Georges-René Pléville Le Pelley

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Georges René Le Pelley
de Pléville
Portrait réalisé à Versailles en 1786
Portrait réalisé à Versailles en 1786

Surnom Pléville-Le Pelley
Naissance 18 juin 1726
Granville
Décès 2 octobre 1805 (à 79 ans)
Paris
Origine Français
Allégeance Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau de la France République française
Arme Pavillon de la marine royale française Marine royale française
Corsaire
Marine révolutionnaire
Grade Vice-amiral en avril 1798
Années de service 17451798
Conflits Guerre de Sept Ans,
Guerre d'indépendance des États-Unis,
Guerres de la Révolution française,
Guerres napoléoniennes
Commandement Capitaine de port à la Martinique en 1763,
Gouverneur du port de Marseille,
Commandant d’une division chargée d’escorter un convoi de ravitaillement bloqué à Tunis,
Forces navales à Ancône et Corfou,
Forces navales de la Méditerranée (1798)
Faits d'armes Différents combats sur des navires corsaires ou sur des vaisseaux du roi ou de la république
Distinctions
Autres fonctions Trésorier du club révolutionnaire de Marseille, plénipotentiaire à Lille en 1797, Ministre de la marine (1797-1798), sénateur (1799)

Georges-René Le Pelley de Pléville, dit « le Corsaire à la jambe de bois », surnommé après la Révolution Pléville Le Pelley, né à Granville le 18 juin 1726[1],[2],[Note 1] et mort à Paris le 2 octobre 1805 (à 79 ans)[3],[Note 2], est un officier de marine, aristocrate et homme politique français des XVIIIe et XIXe siècles. Il est gouverneur du port de Marseille, vice-amiral, ministre de la Marine et des Colonies du 18 août 1797 au 28 avril 1798, sénateur, chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis et de l'ordre de Cincinnatus ; il est l'un des premiers grands officiers de l'ordre national de la Légion d'honneur.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ses origines[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Famille Le Pelley.

Georges-René Pléville Le Pelley descend d'une très ancienne famille de la bourgeoisie granvillaise, qui avait jadis gagné dans les armements maritimes une fortune considérable[Note 3] et sera anoblie en 1816[4],[5]. Son père[1], Hervé Le Pelley (1699-1739)[6],[Note 4], sieur de Pléville, capitaine de navire est le fils de Jacques Le Pelley (1658-1726), sieur du Manoir. Sa mère[1], Jeanne Julienne Belliard du Saussey est la fille de Georges Belliard, sieur du Saussey dans la paroisse de Lingreville.

La théorie selon laquelle il aurait fuit du collège de Coutances pour s'embarquer sur un navire, contre l'avis de sa famille, est une légende[7],[Note 5]. Il poursuit en effet de bonnes études classiques et son oncle, René Pierre Le Pelley du Manoir, curé de Granville, l'aurait volontiers vu entrer dans les ordres, alors que le jeune garçon ne rêvait que de navigation[Note 6].

Les débuts du marin[modifier | modifier le code]

Son père meurt le 20 avril 1739[6],[Note 7] et le même mois Georges-René, presque âgé de treize ans, part en qualité de volontaire sur le navire le Comte-de-Thorigny, armé par Thomas Courraye du Parc et commandé par Jacques Caillouet, tous deux des parents, à destination de Gaspé pour la pêche à la morue. Il sera inscrit comme mousse sur le rôle de l'équipage[8],[Note 6]. Les conditions de vie sont si rudes[Note 8] que le jeune mousse sera remarqué par MM. Dry et Clément, armateur et capitaine du Clément qui le prendront à leur bord[9],[Note 9] pour un retour sur La Rochelle et Granville (désarmement le 21 janvier 1740)[10].

« À son retour, on lui parle du séminaire. « La mer et rien d'autre » répond-il[11]. » On le laisse libre, il a treize ans. Il embarque au Havre en mars 1740 comme enseigne[Note 10] sur la Ville-de-Québec, capitaine Haudet, pour Québec. Pour avoir pris la défense d'un jeune mousse[Note 11], il est frappé et mis aux arrêts.

Sa fierté n'accepte pas une telle punition. Lors d'une relâche à Pointe-Penouille (havre de Gaspé) à l'embouchure du Saint Laurent, il trompe un soir la surveillance dont il est l'objet et s'enfonce le 13 juin 1740 dans la forêt. Il erre pendant cinquante-cinq jours en longeant le Saint-Laurent pour rejoindre Québec. Pour s'orienter, le gamin n'a que le soleil ; pour se nourrir les fruits et les herbes de la forêt[Note 12]. Le 55e jour, il arrive à une chaumière, frappe à la porte et tombe évanoui[Note 12]. C'est une famille de braves canadiens, la famille Dubuisson, qui le recueillent pendant deux mois et le soignent comme un fils[Note 13].

Le 28 septembre 1740, pour échapper au capitaine Haudet, il embarque sous le nom de Duvivier[Note 14] comme matelot sur une goélette, capitaine Guyon de Honfleur, à destination de l'Amérique[9]. Il débarque au Cap-Français puis s'engage sur un flibustier faisant contrebande[Note 15] sur Porte-Rico, Carthagène ou dans le golfe du Mexique et qui désarme au Cap en juillet 1741.

C'est sur le Victor-Amédée, du Havre de Grâce, capitaine Coignel que le patron de canot[12],[Note 16] Duvivier reprend la mer en février 1742 pour l'Europe et débarque au Havre le 20 avril[9],[Note 15]. Il repart ensuite le 8 mai pour l'Amérique, embarqué comme lieutenant[12] sur le Fleury, commandé par son oncle Tilly Le Pelley[Note 17].

En course et en guerre[modifier | modifier le code]

De 1743 à 1748[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Guerre de Succession d'Autriche.

Revenu au mois de juillet 1743, il suit à Caen des cours de mathématiques et d'hydrographie. Il est reçu garde de la Marine mais doit renoncer à l'école royale de la Marine, faute de revenus suffisants[9]. Quand éclate la guerre avec l'Angleterre, il accourt au Havre en 1744 et s'engage sur un corsaire havrais de six canons, capitaine Vincent[Note 18]. C'est là qu'il reçoit le baptême du feu. Il monte à l'abordage, est blessé d'un coup de sabre au bras, et en donne beaucoup d'autres[12].

En juin, de retour à Granville, il est premier lieutenant sur la Françoise-du-Lac[13],[Note 18], corsaire de 30 tonneaux, 6 canons et soixante hommes, goélette armée par Gille Vasse et commandée par Martin Poittevin. Près d'Ouessant, le corsaire granvillais ne peut éviter le combat inégal contre 2 navires anglais mieux armés. Le combat durera 6 heures, Le Pelley, blessé par la mitraille au bras et à la cuisse gauche, est touché par un boulet ramé qui lui coupe la jambe droite[12],[Note 18] ; il a tout juste dix-huit ans.

Emmené à Falmouth, prisonnier, hospitalisé puis hébergé par un couple d'Anglais, il ne retrouvera Granville qu'au début de 1745 et, à la fin de l'année, il est parfaitement habitué à sa jambe de bois. M. Letourneur, le commissaire de la marine de Granville lui obtient une pension d'invalide de 180 livres par an, mais Pléville n'est pas d'un caractère à rester inactif[12].

Il sert ainsi en août 1745 dans la marine royale comme lieutenant de frégate sur L’Argonaute commandé par Tilly Le Pelley[14],[Note 19], son oncle. Le but de la campagne est d'aller avec l'escadre de M. de Salvert, au secours de Louisbourg, mais la place est tombée aux mains de l'ennemi et l'escadre revient sans dépasser Terre-Neuve. Pléville passe ensuite au mois d'avril de l'année suivante, toujours sous les ordres de son oncle, sur le vaisseau Le Mercure[Note 19] qui fait partie de l'escadre envoyée en 1746, sous les ordres du duc d'Anville, pour reprendre le Cap-Breton[12],[14].

L'escadre est attaquée à son retour de Chibouctou par l'amiral Anson. Dans le combat un boulet emporte la jambe de bois de Pléville Le Pelley : « Le boulet s'est trompé, il n'a donné de l'ouvrage qu'au charpentier »[14],[Note 19]. Le vaisseau est capturé, l'équipage emmené à Plymouth, mais deux mois après Pléville est de retour à Granville[12].

On est au printemps de 1747. L'armement des corsaires est dans toute son activité et M. du Parc termine les préparatifs de sa superbe frégate, le Grenet[Note 20], qui porte 40 canons et 400 hommes d'équipage. Pléville s'y embarque comme lieutenant. La frégate croise dans la Manche et en quelques combats capture huit beaux navires anglais dont la vente produit de copieux dividendes. Pléville touche pour sa part 2 400 livres : jamais il n'a rêvé pareille fortune[12] !

Il est bien moins heureux à la fin de l'année 1747 dans sa campagne sur le Comte de Noailles où il est officier en second. Ce corsaire est capturé dès le début de la course et Pléville se retrouve de nouveau prisonnier[Note 20] sur parole à Tavistock en Angleterre. Les échanges tardant à se faire, Pléville reprend sa parole et se fait mettre en prison. Quelques jours après, il trouve moyen d'escalader le mur, échappe, malgré sa jambe de bois, à la garde qui le poursuit et parvient, sans être vu, à se réfugier chez un tailleur français. La nuit suivante il prend la mer et ne tarde pas à arriver à Granville[12].

