Paul Lafargue

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Paul Lafargue

Description de l'image  Paul Lafargue profil.jpg.
Naissance 15 janvier 1842
Santiago de Cuba (Cuba)
Décès 25 novembre 1911 (à 69 ans)
Draveil (France)
Nationalité Flag of France.svg Française
Profession philosophe

Paul Lafargue est un socialiste français né à Santiago de Cuba, le 15 janvier 1842 et mort à Draveil le 25 novembre 1911[1],[2]. Il est le gendre de Karl Marx et il est surtout connu pour son essai Le Droit à la paresse.

Sommaire

[modifier] La vie

Laura Marx, épouse de Paul Lafargue.

Les Lafargue regagnent la France en 1851 ; le jeune Paul est alors âgé de neuf ans. Il suit des études secondaires à Bordeaux, dont est originaire son père François Lafargue, puis des études de médecine à la faculté de médecine de Paris, où il fait connaissance avec Proudhon. Suite à une déclaration au premier congrès international des étudiants qui a lieu à Liège, en octobre 1865, et dans laquelle il émet le souhait de voir disparaître les rubans tricolores au profit de la seule couleur rouge, il est exclu à vie de l'université de Paris. Il émigre à Londres où il rencontre Friedrich Engels et Karl Marx (en février 1865), dont il épouse la fille, Laura, en 1868[2].

[modifier] La Première Internationale

Il rentre alors en France où il devient membre de la Première Internationale. Dès 1866, il est élu au conseil général de l'Internationale où il représente l'Espagne jusqu'au congrès de Bruxelles en 1868.
Il participe à la Commune de Paris en 1871, puis gagne l'Espagne où il fonde, à Madrid, une section marxiste (1871) de la Ire Internationale.

[modifier] Le Parti ouvrier français

Après s'être rendu au Portugal, Lafargue revient à Londres où il rencontre Jules Guesde, avec qui, en France, il fonde le Parti ouvrier (1880) et son périodique, Le Socialiste (1885-1904).

Il est incarcéré en 1883. Il devient député de Lille en novembre 1891 alors qu'il est à nouveau emprisonné à la suite d'une condamnation pour « provocations au meurtre » après les fusillades de Fourmies (1er mai 1891) qui avaient fait neuf morts chez les ouvriers.

Il est député du Nord de 1891 à 1893[2].

À 69 ans, en 1911, il se suicide à Draveil avec sa femme, en se justifiant dans une courte lettre : « Sain de corps et d'esprit, je me tue avant que l'impitoyable vieillesse qui m'enlève un à un les plaisirs et les joies de l'existence et qui me dépouille de mes forces physiques et intellectuelles ne paralyse mon énergie, ne brise ma volonté et ne fasse de moi une charge à moi et aux autres ».

Paul Lafargue et Laura Marx sont enterrés au cimetière du Père-Lachaise (division 77), face au mur des Fédérés.

Lénine à déclaré sur la tombe de Laura et Paul Lafargue qu'il était « un des plus grands propagateurs des idées marxistes » [3]

[modifier] L'œuvre

Une des nombreuses éditions militantes du texte.

Paul Lafargue est l'auteur, entre autres, du pamphlet fameux Le Droit à la paresse (1880) :
« Une étrange folie possède les classes ouvrières des nations où règne la civilisation capitaliste. Cette folie traîne à sa suite des misères individuelles et sociales qui, depuis deux siècles, torturent la triste humanité. Cette folie est l'amour du travail, la passion moribonde du travail, poussée jusqu'à l'épuisement des forces vitales de l'individu et de sa progéniture... »

Il est également l'auteur d'un Cours d'économie sociale (1884), du Communisme et l'Évolution économique (1892), et du Socialisme et la Conquête des pouvoirs publics (1899) et de nombreux textes polémiques ou de circonstance.

[modifier] Citation

« Les socialistes révolutionnaires ont à recommencer le combat qu'ont combattu les philosophes et les pamphlétaires de la bourgeoisie ; ils ont à démolir, dans les têtes de la classe appelée à l'action, les préjugés semés par la classe régnante. » (Le Droit à la paresse, 1880)

