Parti progressiste martiniquais

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Parti progressiste martiniquais
Image illustrative de l'article Parti progressiste martiniquais
Logo officiel
Présentation
Président Serge Letchimy
Fondation 1958 : scission du PCF
Siège PPM, Ancien réservoir de Trénelle, 97200 Fort-de-France
Secrétaire général Didier Laguerre
Idéologie Autonomisme, social-démocratie, progressisme
Adhérents 2 000
Couleurs vert, rouge, noir
Site web www.ppm-martinique.fr
Présidents de groupe
Conseil régional de la Martinique Serge Letchimy, président du Conseil régional
Conseil général de la Martinique Josette Manin (BPM), présidente du Conseil général
Représentation
Députés 4 en Martinique
1 / 577
Sénateurs 2 en Martinique
1 / 348
Conseillers régionaux
15 / 41
Conseillers généraux
11 / 45

Le Parti progressiste martiniquais (PPM) est un parti politique martiniquais créé par Aimé Césaire. Il est actuellement présidé par Serge Letchimy. Il se définissait à l'origine comme « un parti nationaliste, démocratique et anticolonialiste, inspiré de l'idéal socialiste » (art. 3 de ses statuts).

Historique[modifier | modifier le code]

La fondation et la présidence d'Aimé Césaire (1958-2005)[modifier | modifier le code]

Le Parti progressiste martiniquais est créé le 22 mars 1958 par Aimé Césaire avec quelques compagnons dont Pierre Aliker, Aristide Maugée ou Georges Marie-Anne. Deux ans auparavant, le 24 octobre 1956, Aimé Césaire adressait à Maurice Thorez, secrétaire-général du Parti communiste français à l'époque, sa démission du PCF et de son groupe parlementaire, dans la célèbre Lettre à Maurice Thorez.

Lors du IIIe Congrès du parti les 12 et 13 août 1967, le PPM adopte le mot d'ordre d'autonomie. Dans son discours de clôture, Aimé Césaire déclare « Cette indispensable conquête du pouvoir politique par le peuple martiniquais, nous, le PPM, nous pensons qu'elle ne peut se faire par l'accession de la Martinique à l'autonomie dans l'ensemble français... tout en restant dans le cadre français, nous entendons pouvoir prendre librement les décisions qui nous concernent au premier chef en tant que martiniquais et exécuter nous-mêmes ces décisions... par conséquent nous préconisons dès maintenant l'institution d'une assemblée délibérante martiniquaise souveraine dans un certain nombre de domaines lesquels sont à délimiter, et d'un exécutif martiniquais ».

En 1973, Aimé Césaire prononce un an après l'échec de la Convention autonomiste du Morne-Rouge, le célèbre Discours des trois voies et des cinq libertés. Compte tenu de ce revers une nouvelle stratégie s'impose. Aimé Césaire constate que le mot d'ordre d'autonomie n'obtient pas l'adhésion majoritaire. Il considère qu'il faut l'adapter aux exigences du temps présent et œuvrer pour promouvoir le développement économique.

Le mot d'ordre d'autonomie a été réaffirmé lors VIIIe Congrès du PPM en juillet 1979. « L'autonomie pour la nation martiniquaise, étape de l'histoire du peuple martiniquais en lutte depuis trois siècles pour son émancipation définitive ».

Le 29 mai 1981, Aimé Césaire prononce dans la cour de la mairie de Fort-de-France, le célèbre « discours du Moratoire ». Il déclare : « Camarades, vous savez ce qu'est un moratoire ? C'est un arrêt provisoire, c'est une suspension. Je n'ai pas dit suppression, j'ai dit une suspension... Je proclame ce soir et jusqu'à nouvel ordre, je proclame solennellement un moratoire politique, concernant le problème du statut juridique ».

La présidence de Serge Letchimy (depuis 2005)[modifier | modifier le code]

Lors du 17e Congrès du PPM en octobre 2005, Aimé Césaire et Pierre Aliker quittent la direction du parti et passent le témoin à la nouvelle génération. Serge Letchimy est élu président du PPM.

Le PPM, après la scission en 2006 du RDM de Claude Lise, compte actuellement un député et président du conseil régional (Serge Letchimy), un sénateur (Serge Larcher), 11 conseillers généraux (Jean-Claude Jabol, Patrick Flériag, Johnny Hajjar, Rodolphe Désiré, Raphaël Séminor, Christian Edmond-Mariette, Jean-Claude Ecanvil, Jean-Michel Jean-Baptiste, Félix Ismain, Jocelyn Régina et Luc de Grandmaison), 15 conseillers régionaux encartés PPM et 5 maires, Raymond Saint-Louis-Augustin (Fort-de-France), Rodolphe Désiré (Le Marin), Louis Crusol (Sainte-Luce), Jean-Claude Ecanvil (Le Carbet) et Félix Ismain (Bellefontaine). Le PPM compte à ce jour 2 000 adhérents et 30 balisiers (sections) sur l'ensemble du territoire de la Martinique.

Aux élections législatives de 2007, Serge Letchimy est élu député de la Martinique, apparenté au groupe Socialiste, radical, citoyen et divers gauche[1].

