Geneviève de Gaulle-Anthonioz

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Plaque commémorative sur la maison de Geneviève de Gaulle, 10 rue de Robien à Rennes.

Geneviève de Gaulle-Anthonioz[1], née le à Saint-Jean-de-Valériscle (Gard) et morte le à Paris, nièce de Charles de Gaulle, est une résistante française, déportée en 1944 au camp de Ravensbrück, puis militante des droits de l'homme et de la lutte contre la pauvreté, présidente d'ATD Quart Monde de 1964 à 1998.

Elle entrera au Panthéon le 27 mai 2015. Cependant, sa famille refusant qu'elle soit séparée de son mari, le cercueil ne contiendra que de la terre issue de son cimetière[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Elle est la fille de Xavier de Gaulle, frère du général de Gaulle, et la petite-fille de Pierre Gourdon, auteur de romans populaires.

En 1946, elle épouse Bernard Anthonioz (1921-1994), jeune éditeur d’art et lui aussi ancien résistant, avec lequel elle a quatre enfants, dont Michel Anthonioz (1947-2009).

La Résistance et la déportation[modifier | modifier le code]

Résistante dès dans le Groupe du Musée de l'Homme, Geneviève de Gaulle multiplie les actions de renseignement et d’information, notamment au sein du réseau Défense de la France. Arrêtée à la suite d'une trahison dans une souricière tendue aux membres de Défense de la France par Pierre Bonny de la Gestapo française, le 20 juillet 1943[3] et emprisonnée à Fresnes, elle est déportée au camp de concentration de Ravensbrück le . Au camp, elle rencontre et se lie d'amitié avec quatre autres résistantes : Jacqueline Péry d'Alincourt, Suzanne Hiltermann, Anise Postel-Vinay et Germaine Tillion[4].

En octobre 1944, elle est placée en isolement au « bunker » du camp, décision prise par Himmler afin de la garder en vie et de l'utiliser comme monnaie d’échange, à une époque où Charles de Gaulle gouverne la France libérée. Elle n'en sortira que le 25 avril 1945 lors de la libération du camp par l'Armée rouge.

Elle a tiré de cette expérience, La Traversée de la nuit, écrit cinquante ans après sa libération, publié le 1e janvier 1998, et qui évoque sa vie à Ravensbrück, l'entraide entre les détenues et les circonstances de sa sortie du camp, ainsi que des articles, notamment sur la condition des enfants au camp de Ravensbrück[5].

Depuis la guerre[modifier | modifier le code]

Membre active puis présidente de l’Association nationale des anciennes déportées et internées de la Résistance (ADIR), elle suit les procès des criminels nazis en Allemagne, puis participe à l’essor du mouvement politique lancé par son oncle, le RPF.

En 1958, elle travaille au cabinet d'André Malraux quand elle rencontre le Père Joseph Wresinski, alors aumônier du bidonville de Noisy-le-Grand. Dans les souffrances des familles qu'elle y découvre, elle revoit celles qu'elle-même et d'autres déportés ont vécues et décide de s'engager avec le Père Joseph dans le Mouvement ATD Quart Monde que celui-ci a fondé. Elle est présidente de la branche française de ce Mouvement de 1964 à 1998.

En 1987, elle témoigne sur la barbarie nazie lors du procès de Klaus Barbie.

Nommée en 1988 au Conseil économique et social, elle se bat pendant dix ans pour l’adoption d’une loi d’orientation contre la grande pauvreté. Reportée en 1997 pour cause de dissolution de l’Assemblée nationale, la loi est votée en 1998.

Décédée en 2002, elle sera inhumée au cimetière de Bossey en Haute-Savoie. Le , le président François Hollande annonce[6] le transfert de sa dépouille au Panthéon aux côtés des résistants Pierre Brossolette et Germaine Tillion ainsi que de l'ex-ministre Jean Zay[7]. Cependant, les familles de Germaine Tillion et de Geneviève Anthonioz de Gaulle ont annulé leur transfert au Panthéon car elles voulaient qu'« elles ne soient pas séparées des familles ». De la terre du cimetière de Bossey sera déposé au Panthéon.

