La Havane

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La Havane
(es) La Habana
Blason de La Havane
Héraldique
Drapeau de La Havane
Drapeau
De haut en bas et de gauche à droite : El Capitolio, Grand Théâtre, Musée de la Révolution, cathédrale et panorama de La Habana Vieja.
De haut en bas et de gauche à droite : El Capitolio, Grand Théâtre, Musée de la Révolution, cathédrale et panorama de La Habana Vieja.
Administration
Pays Drapeau de Cuba Cuba
Province Ciudad de La Habana
Maire Marta Hernández Romero (PCC)
Code postal 10xxx-19xxx
Démographie
Gentilé Havanais
Population 2 400 300 hab.
Densité 3 329 hab./km2
Population de l'agglomération 3 710 100 hab.
Géographie
Coordonnées 23° 05′ 47″ N 82° 22′ 29″ O / 23.09639, -82.3747223° 05′ 47″ Nord 82° 22′ 29″ Ouest / 23.09639, -82.37472  
Altitude 59 m
Superficie 72 101 ha = 721,01 km2
Divers
Site(s) touristique(s) El Capitolio,La Habana Vieja,Plaza de la Revolución,etc...
Surnom Ciudad de las Columnas
(La Cité des Colonnes)
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Cuba

Voir sur la carte Cuba administrative
City locator 14.svg
La Havane

La Havane (en espagnol : La Habana [la aˈβana], Ciudad de La Habana officiellement) est la capitale, un port et le centre économique de Cuba. La ville est aussi l'une des quatorze provinces cubaines. La ville/province compte 2,4 millions d'habitants, tandis que l'agglomération en compte plus de 3,7 millions, ce qui fait de La Havane la plus grande ville des Caraïbes[1]. La ville s'étend sur plus de 720 kilomètres carrés principalement à l'ouest et au sud d'une baie, à laquelle on accède par un passage étroit, et qui est divisé en trois ports : Marimelena, Guanabacoa et Atarés. La rivière Almendares traverse la ville du sud au nord, et se jette dans le détroit de Floride à quelques kilomètres à l'ouest de la baie.

Le roi Philippe II d'Espagne accorde à La Havane le statut de ville en 1592, et un décret royal de 1634 reconnait son importance en la désignant officiellement comme « Clé du Nouveau Monde et Rempart des Caraïbes[2] ». Le blason de La Havane porte par ailleurs cette inscription. Les Espagnols commencent à édifier des fortifications, et en 1553 ils transfèrent la résidence du gouverneur depuis Santiago de Cuba, à l'extrémité est de l'île, jusqu'à La Havane, lui accordant de facto le rang de capitale. En 1607, La Havane fut désignée capitale de l’île par un Ordre Royal qui divisa également le pays en deux gouvernements : un à La Havane et l’autre à Santiago, le second étant subordonné au premier[3].

Aujourd'hui, La Havane est le centre du gouvernement cubain, et divers ministères y sont basés. C'est aussi le centre économique et culturel de l'île.

Étymologie[modifier | modifier le code]

D'après les historiens, l'origine du mot Habana vient du cacique taino Habaguanex. Diego Velasquez dans son rapport au roi d'Espagne, mentionne que Habaguanex est le nom du chef de la tribu qui contrôlait la région au moment de l'arrivée des conquistadors à Cuba. Une légende raconte que Habana était le prénom de la fille de Habaguanex[4], mais aucune source historique ne corrobore cette version.

Géographie[modifier | modifier le code]

Plan allemand de La Havane datant de 1888.
La Havane vu par le satellite Spot.

L'emplacement actuel de la ville se situe sur la côte nord de l'île de Cuba et dans la partie ouest de celle-ci. La Havane donne donc sur le détroit de Floride.

Plus localement, la ville s'étend principalement vers l'ouest et le sud d'une baie, dont l'entrée étroite permet d'abriter les navires et dont l'intérieur permet la présence d'installations portuaires. Il en existe trois principaux : Marimelena, Guanabacoa et Atarés.

La Havane est traversée par les cours d'eau Almendares, Martín Pérez, Quibú, Cojímar et Bacuranao. La rivière Almendares traverse la ville du sud au nord, se déversant dans le détroit de Floride à quelques kilomètres à l'ouest de la baie. La ville atteint son altitude maximale (60 m) au niveau de la crête de calcaire qui s'élève depuis l'est de la ville, et culmine dans les environs de La Cabaña et El Morro, où des fortifications de l'époque coloniale dominent la baie.

