Zouk

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Zouk

Origines stylistiques musique des Antilles françaises, kompa, kadans, biguine
Instruments typiques Synthétiseurs, Boîte à rythmes, …
Scènes régionales Guadeloupe, Martinique, Guyane Haïti

Genres dérivés

soulzouk, lambazouk, ghettozouk

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Article principal : Musique des Antilles françaises.

Le zouk est un genre musical des départements français d'outremer DOM (Guadeloupe et Martinique) créé au début des années 1980. Cette musique rapide de carnaval a été popularisée en Europe par le groupe Kassav avec ses tubes Zouk la sé sèl médikaman nou ni, Siyé Bwa.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le dictionnaire Le Petit Robert donne la définition suivante au mot Zouk :

« musique et danse très rythmées originaire des petites Antilles (Guadeloupe et Martinique) dans les années 1980 ».

Cependant le célèbre percussionniste martiniquais Henri Guédon, indique que dès les années 1960, le mot Zouk faisait déjà référence à des lieux de danse populaire. Le chroniqueur Michel Thimon va dans le même sens, selon lui, le terme Zouk désignait à l’origine une sorte de « salle de bal » peu conventionnelle. Au début du XXe siècle, cela voulait dire un bal « chaud »[1]. Aujourd'hui encore, on appelle Zouk les soirées dansantes organisées chez des particuliers.

En toute objectivite le mot zouke a ete introduit par les artistes Haitiens en tourne aux Antilles Françaises dans les années 70-80. Magnum band et les Skah sha, deux groupes musicaux Haitiens ont même lance des albums avec le titre zouke en 1981. Le mot Créole zouke vient du verbe Français " Secouer"

Histoire[modifier | modifier le code]

Kadans ou kompa[modifier | modifier le code]

La kadans, popularisée par le saxophoniste Haïtien Webert Sicot, jouée par Simond Jurad, les Aiglons, les Vikings, Grammacks et Experience 7 (qui influença beaucoup de musiciens Guadeloupéens) est toujours forte.

En 1980, Pierre-Édouard Décimus, musicien dans un groupe kadans guadeloupéen (Les Vikings) depuis les années 1960 décide avec Freddy Marshall et autres musiciens antillais, d'expérimenter de nouvelles sonorités dans la musique qu'ils ont toujours jouée. Très attaché à la musique populaire de carnaval, Décimus cherche à l'adapter aux techniques musicales modernes. Les deux hommes recrutent aussi Jacob Desvarieux, guitariste de studio confirmé et Georges Décimus (le frère du premier), bassiste, ainsi que d'autres musiciens de cabaret. Le groupe se forme au fur et à mesure. Cette première mouture du groupe rentre en studio en novembre et au début de 1981 paraît le premier album de Kassav, intitulé Love and Ka Dance. À côté de la cadence, un nouveau genre musical est né qui ne fera pas long feu : le zouk béton. Kassav a apporté de nouveaux sons, surtout au niveau des basses, claviers et cuivres donnant à cette musique un air de modernité et surtout de fête, une musique vivante et dansante en somme. Kassav a introduit la technologie du MIDI dans la musique Caribéenne.

Le groupe Zouk Machine enregistre en 1989 Maldon, qui deviendra un gros tube avec un raz-de-marée de plus d'un million de singles vendus et no 1 des ventes de singles en France pendant neuf semaines. Composé de Jane Fostin, Christiane Obydol et Dominique Zorobabel, Zouk Machine connaîtra de nombreux succès hexagonaux et restera l'une des références de la musique Antillaise.

Les années 1980[modifier | modifier le code]

Les années 1980 sont riches en musique aux Antilles. Beaucoup de titres sont des hits mémorables : le hit Zouké interprété par le Guadeloupéen Patrick Saint-Éloi en 1984 et d'autres tubes comme Pa bizwen palé interprété par Jocelyne Béroard, Patrick Saint-Éloi et Jean-Philippe Marthély, Bel kréati chanté par Jean-Philippe Marthély et surtout le Kolé séré chanté en duo par Jocelyne Béroard et Philippe Lavil (Disque d'or en France). Patrick Saint-Éloi a également chanté d'autres tubes marquants comme Darling, West-Indies, Rèv an mwen, À la demande, Lésansyèl, O la ou yé, Choisi, Filé zétwal et Mizik ; en duo avec Jean-Philippe Marthély, Pazapa, Bizness et Mistè la vi a.