De 1748 à 1756[modifier | modifier le code]

La paix est signée en 1748. Pléville prend alors le commandement de plusieurs navires de commerce. Observateur attentif, travailleur consciencieux, il devient fort instruit dans tout ce qui regarde son métier et les phénomènes atmosphériques n'ont presque plus de secrets pour lui. Il pousse si loin le goût de l'étude qu'il emploie ses loisirs à faire de Ouessant à Cherbourg les sondages que les ingénieurs n'ont pu mener à bien avec assez d'exactitude[12].

Un jour il passe pour perdu : un ouragan qui a fait de nombreuses victimes pendant l'automne de 1751, le sépare des navires avec lesquels il rentrait au port. On est sans nouvelles de lui et les matelots affirment avoir vu sur la côte de Cancale les épaves de son navire. Certains même témoignent, par écrit, avoir trouvé sur la grève son cadavre et l'avoir enterré. Pléville, pendant ce temps, fait en Angleterre un fructueux négoce et fait gagner 300 pour 100 à son armateur sans frustrer personne et peu de temps après il rentre tout joyeux à Granville[12].

Sa réputation lui fait confier quelques mois plus tard, en 1752, le commandement du plus beau navire de Granville, le Brillant, de 500 tonneaux et de 140 hommes d'équipage bien qu'il soit le plus jeune de tous les capitaines du pays. Il va pendant quatre ans à Terre-Neuve, en Méditerranée, aux Antilles[12],[15].

De 1756 à 1762[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Guerre de Sept Ans.

En 1756, le maréchal de Richelieu a besoin des navires du commerce pour l’expédition de Minorque. Pléville est délégué par les capitaines pour discuter leurs intérêts avec l'intendant, puis il prend part avec le Brillant au transport des troupes de l'expédition. L'amiral remarque la précision des manœuvres de ce navire, envoie ses compliments au capitaine et le Brillant est désigné pour aller chercher l'artillerie à Toulon et la débarquer, au fond d'une anse, en passant sous le feu du fort Malborough. Pléville remplit sa mission avec précision, mais son navire est criblé de boulets[12].

Il sert pourtant encore l'année suivante pour l'expédition de Corse car le maréchal veut garder Pléville et le charger du commandement du golfe de Juan où se trouvent les gros transports. Une frégate anglaise vient pour les attaquer pendant la nuit ; le Brillant, malgré l'infériorité de son artillerie, s'avance à sa rencontre, la canonne et la force à la retraite[12].

Georges Pléville Le Pelley se marie[16] en 1757 à Marseille à trente-et-un ans avec Marie Ursule de Rambaud, fille de Jean qui est à la fois corsaire et armateur corsaire marseillais et négociant avec l'outre-mer. Le couple aura trois enfants[17],[Note 21].

Les armateurs de Granville et de Saint-Malo auraient désiré lui confier leurs meilleurs corsaires et lui font des offres séduisantes. Mais Pléville vient d'avoir un fils et préfère commander un bateau ayant Marseille pour port d'attache. Il choisit le Colibri, trois-mâts armé en guerre et marchandises qui porte douze canons. L'équipage est étranger, car tous les français sont à ce moment au service du roi, mais le capitaine sait si bien le tenir en main et l'aguerrir, qu'en peu de temps il capture huit navires ennemis parmi lesquels un marchand de boulets qui ne se rend qu'après un combat acharné[12].

Le Colibri accompagne ensuite en 1758 La Clue-Sabran qui doit se rendre aux Antilles et le choisit pour éclairer la marche de la division. Comme on ignore la force de l'ennemi dans le détroit, Pléville a l'audace d'aller louvoyer dans la rade même de Gibraltar sous le canon de 14 vaisseaux et rapporte des informations qui sauvent l'escadre[12].

À son retour le général reconnaissant, lui obtient le brevet provisoire de lieutenant de frégate et le commandement d'un petit bâtiment de la marine royale l'Hirondelle. Ce brigantin armé de 14 pièces de 6 n'est pas de force imposante mais son capitaine est de taille à en tirer le meilleur parti. Après l'avoir fait modifier pour en faire un marcheur de premier ordre, il met à la voile vers la fin de novembre. Dès le lendemain deux navires ennemis tombent entre ses mains. Il les conduit à Alicante et mouille dans le port, non loin d'un bâtiment anglais de 24 canons, battant guidon rouge[12].

Invité par le consul, il rencontre le capitaine d'un troisième navire anglais. « Vous avez pris mes compatriotes » lui dit celui-ci, « mais si je vous avais rencontré, c'est moi qui vous aurais pris ». « Cela se peut » lui répond tranquillement Pléville Le Pelley, « buvons à nos santés ». Quelques mois plus tard, revenant des Antilles en escortant des bateaux de Marseille, il aperçoit un navire ennemi, fonce dessus et le prend. Le capitaine vaincu monte à bord. C'était celui qui, à Alicante, avait promis de lui faire baisser pavillon. Pléville ne bronche pas, le fait asseoir et lui versant à boire : « Buvons encore à nos santés » dit-il[15].

Après une fructueuse campagne aux Antilles, l'Hirondelle a touché Toulon puis veut franchir de nouveau Gibraltar le 8 mars 1762 quand trois corsaires anglais de la Compagnie anglaise des Indes[14] se mettent en travers pour lui barrer la route. Pléville n'a que ses 14 petites pièces à opposer à leurs 44 canons. Il les attaque néanmoins les uns après les autres, en faisant pointer ses canonniers à démâter. Durant le combat, par un curieux hasard, un boulet vient encore lui enlever sa jambe de bois. « C'est la troisième fois que je perds la même jambe » dit-il en riant[14],[15]. Au bout d'une heure les trois anglais se rendent. Cette capture couronne une campagne dont le commandant de l'Hirondelle peut être fier, car il a fait, depuis sa sortie de Toulon, 32 prises et près de 1 500  prisonniers[12].

Dans la marine royale[modifier | modifier le code]

On finit par comprendre en haut lieu que ce simple capitaine du commerce, qui sert avec tant d'ardeur depuis vingt-cinq ans, mérite quelques égards et l'on croit faire beaucoup pour lui en lui accordant, le 17 août 1762, le grade de lieutenant de frégate et la place de second sur le chebec du roi, le Renard[18].

Capitaine de port à Fort-Royal[modifier | modifier le code]

L'année suivante, François Louis de Salignac, marquis de Fénélon, gouverneur de la Martinique qui a pu l'apprécier, le fait nommer auprès de lui comme capitaine de port[Note 22]. Aussitôt arrivé à la Martinique, Pléville se rend compte des besoins de la marine. Il y a de quoi, en vérité, exercer son activité et ses talents d'administrateur ; car tout semble à faire[18].

Le bassin de Fort-Royal est comblé par onze navires marchands que les anglais y ont coulés pendant leur occupation de l'île[Note 23]. Malgré le peu de moyens dont il dispose, le nouveau capitaine parvient à le dégager complètement. En peu de temps il dessèche le marécage, construit des quais, établit le poste. Toujours désintéressé, il croit devoir supprimer, à son détriment, la redevance que payaient les navires en entrant à Fort-Royal et qui avait été jusque là le bénéfice du capitaine de port. Il rédige un traité sur la mâture ; les cartes étant défectueuses, il fait des sondages dans toutes les Antilles et lève le plan de toutes les rades[18],[19].

Chargé en même temps de se procurer le croquis du fort Saint-Christophe, au risque de se faire pendre comme espion par les anglais, il réussit, en se rendant la nuit dans cette île, à en dresser un plan détaillé qui sert plus tard aux troupes du gouverneur de Bouillé. Par malheur, un matin ayant manqué son embarquement, il doit passer toute la journée caché dans un plan de cannes à sucre sous un soleil de plomb et frappé de congestion, il manque de mourir. L'administration doit l'envoyer en congé en France pour lui permettre de se rétablir. Son congé expiré, Pléville, dont le marquis de Fénelon a signalé les talents, est chargé par intérim de la direction de la marine à Marseille et nommé le 1er janvier 1766, au grade de capitaine de brûlot[18].

Gouverneur du port de Marseille[modifier | modifier le code]

Portrait de Georges-René Pléville Le Pelley avec la soupière en argent offerte par les Anglais.
Portrait de Georges-René Pléville Le Pelley avec la soupière en argent in Yves Le Pelley du Manoir : 1904-1928, p. 8.

Il trouve le moyen d'exercer dans ce nouveau poste son esprit d'ordre et de justice et s'empresse de mettre fin aux abus. « Les agents ne protégèrent plus pour de l'argent, la police fut établie ; je fus la bête noire de tout le monde, mais on finit par m'estimer. »[18].

Dans la nuit du 1er mal 1770, première année de son commandement à Marseille, le tocsin sonne dans la tempête, un navire est en détresse ; à l'aube, on reconnaît la frégate britannique HMS Alarme. Pléville Le Pelley lui signale de jeter une ligne amarrée à une bouée mais celle-ci ne peut, en raison des brisants s'approcher de la côte. Il faudrait un nageur vigoureux mais les assistants déclarent la tentative impossible[Note 24]. Pléville se jette à l'eau, disparaît cinq fois sous les vagues, prend la ligne entre les dents et regagne le rivage. Puis, passant une amarre, il remet la frégate à flot, va vers elle à bord d'une tartane et la rentre au port à demi coulée[15],[Note 25].

