Roger Bambuck

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Roger Bambuck Portail athlétisme
Informations
Nationalité Drapeau : France Français
Naissance 22 novembre 1945
Lieu Pointe-à-Pitre
Taille 1 m 85
Poids 75 kg
Club CA Montreuil
Entraîneur Jacques Lolo
Records
Ancien recordman du monde du 100m et du 4 × 100m
Palmarès
Jeux olympiques 0 0 1
Championnats d'Europe 2 1 0
Championnats de France 8

Roger Bambuck est un athlète français, né le 22 novembre 1945 à Pointe-à-Pitre (Guadeloupe).

Biographie[modifier | modifier le code]

Carrière sportive[modifier | modifier le code]

Ce n'est qu'à l'âge de dix-sept ans qu'il commence à pratiquer sérieusement l'athlétisme[1]. Entraîné par Jacques Lolo il réalise en 1963 un temps de 10 s 8 sur 100 m et un temps de 22 s sur 200 m[1]. Grâce à ses performances il participe aux championnats ASSU à Paris la même année[1]. En 1964 il abaisse ses records à 10 s 4 sur 100 m et 21 s sur 200 m[1]. Aux championnats de France il se classe deuxième sur 100 m derrière Bernard Laidebeur et est ainsi sélectionné pour les Jeux olympiques d'été de 1964 à Tokyo[1]. Fin septembre 1964 et à quelques jours des JO Bambuck égale le record de France à Fontainebleau en 20 s 7 ce qui est alors le deuxième temps mondial chez les juniors[2].

Aux JO il s'aligne sur 100 et 200 m. Il termine troisième de sa série au premier tour et accède aux quarts de finale. Sixième temps de sa série en 10 s 5 il est éliminé[2]. Sur 200 m il se hisse jusqu’en demi-finale ou il termine cinquième en 21 s[2].

Après les Jeux, Bambuck s'installe en métropole. Interne au lycée Marcelin-Berthelot à Saint-Maur il s'entraîne deux à trois fois par semaine à l'Institut national des sports[3]. En 1965 il égale le record de France du 100 m établi par Abdoulaye Seye en 1959 en 10 s 2 et réussit un temps de 20 s 6 sur 200 m[3]. En 1966 il obtient le baccalauréat en Sciences expérimentales[3]. Cette même année il participe aux championnats d'Europe d'athlétisme à Budapest[4]. Favori sur le 100 m il s'incline en finale contre le polonais Wiesław Maniak et se contente de la médaille d'argent[4]. Il se console en remportant le titre européen sur 200 m et avec le relais 4 × 100 m[4]. Ses coéquipiers sont Marc Berger, Jocelyn Delecour et Claude Piquemal[4].

En 1967, ce même relais réalise un temps de 38 s 9 lors de la Coupe d'Europe à Ostrava[4]. La France devient la première nation à descendre sous la barre des 39 s mais la fédération internationale n'accorde pas le record du monde car peu de temps avant le relais de l'université de Californie du Sud a réalisé un temps de 38 s 6 avec trois athlètes américains (Earl McCullouch, Fred Kuller et O.J. Simpson) et un athlète jamaïcain (Lennox Miller)[4].

Le 12 juin 1968 lors du Mémorial Méricamp organisé au stade Jean-Bouin il bat le record de France du 100 m en 10 s 1[5]. Le lendemain il égale son record européen du 200 m en 20 s 4[5]. Bambuck souhaite alors participer aux championnats des États-Unis qui se tiennent la semaine suivante afin de se confronter aux meilleurs athlètes américains[5]. Dans un premier temps, le directeur technique national Robert Bobin s'y oppose car la France doit affronter l'Allemagne dans une rencontre internationale et la présence de Bambuck est synonyme de recette aux guichets[5]. Le samedi 15 juin, par treize voix contre six et une abstention, le comité directeur de la fédération autorise Bambuck à partir aux États-Unis[5]. Le 20 juin 1968 à Sacramento Bambuck s'aligne sur 100 m. Lors de sa série il termine à égalité avec l'américain Charles Greene en 10 s[6]. Il s'agit du record du monde et c'est la première fois qu'un athlète français est le détenteur[6]. Ce record ne tient qu'une heure et quarante minutes car lors des demi-finales l'Américain Jim Hines réalise le temps de 9 s 9 devenant le premier athlète sous la barre des 10 secondes[6]. Pour sa part Bambuck réalise un temps de 10 s en demi-finale. En finale il termine quatrième derrière Greene, Hines et Miller[6].

