La Trinité (Martinique)

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La Trinité
La sous-préfecture et son arbre du voyageur
La sous-préfecture et son arbre du voyageur
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Martinique
Département Martinique
Arrondissement Trinité
Canton Trinité
Intercommunalité Communauté d'agglomération du Pays Nord Martinique
Maire
Mandat
Frédéric Buval
2014-2020
Code postal 97220
Code commune 97230
Démographie
Population
municipale
13 468 hab. (2011)
Densité 294 hab./km2
Géographie
Coordonnées 14° 44′ 00″ N 60° 58′ 00″ O / 14.73334, -60.9666714° 44′ 00″ Nord 60° 58′ 00″ Ouest / 14.73334, -60.96667  
Altitude Min. 0 m – Max. 285 m
Superficie 45,77 km2
Localisation

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La Trinité

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La Trinité

La Trinité est une commune française située dans le département de la Martinique en région Martinique. Ses habitants sont appelés les Trinitéens.

Située sur la côte atlantique de la Martinique, La Trinité est une des trois sous-préfectures de la Martinique. La sous-préfecture de La Trinité a été créée par le décret du 15 septembre 1965. C'est le Chef-lieu de l'Arrondissement de La Trinité. La commune est actuellement le principal pôle administratif du nord-atlantique de la Martinique. En effet, on trouve également dans la ville de Trinité, un hôpital, une bibliothèque, une cyber-base, deux lycées, un centre des Impôts, une agence de la CGSS et du Pôle Emploi, mais aussi une annexe de la CCI de la Martinique. Il y a aussi de nombreux commerces dans le centre ville et dans sa périphérie la ZAC du Bac qui est en plein développement. Mais, on constate depuis quelques années que l'attractivité de Trinité est de plus en plus menacée par les villes de Sainte-Marie et Le Robert.

Géographie[modifier | modifier le code]

Elle compte sur son territoire Tartane et la presqu'île de la Caravelle, au bout de laquelle le château Dubuc surplombe une mangrove.

Panorama depuis la jetée.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

La Trinité fait partie des trois pôles du mysticisme martiniquais et son nom même est symbolique. Un nom qui évoque la réunion des trois quartiers qui composaient jadis la commune. Celle-ci devint très vite,sous l'influence de la puissante famille Dubuc, un port prépondérant pour le commerce du rhum et du sucre. On acheminait le sucre jusqu'au port par une voie ferrée dont on peut suivre encore le chemin.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1971 1989 Casimir Branglidor PS Directeur d'école
Conseiller général (1973-1985)
1989 en cours Louis-Joseph Manscour PS Conseiller général (1985-2002)
Vice-président du Conseil général (1998-2002)
Député depuis 2002
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 13 468 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1961. À partir du XXIe siècle, les recensements des communes de plus de 10 000 habitants ont lieu chaque année à la suite d'une enquête par sondage, contrairement aux autres communes qui ont un recensement réel tous les cinq ans[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1961 1967 1974 1982 1990 1999 2006 2011
8 118 9 545 10 632 10 087 11 090 12 890 13 677 13 468
(Sources : Insee : Population sans doubles comptes à partir de 1961[1] puis population municipale à partir de 2006[2])
Histogramme de l'évolution démographique


Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Coralie Balmy (1987), nageuse de haut niveau née à Trinité.
  • David Alerte (1984), athlète français spécialiste du 200 mètres.
  • Cédric Sorhaindo (1984), handballeur français.
  • Patrick Percin, footballeur martiniquais
  • Hervé Arcade, vainqueur du Tour cycliste de la Martinique en 2004
  • Thomas Voeckler, cycliste, détenteur du maillot jaune sur plusieurs étapes du Tour de France en 2004 et 2011.
  • Fernand Clerc, industriel béké, ancien député et maire de Trinité de 1894 à 1912
  • Louis-Joseph Manscour, député européen depuis 2014, maire de Trinité de 1988 à 2014, député de 2002 à 2012
  • Marcel Manville, avocat, essayiste et nationaliste martiniquais
  • Casimir Branglidor, ancien maire de Trinité de 1971 à 1989
  • Auguste Rejon, ancien sénateur et maire de Trinité de 1945 à 1971
  • Louis Domergue, médecin et ancien maire de Trinité
  • Yva Léro, écrivaine. Elle est l'auteure de "La Plaie", "Peau d'ébène" et "Doucherie"
  • Raoul Lonis, historien de l'Antiquité grecque