Les ingénieurs venus de Londres et de Toulon déclarent le renflouement du bateau impossible. Pléville le relève par des moyens de son invention, le radoube et le rend tout mâté à son capitaine. Celui-ci est Lord Jervis, bientôt connu sous le nom d'amiral Saint Vincent et son second à bord de l'Alarme un certain Nelson qui, lui aussi, ne tardera pas à faire parler de lui[15].

Dès l'année suivante, les lords de l'Amirauté envoient le capitaine Jervis avec sa frégate à Marseille pour remettre au lieutenant Pléville Le Pelley la lettre suivante : « Monsieur, La qualité du service que vous avez rendu à la frégate l'Alarme fait la noble envie et l'admiration de l'Anglais ; des travaux comme les vôtres méritaient que la Providence les couronnât ; vous avez dans votre âme une bien flatteuse récompense mais nous vous prions d'accepter comme gage de notre estime éternelle ce que le capitaine Jervis est chargé de vous remettre. Au nom et par ordre de Milord, Stephans[14],[15]. »

Ce présent est une soupière d'argent[Note 26]. Dix ans après, lorsque son fils, jeune officier de marine, est capturé sur une frégate et conduit en Grande-Bretagne, l'amirauté britannique le fait renvoyer en France sans échange, après l'avoir autorisé à choisir trois de ses camarades pour les emmener avec lui[14],[Note 27].

Le 31 mai 1770 il est nommé lieutenant de vaisseau et de port à Marseille : il n'a pas encore quarante-quatre ans et a enfin gravi tous les échelons des grades intermédiaires après 30 ans de services sur mer et près de 20 années de commandement. Le roi veut à son tour récompenser ses services et lui confère le 19 septembre 1773, la croix de Saint-Louis, cinq ans avant l'ancienneté réglementaire de service requise. Pléville est surpris de la diversité des emplois auxquels il est affecté cette année-là. Nommé successivement, lieutenant sur la corvette la Flèche, capitaine au régiment d'infanterie de Marseille, aide-major, puis commissaire de la marine, il reprend à la fin de 1773 son poste aux services du port. En 1776 il commande le Sagittaire, vaisseau de 50 canons avec lequel il fait une campagne à la Martinique[18].

Désigné, à son retour, pour recevoir le frère du roi à Marseille en juin 1777, il s'acquitte de cette mission à la satisfaction de tout le monde[Note 28]. Quelques semaines plus tard, il est chargé d'accompagner l'empereur d'Allemagne, Joseph II, frère de la reine Marie-Antoinette, et de lui répondre « sans trop éveiller sa curiosité. »[Note 29].

Guerre d'indépendance américaine[modifier | modifier le code]

En 1778 le comte d'Estaing termine à Toulon l'armement de la flotte de 12 vaisseaux et 15 frégates avec lesquelles il s'apprête à soutenir la cause de l'indépendance américaine. Sentant la jalousie des officiers rouges [Note 30],[Note 31]pour sa trop rapide carrière maritime, il demande qu'on lui donne Pléville et son fils, déjà enseigne depuis cinq ans, pour les prendre avec lui sur le Languedoc où il va arborer son pavillon. Pléville reçoit l'ordre le 9 avril, prend 24 heures pour régler ses affaires et préparer ses équipages ; le 11 il est à bord et le 13 on met à la voile[18].

L'amiral ne tarde pas à lui accorder toute sa confiance. Pléville doit s'occuper de tout et subvenir, dans des conditions très difficiles, aux besoins des vaisseaux et à la subsistance de 12 000 hommes. Chargé d'aller vendre les nombreuses prises que l'escadre a faites devant New-York, il s'en acquitte en un mois avec une correction et une habileté remarquables. Le compte qu'il rend de sa gestion est si satisfaisant que le général veut lui allouer en récompense 2 pour cent des 15 millions de la vente[18].

Pléville refuse ces 300 000 francs et répond qu'il est satisfait du salaire que le roi lui donne pour servir. Ce désintéressement est d'autant plus remarquable que Pléville-Le-Pelley est véritablement pauvre et que c'est à peine si, avec l'aide de son fils, il arrive à assurer l'entretien de ses petits-enfants qu'il a dû prendre chez lui à Marseille[18].

Tandis qu'il s'occupe à Boston de réapprovisionner l'armée achetant des blés et des farines au prix que demandent les américains, une émeute populaire éclate, causée, dit-on, par un désaccord entre le général Sullivan et l'amiral d'Estaing ; les deux français qui se trouvent à terre sont agressés. Pléville, très grièvement blessé, demeure longtemps estropié du bras gauche et M. de Saint-Sauveur, son second, blessé mortellement, succombe peu de temps après[18].

À quelque temps de là, le comte d'Estaing a besoin de trois cent mille francs pour le service de son escadre mais malgré ses démarches il ne peut se les procurer ; un négociant américain, qui connait Pléville, sa délicatesse et sa probité, offre de les lui prêter. Pléville, malade, doit plus tard se résoudre à rentrer en France en 1779, mais avant de partir il met son amour-propre à rendre fidèlement ses comptes[18].

Dignement apprécié au nouveau monde, Pléville-Le-Pelley reçoit du Congrès américain la décoration de Cincinnatus dès l'institution de cet ordre destiné à récompenser les officiers supérieurs qui ont le mieux servi la cause de la liberté[18].

Commandement de la marine à Marseille[modifier | modifier le code]

À son arrivée en France, il apprend que sur la recommandation de l'amiral d'Estaing, le roi vient de le nommer capitaine de vaisseau. Toutes les puissances semblent s'unir en ce moment pour rendre justice à la valeur de Pléville-Le-Pelley. Désigné comme capitaine de vaisseau et de port pour aller prendre le commandement de la marine à Marseille, il rejoint son poste à la fin de 1779[18].

Au moment où la fortune semble lui sourire, deux malheurs imprévus le frappent cruellement : en 1780 il perd sa femme et deux ans après, au commencement de 1783, son fils, âgé de 25 ans, succombe, à une maladie de quelques jours[Note 21],[Note 32]. Pour vaincre sa tristesse, Pléville se plonge avec plus d'ardeur encore dans le travail. Appelé à Paris en 1785 par le ministre pour siéger dans diverses commissions maritimes ou commerciales qui réclament le concours de sa vieille expérience, il travaille pendant toute une année avec les plus hauts personnages du royaume : le maréchal de Castries, ministre, le maréchal de Beauveau, le marquis de La Fayette et M. de Fleurieu[18].

Pléville-Le-Pelley, qui a toujours montré un vif attachement pour sa ville natale, ne manque aucune occasion de revoir ce rocher de Granville où il retrouve avec attendrissement les souvenirs de son enfance. Malgré les difficultés du voyage, il profite à plusieurs reprises de son séjour à Paris pour venir passer quelques semaines au milieu des parents qui lui restent et des nombreux amis qu'il compte dans le pays[Note 33]

Pléville est ensuite victime d'une injustice qui l'attriste profondément. Un camarade de son fils, le lieutenant de vaisseau de Viefville, qui revient de l'Inde où il a commandé l'Annibal dans la division de Suffren, s'éprend de la plus jeune des filles du Commandant Pléville et la demande en mariage. M. de Viefville a peu de fortune, il sait que le commandant n'en a pas du tout et il vient lui faire l'offre suivante : « Vous avez assez fait pour le pays, prenez votre retraite : la pension de capitaine de vaisseau de première classe suffira à vos goûts modestes. Demandez qu'on me donne votre place et nous serons tous à l'aise[18]. »

Pléville pense faire le bonheur de sa fille et sacrifie de sa carrière ; il demande au ministre d'accepter cette combinaison. M. de Montmorin, en charge du portefeuille de la marine, répond courrier pour courrier, envoie l'ordre du roi portant la retraite de Pléville et l'autorisation à Viefville de prendre immédiatement ses fonctions et d'en porter les insignes. M. de La Luzerne, le ministre, doit dès son retour à Paris envoyer les brevets. Le mariage se fait[18],[Note 21].

On attend depuis plusieurs mois les brevets lorsqu'au mois de mars 1789 on apprend que seul celui de retraite est arrivé, qu'un certain Eyriès est nommé à la place du Commandant Pléville et que Viefville reste lieutenant. Cette criante injustice soulève l'indignation de la marine. Mais, on comprend qu'Eyriès est l'agent de la compagnie d'Afrique et que M. de La Luzerne, intéressé dans cette société, a été heureux de récompenser ses services sans bourse délier. Pléville sait qu'il ne peut obtenir justice ; il se confine dans sa famille et se consacre tout entier à soixante-trois ans à l'éducation de ses petits enfants[18].

La Révolution[modifier | modifier le code]

Statue de Pléville Le Pelley à Granville : œuvre en bronze et granit de Serge Santucci sculpteur et François Pougheol architecte.
Statue de Pléville Le Pelley à Granville ; œuvre en bronze et granit de Serge Santucci sculpteur & François Pougheol architecte.
Article détaillé : Révolution française.

Comme la plupart de ses compagnons d'armes, Pléville-Le-Pelley a rapporté de la guerre d'Amérique des aspirations vers la liberté et il est tout disposé, lui qui a subi l'injustice des privilèges et le bon plaisir des grands, à saluer la Révolution qui commence, comme la réformatrice de tous les abus[20].

Au milieu de l'exaltation des esprits, il garde sagesse et dignité, insensible à la peur comme à l'intérêt, guidé seulement par sa conscience. Il entre au club patriotique qui s'est formé à Marseille en 1790 et comprend des hommes de toutes les classes. Il se trouve vite en butte aux suspicions de tous les partis. Regardé par les aristocrates comme un roturier trop libéral, suspect aux ouvriers à cause de son grade et de ses décorations, odieux aux exaltés à cause de sa sagesse, il est empêché de faire autant de bien qu'il souhaiterait[20].

