de Latour, Charpentier, 1840
  • Vittorio Alfieri, Ma Vie, traduction d'Antoine de Latour, revue et annotée par Michel Orcel, Paris, éditions Gérard Lebovici, 1989.
  • Vittorio Alfieri, De la tyrannie (1777), Allia, 1992 ; traduction du général Jacques Allix de Vaux, A. Leclaire, Paris, 1831
    Pamphlet dirigé contre toutes les autorités établies, les dogmes, les tyrannies politiques et idéologiques, mais aussi contre les penchants et les bassesses individuelles qui encouragent ces tyrannies : l'ambition et la lâcheté.
  • Vittorio Alfieri, Du prince et des lettres, Allia, 1989
    Cette étude traite de la soumission des écrivains et des artistes aux pouvoirs politiques, de ses causes et de ses effets.
  • Vittorio Alfieri et la culture française, sous la direction de Pérette-Cécile Buffaria, Revue des études italiennes, 2004.
  • Vittorio Alfieri : drammaturgia e autobiografia : atti della giornata di studi, 4 febbraio 2005, organizzata dall' Istituto italiano di cultura, sous la direction de Pérette-Cécile Buffaria,Paris, 2005.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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