Économie[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

L'usine du Galion.[modifier | modifier le code]

Naissance de l'usine

Au XVIIIe siècle, l'habitation Le Galion située à l'embouchure de la rivière du même nom appartient comme toute la région à la célèbre et puissante famille des Dubuc. Les deux habitations sucrières contigües Galion et Grands-Fonds sortent du patrimoine des Dubuc en 1819 et, en 1842, elles sont la propriété d'un certain Jacques-Marie Lalanne.

À la mort de ce dernier, les habitations sont mises en vente aux enchères. Jean Émile Merlande et Paul Lalanne (on ignore s'il est ou non apparenté au défunt), propriétaires à Saint-Pierre, se portent conjointement acquéreurs. Les propriétés sont grevées d'hypothèques et ils doivent faire appel pour se procurer les moyens de les acquitter à un négociant de Saint-Pierre : Eugène Eustache. En contrepartie, ils doivent lui abandonner l'administration des exploitations jusqu'au remboursement intégral de leur dette.

Vers 1861, Eugène Eustache envisage de créer une usine sur ses terres, car les vieilles habitations sucrières vivent leurs dernières années. L'établissement est construit sur l'habitation Grands-Fonds mais s'appelle « Usine du Galion »[3]. Grâce au profit sucrier des années 1870, il peut rembourser son emprunt par anticipation. Pour assurer l'approvisionnement de son usine en cannes, il cherche à se constituer son propre domaine agricole. Il rachète systématiquement toutes les habitations qui sont mises en vente autour de Grands-Fonds Galion : Bord-De-Mer, Desmarinières, Morne-Galbas, Malgré-Tout, Fonds Galion et Mignot. Il se trouve ainsi à la tête d'un vaste domaine de 2 344 ha disposé en arc-de-cercle autour de la Baie du Galion et fournissant toutes les cannes nécessaires au bon fonctionnement de l'usine.

Eugène Eustache meurt le 6 mars 1883, à la veille de la grande crise qui frappe l'économie sucrière antillaise.


Le Galion et la grande crise sucrière (1884-1905)

À la mort d'Eugène Eustache, Émile Bougenot, son gendre, est chargé de la gestion de l'usine. Né en 1838 dans un petit village de la Côte-d'Or, issu d'un milieu paysan aisé, il poursuit des études d'ingénieur, et entre en 1859 au service de la Maison Cail. L'année suivante, il est envoyé à la Martinique pour diriger le montage de l'installation de l'usine de Lareinty. C'est à lui qu'Eugène Eustache avait fait appel pour monter l'usine du Galion. Il épouse la fille du propriétaire.

Les années suivantes sont celles d'une ascension sociale et patrimoniale rapide. Sur les 21 usines sucrières en activité dans la 2e moitié du XXe siècle, il a été gérant de 9, actionnaire de 15, et copropriétaire de celle du Galion, touchant ainsi des revenus importants. Émile Bougenot a les connaissances techniques qui lui permettent de s'imposer dans le milieu créole. Il bénéficie de la conjoncture économique en hausse mais c'est surtout, un gros travailleur, exigeant envers lui-même comme envers les autres, qui sait tirer parti de toutes les opportunités qui s'offrent à lui. Lorsqu'il devient propriétaire du Galion, il abandonne la direction de toutes les autres usines. En 1892, il confie l'administration de l'usine à Joseph de Lagarrigue, un blanc créole de la Trinité, et rentre définitivement en France d'où il continue à suivre la gestion de son usine.

La crise prend fin autour de 1905. La production sucrière du Galion se solde par des bénéfices dès les années suivantes, d'importants investissements sont réalisés pour augmenter la capacité de broyage, renouveler le matériel et les plantations, sur lesquelles on remplace la vieille canne dite "D'Otaite" par une nouvelle espèce, la "Big Tana".