Bambuck est donc confiant pour les Jeux olympiques d'été de 1968 mais à quelques jours du début de la compétition il tombe malade[7]. Il reprend l'entraînement le 6 octobre 1968 mais sa préparation physique et technique a été retardée[7]. En séries puis en quart de finale Bambuck réalise un temps de 10 s 1[7]. Le 14 octobre en demi-finale Bambuck réalise le deuxième temps derrière Hines et se qualifie pour la finale[7]. Pour la première fois depuis 1920 et la présence d'Émile Ali-Khan un Français sera présent en finale du 100 m[8]. Le même jour en finale, Bambuck est au couloir six[8]. Il manque son départ et termine cinquième de la course en 10 s 1[8]. Deux jours plus tard, le 16 octobre, Bambuck se classe cinquième en finale du 200 m[8]. Le 20 octobre il dispute la finale du relais 4 × 100 m avec Gérard Fenouil, Jocelyn Delecour et Claude Piquemal[9]. Placé au couloir huit, le relais français termine troisième établissant un nouveau record d'Europe en 38 s 4[9]. Bambuck met un terme à sa carrière juste après les Jeux[10].

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Il commence des études de médecine, puis est secrétaire d’État à la jeunesse et aux sports de 1988 à 1991, dans le gouvernement de Michel Rocard, puis inspecteur général de l'Éducation Nationale. Il exerce des responsabilités à l'UNESCO, et dirige le groupe de recherche sur le sport du CNRS. Il a également été directeur de la Délégation Outre-mer à l'Institut de Recherche pour le Développement. En 1993, il est battu dans la 2e circonscription de l'Eure-et-Loir, arrivant 3e du 1e tour avec 12,85% (loin derrière la sortante FN Marie-France Stirbois et le RPR Gérard Hamel).

En tant que secrétaire d’État à la jeunesse et aux sports, il est à l'origine de la loi antidopage du 28 juin 1989 relative à la répression de l'usage des produits dopants à l'occasion des compétitions et manifestations sportives[11].

Divers[modifier | modifier le code]

  • Il est membre de l'Académie des sports, et lauréat du Prix Guy Wildenstein de celle-ci en 1968, ainsi que colauréat avec l'équipe de France du relais 4 × 100m du Prix Emmanuel Rodocanachi en 1966, récompensant la meilleure équipe tricolore, et du Prix Henri Deutsch de la Meurthe de l'Académie des sports en 1967, récompensant un fait sportif pouvant entraîner un progrès matériel, scientifique ou moral pour l’humanité (son épouse Ghyslaine est également lauréate de l'Académie, obtenant le Prix Alain Danet en 2003, pour sa reconversion professionnelle exemplaire), il a été fait Gloire du sport.
  • Sa fille Aurélie Bambuck (1978 -) est une journaliste de radio et de télévision.

Palmarès[modifier | modifier le code]

  • Recordman du monde en 1968 et de France du 100 m en 10".
  • Recordman du monde en 1967 au relais 4 × 100m, en 38" 9.
  • Recordman d'Europe sur 100 m (1967, et 6x en 1968), 200 m (1967, et 2 × en 1968, dont 20" 47), et au relai 4 × 100 m : 3 × en 1967 et 4 × en 1968, dont 38" 4.
  • Recordman de France du 100 m dès 1965, à 20 ans, en 10" 2
  • médaille d'or Champion d'Europe du 200 m en 1966
  • médaille d'or Champion d'Europe du relais 4 × 100m en 1966
  • médaille d'or Champion de France du 100 m en 1965, 1966, 1967 et 1968
  • médaille d'or Champion de France du 200 m en 1965, 1966, 1967 et 1968
  • médaille d'argent Vice-champion d'Europe du 100 m en 1966.
  • médaille de bronze Médaille de bronze aux Jeux olympiques de 1968 au relais 4 × 100m.
  • 4e du championnat des États-Unis sur 100 m en 1968.
  • Membre de l'équipe d'Europe en 1967, il devance les Américains sur 100 m et avec le relais 4 × 100 m

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Alain Luzenfichter, L'or français en athlétisme, Atlantica, Anglet, 2003, page 165.
  2. a, b et c Alain Luzenfichter, L'or français en athlétisme, op.cit., page 166.
  3. a, b et c Alain Luzenfichter, L'or français en athlétisme, op.cit., page 170.
  4. a, b, c, d, e et f Alain Luzenfichter, L'or français en athlétisme, op.cit., page 171.
  5. a, b, c, d et e Alain Luzenfichter, L'or français en athlétisme, op.cit., page 172.
  6. a, b, c et d Alain Luzenfichter, L'or français en athlétisme, op.cit., page 173.
  7. a, b, c et d Alain Luzenfichter, L'or français en athlétisme, op.cit., page 174.
  8. a, b, c et d Alain Luzenfichter, L'or français en athlétisme, op.cit., page 175.
  9. a et b Alain Luzenfichter, L'or français en athlétisme, op.cit., page 177.
  10. Alain Luzenfichter, L'or français en athlétisme, op.cit., page 178.
  11. Loi relative à la répression de l'usage des produits dopants à l'occasion des compétitions et manifestations sportives, sur senat.fr/

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • (en) Profil de Roger Bambuck sur le site de l’IAAF
  • (fr) Sa biographie complète dans "Le Dictionnaire des médaillés olympiques français", de Stéphane Gachet, aux éditions La Maison d'Éditions, juin 2011.