Sa position centrale dans les Antilles en a fait une ville d'importance lors de la colonisation espagnole.

Climat[modifier | modifier le code]

La Havane, comme quasiment tout Cuba, bénéficie d'un climat tropical. Les températures moyennes vont de 22 °C en janvier et février jusqu'à 28 °C en août. Le thermomètre descend rarement en dessous de 10 °C. La température la plus basse jamais enregistrée à Cuba fut °C à Bainoa, dans la province de La Havane. Les précipitations sont les plus intenses en juin et en octobre, et les moins fortes de décembre à avril. La moyenne annuelle est ainsi de 1 200 mm. Des ouragans frappent régulièrement l'île, mais ils touchent la plupart du temps la côte sud de l'île ; ainsi, les destructions à La Havane sont moins importantes que dans le reste du pays.

Mais la ville est parfois durement touché quand même comme lors de l'ouragan de Cuba de 1910 et du passage des ouragans Dennis et Wilma en 2005. Denis frappa les quartiers est de La Havane avec des vents de 160 km/h durant la nuit du 8 au 9 juillet . Des vagues de 3 m de haut submergèrent la digue de la ville, et les vents détruisirent en partie d'anciens bâtiments coloniaux. Au moins 5 000 maisons furent endommagées dans La Havane et sa province[5].

Relevé météorologique de la Havane
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 18 18 19 21 22 23 23 24 23 23 21 19 21,16
Température maximale moyenne (°C) 26 26 27 28 29 30 31 31 31 29 27 26 28,42
Précipitations (mm) 63,5 68,58 45,72 53,34 99,06 182,88 106,68 99,06 144,78 180,34 88,9 58,42 1 191,26
Source : weather.com


Histoire[modifier | modifier le code]

Naissance de La Havane[modifier | modifier le code]

L'emplacement actuel de La Havane, ainsi que sa baie naturelle, furent d'abord visités par les Espagnols pendant la circumnavigation de l'île par Sebastián de Ocampo en 1509[6]. Peu après, en 1510, les premiers colons espagnols arrivèrent d'Hispaniola et commencèrent la conquête de Cuba.

Le conquistador Diego Velázquez de Cuéllar fonda La Havane le 25 août 1515 sur la côte sud de l'île, près de l'emplacement actuel de la ville de Surgidero de Batabanó. Entre 1514 et 1519, la ville connut au moins deux positions différentes. Tous les essais pour fonder une ville sur la côte sud ont échoué. La localisation de la ville était à proximité d'un port à l'entrée du golfe du Mexique, garantissant un accès aisé au Gulf Stream, le principal courant océanique suivi par les navigateurs lors des voyages de l'Amérique vers l'Europe. Cet emplacement conduisit au développement précoce de La Havane en tant que principal port dans les colonies espagnoles du Nouveau Monde. Une carte de Cuba, dessinée en 1514, indique la ville comme étant à l'embouchure de la rivière Onicaxinal, également située sur la côte sud de Cuba. Un autre emplacement fut La Chorrera, aujourd'hui situé dans le quartier de Puentes Grandes, près de la rivière Almendares.

L'établissement définitif de La Havane, commémoré par le monument El Templete, correspond à la sixième ville fondée par les Espagnols sur l'île, appelée San Cristobal de la Habana par Pánfilo de Narváez : le nom associe San Cristóbal, saint patron de La Havane, et Habana, mot dont l'origine vient du cacique taino Habaguanex, le nom du chef de la tribu qui contrôlait la région, comme le mentionne Diego Velasquez dans son rapport au roi d'Espagne. Une légende raconte que Habana était le prénom de la fille de Habaguanex[4], mais aucune source historique ne corrobore cette version.

On peut lire sur la colonne commémorative d'El Templete érigée par le gouverneur Francisco Cajigal de la Vega en 1754 une inscription en latin que l’on peut traduire comme suit :

« Retiens ton pas, marcheur, orne ce site d’un arbre, d’un fromager, je dirai plutôt signe mémorable de la prudence et ancienne religion de la jeune ville, car certainement sous son ombre fut immolé solennellement dans cette ville l’auteur de la santé. La réunion des prudents conseillers eut lieu pour la première fois il y a plus de deux siècles : il était conservé par une tradition perpétuelle : cependant, il céda au temps. Tu verras une image gravée aujourd’hui dans la pierre, c’est-à-dire le dernier jour de novembre de l’année 1754[7]. »

La Havane fut déplacée à son emplacement actuel en 1519, à côté de ce qui était alors appelé Puerto de Carenas (littéralement, la « baie de Carénage »).