Par la suite, d'autres tubes qui ont marqué les années 1980 comme :

Avec Kassav et Zouk Machine, le son neuf des instruments électroniques participe à l'essor du zouk aux Antilles et en France.

Les années 1990[modifier | modifier le code]

Deux groupes de zouk se distinguent durant cette période : Kwak et Taxi Kreyol de la Martinique. Des groupes évoluant en live se forment, le playback est peu à peu délaissé.

Les tubes des années 1990 sont : Kobay de Jean-Philippe Marthély, Bay chabon, Beso, Fabiola, Ki jan ké fè de Patrick Saint-Éloi, Séré mwen, Komparéson, minnin mwen, Manjo de Kwak, Avan loraj et Foli kanel de Taxi Kréyol, Cigarèt, Héros, Un homme de Jean-Michel Rotin, On ti Dousè, Romantik, Mister Radio, Nuit de Miel de Tatiana Miath, Karamel de Gilles Floro, Marie, Somnifè d'Edith Lefel, Natirel de Sonia Dersion, Avoué, San vou de Leïla Chicot, Pran plézi de Pascal Lanclume, Lettre de Fabrice Servier, Atirans de Jérôme, Chéri mwen de Chris Lovard, Tourment d'amour, Love story d'Eddy Marc, Voilà pourquoi d'Orlane, etc.

Harry Diboula avec ses tubes Mise au point et Tu me manques va aussi marquer cette période. Il réalise après Kassav et Zouk Machine la plus grosse vente d'albums aux Antilles avec l'album Classe affaire vendu à 70 000 exemplaires. C'est une performance pour un artiste qui n'est pas produit par une major de la production musicale française. Le son change, les cuivres disparaissent des morceaux antillais qui sont moins rythmés, mièvres et plus langoureux.

De nouveaux talents antillais vont émerger comme Patrick Benoit, Leïla Chicot, Alex Catherine, Richard Birman, Sonia Dersion, Jocelyn Deloumeaux, Jocelyne Labylle, Ludo, Phil Control, Janick Voyer, Léa Galva, N'Jie, Thierry Cham, Claudy Siar, Christelle Rosette, Pascal Lanclume, Fabrice Servier, Didier, Jean-Luc Guanel, Rodrigue Marcel, Jean-Luc Rosier, Orlane, Célia Delver, Marika Fostin, Jérôme, Jacky Rapon, Herman Fléret, Chris Lovard et les groupes Chatèn.

En 1995 et 1996, le groupe Fuzion et ses deux complices Richard Birman et Alex Catherine sortent deux albums qui connaîtront un énorme succès, Nuit bleue et Vérité cachée. Ces albums vont se vendre à des milliers d'exemplaires. Le groupe Fuzion avec ses tubes Absans, Kupidon, La leçon, Vérité cachée et Nuit bleue va s'imposer avec son « light kompa » qui fera de nombreux émules en Guadeloupe et en Martinique jusqu'à la fin des années 1990. Puis sur l'album Réal Limit1 paru en 1998, il y aura d'autres tubes comme Femmes, Nou Bizwen, Konté mwen, Bay et Léon.

Le Zouk Love dont le rythme est de plus en plus langoureux est en perte de vitesse en France et en Europe. Seul des groupes ou artistes comme Kassav, Zouk Machine, Francky Vincent et Tanya Saint-Val arrivent à pénétrer le marché national. Par exemple, en 1991, le titre Tropical sur l'album Soul Zouk de Tanya Saint-Val est au Top 50 (hit-parade français) pendant quatorze semaines. En 1995, l'album Fruit de la passion de Francky Vincent est vendu à 400 000 exemplaires en France et est disque de platine.

Les années 2000[modifier | modifier le code]

Après l'euphorie des années 1980 et la perte de vitesse des années 1990, des artistes tels que Thierry Cham, Slaï, Médhy Custos, Jane Fostin, Les Déesses et Perle Lama parviennent de nouveau à se classer en bonne position dans les hits nationaux. Slaï est en 2005 disque d'or en France avec son album Florilège vendu à 300 000 exemplaires. Les titres Flamme, La dernière danse et Après la tempête vont figurer en bonne position dans les hits nationaux.

