Henri Guédon
Henri Guédon est un artiste-peintre et musicien de jazz martiniquais né le 22 mai 1944 à Fort-de-France et décédé le 12 février 2006 à Paris. Auteur. Compositeur. Peintre. Sculpteur. Plasticien.
Henri Guédon naît le 22 mai 1944, jour anniversaire de l'abolition de l'esclavage, cela ne s'invente pas!!! Ce thème l'inspira tout au long de sa carrière.
Il crée très jeune un groupe, La Contesta” avec Paul Rosine (vibraphone), Michel Pacquit (piano), Denis Dantin (batterie), Romul Pinel (conga) et enregistre un album avec Alain Jean-Marie et A. Condouant.
En 1964, il s'installe à Paris où il participe à de nombreux concerts de Jazz fusion. Pionnier de la modernisation de la musique afro-cubaine, il crée avec Daniel Barda le premier Big Band Jazz Caraïbes en 1970, au sein duquel il y joue du » boogaloo », mélange de soul, de rhythm and blues et de rythmes afro-cubain. Il surprend d’autant plus le public Français, que sur scène, il met en avant les percussions en en jouant très fort. En 1972, il sort son album « Cosmo Zouk » chez CBS, avec une réunion des meilleurs musiciens latinos antillais : Don Gonzalo, Fernandez, Nicole et Jacky Bernard, Claude Vamur, Michel Pacquit, etc.
Il lance dans la foulée le terme « Zouk ».
Henri Guédon a alors le rare privilège, d’enregistrer et de tourner avec les plus grands maîtres de la Nuyorican Salsa : le flûtiste Don Gonzalo Fernandez , le tromboniste Barry Rogers , le trompettiste cubain Arturo Sandoval, le tromboniste Glen Ferris, le saxophoniste Bobby Rangell ou encore le percussionniste Sabu Martinez . Permettant alors aux disques sortis sur les labels Fania , Coco ou Vaya de trouver une plus large audience en France.
Fin des années 1970, il importe la Salsa en France. Et lors de son spectacle « Afro Caraïbe jazz meeting » à l'Olympia, , il invite les stars de la musique latine: Andy Gonzales, Barry Rodgers, Mario Riveira, Nicky Marrero, Alfredo de La Fe, Johnny Rodriguez Jr., Marion Riviera, Eddie Martinez, Ray Romero. . Début des années 1980 il marque les esprits avec les albums « Afro-blue » puis « Afro-temple ». En 1982, il tenta d'autres expériences en formant un groupe expérimental de percussions avec de prestigieux musiciens: Bill Summer, Scott Roberts, John Olis Jr. Lucas Van de Merjick. L’instrumentorium était composé de 200 instruments afro caraïbéens, afro asiatiques, mêlés aux divers instruments classiques occidentaux. En 1983, il reçoit le prix de l'Académie Charles Cros pour des contes musicaux écrits d'après la tradition profonde des Antilles, avant de partir pour de longues tournées internationales: Hongrie, Italie, Belgique, Suisse, Allemagne, Suède, Espagne, Malte, Algérie, Tunisie, Maroc, Israël, Autriche, Burkina Faso, États-Unis (New York), Canada (Montréal), Puerto Rico, Aruba, Martinique, Guadeloupe… En 1988, il nous offre deux œuvres musicales originales: - « L'opéra Triangulaire », un oratorio jazz avec un orchestre symphonique, son Big Band, des chœurs, et avec la collaboration de Philippe Langlais, Directeur de l'Orchestre du Havre. - Un poème symphonique, crée avec des musiciens de l'orchestre Provence Côte d'Azur et la chanteuse Carol Unpkin pour le Festival d'Avignon. C’est un hommage à Aimé Césaire puis un an après un hommage à Toussaint Louverture.
En 1992, il crée la « Marseillaise en trois Continents », pour et en collaboration avec la ville de Bagneux.
En 1993, c’est avec la Ville de Courbevoie et sa collaboration qu’il crée « Nomadisme Musical aux Caraïbes », suite de diverses danses Caraïbes et de Mazurkas avec la participation de l'ensemble instrumental “Parenthèses”, avec la chanteuse Yolanda Hernandez et le pianiste Georges Rabol.
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Un an d'interruption. Puis il remonte son Latin Jazz Band avec les musiciens qui ont suivi l'évolution de sa carrière ; il prépare un nouvel album, en hommage à Dizzy Gillespie, intitulé « Latin BE BOP ».
Les années suivantes Henri Guedon se consacra davantage aux Arts plastique. Et de la même façon qu’il ne se restreignait pas dans la musique, il a tout embrassé dans ce domaine aussi ; de la peinture à la sculpture, en passant par la pyrogravure et même la tapisserie. Aussi, à l’instar du batteur suisse Daniel Humair ou du chanteur nancéien Charlélie Couture,il a produit une véritable œuvre de peintre qui donnera lieu à plus de 150 expositions au total.
Il reviendra au devant de la scène au New Morning, le 15 octobre 2004 pour célébrer ses 40 ans de carrière. Il s’entourera de ses acolytes Luckmil Perez (timbales, batterie), Abraham Mansarol Rodriguez (congas, bata), Felix Toca (basse), Christophe Orbester (piano), Michael Joussein (trombone, direction musicale), Eddy 'Negon' Borges (trombone), Dave Rhotschild (trombone), + invités : Allen Hoist (flûte), Alain Jean-Marie (piano), Almeida Gonzalez Cuchi (basse), Claude Vamur (timbales), Frankie Vazquez (chant). L’année suivante il donnera son dernier concert dans son île natale Fond Saint Jacques (Sainte-Marie) en Martinique.
Il nous quitte le 12 février 2006, des suites d'une opération du cœur. Il aura aussi été l’auteur d’une méthode de percussions aujourd’hui épuisée.
Le créateur du mambo rap est sans aucun doute le plus grand artiste de world music antillais