La Trinité (Martinique)

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Trinité
La sous-préfecture et son arbre du voyageur
La sous-préfecture et son arbre du voyageur
Administration
Pays Drapeau de France France
Région Martinique
Département Martinique
Arrondissement Trinité
Canton Trinité
Intercommunalité Communauté de communes du Nord Martinique
Maire
Mandat
Louis-Joseph Manscour
2001-2008
Code postal 97220
Code commune 97230
Démographie
Population
municipale
13 923 hab. (2009)
Densité 304 hab./km2
Géographie
Coordonnées 14° 44′ 00″ N 60° 58′ 00″ W / 14.73334, -60.9666714° 44′ 00″ Nord
       60° 58′ 00″ Ouest
/ 14.73334, -60.96667
  
Altitude Min. 0 m — Max. 285 m
Superficie 45,77 km2
Localisation

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Trinité

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Trinité

Trinité est une commune française située dans le département de la Martinique et la région Martinique. Ses habitants sont appelés les Trinitéens.

Sommaire

Géographie [modifier]

Située sur la côte atlantique de la Martinique, Trinité en est une des trois sous-préfectures de la Martinique. La sous-préfecture de Trinité a été créée par le décret du 15 septembre 1965.

Elle compte sur son territoire Tartane et la presqu'île de la Caravelle, au bout de laquelle le château Dubuc surplombe une mangrove.

Panorama depuis la jetée.

Toponymie [modifier]

Histoire [modifier]

Trinité fait partie des trois pôles du mysticisme martiniquais et son nom même est symbolique. Un nom qui évoque la réunion des trois quartiers qui composaient jadis la commune. Celle-ci devint très vite,sous l'influence de la puissante famille Dubuc, un port prépondérant pour le commerce du rhum et du sucre. On acheminait le sucre jusqu'au port par une voie ferrée dont on peut suivre encore le chemin.

Administration [modifier]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1971 1989 Casimir Branglidor PS Directeur d'école
Conseiller général (1973-1985)
1989 en cours Louis-Joseph Manscour PS Conseiller général (1985-2002)
Vice-président du Conseil général (1998-2002)
Député depuis 2002
Toutes les données ne sont pas encore connues.

Démographie [modifier]

Au XXIe siècle, les recensements des communes de plus de 10 000 habitants s'effectuent par quartiers sur une période de cinq ans. Pour La Trinité, les dates de « recensements » ci-dessous (2006, 2009) sont des estimations légales.

Évolution démographique
1967 1974 1982 1990 1999 2006 2009 - -
9 545 10 632 10 087 11 090 12 883 13 677 13 923 - -
De 1961 à 1999 : population sans doubles comptes ; à partir de 2006 : population municipale légale.
Source : Insee : 1967-1999[1], 2006[2], 2009[3]

Personnalités liées à la commune [modifier]

  • Coralie Balmy (1987), nageuse de haut niveau née à Trinité.
  • David Alerte (1984), athlète français spécialiste du 200 mètres.
  • Cédric Sorhaindo (1984), handballeur français.
  • Patrick Percin, footballeur martiniquais
  • Hervé Arcade, vainqueur du Tour cycliste de la Martinique en 2004
  • Casimir Branglidor, ancien maire de Trinité
  • Thomas Voeckler, cycliste, détenteur du maillot jaune sur plusieurs étapes du Tour de France en 2004 et 2011.

Économie [modifier]

Lieux et monuments [modifier]

L'usine du Galion. [modifier]

Au XVIIIe siècle, l'habitation " Le GALION " située à l'embouchure de la rivière du même nom appartient comme toute la région à la célèbre et puissante famille des Dubuc. Les deux habitations sucrières contigües " Galion " et Grands-Fonds " sortent du patrimoine des Dubuc en 1819 et, en 1842, elles sont la propriété d'un certain Jacques-Marie Lalanne.

À la mort de ce dernier, les habitations sont mises en vente aux enchères. Jean Émile Merlande et Paul Lalanne (on ignore s'il est ou non apparenté au défunt), propriétaires à Saint Pierre, se portent conjointement acquéreurs. Les propriétés sont grevées d'hypothèques et ils doivent faire appel pour se procurer les moyens de les acquitter à un négociant de Saint-Pierre : Eugène Eustache. En contrepartie, ils doivent lui abandonner l'administration des exploitations jusqu'au remboursement intégral de leur dette.