Le zouk de la nouvelle génération réussit de nouveau avec un rythme proche du R'n'B à intéresser le public français. Mais face à la concurrence du rap, du R'n'B, de la salsa, le zouk a encore du mal à se faire une place sur le marché du disque en France et en Europe. L'engouement des années 1980 avec Kassav et Zouk Machine ne se retrouve plus.

Autre changement important, c'est l'apparition du français dans les chansons. Aujourd'hui, la plupart des artistes chantent en français et délaissent un peu le créole. Le Zouk des années 2000 contrairement à celui des années 1980 est moins rythmé avec la disparition des cuivres. Certains nostalgiques[Qui ?] se plaignent de cette évolution du Zouk love qui devient moins dansant et monotone. D'où le renforcement du kompa qui n'avait jamais laissé les discothèques en Guadeloupe et en Martinique.

Durant les années 2000, quelques titres vont réussir à se positionner dans les hits nationaux (France), il s'agit de : Océan de Thierry Cham, Flamme, La dernière danse, Après la tempête de Slaï, Pas de glace de Jane Fostin & Médhy Custos, Laisse parler les gens, Ma rivale sur la compil Afro-Zouk Dis l'Heure de Zouk, Emmène-moi, Aime-moi plus fort de Perle Lama, Elles demandent, Ne dit à personne, Les divas de Médhy Custos et On a changé des Déesses, Ancré à ton port de Fanny J.

La décennie révèle de nouveaux artistes tels que Orlane, Princess' Lover, Perle Lama, Médhy Custos, Slaï, Nichols, Patrick Andrey, Jim Rama, Peggy Bajal, Christiane Valejo, Christian et Franck Nara, Talina, Soumia, Vro, Virginie Lolia, Laury, Yannick Cabrion, Darius Denon, Jimmy Devarieux, Jean-Marie Ragald, Bruno Bias, Steevy, Ali Angel, Samantha Nourry, Tina, Elodie Marquant, Warren, Chris William, Teeya, Gladys et Enyd Cabarus, Kaysha, Jessye Belleval, Marvin, Elizio, LS, Steeven Morris, 2 Wayz, Kimberlite Zouk, Jamice, Kénédy, Fanny J et le groupe Bamboolaz.

Les années 2010[modifier | modifier le code]

À partir de 2010, le zouk est plus léger et est de plus en plus influencé, voire menacé par le kompa nouvelle génération. Nombreux sont les artistes qui introduisent les sonorités du kompa nouvelle génération dans leurs chansons, ce qui n'est pas sans conséquence. Le zouk est de plus en plus dénaturé et dilué dans le compas nouvelle génération, il est méconnaissable. Cette nouvelle orientation des producteurs et artistes de zouk risque à plus ou moins long terme de provoquer la disparition de ce genre musical. Autre observation, le zouk n'arrive plus à pénétrer le marché national et international et à se hisser dans les hits nationaux et internationaux[réf. nécessaire] mais il ne manque pas de talents parmi la jeune génération dont Fanny J, Jean-Marie Ragald, Stéphane Ravor, Njie, Kénédy, Marvin, Jessy Belleval, Kim, Richard Birman, Alex Catherine, Patrick Andrey et Jim Rama.

Plus récemment, il faut noter une révolution dans le zouk grâce à l'impulsion de l'artiste Alex Von Deadlight, fier partisan d'un renouveau zouk. Il cite "Le renouveau du zouk doit à tout prix passer par le totalitarisme. On sortira les tromblons si il le faut". Il travaille d'ailleurs sur son premier album sobrement intitulé "Viens Zouker" où figureront des chansons au titres évocateurs tels que "The Devil's Zouk", "Pendant que tu zoukes, on baise ta femme", "Give me zouk or give me death". En parallèle, il travaille sur une réinterprétatio nen zouk des plus grands titres de black metal qui devraient sortir sur une compilation nommée "De Mysteriis Zouk Sathanas" sur Nous Aimons Productions.

Le zouk love ou kompa des Antilles françaises[modifier | modifier le code]

Le zouk love est caractérisé par un rythme plus lent. Il s'agit de chansons d'amour pour la plupart des morceaux  : les textes parlent souvent d'amour et de problèmes sentimentaux.La proximité entre les deux partenaires de danse est totale, on parle de kolé séré, les mouvements sont lascifs. Patrick Saint-Éloi a produit beaucoup de tubes à succès tels que Darling, Plézi, H2O West-Indies, Rèv an mwen et Zouké. Il interpréta en duo avec Jocelyne Béroard, Pa bizwen palé. Jean-Philippe Marthély eut du succès avec ses tubes Bel Kréati, Pazapa et Lanmou sé pa djendjen. Mais c'est Jocelyne Béroard avec son tube Kolé Séré en duo avec Philippe Lavil (Disque d'or) qui a permis à toute la France de découvrir cette musique. Le single Kolé séré a été vendu à plus de 500 000 exemplaires en France.