Prix, hommages et distinctions[modifier | modifier le code]

Décorations[modifier | modifier le code]

Distinction[modifier | modifier le code]

  • 1994 : Prix des droits de l'Homme en France et dans le monde

Hommages[modifier | modifier le code]

  1. Le général de Gaulle lui a dédicacé le premier tome de ses Mémoires de guerre en ces termes : « À ma chère nièce Geneviève, qui fut, tout de suite, jusqu'au bout, au fond de l'épreuve, au bord de la mort, un soldat de la France libre, et dont l'exemple m'a servi ».
  2. Un lycée porte son nom à Milhaud dans le Gard.
  3. Un collège[9] porte son nom, depuis le 26 avril 2008, aux Bordes (Loiret), ainsi qu'à Cluses en Haute-Savoie.
  4. Une école maternelle porte son nom à Montpellier dans l'Hérault.
  5. Le nouveau centre hospitalier de Saint-Dizier, ouvert en 2009, porte son nom.
  6. Une place porte son nom dans le 15e arrondissement de Paris (terre-plein au carrefour des rues de Vaugirard, de la Convention et Alain-Chartier).
  7. Une rue porte son nom à Rennes, non loin de la station de métro Clemenceau.
  8. Une rue porte son nom à Millau dans l'Aveyron.
  9. Une rue porte son nom à Athis-Mons dans l'Essonne.
  10. Une rue porte son nom à Saulcy-sur-Meurthe dans les Vosges.
  11. Une rue porte son nom à Saint-Martin-d'Hères en Isère.
  12. Une rue porte son nom à Compiègne dans l' Oise.
  13. Un pôle d'accueil porte son nom à Chambéry en Savoie.
  14. Une allée porte son nom à Tourcoing dans le Nord.
  15. Une allée porte son nom à Pont du Chateau en Auvergne (depuis le 15 avril 2014).
  16. Un square porte son nom à Villeurbanne, près de Lyon (Rhône).
  17. Une rue porte son nom à La Garde à proximité du « parc des Savels », près de Toulon (Var).
  18. Une résidence de logements sociaux porte son nom à Saint-Jean-de-Valériscle, commune du Gard d'où elle est native. Inaugurée le 20 mars 2009 par Isabelle Anthonioz-Gaggini et Michel Anthonioz.
  19. Un collège porte son nom à Cluses (74)

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • La Traversée de la nuit, Éditions du Seuil, Paris, 1998 (ISBN 2020516543), réédité dans la collection Point Seuil
    • Texte[10] créé au théâtre dans une mise en scène de Christine Zeppenfeld interprété par Valérie Le Louédec & Magali Bruneau ; conception multimédia interactive en collaboration avec la Maison des sciences de l'Homme Paris-Nord par Alain Bonardi, Nathalie Dazin ; création des images 3D par Julien Piedpremier ; chorégraphie Magali Bruneau ; composition musicale de Stéphane Grémaud ; création lumière Thierry Fratissier ; création et conception costumes Inez Palaver. Création au Centre des arts d'Enghien novembre 2003
  • Le Secret de l'espérance, Fayard / Éditions Quart Monde, Paris, 2001 (ISBN 2-213-61031-2)
  • Préface de Face à Barbie. Souvenirs-cauchemars de Montluc à Ravensbrück, de Lise Lesèvre, 1987, Les nouvelles éditions du Pavillon (ISBN 2852240904)
  • Frédérique Neau-Dufour, Geneviève de Gaulle Anthonioz, l'autre de Gaulle, Paris, éditions du Cerf, 2004.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pour l'état civil : Geneviève Germaine Marie Agnès de Gaulle
  2. « Les dépouilles des deux résistantes n'iront pas au Panthéon. », sur http://www.ledauphine.com,‎ (consulté en )
  3. Cf. plaque commémorative au 68 rue Bonaparte, dans le 6e arrondissement de Paris.
  4. Cf. Site du collège de Montesson.
  5. Revue d'histoire de la Deuxième Guerre mondiale, 12e année, n° 45, Camps de concentration (Janvier 1962), pp. 71-84 (sur JStor).
  6. Discours lors de la cérémonie d’hommage à la Résistance, François Hollande, 21 février 2014.
  7. Dépêche AFP sur le site du Monde, 19/02/2012.
  8. AFP, « Geneviève de Gaulle-Anthonioz : « le refus de l'inacceptable » », sur lepoint.fr, Le Point,‎ (consulté le 25 février 2014).
  9. L'idée d'inaugurer le collège sous ce nom vient du club Résistance fondé par M. Momboisse qui a travaillé avec ses élèves afin de l'inaugurer.
  10. Voir sur le site.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]