Vers 1861, Eugène Eustache envisage de créer une usine sur ses terres, car les vieilles habitations sucrières vivent leurs dernières années. L'établissement est construit sur l'habitation " Grands-Fonds " mais s'appelle " Usine du Galion ". Il est équipé par la maison CAIL (spécialiste en matériel pour les usines sucrières), et Eugène EUSTACHE empruntera 1 200 000 F à la Société du Crédit Colonial. Grâce au profit sucrier des années 1870, il peut rembourser son emprunt par anticipation.

Pour assurer l'approvisionnement de son usine en cannes, il cherche à se constituer son propre domaine agricole. Il rachète systématiquement toutes les habitations qui sont mises en vente autour de Grands-Fonds Galion : Bord-De-Mer, Desmarinières, Morne-Galbas, Malgré-Tout, Fonds Galion et Mignot. Il se trouve ainsi à la tête d'un vaste domaine de 2 344 ha disposé en arc-de-cercle autour de la Baie du Galion et fournissant toutes les cannes nécessaires au bon fonctionnement de l'usine.

Eugène EUSTACHE meurt le 6 mars 1883, à la veille de la grande crise qui frappe l'économie sucrière antillaise.

Le Galion et la grande crise sucrière (1884-1905) [modifier]

À la mort d'Eugène Eustache, Émile Bougenot, son gendre, est chargé de la gestion de l'usine. On sait aujourd'hui qu'il est le plus grand nom de l'histoire économique de la Martinique entre 1870 et 1890. Né en 1838 dans un petit village de la côte d'or, issu d'un milieu paysan aisé, il poursuit des études d'ingénieur, et entre en 1859 au service de la Maison CAIL. L'année suivante, il est envoyé à la Martinique pour diriger le montage de l'installation de l'usine de Lareinty. C'est à lui qu'Eugène EUSTACHE fait appel pour monter l'usine du Galion. Il épouse la fille du propriétaire.

Les années suivantes sont celles d'une ascension sociale et patrimoniale rapide. Sur les 21 usines sucrières en activité dans la 2e moitié du XXe siècle, il a été gérant de 9, actionnaire de 15, et copropriétaire de celle du Galion, touchant ainsi des revenus importants.

Émile BOUGENOT a les connaissances techniques qui lui permettent de s'imposer dans le milieu créole. Il bénéficie de la conjoncture économique en hausse mais c'est surtout, un gros travailleur, exigeant envers lui-même comme envers les autres, qui sait tirer parti de toutes les opportunités qui s'offrent à lui. Lorsqu'il devient propriétaire du Galion, il abandonne la direction de toutes les autres usines. En 1892, il confie l'administration de l'usine à Joseph de LAGUARIGUE, un blanc créole de la Trinité, et rentre définitivement en France d'où il continue à suivre la gestion de son usine.

La crise prend fin autour de 1905.

La production sucrière du Galion se solde par des bénéfices dès les années suivantes, d'importants investissements sont réalisés pour augmenter la capacité de broyage, renouveler le matériel et les plantations, sur lesquelles on remplace la vieille canne dite "D'OTAITE" par une nouvelle espèce, la "BIG TANA".

Évolution et problèmes de 1905 à 1939 [modifier]

Avant la 1ère guerre mondiale, la demande en alcool (fabrication des explosifs) est très forte. Beaucoup d'usines négligent de plus en plus la production de sucre pour se consacrer à celle du rhum, plus rémunératrice. On assiste alors à un effondrement de la production sucrière à la Martinique. Il semble cependant que la politique de production au Galion était plus prudente et n'a servi qu'à rentabiliser l'exploitation. Son chiffre d'affaires est multiplié par 5 et son bénéfice par 7,8 au cours de la période.

La fin de la guerre entraîne un effondrement de la production du rhum et l'instauration du contingent réparti entre les usines. De nombreux petits distillateurs finissent par être ruinés. Au Galion, cette crise se traduit simplement par un manque à gagner. À partir de 1920, la consommation métropolitaine s'accroît, non seulement en rhum mais surtout en sucre, suite à la destruction des industries betteravières du Nord et de la Picardie.

