Geneviève de Gaulle-Anthonioz

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Plaque commémorative sur la maison de Geneviève de Gaulle, 10 rue de Robien à Rennes.

Geneviève Germaine Marie Agnès de Gaulle, née le à Saint-Jean-de-Valériscle (Gard) et décédée le à Paris, est une résistante française, déportée en 1944, militante des droits de l'homme et présidente d'ATD Quart Monde de 1964 à 1998. Elle est une nièce de Charles de Gaulle. Ses cendres seront prochainement transférées au Panthéon.

Biographie[modifier | modifier le code]

Elle est la fille de Xavier de Gaulle. Résistante dès dans le Groupe du Musée de l'Homme, Geneviève de Gaulle multiplie les actions de renseignement et d’information, notamment au sein du réseau Défense de la France. Arrêtée à la suite d'une trahison dans une souricière tendue aux membres de Défense de la France par Pierre Bonny de la gestapo française, le 20 juillet 1943[1] et emprisonnée à Fresnes, elle est déportée au camp de concentration de Ravensbrück le . Au camp, elle rencontre et se lie d'amitié avec quatre autres résistantes : Jacqueline Péry d'Alincourt, Suzanne Hiltermann, Anise Postel-Vinay et Germaine Tillon[2]. En octobre 1944, elle est placée en isolement au « bunker » du camp. Cette décision est prise par Himmler afin de la garder en vie et de l'utiliser comme monnaie d’échange. Elle a tiré un livre de cette expérience, La Traversée de la nuit, écrit cinquante ans après sa libération, en , livre qui raconte sa vie en camp de concentration et l'entraide entre femmes.

Membre active puis présidente de l’Association nationale des anciennes déportées et internées de la Résistance (ADIR), elle suit les procès des criminels nazis en Allemagne, puis participe à l’essor du mouvement politique lancé par son oncle, le RPF.

En 1958, elle travaille au cabinet d'André Malraux quand elle rencontre le Père Joseph Wresinski, alors aumônier du bidonville de Noisy-le-Grand. Dans les souffrances des familles qu'elle y découvre, elle revoit celles qu'elle-même et d'autres déportés ont vécues et décide de s'engager avec le Père Joseph dans le Mouvement ATD Quart Monde que celui-ci a fondé. Elle est présidente de la branche française de ce Mouvement de 1964 à 1998.

En 1987, elle témoigne sur la barbarie nazie lors du procès de Klaus Barbie.

Nommée en 1988 au Conseil économique et social, elle se bat pendant dix ans pour l’adoption d’une loi d’orientation contre la grande pauvreté. Reportée en 1997 pour cause de dissolution de l’Assemblée nationale, la loi est votée en 1998.

Le , le président François Hollande annonce[3] le transfert de sa dépouille au Panthéon aux côté des résistants Pierre Brossolette et Germaine Tillion ainsi que de l'ex-ministre Jean Zay[4].

Famille[modifier | modifier le code]

Geneviève de Gaulle est la nièce du général de Gaulle, et la petite-fille de Pierre Gourdon, auteur de romans populaires.

En 1946, elle épouse Bernard Anthonioz (1921-1994), jeune éditeur d’art et lui aussi ancien résistant, avec lequel elle a quatre enfants, dont Michel Anthonioz (1947-2009).

Prix, hommages et distinctions[modifier | modifier le code]

Décorations[modifier | modifier le code]

Distinction[modifier | modifier le code]

  • 1994 : Prix des droits de l'Homme en France et dans le monde

Hommages[modifier | modifier le code]

  1. Le général de Gaulle lui a dédicacé ses Mémoires de guerre.
  2. Un lycée porte son nom à Milhaud dans le Gard.
  3. Un collège[6] porte son nom, depuis le 26 avril 2008, aux Bordes (Loiret), ainsi qu'à Cluses en Haute-Savoie.
  4. Une école maternelle porte son nom à Montpellier dans l'Hérault.
  5. Le nouveau centre hospitalier de Saint-Dizier, ouvert en 2009, porte son nom.
  6. Une place porte son nom dans le 15e arrondissement de Paris (terre-plein au carrefour des rues de Vaugirard, de la Convention et Alain Chartier).
  7. Une rue porte son nom à Rennes, non loin de la station de métro Clemenceau.
  8. Une rue porte son nom à Millau dans l'Aveyron.
  9. Une rue porte son nom à Athis-Mons dans l'Essonne.
  10. Une rue porte son nom à Saulcy-sur-Meurthe dans les Vosges.
  11. Une rue porte son nom à Saint-Martin-d'Hères en Isère.
  12. un pôle d'accueil porte son nom à Chambéry en Savoie.
  13. une allée porte son nom à Tourcoing dans le Nord
  14. une allée porte son nom à Pont du Chateau en Auvergne (depuis le 15 avril 2014).

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • La Traversée de la nuit, Éditions du Seuil, Paris, 1998 (ISBN 2020516543), réédité dans la collection Point Seuil
    • Texte[7] créé au théâtre dans une mise en scène de Christine Zeppenfeld interprété par Valérie Le Louédec & Magali Bruneau ; conception multimédia interactive en collaboration avec la Maison des sciences de l'Homme Paris-Nord par Alain Bonardi, Nathalie Dazin ; création des images 3D par Julien Piedpremier ; chorégraphie Magali Bruneau ; composition musicale de Stéphane Grémaud ; création lumière Thierry Fratissier ; création et conception costumes Inez Palaver. Création au Centre des arts d'Enghien novembre 2003
  • Le Secret de l'espérance, Fayard / Éditions Quart Monde, Paris, 2001 (ISBN 2-213-61031-2)
  • Préface de Face à Barbie. Souvenirs-cauchemars de Montluc à Ravensbrück, de Lise Lesèvre, 1987, Les nouvelles éditions du Pavillon (ISBN 2852240904)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cf. plaque commémorative au 68 rue Bonaparte, dans le 6e arrondissement de Paris.
  2. http://www.clg-picasso-montesson.ac-versailles.fr/spip.php?article213
  3. Discours lors de la cérémonie d’hommage à la Résistance, François Hollande, 21 février 2014.
  4. Dépêche AFP sur le site du Monde, 19/02/2012.
  5. AFP, « Geneviève de Gaulle-Anthonioz : « le refus de l'inacceptable » », sur lepoint.fr, Le Point,‎ 20 février 2014 (consulté le 25 février 2014).
  6. L'idée d'inaugurer le collège sous ce nom vient du club Résistance fondé par M. Momboisse qui a travaillé avec ses élèves afin de l'inaugurer.
  7. Voir sur le site.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]