Pléville est impatient de se dévouer encore pour la Patrie et à combattre sous les trois couleurs, comme il l'a fait auparavant sous les fleurs-de-lys[Note 34]. En 1792, la patrie est en danger. Il insiste pour que la marine à laquelle l'émigration vient d'enlever un grand nombre d'officiers[Note 35] consente à utiliser ses services[Note 36]. Vu son âge, la loi ne le permet pas et Pléville doit rester à Marseille où il y rend de grands services pendant les troubles. Les mesures énergiques qu'il fait prendre en 1792 sauvent Marseille du pillage[21]. Puis il est envoyé pour rétablir l'ordre à Arles et à Cottignac où sa diplomatie obtient ce que la violence n'a pu imposer[20].

Au mois de septembre 1793, pendant la Terreur, il est envoyé par le comité du salut public prendre le commandement d’une division chargée d’escorter un convoi de ravitaillement bloqué à Tunis, en remplacement de Jean Gaspard de Vence accusé de trahison. Une fois sur place, il constate que Vence est réellement en difficulté et n’a aucunement failli à son devoir. Ignorant ses ordres, il le maintient à son commandement et lui offre simplement son aide. Ceci lui vaudra quelques difficultés avec les autorités au retour mais, grâce à lui, Vence sera totalement blanchi[20],[Note 37].

Il est appelé, peu de temps après, à Paris à la commission de la marine pour être l'un des trois administrateurs qui préparent la loi du 3 brumaire an III (24 octobre 1794). Après avoir terminé ce travail, il fait armer en course 24 frégates qui infligent à l'ennemi des pertes cruelles et ramènent en France pour huit cent millions de prises. Le Directoire le veut comme ministre de la Marine, mais il refuse. Truguet est désigné et Pléville-Le-Pelley reste en réquisition auprès de lui comme chef de division[Note 38]. Sans ambition, il ne désire aucun grade et ne demande plus qu'à prendre du repos : « mon traitement actuel me tenant lieu de pension, écrit-il, je pourrais me retirer et finir ma carrière à Granville, ma patrie[18]. »

Suprêmes honneurs[modifier | modifier le code]

Les passions politiques commencent à se calmer et Pléville se trouve entraîné au club constitutionnel, que Madame de Staël vient d'établir dans l'hôtel du marquis de Salm, aujourd'hui le palais de la Légion d'Honneur. Ce club, de nuance indécise, bien que Benjamin Constant le dise composé « de tout ce qu'il a d'estimable dans dans le parti républicain » comprend des gens, de toute opinion ; mais il a acquis par sa lutte avec le club royaliste de Clichy, une autorité, qui fait choisir en son sein les hommes dont a besoin le gouvernement[22].

Au mois d'avril 1797, Pléville-Le-Pelley est nommé plénipotentiaires, avec le citoyen Letourneur, qui vient de quitter le Directoire et Maret, le futur duc de Bassano. Sur instructions de Lazare Carnot, la délégation se rend à Lille pour des négociations de paix infructueuses avec l'Angleterre représentée par Lord Malmesbury[23],[14],[22].

Ministre de la Marine[modifier | modifier le code]

Trois mois après, le Directoire le rappelle pour lui confier le 1er fructidor an V (18 août 1797) le portefeuille de la marine, en remplacement de l'amiral Laurent Truguet[14], dans le ministère formé le 17 Juillet 1797. L'ardeur de ce vieux brave de soixante-et-onze ans n'a pas faibli ; il travaille au ministère comme il a travaillé toute sa vie. Dès quatre heures du matin il est à son bureau où il dépouille lui-même toute sa correspondance et, avant de se rendre au Directoire à 11 heures, il a vu tous les services et donné toutes ses instructions[22].

Il se montre constamment, homme d'état intègre, ministre éclairé. « Sa probité sévère, son austérité de mœurs devaient ressortir davantage dans un temps où la corruption, la cupidité, le vil égoïsme et les intérêts les plus bas, semblaient de toutes parts assiéger le pouvoir »[Note 39].

Le Directoire lui donne l'ordre d'aller inspecter les côtes depuis Granville jusqu'à Brest et lui fait délivrer 40 000 francs. Pléville remplit sa mission et ne dépense que 7 800 francs. À son retour il veut renvoyer à la trésorerie les 32 200 francs restants. On refuse de les reprendre ; il insiste : « Je ne reçois pas de gratifications pour avoir fait mon devoir ». Le gouvernement ne veut pas souscrire aux intentions du ministre mais Pléville se refuse à garder une somme à laquelle il estime n'avoir aucun droit et l'emploie à faire construire sur le ministère de la marine, un télégraphe qui jusqu'en 1840 rend de grands services à l'administration[22].

Les affaires sont alors dans un état déplorable ; il n'y a ni matériel dans les ports, ni argent pour continuer les travaux et payer les équipages. « J'étais sans cesse aux trousses du ministre des finances », nous dit Pléville. Mais le zèle du ministre de la marine ne peut suppléer à tout. Pour garder les équipages, on use d'un moyen qui a déjà réussi ; on prête les frégates à des particuliers pour en faire des corsaires[22].

La guerre est déclarée à l'Angleterre et le ministre s'enferme pendant huit jours pour préparer son plan de campagne. Le projet est applaudi par les marins les plus compétents, mais certains ont éveillé la défiance de Bonaparte et le jeune général semble perplexe. Pléville l'interpelle ainsi : « Avant de rien commencer, général, il faut que le ministre de la marine et le chef de l'armée aient entre eux une confiance respective. Je joins la mienne à celle de la nation, mais je ne vous suis pas connu, si j'obtiens la vôtre nous irons ; sinon je quitterai sans regret le ministère. » Le projet est adopté et le ministre se remet au travail pour faire armer tous les bâtiments depuis Toulon jusqu'à Flessingue[22].

Les armements se terminent et Pléville est de retour de Brest quand il comprend que tout est changé et qu'on prépare, en secret, à Toulon, une nouvelle expédition dont l'objectif semble être l'Égypte. Il ne cache pas sa façon de penser, prédit la difficulté de vaincre dans un tel pays, l'impossibilité de s'y maintenir et annonce l'écrasement de la flotte dans le port d'Alexandrie, prédiction qui sera bientôt confirmée par le désastre d'Aboukir[Note 40]. Et Pléville se retire le 28 avril 1798[20].

Le 5 Octobre 1797, par arrêté du Directoire, il est nommé contre-amiral ; il est capitaine de vaisseau depuis dix-huit ans. Le 27 avril suivant, au moment ou il quitte le ministère il est promu vice-amiral. On répare par cet avancement rapide les injustices passées[22].

Commandement des ports dans la mer Adriatique[modifier | modifier le code]

Après un repos de six semaines seulement à Granville, le vice-amiral est nommé en 1799, à soixante-douze ans, au commandement des ports de la République dans la mer Adriatique. II réorganise les forces navales à Ancône[Note 41] et Corfou[Note 41] avec tout ce que permet le peu d'argent dont il dispose. Quand il juge son rôle terminé il rentre en France. Après quarante-cinq jours d'un voyage pénible, il arrive enfin à Paris, remet ses rapports au ministre et prend définitivement sa retraite[22].

Après le coup d'État de Brumaire, le premier Consul le nomme le 3 nivôse an VIII (24 décembre 1799) dans la liste des soixante premiers sénateurs[24],[14] et, dès la création de la Légion d’honneur, le fait chevalier de l'ordre[24],[14],[21] le 9 vendémiaire an XII (2 octobre 1803). Il sera nommé ensuite Grand-Officier le 25 prairial an XIII (14 juin 1805)[24].

Sa mort, les hommages[modifier | modifier le code]

Georges-René Pléville Le Pelley meurt à Paris le 2 octobre 1805[Note 2] après quelques jours de maladie au 8 de la rue de la Grange-Batelière à Paris ; il allait avoir quatre-vingts ans[22].

Le lendemain, le président du Sénat, François de Neufchâteau, qui a été ministre avec lui, prononce son éloge funèbre. La population granvillaise ressent vivement sa disparition et le 16 octobre elle se rend toute entière au service funèbre que la municipalité fait célébrer à Notre-Dame. « Ce jour-là fut un jour de deuil public. Tous les bâtiments de la flotte impériale les vergues en croix attestaient les regrets de la marine et le canon tiré d'heure en heure n'a cessé de se faire entendre jusqu'à la nuit. »[Note 42].