Peu après la création des premières villes à Cuba, l'île servit de base pour la Conquista d'autres contrées. Hernán Cortés organisa son expédition vers le Mexique depuis l'île. Pendant les premières années qui suivirent sa découverte, Cuba ne rapporta que peu de richesses aux conquistadors, car l'île était pauvre en or, argent et pierres précieuses. Ainsi, nombre de ses premiers colons partirent en direction du Mexique et de l'Amérique du Sud, en cours de découverte et de colonisation à l'époque. Les légendes de l'Eldorado et des Cités d'or exercèrent un attrait certain pour beaucoup d'aventuriers espagnols, ainsi que des colonies adjacentes, ce qui contribua à laisser La Havane et plus globalement l'île de Cuba tout entière, très peu peuplée.

Pirates et La Flota[modifier | modifier le code]

À l'origine, La Havane était un port de commerce, victime d'attaques régulières venant de boucaniers, pirates et corsaires. La ville fut réduite en cendre en 1538 et 1555. L'attaque de 1555, qui eut pour résultat l'incendie de la ville, fut menée par le corsaire Jacques de Sores. Il prit La Havane facilement, la pilla et la brûla. De Sores quitta la ville sans obtenir l'énorme richesse qu'il espérait y trouver. De telles attaques convainquirent le royaume d'Espagne de financer la construction des premières forteresses dans les grandes villes — pas seulement pour faire face aux pirates et corsaires, mais aussi pour exercer un contrôle plus rigoureux sur le commerce avec le Nouveau Monde, et pour limiter le contrabando (marché noir), alors très répandu, qui était né des restrictions commerciales imposées par le Casa de Contratación de Séville (la maison de commerce contrôlée par la couronne, qui exerçait un monopole sur le commerce avec cette région du monde).

Afin de contrer les attaques de pirates sur les convois de galions remplis de trésors du Nouveau Monde, et dirigés vers l'Espagne, la Couronne espagnole décida de protéger ses navires en les concentrant en une seule grande flotte, qui traverserait l'océan Atlantique en convoi. En effet, une seule flotte marchande était plus aisée à protéger par l'Armada espagnole. Suivant la parution d'un décret royal en 1561, tous les navires en direction de l'Espagne était requis d'assembler cette flotte dans la baie de La Havane. Les bateaux arrivaient entre mai et août et, en attendant les meilleures conditions climatiques, partaient tous ensemble de La Havane avant la fin du mois de septembre.

En accueillant et concentrant ces bateaux chargés d’or, de laine, d’émeraude, de cuirs, d’épices et de matières premières alimentaires, en provenance des colonies américaines et à destination de la péninsule, La havane devint ainsi le premier port du continent. Avec la construction des majestueux châteaux de la Real Fuerza, de San Salvador de la Punta et los Tres Reyes del Morro, La Havane devint la ville la mieux protégée du continent, « la Clé du Nouveau Monde et rempart des Indes Occidentales[8] ».

Ceci eu pour conséquence immédiate de promouvoir le commerce et le développement de la ville adjacente de La Havane (une simple villa à l'époque). Les biens échangés à La Havane incluaient l'or, l'argent, la laine d'Alpaga en provenance des Andes, des émeraudes de Colombie, de l'acajou de Cuba et du Guatemala, du cuir de La Guajira, des épices, de la teinture de Campeche, du maïs, du manioc et du cacao. Des navires en provenance de l'ensemble du Nouveau Monde transportaient d'abord leurs produits à La Havane, afin de les emmener ensuite en Espagne. Les milliers de bateaux rassemblés dans la baie de La Havane stimulaient également l'agriculture et l'industrie, puisqu'ils avaient besoin d'être fournis en nourriture, eau, et autres produits nécessaires à la traversée de l'océan. En 1563, le Capitán General, le gouverneur espagnol de l'île, déménagea sa résidence de Santiago de Cuba à La Havane étant donné la richesse et l'importance nouvelle de la ville, ce qui eut pour effet de lui attribuer officieusement le statut de capitale de Cuba.

Le 20 décembre 1592, le roi Philippe II d'Espagne octroya à La Havane le titre de ville. Plus tard, la ville sera officiellement désignée comme « Clé du Nouveau Monde et Rempart des Caraïbes » par la Couronne espagnole. Entre-temps, les efforts destinés à construire ou améliorer les infrastructures de défense de la ville continuèrent. La forteresse San Salvador de la Punta gardait l'entrée occidentale de la baie, alors que le Fort El Morro en gardait l'entrée orientale. Le Castillo de la Real Fuerza défendait le centre de la ville, et servait également de résidence au gouverneur jusqu'à la construction du Palacio de los Capitanes Generales. Pendant cette période, deux autres tours défensives, La Chorrera et San Lázaro, furent également édifiées.