Quelques tubes de zouk love des années 2000 :

Le zouk original, zouk béton ou chiré[modifier | modifier le code]

Le zouk béton est le zouk original. Un melange de gwo ka, calypso, biguine, rythmes Africains et kompa ou kadans. Très rythmé, en créole la musique est qualifiée de Voyé Monté (qui bouge beaucoup). On trouve ce rythme notamment dans les chansons de carnaval. Le zouk béton se danse généralement sans partenaire. Le zouk beton a perdu sa popularité durant les années 1980.

Le groupe Kassav' popularise le zouk béton durant les années 1980 avec des tubes tels que Zouk la sé sèl médikaman nou ni, Ayé, Hawa, Chiré, Djoni, Banzawa, Mwen malad aw, Ki nom manmanw, Syé bwa, Ba nou zouk la et Zioum tube de carnaval chanté par Jean-Philippe Marthély. Sadi Lancréot connaît aussi un immense succès avec son tube "Simao " titre très populaire et premier au hit parade de toutes les radios locales!! Frédéric Caracas et son groupe Zouk All Stars, popularisent également le zouk béton avec leurs tubes Vini et Chiraj. D'autres morceaux comme Mi chalè, Zouk à gogo de Tanya Saint-Val et Son la ri, Kay manman de Jocelyne Béroard ont été des tubes.

Le ragga-zouk[modifier | modifier le code]

Au début des années 1990, le raggamuffin ou Dance Hall de la Jamaïque est en plein essor aux Antilles françaises. Le Ragga jamaïcain va pendant quelques années influencer le Zouk. Les premiers artistes de Zouk à avoir proposé ce nouveau style sont Jacques d'Arbaud et Jean-Jacques Gaston avec le titre Jessica, Frédéric Caracas et son groupe Chanpann avec Lombraj an mwen, Tatiana Miath et son tube Romantik. Le morceau Viré de Gilles Floro a également fait un tabac aux Antilles. Mais le titre qui a connu le plus gros succès aux Antilles est Irié du Martiniquais Shango. Cette tendance fut tout simplement un phénomène de mode et a vite disparu.

Kompa nouvelle génération[modifier | modifier le code]

Au début des années 2000, les groupes de Kompa haïtiens Carimi, Haitian Troubadours, T-vice, Top Vice, Konpa Kreyol et Mass Compas font un tabac aux Antilles Françaises. La chanteuse Vro avec son tube Softcore et d'autres artistes antillais vont adopter ce kompa nouvelle génération qui semble avoir aujourd'hui l'adhésion du public français. Cette tendance est très populaire auprès des jeunes tant en France qu'aux Antilles.

Rapport avec la musique africaine[modifier | modifier le code]

L'influence de la musique africaine a été fondamentale.

L'orchestre marquant, vers la fin des années 1960 aux Antilles, était un groupe composé d'Africains, les Ryco Jazz, dont les modèles musicaux (rumba zaïroise et autres rythmes urbains) allaient servir de base aux nombreuses copies antillaises plus ou moins heureuses qui se succédaient. La lente évolution devait d'abord se faire en simplification rythmique et mélodique, puis à nouveau en enrichissement rythmique, mélodique et aussi instrumental, jusqu'à la sophistication orchestrale des dernières productions de Kassav'. Les Ryco Jazz comme leur nom l'indique tenait plus du quartette de jazz que du grand orchestre de variété.

Il est amusant de noter, que le succès de Kassav' dans les années 1990 a provoqué un retour d'influence sur la musique populaire dans certains pays africains. Aujourd'hui la Kizomba, genre musical créé en Angola et très populaire au Portugal est influencé par zouk ou le kompa des Antilles Françaises.


Les artistes de zouk des années 1980-1990[modifier | modifier le code]

Les artistes de zouk les plus emblématiques de la nouvelle génération[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Martinique, Michelin,‎ 2009, 275 p. (ISBN 2067142585 et 9782067142589, lire en ligne)

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

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