L'amiral est inhumé au cimetière Montmartre. L'Empereur charge l'Académie de rédiger son épitaphe, composée en latin lapidaire par Lemaire désigné à cet effet par ses collègues[Note 43] ; dans ses mémoires, il écrit à son sujet : « Pleville-le-Pelley fut choisi pour remplacer le ministre de la marine ; c'est un homme de poids, ancien noble, ancien officier supérieur, comme son père, dans les gardes du corps de Louis XVI. Il a embrassé franchement la cause de la révolution, il l'a fait dignement, et n'a trempé en rien de ce qui l'a salie. La France peut compter sur lui ; il n'a jamais aimé les Bourbons[25]. »

Son portrait est au musée du Vieux Granville et sa statue domine le port de la cité. On peut voir son buste au château de Versailles, et au palais du Luxembourg[Note 44].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages anciens[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • A. Liévyns, Fastes de la Légion-d'honneur : biographie de tous les décorés, vol. Tome deuxième, Paris, au bureau de l'administration,‎ 1844, 553 p. (lire en ligne), p. 409-410 Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Charles Mullié, Biographies des célébrités militaires des armées de terre et de mer : de 1789 à 1850, vol. Tome second, Paris, Poignavant et Cie,‎ 18.., 602 p. (lire en ligne), p. 451-454 Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • « Georges-René Pléville Le Pelley », dans Charles Mullié, Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer de 1789 à 1850,‎ 1852 [détail de l’édition] Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Amédé Gréhan, La France maritime, Dutertre,‎ 1853 (lire en ligne), p. 277-280 Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Louis Gabriel Michaud, Biographie universelle ancienne et moderne, vol. 33, Paris, Desplaces,‎ 1862, 684 p., p. 516-518, Lire en ligne sur Google Livres
  • Jules Trousset, Histoire nationale de la Marine et des marins français depuis Jean Bart jusqu'à nos jours, Paris, Librairie illustrée,‎ 1880, 823 p. (lire en ligne)
  • Dick de Lonlay, Les marins français depuis les gaulois jusqu'à nos jours, Paris, Garnier frères,‎ 1886, 463 p. (lire en ligne)
  • Albert Révérend, Annuaire de la noblesse de France : fondé en 1843 par M. Borel d'Hauterive et continué sous la direction de Vte Albert Révérend, vol. 56 (58e année), Paris, Au bureau de la publication,‎ 1900, 454 p. (lire en ligne), p. 204-211 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Fougeray du Coudrey, Pléville-Le-Pelley : Mousse-Corsaire-Officier de Vaisseau Amiral-Ministre de la Marine, Granville, Imprimerie de l'Avenir républicain,‎ 1905, 69 p. (lire en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Pierre Grandchamp, La mission de Pleville-Le-Pelley à Tunis (1793-1794), Tunis, Société anonyme de l'imprimerie rapide,‎ 1921, 133 p. (lire en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • René Fernand Marie Le Pelley du Manoir, Yves Le Pelley du Manoir : 1904-1928, Paris, Société générale d’imprimerie et d’édition,‎ 1931, 97 p. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
    René Fernand Marie, vicomte Le Pelley du Manoir, est le frère aîné d'Yves du Manoir. L'ouvrage[Note 45] est consultable et téléchargeable depuis la bibliothèque centrale de l'École polytechnique (saisir « le pelley du manoir » en regard de « Saisir un mot ou une expression ») [lire en ligne].

Ouvrages récents[modifier | modifier le code]

  • Michel Vergé-Franceschi, Marine et Révolution : Les officiers de 1789 et leur devenir, vol. 9, Paris, Histoire, économie et société,‎ 1990 (lire en ligne), p. 259-286 Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Monique Le Pelley-Fonteny, « Itinéraire d’un marin granvillais : Georges-René Pléville Le Pelley (1726-1805) », Neptunia, Paris, no 55,‎ 2000
  • Collectif, « Mémoires d’un marin granvillais : Georges-René Pléville Le Pelley : 1726-1805 », Les Cahiers culturels de la Manche, Saint-Lô,‎ 2000
  • Georges Fleury, Le Corsaire - Pléville Le Pelley - 1726-1805, Flammarion,‎ 2000, 429 p. (ISBN 978-2080679215)
  • Monique Le Pelley-Fonteny, Gilles Désiré dit Gosset, Antoine Reffuveille, Rémy Villand, Les amiraux granvillais, catalogue de l'exposition 2006-2007, Conseil général de la Manche
  • Hubert Granier, Marins de France au combat 1715-1789, Paris, Éditions France Empire,‎ 1995
  • Jean-Marc Van Hille, Les vicissitudes d'un marin provençal, Jean Gaspard Vence, 1747-1808, Paris, Service Historique de la Marine
  • Jean Mabire, Grands marins normands, Ancre de Marine Éditions,‎ 1993 (lire en ligne), p. 225 et suivantes