XVIIe au XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

La Havane connut une période d'extension importante au XVIIe siècle. En 1607, La Havane fut désignée capitale de l’île par un Ordre royal qui divisa également le pays en deux gouvernements : un à La Havane et l’autre à Santiago, le second étant subordonné au premier. De nouveaux bâtiments furent construits, à partir des matériaux les plus abondants sur l'île, notamment le bois, et combinant divers styles architecturaux empruntés à la péninsule Ibérique. À cette époque, la ville connut aussi la construction de monuments civiques et religieux. Le couvent de Saint-Augustin, le château d'El Morro, la chapelle de Humilladero, la fontaine de Dorotea de la Luna in La Chorrera, entre autres, furent tous édifiés durant cette période.

En 1649, une épidémie de peste, venue de Carthagène des Indes (en Colombie), extermina un tiers de la population de La Havane. Le 30 novembre 1665, la reine Marie-Anne d'Autriche, veuve de Philippe IV d'Espagne, officialisa le blason de La Havane, ayant pour symbole héraldiques les trois châteaux de La Havane, La Real Fuerza, los Tres Santos et San Salvador de la Punta en forme de trois tours d’argent sur un fond bleu, et une clé d’or symbolisant la porte du Nouveau Monde. En 1674, les travaux pour la construction des murs d'enceinte de la ville débutèrent, dans le cadre d'efforts de fortifications. Ils seront achevés en 1740.

Dans les années 1750, La Havane comptait plus de 70 000 habitants, ce qui en faisait la troisième plus grande ville d'Amérique, derrière Lima et Mexico, mais devant Boston et New York[9].

La ville fut prise par les Britanniques pendant la guerre de Sept Ans. Cet événement débuta le 6 juin 1762 lorsque, à l'aube, une flotte britannique, comprenant plus de cinquante navires et une force combinée de quatorze mille hommes de la Royal Navy et de l'Armée, pénétra dans les eaux cubaines[10]. Les envahisseurs s'emparèrent des hauteurs, connues sous le nom de La Cabaña, du côté est du port, et débutèrent le bombardement du fort voisin d'El Morro, ainsi que de la ville elle-même. Après un siège long de deux mois, El Morro fut attaqué et pris le 30 juillet 1762. La cité rendit officiellement les armes le 13 août. Elle fut ainsi gouvernée par Sir George Keppel pour le compte de la Grande-Bretagne. Bien que le total des pertes britanniques pendant les combats ne s'éleva qu'à 560 hommes, plus de la moitié de leur force périra finalement de maladie, notamment de la fièvre jaune.

Les Britanniques développèrent immédiatement le commerce avec leurs colonies nord-américaines et celles des Caraïbes. Ceci causa une transformation rapide de la société cubaine. La nourriture, les chevaux, ainsi que d'autres biens, déferlèrent dans la ville, et des milliers d'esclaves d'Afrique de l'Ouest furent déportés vers l'île pour travailler dans les plantations de canne à sucre. La Havane était sur le point d'entrer dans une ère durable de développement et des liens toujours plus importants se tissaient avec l'Amérique du Nord, mais l'occupation britannique ne dura pas. Moins d'un an après la prise de La Havane, le traité de Paris fut signé par les trois belligérants, concluant la guerre de Sept Ans. Le traité accordait la Floride à la Grande-Bretagne en échange de Cuba.

Le même année, juste après le départ des Britanniques, débuta la construction de la forteresse San Carlos de la Cabaña — la plus importante jamais édifiée par l’Espagne en Amérique — qui durerait onze ans, afin de préserver la ville des futures attaques et de faire de la baie de La Havane un bastion imprenable[11].

XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Le commerce entre les Caraïbes et les États nord américains augmentant au début du XIXe siècle, La Havane devient une ville moderne, florissante et à la mode. Les théâtres de La Havane montrent en vedette la plupart des acteurs éminents de l'époque et la prospérité de la classe moyenne en plein essor conduit à la construction de riches demeures classiques .