Évolution et problèmes de 1905 à 1939

Avant la Première Guerre mondiale, la demande en alcool (fabrication des explosifs) est très forte. Beaucoup d'usines négligent de plus en plus la production de sucre pour se consacrer à celle du rhum, plus rémunératrice. On assiste alors à un effondrement de la production sucrière à la Martinique. Il semble cependant que la politique de production au Galion était plus prudente et n'a servi qu'à rentabiliser l'exploitation. Son chiffre d'affaires est multiplié par 5 et son bénéfice par 7,8 au cours de la période.

La fin de la guerre entraîne un effondrement de la production du rhum et l'instauration du contingent réparti entre les usines. De nombreux petits distillateurs finissent par être ruinés. Au Galion, cette crise se traduit simplement par un manque à gagner. À partir de 1920, la consommation métropolitaine s'accroît, non seulement en rhum mais surtout en sucre, suite à la destruction des industries betteravières du Nord et de la Picardie.

Le Galion accroît sa production et sa productivité par la modernisation du matériel (reconstruction des voies ferrées, renouvellement du matériel roulant, introduction de nouvelles espèces de cannes). Ainsi l'année 1925 est marquée par l'établissement de records qui ne seront pas battus avant le boom de la décennie de 1950[4], mais aussi par le décès d'Émile Bougenot. Après 1926, l'activité du Galion retrouve une vitesse de croisière plus normale. Les usines métropolitaines reconstruites, l'expansion martiniquaise s'arrête, la production se stabilise. Après la disparition d'Émile Bougenot et de J. de Lagaruigue, les cohéritiers conservent le domaine en indivision, la direction effective est assumée par Carl Pelle et l'administration par Louis de Lagaruigue, fils du précédent administrateur.

La crise mondiale (1930 - 1939) provoque une récession, le manque à gagner du Galion est impressionnant : c'est le sucre qui est surtout responsable du recul (son coût de production restant constamment supérieur à son prix de vente). Le Galion parvient tout de même à équilibrer ses comptes de fabrication grâce aux sirops. Malheureusement, les cours diminuent eux aussi entraînant des pertes en 1934 et 1935 (imputables en partie à des erreurs de gestion). Les résultats sont donc catastrophiques pour le sucre mais sont finalement compensés par les profits réalisés sur la fabrication du rhum particulièrement du Grand Arôme pour lequel le Galion jouit d'un quasi-monopole. La crise frappe surtout les petites distilleries dont le nombre tombe de 155 en 1930 à 120 en 1937. La reprise survient à partir de 1937 et sera extrêmement vigoureuse jusqu'à la Seconde Guerre mondiale.

Si le secteur sucrier antillais bénéficie d'une conjoncture internationale favorable (reprise économique générale dans les pays capitalistes, contingentement de la production, déficits répétés de la production betteravière), au Galion comme ailleurs, on met en œuvre une politique systématique d'accroissement des rendements. De nouveaux moulins et des générateurs plus puissants sont installés. Le matériel de cuisson et d'évaporation est renouvelé. Une nouvelle espèce de canne, la BH 10-12, plus riche en saccharine, est introduite sur les plantations où l'usage du tracteur et le labourage mécanique s'étendent. L'emploi des engrais devient systématique.

Les petits enfants de Carl Pelle hériteront de l'usine et, entre autres, du domaine foncier, en 1949. En 1958, ils constituent une SCI nommée "Exploitation Agricole du Galion" dont le siège social se trouve à l'habitation du Galion à La Trinité. L'activité de l'usine du Galion est indépendante de celle de l'Exploitation agricole du Galion.

L'usine sort du patrimoine des héritiers Bougenot

En 1973, le groupe Rémy Cointreau, se porte acquéreur des usines Saint-James à Sainte Marie, et de l'usine du Galion. En 1984, le groupe cède l'usine du Galion (La Trinité) aux collectivités territoriales. Elle est constituée en Société anonyme d'économie mixte sous l'appellation SAEM Production Sucrière et Rhumière de la Martinique.