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La date du 18 juin 1726 est avérée[1]. Pourtant A. Liévyns le fait naître le 26 juin 1726 (in Fastes de la Légion-d'honneur : biographie de tous les décorés, p. 409) et Charles Mullié 29 juillet 1726 (in Biographies des célébrités militaires des armées de terre et de mer : de 1789 à 1850, p. 451).
  2. a et b Les archives de l'état civil ont été détruites lors des incendies de la commune en mai 1871 ; l'acte de décès est introuvable parmi le peu qui ait pu être reconstitué. La date du 2 octobre 1805 communément admise est celle qui figure sur son épitaphe au cimetière de Montmartre. Selon les documents en effet, il est décédé le 10 vendémiaire an XIV (2 octobre 1805) (in Pléville-Le-Pelley : Mousse-Corsaire-Officier de Vaisseau Amiral-Ministre de la Marine, p. 67-68 et in Biographies des célébrités militaires des armées de terre et de mer : de 1789 à 1850, p. 454) ; pour d'autres, il serait décédé le 26 octobre (in Fastes de la Légion-d'honneur : biographie de tous les décorés, p. 410 et in « Document n°8 du dossier de Georges René Pléville Le Pelley dans la [[base Léonore]] », base Léonore, ministère français de la Culture).
  3. « Au commencement du XVIIIe siècle pourtant, le patrimoine des Le Pelley était fort entamé. En effet, Jacques Le Pelley du Manoir, ancien garde-du-corps, qui avait contracté à la cour des habitudes de dépense, avait, dans le jeu et les prodigalités, dilapidé le plus clair de son bien et complètement vidé cette chambre pleine d'or, que les bonnes-gens émerveillés disaient avoir vue, jadis, chez son père, au manoir de Saint Nicolas. Il ne lui restait plus guère, à léguer à ses douze enfants, d'autre héritage que l'honneur qu'il avait acquis en 1695, comme gouverneur de Granville, dans sa défense contre les Anglais. » (in Pléville-Le-Pelley : Mousse-Corsaire-Officier de Vaisseau Amiral-Ministre de la Marine, p. 2)
  4. Hervé Le Pelley, sieur de Pléville, né à Granville le 27 mars 1699, fils puiné de M. du Manoir et de Melle de la Pigannière, se maria deux fois à Granville.
    1er lit : union le 4 septembre 1723 avec Jeanne Julienne Belliard, fille de Georges, sieur du Saussay, trésorier de la marine, et de Marie Ruellen
    1. Georges René, né à Granville le 26 juin 1726 et décédé à Paris le 2 octobre 1805 ;
    2. Nicolas, né à Granville le 19 janvier 1729 et décédé à Granville le 29 novembre 1734 ;
    3. Jeanne Yvonne, née à Granville le 19 août 1727, décédée à Granville le 19 juin 1729 ;
    4. Jeanne Pierrette Louise, née à Granville le 11 décembre 1732, mariée à Jean Ganne de Beaucoudray ;
    5. Marie, mariée à Pierre-François Jourdan de la Passardière.
    2e lit : union le 23 novembre 1733, à Marie Le Virais (veuve de M. Blangnerie), fille de François et de Jeanne des Douétils (sans postérité)
    (in Annuaire de la noblesse de France : Le Pelley du Manoir et de Pléville, p. 204-205)
  5. « Son évasion du collège de Coutances est une légende qui fut créée par François de Neufchâteau et reprise par Charles Mullié (in Biographies des célébrités militaires des armées de terre et de mer : de 1789 à 1850, p. 451). Les notes sans prétention, laissées par notre héros et intitulées Mémoires de Pléville-Le-Pelley, de Granville en Basse-Normandie, précieux document communiqué par M. Le Pelley du Manoir, les renseignements trouvés au Ministère, de la Marine et dans les archives nous permettront de reconstituer avec certitude la biographie de l'Amiral. » (in Pléville-Le-Pelley : Mousse-Corsaire-Officier de Vaisseau Amiral-Ministre de la Marine, p. 4)
  6. a et b « L'oncle de Georges-René était curé de Granville ; il s'efforça d'orienter son neveu vers la carrière ecclésiastique ; mais celui-ci se sentait attiré par la mer où tant des siens avaient fait leur carrière. En 1739, son père mourut, peu de temps après être revenu d'une campagne de pêche à Terre-Neuve. On retira le petit Georges du collège de Coutances où il avait été envoyé et son oncle cédant à ses instances, l'engagea comme volontaire sur le Thorigny commandé par des parents, non sans recommander à ceux-ci de faire tout leur possible pour dégoûter le jeune marin. Georges partit donc pour Terre-Neuve ; il avait douze ans. » (in Yves Le Pelley du Manoir : 1904-1928, p. 2)
  7. « René, entré dans les ordres était devenu promptement curé de Granville et les deux derniers, Pierre de Tilly et Hervé de Pléville, s'étaient assez bien tirés d'affaire en choisissant le métier de la mer qui n'exigeait pas d'études très coûteuses. Georges-René, n'avait pas, on le voit, à attendre un gros héritage de la part de M. de Pléville son père ; il ne devait pas, non plus, espérer beaucoup mieux du côté maternel, car M. Belliard, son aïeul, le trésorier de la marine, avait pour comble de malheur trouvé l'occasion de se ruiner complètement. » (in Pléville-Le-Pelley : Mousse-Corsaire-Officier de Vaisseau Amiral-Ministre de la Marine, p. 3)
  8. « “À quelque chose, malheur est bon” écrivit plus tard Pléville Le Pelley dans ses Mémoires ; car il se réjouissait d'apprendre son métier sans sauter les premiers échelons. Son bon cœur se révoltait contre les mauvais traitements infligés à ses camarades comme à lui-même. “Ce sont les mousses qui sont dans le lavoir, l'eau à la ceinture, pour laver le poisson et le jeter sur la claie, et, d'ordinaire, on prend les enfants qui n'ont pas eu deux heures de sommeil et on les jette endormis dans le lavoir, affaire de goût et d'usage chez les officiers terre-neuviers”. » (in Yves Le Pelley du Manoir : 1904-1928, p. 2-3)
  9. « Un hasard vint interrompre cette série d'épreuves. Tandis que le mousse s'efforçait de se rendre digne de ses fonctions, MM. Clément et Dry étant venus un jour visiter leur navire qui était amarré auprès du Thorigny, reconnurent sous son accoutrement goudronné, le fils de leur ami. Indignés, ils firent honte au capitaine de ses procédés, emmenèrent, d'autorité, l'enfant à leur bord et le gardèrent avec eux. » (in Pléville-Le-Pelley : Mousse-Corsaire-Officier de Vaisseau Amiral-Ministre de la Marine, p. 6)
  10. « Ce grade d'enseigne dans la Marine de Commerce, se donnait à des enfants, il n'était qu'un peu supérieur à l'emploi de volontaire ou pilotin. » (in Pléville-Le-Pelley : Mousse-Corsaire-Officier de Vaisseau Amiral-Ministre de la Marine, p. 6)
  11. « L'un des mousses à bord était un garçon délicat, neveu du capitaine lequel, particulièrement brutal, prétendait exiger de celui-ci la même adresse et la même force que de Pléville qui était vigoureux et mieux entraîné aux exercices du corps. Un jour, aux approches du Grand Banc, un violent coup de vent survient ; le capitaine ordonne à Pléville Le Pelley d'aller serrer le grand hunier et oblige son neveu à suivre ce dernier. Mais une fois dans la hune, le malheureux garçon, pris par le froid, se trouve incapable de faire un mouvement ; il faut le descendre avec des cordages. Son oncle fou de colère le fait saisir et jeter dans une barrique pleine d'eau. Alors Pléville Le Pelley n'y tient plus et insulte le capitaine qui le fait mettre aux fers (in Yves Le Pelley du Manoir : 1904-1928, p. 3). »
  12. a et b « Pour s'orienter, le gamin n'avait que le soleil ; pour se nourrir les fruits et les herbes de la forêt. “Je fus cent fois saisi de frayeur à l'aspect de quelques sauvages dont les uns me caressaient, me donnaient de la viande fumée, les autres me berçaient, ceux-ci me couchaient en joue avec leurs flèches, ceux-là me forçaient de danser avec eux. Mes premiers devoirs étaient de me prosterner ; à la fin, je m'y fis et je traitai avec eux de pair à pair. Il n'en était pas de même des ours et autres bêtes sauvages ; c'était pour ceux-ci que je faisais les meilleurs quarts”. Au bout de quinze jours, il était complètement nu ; le 55e jour, il arriva à une chaumière, frappa à la porte et tomba évanoui. C'était une famille de braves canadiens qui le soignèrent comme un fils. » (in Yves Le Pelley du Manoir : 1904-1928, p. 3-4)
  13. « Pléville s'attendrit quand il parle dans ses mémoires de cette famille patriarcale des Dubuisson, “cette divine famille”, dit-il, “dont le souvenir ne finira qu'avec mon existence”. Pendant près de deux mois il resta auprès de ses bienfaiteurs, se rendant utile, fauchant le foin, aidant aux labours. » (in Pléville-Le-Pelley : Mousse-Corsaire-Officier de Vaisseau Amiral-Ministre de la Marine, p. 6)
  14. « Pléville s'enrôla sous le nom de Duvivier sur une goélette sur le point d'appareiller pour les Antilles. […] Cependant Duvivier gardait son incognito et sa condition modeste de matelot. […] Duvivier avait, dès le premier abord, reconnu un terre-neuvier granvillais, […] il eut beau rabattre son chapeau sur les yeux, refuser de monter à bord, l'officier du granvillais […] crut le reconnaître et appela M. Clément le capitaine, le même qui quatre ans plus tôt (coïncidence étonnante) avait trouvé le jeune mousse en train de servir les calfats. “Bah !” répondit M. Clément en accourant, “Pléville ! il mort, le pauvre. On a passé deux jours à le chercher, il y a deux ans dans les bois de Penouille”. Ils eurent cependant bientôt fait de reconnaître leur compatriote. Pléville un peu honteux, dut monter à bord »...« et l'on fêta joyeusement sur les deux bâtiments le retour de l'enfant prodigue. » (in Pléville-Le-Pelley : Mousse-Corsaire-Officier de Vaisseau Amiral-Ministre de la Marine, p. 9 à 11)
  15. a et b « À Québec, il trouva une place de mousse sur un navire allant aux Antilles ; là, il dut s'engager sur un flibustier qui faisait la contrebande dans le golfe du Mexique. Enfin, il put trouver une place de patron de canot sur un voilier allant au Havre qu'il atteignit le 20 avril 1742. […] Aussitôt il accourut au Havre et s'enrôla comme lieutenant sur un petit corsaire de 6 canons. » (in Yves Le Pelley du Manoir : 1904-1928, p. 4)
  16. « Il montait peu à peu les humbles échelons de cette modeste hiérarchie. » (in Pléville-Le-Pelley : Mousse-Corsaire-Officier de Vaisseau Amiral-Ministre de la Marine, p. 9)
  17. « Le 8 mai, il repartit sur le Fleury commandé par son oncle Tilly le Pelley ; il avait 16 ans ; il était officier. “J'appris à commander ce que je savais exécuter, mais avec le ton décent et convenable ; je savais combien les matelots étaient malmenés, j'adoucis leur sort”. » (in Yves Le Pelley du Manoir : 1904-1928, p. 4)
  18. a, b et c « En 1743, éclate la guerre avec l'Angleterre. D'abord lieutenant sur un petit corsaire, Pléville Le Pelley fut l'année suivante premier lieutenant sur la Françoise du Lac. À la suite d'un combat inégal, le capitaine décide d'amener son pavillon ; au même moment, un boulet arrive, coupe la jambe droite de Pléville. Le chirurgien anglais l'opère puis le fait étendre sur le pont. “Je fus altéré ; j'en fis le signe aux Anglais qui me donnaient alternativement pour tisane punch ou flip en sorte que je fus presque toujours ivre pendant onze jours que nous fûmes à nous rendre en Angleterre, pendant lesquels je glissais avec mon matelas de tribord à bâbord dans les forts roulis”. » (in Yves Le Pelley du Manoir : 1904-1928, p. 4)
  19. a, b et c « Dès le mois d'août, il reprit son métier de corsaire sur l'Argonaute commandé par son oncle Tilly Le Pelley puis sur le Mercure, même commandement. Au cours d'un combat, un obus le fit tomber de son banc de quart sur le pont ; comme son oncle accourait vers lui : “Le boulet s'est trompé”, lui cria de loin Pléville, “il n'a donné de l'ouvrage qu'au charpentier”. Il lui avait, en effet, coupé sa jambe de bois. » (in Yves Le Pelley du Manoir : 1904-1928, p. 4-5)
  20. a et b « Fait prisonnier, puis rapatrié, il embarque sur le Grenet puis sur le Duc de Noailles . Ce bateau est pris par l'ennemi, et Pléville Le Pelley emmené à nouveau en captivité. Bientôt, il escalade le mur de sa prison, malgré sa jambe de bois, échappe à une sentinelle qui l'avait aperçu et s'embarque pour la France. » (in Yves Le Pelley du Manoir : 1904-1928, p. 5)
  21. a, b et c Georges-René Le Pelley, sieur de Pléville, appellé M. de Pléville Le Pelley, lieutenant de frégate (17 aout 1762), capitaine de brûlot (1er janvier 1766), capitaine de vaisseau (1779), membre de la Commission consultative de la marine et chef de division (1797), contre-amiral (5 octobre 1797), vice-amiral (9 avril 1798), fut nommé Ministre de la marine et des colonies (16 juillet 1797 - 23 avril 1798), et membre du Sénat conservateur le 24 décembre 1799. Il avait été créé chevalier de Saint-Louis le 19 septembre 1773 et grand officier de la Légion d'honneur en 1804.
    M. de Pléville Le Pelley épousa à Marseille en novembre 1755, Marie Ursule Rambaud, † à Marseille le 5 novembre 1780.
    Né à Granville le 26 juin 1726, il mourut à Paris le 2 octobre 1805, ayant eu un fils et deux filles :
    1. N..., né en 1756, † en 1783.
    2. Marie Thérèse, mariée à Claude Luc Laugier, inspecteur général des Douanes, et mère de trois filles, dont les enfants furent autorisés par ordonnance royale du 2 août 1814, à joindre à leur nom celui de « Pléville »
    3. N... Le Pelley, mariée en novembre 1787 à N... de Viefville, lieutenant de vaisseau.
    (in Annuaire de la noblesse de France : Le Pelley du Manoir et de Pléville, p. 204-205)
  22. Le marquis de Fénelon remercie le ministre dans ces termes « M. de Pléville, que vous avez eu la bonté de me donner comme capitaine de port, est arrivé le 16 à bord du Grand-Guillaume expédié de Marseille. J'ai l'honneur de vous réitérer tous mes remerciements de m'avoir accordé pour cette place un sujet dont je suis très persuadé que vous ne me ferez pas de reproches. ». Pléville était digne en effet de la considération du gouverneur et des éloges que les meilleurs officiers du grand corps commençaient à faire de lui. (in Pléville-Le-Pelley : Mousse-Corsaire-Officier de Vaisseau Amiral-Ministre de la Marine, p. 25)
  23. La Martinique est attaquée une première fois par les Anglais en 1759 puis une seconde fois en 1762. Fort-Royal et la colonie tombent aux mains des Anglais le 12 février 1762. Elle est rendue à la France un an plus tard suite à la signature du Traité de Paris.