Quant Alexander von Humboldt au début du XXe siècle, décrit son arrivée à La Havane, il dit être impressionné par la vitalité du port. En 1837, le premier chemin de fer est construit avec un tronçon de 51 km entre La Havane et Bejucal, moyen employé pour le transport du sucre depuis la vallée de Guinness vers le port. Cuba est ainsi le cinquième pays au monde, et le premier pays de langue espagnole, à posséder un chemin de fer. Cette ligne a été construite par la laborieuse et discrète communauté chinoise qui compte aujourd'hui près de 100 000 personnes.

Au cours du siècle, La Havane est enrichie par la construction d'infrastructures culturelles supplémentaires, telles que le théâtre Tacon, l'un des plus luxueux du monde, l'artistique et littéraire Liceo (lycée) et le théâtre (Colisée) Coliseum. L'esclavage étant légal à Cuba jusqu'en 1886 attise également l'intérêt des Américains des États confédérés du Sud. Vaincus lors de la guerre de Sécession en 1865, de nombreux planteurs esclavagistes prirent la décision de continuer à diriger des plantations en venant s'installer à La Havane.

En 1863, les murs de la ville furent rasés pour permettre l'agrandissement de la métropole. À la fin du siècle, les classes aisées déménagent vers les quartiers de Vedado. Plus tard, ils émigreront vers Miramar, et aujourd'hui, toujours plus à l'ouest, ils se sont installés dans Siboney. En 1898, alors que le peuple cubain mène sa seconde guerre d’indépendance, La Havane est témoin des derniers moments du colonialisme espagnol en Amérique. Celui-ci prend fin quand le cuirassé américain USS Maine est coulé dans le port, donnant aux États-Unis un prétexte pour envahir l'île et déclenchant la guerre hispano-américaine[12].

XXe siècle[modifier | modifier le code]

Le résultat fut que Cuba fut privée de son indépendance. Les États-Unis occupèrent l'île jusqu’en 1902 et ils la transformèrent en un protectorat en y installant à la tête de la nation Tomás Estrada Palma, un citoyen américain annexionniste convaincu qui accepta l’amendement Platt[13].

Quand commence le XXe siècle, La Havane est sous occupation américaine. En 1906, la Banque de la Nouvelle-Écosse ouvre sa première succursale à La Havane. En 1931, elle en possédera déjà trois.

Dans les années 1920, durant la prohibition aux États-Unis, La Havane devint une destination de prédilection pour les Américains fortunés. Les casinos et nightclubs y étaient légions.

Durant la période républicaine, et plus précisément dans les années 1930, d’innombrables constructions émergèrent à La Havane, avec l’apparition de somptueux hôtels de luxe, de casinos flamboyants et de clubs nocturnes plus rutilants les uns que les autres, tous contrôlés par la mafia américaine de Meyer Lansky et de Lucky Luciano avec la bénédiction du dictateur Fulgencio Batista. La chute de ce dernier et l'arrivée au pouvoir de Castro qui mit fin à cet état de fait, sera considérée comme la déroute la plus coûteuse de l'histoire de l'organisation criminelle[14].
Il suffit de mentionner l’Hôtel National de Cuba, joyau architectural édifié en 1930 en plein quartier du Vedado, à quelques pas du légendaire Malecón, qui donne à La Havane sa silhouette si féminine. Monument national, il est l’un des symboles de l’histoire, de la culture et de l’identité cubaine. Le Focsa et l’hôtel Habana libre sont également des vestiges de l’époque où La Havane était la capitale continentale du plaisir et de l’oisiveté, fréquentée par les grands du monde, de Winston Churchill à Frank Sinatra[15].

Depuis le triomphe de la Révolution en 1959, Cuba a subi la plus importante transformation politique, économique et sociale de l’histoire de l’Amérique latine. Néanmoins, au niveau topographique et architectural, peu de changements eurent lieu si ce n’est la construction d’édifices publics tels que l’imposant Hôpital Ameijeiras dans le centre de la ville, et d’hôtels tels que le Meliá Cohiba à partir des années 1990 avec la revitalisation de l’industrie touristique.

Subdivisions et principaux quartiers[modifier | modifier le code]

Municipios de La Havane.

La cité est divisée en 15 municipios — municipalités ou quartiers. (Les chiffres renvoient à la carte ci-contre.)