Le PPM est le seul parti autonomiste à être opposé à une évolution statutaire dans le cadre de l'article 74 de la Constitution. Dans une déclaration officielle, le PPM a fait savoir qu'il votera « Oui » à l'article 73 lors du référendum du 24 janvier 2010. Le PPM prône la « troisième voie », c'est-à-dire une autonomie constitutionnalisée à l'instar de la Nouvelle-Calédonie.

Aux élections régionales des 14 et 21 mars 2010, la liste « Ensemble, pour une Martinique nouvelle » conduite par Serge Letchimy arrive en tête au second tour avec 78 193 voix et obtient une majorité de 26 sièges pour diriger le conseil régional de la Martinique. La liste « Ensemble, pour une Martinique nouvelle » est constituée d'élus du PPM, de la Fédération socialiste de Martinique, du Mouvement populaire franciscain, d'Osons oser, du mouvement « Vivre à Schoelcher », divers-gauche et des gens de la société civile. Il y a 15 élus encartés PPM sur cette liste : Serge Letchimy, Catherine Conconne, Didier Laguerre, Daniel Robin, Daniel Chomet, Jean Crusol, Fred Lordinot, Christiane Mage, Simon Morin, Thierry Fondelot, Élisabeth Landi, Marie-Thérèse Casimirius, Manuella Kéclard-Mondésir, Jean-Claude Duverger et Camille Chauvet.

Le 26 mars 2010, Serge Letchimy est élu officiellement président du conseil régional de la Martinique.

Lors des élections cantonales des 20 et 27 mars 2011, le PPM gagne les cantons 3,4,6 et 8 de Fort-de-France, mais perd celui de Sainte-Marie 1 détenu par Fred Lordinot, qui est éliminé dès le 1er tour. Le groupe « Ensemble, pour une Martinique nouvelle » au conseil général constitué des élus du PPM, de la Fédération socialiste de Martinique, du Mouvement populaire franciscain, d'Osons oser, et du mouvement « Vivre à Schoelcher » obtient la majorité et remporte la présidence du conseil général de la Martinique. C'est la conseillère générale de Bâtir le pays Martinique, Josette Manin qui est élue présidente de l'assemblée départementale grâce notamment aux voix des 11 élus PPM du groupe.

La coalition "Ensemble, pour une Martinique nouvelle"[modifier | modifier le code]

La coalition « Ensemble, pour une Martinique nouvelle » a été créée à l'initiative de Serge Letchimy, lors des élections régionales de mars 2010. Elle est constituée des élus du PPM, de la Fédération socialiste de la Martinique, du Mouvement populaire franciscain, d'Osons oser, d'élus divers gauche et divers droite, et du mouvement « Vivre à Schoelcher ». La coalition « Ensemble, pour une Martinique nouvelle » dont le PPM est la principale composante domine la vie politique en Martinique depuis les régionales 2010 et les cantonales 2011. En effet, cette coalition se trouve à la direction des deux assemblées majeures de la Martinique (le conseil général (Josette Manin) et le conseil régional (Serge Letchimy). Le 25 septembre 2011, Serge Larcher et Maurice Antiste soutenus par la coalition « Ensemble, pour une Martinique nouvelle », sont élus sénateurs de la Martinique. Le 22 octobre 2011, Maurice Bonté, maire divers droite de L'Ajoupa-Bouillon a été élu président de l'association des maires de la Martinique avec l'appui de la coalition « Ensemble, pour une Martinique nouvelle ».

Lors des élections législatives françaises de 2012, la coalition « Ensemble, pour une Martinique nouvelle » a essuyé son premier revers électoral. En effet, sur les 4 candidats présentés par cette alliance, seul Serge Letchimy a été réélu député le 16 juin 2012. Luc-Louison Clémenté, Arnaud René-Corail et Louis-Joseph Manscour ont été battus par les candidats soutenu par l'alliance MIM/CNCP/PALIMA/MODEMAS/RDM dont le leader est Alfred Marie-Jeanne.

Idéologie[modifier | modifier le code]

Selon l'article 3 des statuts du parti : « le PPM est un parti nationaliste, démocratique et anticolonialiste, inspiré de l'idéal socialiste [...] il entend dès maintenant, préparer le peuple martiniquais à assumer la responsabilité des décisions sur le plan politique, économique et social, sur le plan culturel, axer ses efforts sur le développement de la personnalité martiniquaise ». En 1958, à l'occasion de la création du PPM, Aimé Césaire présente un rapport intitulé Pour la transformation de la Martinique en région dans le cadre d'une union française fédérée. Lors du congrès constitutif, il disait dans son discours « Le Parti progressiste martiniquais pourrait proposer la transformation des départements d'outre-mer en régions fédérales. Si nous faisons cela nous aurons réussi à allier notre double souci de rester liés à la France et d'être de bons Martiniquais ».

Organisation[modifier | modifier le code]

Secrétaires-généraux[modifier | modifier le code]

  • Rodolphe Désiré, secrétaire général de 1967 à 1970.
  • Camille Darsières, secrétaire général de 1970 à 1999.
  • Yvon Paquit, secrétaire général de 1999 à 2001.
  • Pierre Suédile, secrétaire général de 2001 à 2004.
  • Catherine Conconne, par intérim de 2004 à 2005.
  • Didier Laguerre, depuis 2005

Présidents[modifier | modifier le code]

Publication[modifier | modifier le code]

Le journal du PPM, Le Progressiste, est un hebdomadaire publié depuis 1959.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]