Le Galion accroît sa production et sa productivité par la modernisation du matériel (reconstruction des voies ferrées, renouvellement du matériel roulant, introduction de nouvelles espèces de cannes). Ainsi l'année 1925 est marquée par l'établissement de records qui ne seront pas battus avant le boom de la décennie de 1950 (4 725 000 F de bénéfices pour le Galion en 1925, soit un rendement financier de 90 %), mais aussi par le décès d'Émile Bougenot.

Après 1926, l'activité du Galion retrouve une vitesse de croisière plus normale. Les usines métropolitaines reconstruites, l'expansion martiniquaise s'arrête, la production se stabilise. Après cette même décennie de 1920, commence la 3ème génération de l'histoire du Galion. Après la disparition d'Émile BOUGENOT et de J. de LAGUARIGUE, les cohéritiers conservent le domaine en indivision, la direction effective est assumée par Carl PELLE et l'administration par Louis de LAGUARIGUE, fils du précédent administrateur.

La crise mondiale (1930 - 1939) provoque une récession, le manque à gagner du Galion est impressionnant : c'est le sucre qui est surtout responsable du recul (son coût de production restant constamment supérieur à son prix de vente). Le Galion parvient tout de même à équilibrer ses comptes de fabrication grâce aux sirops.

Malheureusement, les cours diminuent eux aussi entraînant des pertes en 1934 et 1935 (imputables en partie à des erreurs de gestion). Les résultats sont donc catastrophiques pour le sucre mais sont finalement compensés par les profits réalisés sur la fabrication du rhum particulièrement du " Grand Arôme " pour lequel le Galion jouit d'un quasi-monopole. La crise frappe surtout les petites distilleries dont le nombre tombe de 155 en 1930 à 120 en 1937. La reprise survient à partir de 1937 et sera extrêmement vigoureuse jusqu'à la 2ème guerre mondiale.

Si le secteur sucrier antillais bénéficie d'une conjoncture internationale favorable (reprise économique générale dans les pays capitalistes, contingentement de la production, déficits répétés de la production betteravière), au Galion comme ailleurs, on met en œuvre une politique systématique d'accroissement des rendements. De nouveaux moulins et des générateurs plus puissants sont installés. Le matériel de cuisson et d'évaporation est renouvelé. Une nouvelle espèce de canne, la BH 10-12, plus riche en saccharine, est introduite sur les plantations où l'usage du tracteur et le labourage mécanique s'étendent. L'emploi des engrais devient systématique.

Les petits enfants de Carl PELLE hériteront de l'usine et, entre autres, du domaine foncier, en 1949. En 1958, ils constituent une SCI nommée "Exploitation Agricole du Galion" dont le siège social se trouve à l'habitation du Galion à La Trinité, son objet est "l'administration du domaine agricole du Galion". L'activité de l'usine du Galion est indépendante de celle de l'Exploitation agricole du Galion.

L'usine sort du patrimoine des héritiers BOUGENOT [modifier]

En 1973, le groupe Rémy-Cointreau, se porte acquéreur des usines Saint-James à Sainte Marie, et de l'usine du Galion. En 1984, le groupe cède l'usine du Galion (La Trinité) aux collectivités territoriales. Elle est constituée en Société Anonyme d'Économie Mixte, sous l'appellation SAEM Production Sucrière et Rhumière de la Martinique.

S'ensuit alors une vingtaine d'années de difficultés et de déficits. L'activité de cette usine n'a pu être maintenue que grâce à l'injection massive et régulière de fonds publics.

En 2003, un accord cadre est signé entre les actionnaires de la SAEM PSRM (conseil général, conseil régional, état, communes, ...) et la COFEPP (Compagnie Financière Européenne de Prise de Participation) pour concrétiser l'entrée de cette dernière dans le capital de la SAEM PSRM à hauteur de 20 % dans un premier temps, puis 15 % supplémentaire dans un deuxième temps.