[modifier] Hommage

[modifier] Publications

  • Le Droit à la paresse (Réfutation du « Droit au travail » de 1848), 1880, Wikisource-logo.svg (version numérique disponible sur wikisource) et nouvelle édition, 1883, Wikisource-logo.svg (sur wikisource)
  • Le Parti socialiste allemand, 11 décembre 1881
  • La Politique de la bourgeoisie, 18 décembre 1881
  • Que veulent donc les seigneurs de l'industrie du fer ?, 18 décembre 1881
  • Au nom de l'autonomie, 18 décembre 1881
  • Le Sentimentalisme bourgeois, 25 décembre 1881
  • M. Paul Leroy-Beaulieu, 25 décembre 1881
  • L'Autonomie, 25 décembre 1881
  • L'Ultimatum de Rothschild, 8 janvier 1882
  • Les Luttes de classes en Flandre de 1336-1348 et de 1379-1385, 22 & 29 janvier 1882
  • La Journée légale de travail réduite à huit heures, 26 février 1882
  • Un moyen de groupement, 12 mars 1882
  • La Base philosophique du Parti ouvrier, 1882
  • Essai critique sur la Révolution française du XVIIIe siècle, 1883
  • Le Matérialisme économique de Karl Marx, cours d'économie sociale, 1884
  • La Légende de Victor Hugo, 1885, écrit pamphlétaire écrit quelques jours après l'enterrement de ce dernier et l'accusant de n'être qu'un bourgeois opportuniste, Wikisource-logo.svg sur Wikisource
  • Une visite à Louise Michel, 1885
  • Sapho, 1886
  • Les Chansons et les cérémonies populaires du mariage, 1886
  • Le Matriarcat, étude sur les origines de la famille, 1886
  • La Circoncision, sa signification sociale et religieuse, 1887
  • La Religion du Capital, 1887, Wikisource-logo.svg sur Wikisource
  • Le Parti ouvrier français, 1888
  • Pie IX au Paradis, 1890
  • Le Darwinisme sur la scène française, 1890
  • Souvenirs personnels sur Karl Marx, 1890
  • Appel aux électeurs de la 1re circonscription de Lille, 1891
  • Origine de la propriété en Grèce, 1893
  • Un appétit vendu, 1893
  • Campanella, étude sur sa vie et sur la Cité du Soleil, 1895
  • Idéalisme et matérialisme dans la conception de l'histoire, 1895
  • Le Mythe de l'Immaculée Conception, étude de mythologie comparée, 1896
  • Les Origines du Romantisme, 1896
  • Le Socialisme et la Science sociale, 1896
  • La Fonction économique de la bourse, contribution à la théorie de la valeur, 1897
  • Le Socialisme et la Conquête des pouvoirs publics, 1899
  • Origine de l'idée du Bien, 1899
  • Le Socialisme et les Intellectuels, 1900
  • Les trusts américains : leur action économique, sociale, politique[5], 1903
  • Souvenirs personnels sur Friedrich Engels, 1904
  • La Question de la femme, 1904
  • Le Mythe de Prométhée, 1904
  • Le Patriotisme de la bourgeoisie, 1906
  • Origine des idées abstraites, 1909
  • La Croyance en Dieu, 1909
  • Le Problème de la connaissance, 15 décembre 1910
  • Paul Lafargue, Paresse et Révolution - écrits 1880-1911, Tallandier, coll. dirigée par Jean-Claude Zylberstein, 431 p., nov. 2009, textes choisis, présentés et annotés par Gilles Candar et Jean-Numa Ducange.

[modifier] Bibliographie

  • Jean Jaurès, « La destinée », L’Humanité, 28 novembre 1911.
  • (en) Leslie Derfler, Paul Lafargue and the Founding of French Marxism, 1842-1882, Harvard University Press, 14 mars 1991, 1re éd., 304 p. (ISBN 978-0674659032) 
  • (en) Leslie Derfler, Paul Lafargue and the Flowering of French Socialism 1882-1911, Harvard University Press, 8 juillet 1998, 1re éd., 384 p. (ISBN 978-0674659124) 
  • Jacques Macé, Paul et Laura Lafargue. Du droit à la paresse au droit de choisir sa mort, L'Harmattan, 220 p., 2001 [extraits en ligne]
  • Françoys Larue Langlois, Paul Lafargue, Paris, Punctum, 2007
  • Le Droit à la paresse (1999), pièce de théâtre de Roger Gouze, mise en scène par Christian Le Guillochet, avec Annie Bertin, Jean Bertho, Mario Pecqueur, Jacques Philipson. L'action se situe peu avant la décision des époux Lafargue de mettre fin à leurs jours.
  • Jean-Numa Ducange, « Paul Lafargue, cent ans après... », dans Notes de la fondation Jean Jaurès, 22 novembre 2011 [texte intégral (page consultée le 23/11/2011)] 
  • Pierre Outteryck, Pascal Bavencove, Salut camarade. Paul Lafargue, passeur de la pensée-Marx, Geai Bleu Éditions, 2011 (ISBN 9782914670605)

[modifier] Notes et références

  1. Notice d'autorité personne du catalogue général de la BNF.
  2. a, b et c Ducange 2011
  3. La guerre civile en France 1871 - la commune de Paris[réf. incomplète]
  4. Texte de la chanson.
  5. Texte sur Gallica.

[modifier] Annexes

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[modifier] Articles connexes

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