S'ensuit alors une vingtaine d'années de difficultés et de déficits. L'activité de cette usine n'a pu être maintenue que grâce à l'injection massive et régulière de fonds publics. En 2003, un accord cadre est signé entre les actionnaires de la SAEM (conseil général, conseil régional, état, communes, ...) et la COFEPP (Compagnie Financière Européenne de Prise de Participation) pour concrétiser l'entrée de cette dernière dans le capital de la société à hauteur de 20 % dans un premier temps, puis 15 % supplémentaire dans un deuxième temps.

À cette occasion, il est demandé à la COFEPP de prendre une part active à la gestion de cette structure. La COFEPP est la holding de La Martiniquaise, société propriétaire notamment de Dillon, Depaz ou Négrita. Elle n'est rien moins que le 3ème groupe de spiritueux français et aussi le 1er client de la SAEM PSRM. Intéressée par le « potentiel de développement offert par le site de La Trinité », cette compagnie y envisage la mise en place d'une unité bagasse-charbon, qui fournirait près de 20 % de la production d'électricité de la Martinique, ainsi que la création d'une distillerie de rhum traditionnel de sucrerie (RTS).

En 2010, l'usine est la propriété des pouvoirs publics (à hauteur de 58,60 %), la COFEPP restant l'actionnaire privé majoritaire (28,96 %)[5].

Rue dégradée

C'est pour répondre à la consommation croissante d'électricité qu'un projet pour la création d'une centrale thermique au fioul en Martinique voit le jour au ministère de l'industrie en 2003. La Compagnie de Cogénération du Galion (CCG) créée en juillet 2004 remporte l'appel d'offres pour la création d'une unité de production de vapeur et d'électricité (Cogénération). Elle inaugure sa centrale et commence à produire de l'énergie électrique en 2007.

Dans cette usine est produit le rhum Grand Fond Galion.

Distillerie Hardy[modifier | modifier le code]

La distillerie fut fondée en 1830 par Émilien Bonneville. Suite au mariage d'une de ses filles, l'exploitation fut achetée par son époux, Gaston Hardy, en 1905. Depuis, la distillerie appartient à la famille Hardy.

L’usine n'est plus fumante depuis 1996. Aujourd'hui en ruines, elle présente un enchevêtrement de tôles et de vieilles machines à vapeur noirâtres, complètement rongées par l’humidité et peu à peu gagnées par la végétation. La distillation se fait désormais à l’usine Saint-James à Sainte-Marie. La recette originale à 55° des Rhums Hardy est fidèlement respectée et on continue de boucher les bouteilles à la cire. Produit au faible volume annuel de 120 000 litres, le rhum Hardy est toujours tenu par le dernier des héritiers de la grande famille Hardy de Tartane, Jean-Claude Hardy.

Autres monuments[modifier | modifier le code]

Le Château Dubuc

Plages[modifier | modifier le code]

Plage de la Tartane
  • Plage des Raisiniers
  • Plage de Cosmy
  • Plage de L'Autre-Bord

Sports[modifier | modifier le code]

Équipements sportifs :

  • Stade Louis Richer
  • Stade de Tartane
  • Hall des sports (quartier Beauséjour)

Clubs sportifs :

  • La Gauloise de Trinité, football, handball, basket ball, athlétisme, rugby
  • Le Réal de Tartane, football
  • Le Club Cycliste de Trinité (CCT), cyclisme, (ancien club de Thomas Voeckler, il est actuellement membre de l'équipe Europcar).

Jumelages[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Historique de la population des communes de 1961 à 2008
  2. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2011
  3. L'usine est équipée par la Société J.F Cail & Cie (spécialiste en matériel pour les usines sucrières), et Eugène Eustache empruntera 1 200 000 Francs à la Société du Crédit Colonial.
  4. 4 725 000 F de bénéfices pour le Galion en 1925, soit un rendement financier de 90 %
  5. La filière canne-sucre-rhum Martinique - SAEM PSRM du Galion

Pour aller plus loin[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Emile Eadie, Sucre et industrialisation à la Martinique de 1860 à nos jours

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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