À cette occasion, il est demandé à la COFEPP de prendre une part active à la gestion de cette structure. La COFEPP est la holding (société mère) de LA MARTINIQUAISE propriétaire de Dillon, Depaz, Négrita, etc. Elle n'est rien moins que le 3ème groupe de spiritueux français et aussi le 1er client de la SAEM PSRM. Intéressée par le « potentiel de développement offert par le site de La Trinité », cette compagnie y envisage :

  • la mise en place d'une unité bagasse-charbon, qui fournirait près de 20 % de la production d'électricité de la Martinique ;
  • la création d'une distillerie de rhum traditionnel de sucrerie (RTS) ;
  • divers autres investissements.
Rue dégradée

La SAEM du Galion devrait alors se recentrer sur la seule activité de production sucrière. Quant à la production de RTS, elle devrait être gérée par une nouvelle société, chargée de l'exploitation de la future distillerie.

C'est pour répondre à la consommation croissante d'électricité qu'un projet pour la création d'une centrale thermique au fioul en Martinique voit le jour au ministère de l'industrie, dirigé cette même année 2003 par Mme Nicole FONTAINE. La CCG (Compagnie de Cogénération du Galion) créée en juillet 2004 soumissionne et remporte l'appel d'offres avec un projet adossé à l'usine du Galion pour une unité de production de vapeur et d'électricité (Cogénération).

Propriété à 80 % de la Séchilienne-Sidec et à 20 % de la COFEPP, la CCG inaugure sa centrale et commence à produire de l'énergie électrique en 2007.

Au-delà de ses caractéristiques propres, l'histoire du Galion apparaît comme un bon résumé de celle du secteur sucrier martiniquais en général, depuis les années 1870.

Sites qui ont permis d'élaborer cette page :

  • LOS MUESTROS, la voix des sépharades ;
  • ACER, Centre de recherche, de développement et de transfert technologique acéricole inc ;
  • LAMECA - Médiathèque Caraïbe Bettino Lara ;
  • Académie de la Martinique ;
  • Collectif Sauvegarde de la Qualité de l'Air.

Dans cette usine est produit le rhum Grand Fond Galion. Source : Emile Bougenot, Sucre et industrialisation à la Martinique de 1860 à nos jours de M. Emile EADIE.

Compléments (source David Quénéhervé) : Eugène Charles Marie EUSTACHE est né 19 octobre 1807 à Anvers, département des Deux-Nèthes (Belgique). Il est négociant à Saint-Pierre où il se marie le 14 novembre 1843 à Marie Louise Malvina LAMY, née à Saint-Pierre le 28 juillet 1815 (fille naturelle de Marie Eulalie LAMY, veuve d'Antoine CASSAIGNE). Il est fils de Louis Antoine Marie EUSTACHE, ancien employé de la marine (décédé à Paris le 24 décembre 1819), et d'Angélique Marie Elisabeth CHAPERON (remariée à un sieur POULAIN DE LA FONTAINE). Eugène EUSTACHE avait un frère Ange Jean Robert EUSTACHE, rentier, âgé de 34 ans en 1843.

Distillerie Hardy [modifier]

La distillerie fut fondée en 1830 par Émilien Bonneville. Suite au mariage d'une de ses filles, l'exploitation fut achetée par son époux Gaston Hardy en 1905. Depuis, la distillerie appartient à la famille Hardy.

L’usine n'est plus fumante depuis 1996. Aujourd'hui en ruines, elle présente un enchevêtrement de tôles et de vieilles machines à vapeur noirâtres, complètement rongées par l’humidité et peu à peu gagnées par la végétation.

La distillation se fait désormais à l’usine Saint-James à Sainte-Marie ; la recette originale à 55° des Rhums Hardy est fidèlement respectée et on continue de boucher les bouteilles à la cire. Produit au faible volume annuel de 120 000 litres, le rhum Hardy est toujours tenu par le dernier des héritiers de la grande famille Hardy de Tartane, Jean-Claude Hardy.

Autres monuments [modifier]

  • Château Dubuc
  • Réserve naturelle de la Caravelle
  • Tartane

Sports [modifier]

Équipements sportifs :

  • Stade Louis Richer
  • Stade de Tartane
  • Hall des sports (quartier Beauséjour)

Clubs sportifs :

  • La Gauloise de Trinité, football, handball, basket ball, athlétisme, rugby
  • Le Réal de Tartane, football
  • Le Club Cycliste de Trinité (CCT), cyclisme, (ancien club de Thomas Voeckler, il est actuellement membre de l'équipe Europcar).

Jumelage [modifier]

Notes et références [modifier]

Articles connexes [modifier]

Liens externes [modifier]