  24. « Ce brave, qui avait si longtemps combattu l'Angleterre quand le patriotisme le demandait, est heureux d'exposer sa vie pour sauver un de ses vaisseaux en péril. » (in Pléville-Le-Pelley : Mousse-Corsaire-Officier de Vaisseau Amiral-Ministre de la Marine, p. 28)
  25. « Cependant le navire a souffert ; l'eau monte dans la cale ; l'Alarme va sombrer : “250 hommes à sauver et cinq millions pour le commerce, mon cœur n'y tenait pas et j'agis par des moyens extraordinaires” », écrit Pléville. (in Pléville-Le-Pelley : Mousse-Corsaire-Officier de Vaisseau Amiral-Ministre de la Marine, p. 29)
  26. Le présent qui accompagnait cette lettre consistait en une pièce d'argenterie en forme d'urne avec un dessus surmonté d'un triton finement ciselé. Elle contenait un plat, une cuillère à potage et avait pour soucoupe un très grand plat, le tout d'argent et du plus bel ouvrage. On en trouve la description dans le dossier de Pléville au ministère. Elle portait gravées d'un côté les armes de l'amirauté anglaise avec le profil de l'Alarme, de l'autre l'inscription latine suivante rappelant le sauvetage de ce bâtiment : « Georgio Renato Pleville-Le-Pelley, nobili normano Grandivillensi, navis bellicæ portus-que Massiliensis prasfecto, ob navem regiam in littore Gallico periclitantem virtute diligentiaque servatam, septemviri rei navalis britannicte liberamente dono dicarunt. MDCCLXX. » (in Pléville-Le-Pelley : Mousse-Corsaire-Officier de Vaisseau Amiral-Ministre de la Marine, p. 31)
  27. « Le commandant de l'île Sainte-Lucie, lord Barington, lui envoya un parlementaire pour lui dire que la corvette Stanley sur laquelle était son fils avait été prise par le vaisseau le Culloden, que l'enseigne Pléville-Le-Pelley, emmené à Bristol, était en ce moment chez le ministre à Londres et qu'on le priait de croire qu'il y serait fort bien traité. Le jeune homme en effet très bien reçu par les lords de l'amirauté avait été renvoyé en France sans échange et sans donner sa parole de ne pas servir, en souvenir du service rendu jadis par le père à l'équipage de l'Alarme. On lui avait même permis de choisir trois camarades qui rentrèrent en France avec lui. » (in Pléville-Le-Pelley : Mousse-Corsaire-Officier de Vaisseau Amiral-Ministre de la Marine, p. 39)
  28. « Au mois de juin 1777, Monsieur, depuis Louis XVIII, à la suite d'un voyage dans les provinces méridionales, visita le port de Marseille. Pléville y était employé comme capitaine de port ; dans le nombre des fêtes données à l'illustre voyageur, celle que lui offrit la marine fut confiée aux soins de cet officier. Quelques milliers de barils de goudron, placés sur la montagne de Notre-Dame de la Garde, présentèrent, par leur inflammation spontanée, le simulacre d'un volcan ; des joutes sur l'eau, une pêche miraculeuse eurent lieu dans un bassin à l'entrée du port ; les manœuvres et les évolutions employées dans un combat naval furent imitées par les bâtiments qui se trouvaient dans le port ; enfin tout ce que l'imagination la plus féconde put inventer pour exprimer la joie des marins provençaux fut l'ouvrage de Pléville, pendant les trois jours que le prince passa à Marseille. A son retour à Versailles, Son Altesse Royale lui fit envoyer son portrait avec une lettre pleine de bonté. » (in Biographie universelle ancienne et moderne, p. 517)
  29. « Pendant les trois jours que l'empereur passa à Marseille il ne le quitta pas travaillant très tard, avec lui, dans la soirée et Joseph II fut si content qu'il signala M. de Pléville comme un des meilleurs officiers de la marine et demanda pour lui une pension de 50 louis. Le roi accorda 400 livres. » (in Pléville-Le-Pelley : Mousse-Corsaire-Officier de Vaisseau Amiral-Ministre de la Marine, p. 33)
  30. Les officiers généraux, solides et habiles marins, sont nommés au choix et doivent s'entraîner à la mer ; la rivalité reste tenace entre les officiers de la Royale, les Rouges comme on les appelait d'après la couleur dominante de leur uniforme, et les gentils hommes temporaires, recrutés de la Marine marchande ou acceptés à titre exceptionnel, les Bleus. [p.9 lire en ligne]
  31. « À noter aussi que le corps n'est pas aussi homogène qu'on le croit. Existent dans le corps des officiers contestés par leurs homologues, leurs chefs et leurs subordonnés. Et ces officiers - et cela n'a jamais été dit - sont ceux qui vont être les soutiens de la Révolution : d'Estaing est un intrus ; c'est un officier de terre entré dans la marine comme officier général ; le corps le déteste au point que les gardes-marine de Brest refusaient de se rendre aux bals qu'il organisait dans ce port lorsqu'il y commandait la marine. (in Marine et Révolution : Les officiers de 1789 et leur devenir, p. 261) »
  32. « En 1783, son fils, marin comme lui, mourut à 25 ans. "Ce que n'avaient pu faire cinq années de guerre sur mer, sans congé ni maladie, ce que n'avaient pas touché les armes de l'ennemi dans huit combats majeurs, une fièvre ardente vient de le consommer en six jours." » (in Yves Le Pelley du Manoir : 1904-1928, p. 7).
  33. Ce fut au cours d'un de ces voyages que la municipalité de Granville lui témoigna le désir d'avoir son portrait pour le placer dans la grande salle de la mairie. La modestie du vieux marin s'effaroucha d'une telle proposition, mais M. Perrée du Hamel, maire et ses deux échevins, MM. Lucas-Desaulnays et Fougeray, renouvelèrent par lettre leur demande et insistèrent si bien qu'il fallut que le brave homme cédât à leurs instances. La ville conserve pieusement ce souvenir d'un des plus illustres de ses enfants. Le portrait, fort ressemblant, d'après le témoignage même des contemporains, et d'un véritable intérêt artistique, représente Pléville-Le-Pelley, en costume de capitaine de vaisseau, c'est-à-dire avec l'habit de drap bleu bordé des galons tressés qui sont les insignes des officiers de port, le gilet rouge galonné et la culotte de même couleur. (in Pléville-Le-Pelley : Mousse-Corsaire-Officier de Vaisseau Amiral-Ministre de la Marine, p. 41 à 44)
  34. En 1772, il avait écrit au ministre : « J'ai quarante-cinq ans, de la santé, à la vérité leste encore assez pour disputer à un matelot d'arriver le premier à la tête d'un mât ; mais j'ai perdu la jambe droite par le canon et j'ai sur le corps une douzaine de blessures ; aussi, je m'attends à être vieux avant le temps ». En 1792, il écrit encore : « J'ai soixante-cinq ans, mais je suis en aussi bonne santé qu'à cinquante. Ma jambe de bois ne m'incommode point et la mer est mon élément puisque je l'ai battue pendant quarante-cinq ans sans relâche. »[21]
  35. « Après 1792 sous la pression des événements (les massacres de septembre notamment) l'émigration devient massive et Castries-Vagnas écrit : "La marine composée de plus de 1 000 officiers (1 655 moins 361 élèves font 1 294 officiers en effet)... (en a vu émigrer) plus de 900". Et dans l'armée des princes en 1792 la marine formant un bataillon de 600 hommes et deux escadrons de 150 autres chacun, le chiffre de 900 à 1 000 émigrés ne paraît guère contestable même s'il a besoin d'être affiné. » (in Marine et Révolution : Les officiers de 1789 et leur devenir, p. 275)
  36. « Dans cette espèce de détresse, tout citoyen doit se présenter et, en cette qualité, si mes services peuvent encore être utiles, au litre de la loi, je demande à rentrer dans la marine. […] Je redemande donc de servir, par ce qu'on manque d'officiers dont beaucoup étaient du plus grand mérite, parce que la patrie est en danger, parce que mon zèle ne finira qu'avec moi […] et si, contre mon attente, le roi n'agréait pas mon offre, je n'aurais rien à me reprocher et j'aurais, au pis aller, le plaisir de servir comme soldai-artilleur, si l'ennemi attaquait Marseille. » (in Pléville-Le-Pelley : Mousse-Corsaire-Officier de Vaisseau Amiral-Ministre de la Marine, p. 48-49)
  37. « Jour pris, nous nous rendîmes au comité, je dis : “Citoyen président, je suis Pléville que vous chargeâtes, il y a cinq mois, d'aller à Tunis destituer le citoyen Vence avec ordre de lui faire mettre les fers aux pieds et aux mains et de l'envoyer à Paris pour être jugé au tribunal révolutionnaire. Je n'en ai rien fait, je l'ai maintenu dans son commandement, il s'est conformé aux ordres que je lui ai donnés : il est arrive avec sa division à Toulon et le voilà. Pour moi qui ai désobéi formellement, je vous apporte ici ma tête.” Le comité conféra secrètement, après quoi le président me dit : “Tu as été plus sage que nous, tu as bien fait, tu mérites récompense, dis celle que tu veux”. Je répondis : “Rien pour moi, mais Vence a été calomnié, déshonoré; je demande pour lui la réparation dans le brevet de contre-amiral.” Dalbarade, ministre, observa qu'il n'y avait pas un an qu'il était capitaine de vaisseau. “N'importe”, lui dis-je ; Vence fut fait contre-amiral. Quand cela se passait, un des membres était dans un coin et disait : “Voilà cependant une désobéissance formelle”. Je n'y fis pas attention, mais le jour que l'on conduisait Robespierre à la mort, je voulus le connaître ; on me l'indiqua et je reconnus en lui l'homme qui avait fait cette dernière observation. Je sentis en moi la nature frémir du danger que j'avais couru. » (in Pléville-Le-Pelley : Mousse-Corsaire-Officier de Vaisseau Amiral-Ministre de la Marine, p. 57-58)
  38. Pour la fête des victoires du 10 prairial an IV (29 mai 1796), le citoyen Henri Jones (17..-18..? ; révolutionnaire) dédie au citoyen Pléville-le-Pelley, ancien officier de la marine de France, un hymne qui se chante sur l'air de la Marseillaise [lire en ligne]
  39. Paroles de François de Neufchâteau qui dans ce même ministère du 17 Juillet avait le portefeuille de l'Intérieur (Oraison funèbre de Pléville). (in Pléville-Le-Pelley : Mousse-Corsaire-Officier de Vaisseau Amiral-Ministre de la Marine, p. 62)
  40. « "Cette expédition ne peut être que funeste", disait-il ; "si je donne des ordres en conséquence la nation sera fondée à croire que je la connais et que je l'approuve. Au moindre échec, elle dira : le ministre est cependant un vieux marin, comment a-t-il pu adopter et faire exécuter un pareil projet ; c'est donc un traître à la Patrie ! Les 10 millions comptés me rendent responsable devant la loi, plus forte qu'un arrêté du Directoire ; pour mon honneur, au moins je ne dois pas rester au ministère." » (in Pléville-Le-Pelley : Mousse-Corsaire-Officier de Vaisseau Amiral-Ministre de la Marine, p. 57-58)
  41. a et b Cette réorganisation est mentionnée quand Pléville vient d'être nommé au commandement des ports de la République dans la mer Adriatique après sa démission du 28 avril 1798 (in Pléville-Le-Pelley : Mousse-Corsaire-Officier de Vaisseau Amiral-Ministre de la Marine, p. 65) ; elle figure à la date de l'an V (1797) dans d'autres biographies (in Biographie universelle ancienne et moderne, p. 517) ou (in Fastes de la Légion-d'honneur : biographie de tous les décorés, p. 410).
  42. Le procès-verbal de cette pieuse cérémonie, transmis au président du Sénat par M. Perrée, tribun, natif de Granville et ami personnel du défunt a été déposé dans les archives du Sénat. (in Pléville-Le-Pelley : Mousse-Corsaire-Officier de Vaisseau Amiral-Ministre de la Marine, p. 67-68)
  43. En voici la traduction : “Ici repose Georges-René Pléville-le-Pelley, né à Granville le 18 juin 1726, mort à Paris le 10 vendémiaire an XIV de la République, âgé de 80 ans, homme vraiment homme, bon père. Citoyen infiniment recommandable par son amour pour sa patrie, par la pureté de ses mœurs, par un attachement à toute épreuve à ses amis : guerrier illustre par se valeur et par ses blessures. Il eut la jambe droite emportée dans un combat, la jambe de bois qui la remplaça éprouva ensuite le même sort”.
    “Les anglais le redoutaient également, soit qu'il parcourût les mers en lançant les foudres de la guerre, soit qu'il traitât avec eux des conditions de la paix. Ces mêmes anglais, qui avaient éprouvé sa valeur, admirèrent son humanité quand, près de faire naufrage, ils furent repoussés par la tempête sur les côtes de Marseille”.
    “Le Gouvernement se glorifie d'avoir eu en sa personne, un Ministre de la marine et des colonies, incorruptible, prévoyant, courageux. Le sénat français l'écoutait comme un autre Nestor, soit qu'il délibérât, soit qu'il émît son vœu”.
    “Sa fille, son gendre, ses petits-enfants, ses neveux, ses autres parents et amis, inconsolables de sa mort, lui ont élevé cet humble monument qui, hélas !, ne doit pas toujours subsister”. (in Pléville-Le-Pelley : Mousse-Corsaire-Officier de Vaisseau Amiral-Ministre de la Marine, p. 68-69)
  44. Son buste commandé au sculpteur Le Sueur fut placé en 1807 au palais du Sénat où il se trouve encore (in Pléville-Le-Pelley : Mousse-Corsaire-Officier de Vaisseau Amiral-Ministre de la Marine, p. 68)
  45. La préface de ce livre de souvenirs qui parlent à la famille fait comprendre qu'il a d'abord été commencé dans les mois qui ont suivi le décès d'Yves du Manoir mais, après que la maladie a obligé l'auteur d'interrompre son travail, terminé seulement en 1931 notamment « pour tous ceux enfin qui m'ont demandé ce livre en souvenir de lui » lors de la création du challenge éponyme. Le livre débute par une biographie de Georges-René Le Pelley : « Je crois utile de parler ici tout spécialement de notre aïeul, Georges-René Le Pelley, sieur de Pléville, (1726-1805). Nous lui avons voué un culte en raison des sentiments élevés qui furent la ligne de conduite de toute son existence et qui constituent pour ceux qui viennent après lui le plus beau des exemples. Celui que nous pleurons se montra digne en tous points d'un modèle aussi illustre ; bien que les destinées de l'un et de l'autre aient été fort différentes, on retrouve cependant dans leurs caractères de frappantes ressemblances : la même loyauté, la même sérénité dans l'accomplissement du devoir, la même modestie ».

