Léon Bonnat

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Léon Bonnat[1], né à Bayonne le 20 juin 1833 et mort à Monchy-Saint-Éloi le 8 septembre 1922, est un peintre, graveur et collectionneur d'art français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Léon Bonnat vers 1899.
Portrait de Jean Gigoux(1880), par Léon Bonnat, musée des beaux-arts et d'archéologie de Besançon.

Les débuts[modifier | modifier le code]

Originaire de Bayonne, Léon Bonnat vit entre 1846 et 1853 à Madrid où son père est libraire et où il étudie la peinture auprès de José de Madrazo y Agudo et de Federico de Madrazo y Küntz. Il arrive à Paris, en 1854, où il devient l'élève de Léon Cogniet à l'École des beaux-arts. Sa Résurrection de Lazare lui vaut un deuxième prix au prix de Rome en 1857.

Il entreprend un voyage en Italie au début des années 1860, puis en Grèce et au Moyen-Orient à la fin des années 1870, à la suite desquels il délaisse les sujets historiques et religieux, se consacrant aux scènes de genre et plus particulièrement au portrait.

Le portraitiste[modifier | modifier le code]

On lui doit ainsi environ deux cents portraits de personnalités de son temps, dont certains reproduits ci-dessous, parmi lesquels ceux de Louis Pasteur, Alexandre Dumas fils, la célèbrissime effigie de Victor Hugo, Dominique Ingres, Hippolyte Taine, Sosthènes de La Rochefoucauld, duc de Doudeauville, Marie princesse de Ligne, duchesse de La Rochefoucauld-Doudeauville, et parmi les personnalités politiques, ceux de Léon Gambetta, Jules Ferry, Armand Fallières, Adolphe Thiers, Jules Grévy, Émile Loubet, le duc d'Aumale (1890 - musée Condé à Chantilly), Ernest Renan dans sa maison de Tréguier (1891 ?).

Il est aussi l'auteur du Martyre de Saint-Denis au Panthéon de Paris.


Le professeur[modifier | modifier le code]

Nommé professeur à l'École des beaux-arts de Paris en 1880, il est élu l'année suivante membre de l'Académie des beaux-arts.

Directeur de l'École des beaux-arts en 1905 en remplacement de Paul Dubois décédé, il y restera jusqu'à sa mort. Il meurt à Monchy-Saint-Éloi en 1922, léguant une importante collection de peintures, de dessins et de sculptures au musée Bonnat-Helleu à Bayonne.

Accueil critique[modifier | modifier le code]

Théophile Gautier rédige une dizaine de critiques sur les tableaux de Bonnat dans le Moniteur Universel. Il dira de ses Paysans napolitains qu'ils sont une « petite merveille[2].

La critique cependant n'a pas toujours épargné Bonnat, qui se plaint dans une lettre à Théophile Gautier du 26 mai 1865 « on me maltraite fort cette année[3]. » Il fait allusion à la réception d’Antigone conduisant Œdipe aveugle dont le réalisme semble vulgaire aux critiques habitués aux représentations d'une Grèce classique idéalisée. Mais il a ses défenseurs, comme ce critique enthousiaste qui voit en lui une des « têtes du mouvement réaliste » et loue à propos d'un Christ « cette dramatique interprétation du Sauveur (..) [qui] troubla la plupart des esprits bornés aux sempiternels clichés. Ce fut une révolte générale contre cette insurrection de la pensée libre[4]. »

La dominante brune des toiles de Bonnat a fait l'objet de nombreuses plaisanteries scatologiques chez ses détracteurs, notamment de la part d'Alphonse Allais dans ses chroniques[5].

Salons[modifier | modifier le code]

Expositions, galeries[modifier | modifier le code]

  • 1947 Portrait de Harpignies, exposé au Salon d'Hiver de 1947, rétrospective.

Collections publiques[modifier | modifier le code]

Galerie[modifier | modifier le code]

Élèves[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Dictionnaire Bénézit
  • Vincent Ducourau et Arlette Sérullaz, Dessins français du XIXe siècle du Musée Bonnat à Bayonne catalogue de l'exposition au musée Bonnat (Réunion des Musées nationaux, Paris, 1979).
  • Les dessins de la collection Léon Bonnat au Musée de Bayonne, [Paris], Presses universitaires de France,‎ 1925-26, 90 p. (lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Né Léon Joseph Florentin Bonnat.
  2. Moniteur Universel, 12 juin 1866
  3. Théophile Gautier, Claudine Lacoste-Veysseyre, Pierre Laubriet, Correspondance générale, Librairie Droz,‎ 1995, 606 p. (ISBN 2-600-00075-5), lettre 3405, p. 71
  4. Théodore Véron, Le salon de 1876 : mémorial de l'art et des artistes de mon temps, Poitiers,‎ 1876
  5. Voir Véritable Révolution dans la Mousqueterie française [lire en ligne]. Alphonse Allais, L'Arroseur (1901) dans Oeuvres anthumes, Éditions Robert Laffont, 1990.
  6. Camille Bourget.