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Archives départementales de la Manche, registres d'état civil (5 Mi 686 - février 1726 - janvier 1727 (1726-1727) p. 17). [lire en ligne]
  2. Guillaume de Tournemire, « Georges René Le Pelley de Pléville », sur le site de généalogie geneanet.org,‎ 1er août 2014 (consulté le 1er août 2014).
  3. « Document no 10 du dossier de Georges René Pléville Le Pelley dans la [[base Léonore]] », base Léonore, ministère français de la Culture.
  4. Régis Valette, Catalogue de la noblesse française au XXIe siècle, Paris, Éditions Robert Laffont,‎ 2007, 410 p. (ISBN 2-221-09701-7)
  5. Anne Mézin, Les consuls de France au siècle des lumières (1715-1792), vol. 1, Peter Lang, 1998, 974 pages, (ISBN 978-2-11089-158-7), p. 240, [lire en ligne]
  6. a et b Guillaume de Tournemire, « Hervé Le Pelley du Manoir, sieur de Pléville », sur le site de généalogie geneanet.org,‎ 1er août 2014 (consulté le 1er août 2014).
  7. Marins granvillais, Pléville Le Pelley
  8. Migrations.fr, Navires au départ de Granville, 1739 Le Comte de Torigny allant à Gaspé.
  9. a, b, c et d Anne Cahierre, Dictionnaire des capitaines corsaires granvillais, Conseil Général de la Manche, Archives départementales Georges Pléville le Pelley, Mémoires d'un marin granvillais, Les cahiers culturels de la Manche.
  10. Migrations.fr, Navires au départ de Granville, 1739 Le Clément allant à Gaspé.
  11. Yves Le Pelley du Manoir : 1904-1928, p. 3
  12. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q et r Pléville-Le-Pelley : Mousse-Corsaire-Officier de Vaisseau Amiral-Ministre de la Marine, p. 9 à 24
  13. Migrations.fr, Navires au départ de Granville, 1744 La Françoise du Lac allant en course pour 4 mois
  14. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k La France maritime, p. 277-280.
  15. a, b, c, d, e et f Yves Le Pelley du Manoir : 1904-1928, p. 5-6
  16. Archives départementales des Bouches-du-Rhône, Marseille, Notre-Dame des Accoules 1757 p. 102.
  17. Jean II Rambaud (1703-1762), beau-père de Georges-René Pléville Le Pelley [lire en ligne]
  18. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q et r Pléville-Le-Pelley : Mousse-Corsaire-Officier de Vaisseau Amiral-Ministre de la Marine, p. 24 à 45
  19. Le Corsaire - Pléville Le Pelley - 1726-1805, p. 429.
  20. a, b, c, d et e Pléville-Le-Pelley : Mousse-Corsaire-Officier de Vaisseau Amiral-Ministre de la Marine, p. 46 à 59
  21. a, b et c Yves Le Pelley du Manoir : 1904-1928, p. 7 à 9
  22. a, b, c, d, e, f, g, h et i Pléville-Le-Pelley : Mousse-Corsaire-Officier de Vaisseau Amiral-Ministre de la Marine, p. 60 à 69
  23. Correspondance diplomatique du Comte de Malmesbury/02 [lire en ligne]
  24. a, b et c « Document no 8 du dossier de Georges René Pléville Le Pelley dans la [[base Léonore]] », base Léonore, ministère français de la Culture.
  25. Maximes, pensées et réflexion de Napoléon 1er [Pléville-le-Pelley lire en ligne] p. 313