Quartier Population (2004) Surface
(km²)
Population
Density
(/km²)
Localisation Remarques
Arroyo Naranjo 210 053 83 2 531 23° 00′ 52″ N 82° 18′ 11″ O / 23.01444, -82.30306 (Arroyo Naranjo) (10)
Boyeros 188 593 134 1 407 22° 58′ 41″ N 82° 23′ 23″ O / 22.97806, -82.38972 (Boyeros) (1)
Centro Habana 158 151 4 39 538 23° 08′ 09″ N 82° 22′ 56″ O / 23.13583, -82.38222 (Centro Habana) (6)
Cerro 132 351 10 13 235 23° 06′ 49″ N 82° 21′ 48″ O / 23.11361, -82.36333 (Cerro) (8)
Cotorro 74 650 66 1 131 23° 00′ 17″ N 82° 12′ 49″ O / 23.00472, -82.21361 (Cotorro) (12)
Diez de Octubre 227 293 12 18 941 23° 05′ 49″ N 82° 20′ 24″ O / 23.09694, -82.34 (Diez de Octubre) (9)
Guanabacoa 112 964 127 889 23° 05′ 55″ N 82° 14′ 59″ O / 23.09861, -82.24972 (Guanabacoa) (13)
La Habana del Este 178 041 145 1 228 23° 09′ 44″ N 82° 14′ 58″ O / 23.16222, -82.24944 (La Habana del Este) (15)
La Habana Vieja 95 383 5 19 077 23° 08′ 14″ N 82° 21′ 57″ O / 23.13722, -82.36583 (La Habana Vieja) (7)
La Lisa 131 148 38 3 451 23° 01′ 57″ N 82° 28′ 42″ O / 23.0325, -82.47833 (La Lisa) (2)
Marianao 135 551 21 6 455 23° 04′ 45″ N 82° 24′ 00″ O / 23.07917, -82.4 (Marianao) (4)
Playa 186 959 36 5 193 23° 05′ 39″ N 82° 26′ 56″ O / 23.09417, -82.44889 (Playa) (3)
Plaza de la Revolución 161 631 12 13 469 23° 08′ 00″ N 82° 23′ 15″ O / 23.13333, -82.3875 (Plaza de la Revolución) (5)
Regla 44 431 9 4 937 23° 08′ 11″ N 82° 18′ 05″ O / 23.13639, -82.30139 (Regla) (14)
San Miguel del Padrón 159 273 26 6 126 23° 03′ 19″ N 82° 16′ 55″ O / 23.05528, -82.28194 (San Miguel del Padrón) (11)
Source : Recensement de 2004[16]. Surfaces de la redistribution municipale de 1976[17].

Démographie[modifier | modifier le code]

Le riche milieu culturel de La Havane comprend non seulement des descendants d'Espagnols, mais aussi d'autres peuples européens. Durant la période précédant l'arrivée au pouvoir de Fidel Castro, la ville était divisée, tant économiquement qu'ethniquement. D'un côté, il existait une minorité riche et éduquée, ainsi qu'une importante classe moyenne ; et de l'autre côté la majorité ouvrière. Quand le gouvernement de Castro arriva au pouvoir en 1959, ce système changea. Les possibilités d'éducation et d'accès à l'emploi furent offertes à tous les Cubains, quel que soit leur milieu d'origine. Cependant, les postes à plus haute responsabilité étaient généralement réservés aux membres du parti communiste. Concernant le logement, le gouvernement suit une politique dépourvue de discrimination - d'après la constitution cubaine, le logement n'est pas un droit individuel mais un devoir de l'état.

Pendant les XVIIIe et XIXe siècles, ainsi que pendant la première partie du XXe, d'importantes vagues de migrations existèrent, depuis la Péninsule Ibérique jusqu'à La Havane.

Barrio Chino est l'un des plus anciens chinatowns d'Amérique latine. Avec l'arrivée de Castro, une partie de cette population chinoise a quitté le pays[18].

Éducation[modifier | modifier le code]

Le gouvernement national prend entièrement en charge l'éducation, et il existe ainsi des écoles primaires, secondaires et professionnelles en nombre suffisant à travers La Havane. Tous les enfants reçoivent une éducation, qui est par ailleurs gratuite à tous les niveaux. De plus, mis à part l'enseignement supérieur, l'instruction est obligatoire.

L'université de La Havane, située dans le quartier Vedado, fut créée le 21 septembre 1728 par les frères dominicains de l'ordre des Prêcheurs ; il s'agit de l'université la plus ancienne de Cuba, et de l'une des plus anciennes du continent américain. Peu après la Révolution cubaine, l'université, ainsi que tous les autres centres d'éducation, furent nationalisés. Depuis, plusieurs autres universités ont été créées, comme l'Institut polytechnique "Jose Antonio Echeverria", où est formée la majorité des ingénieurs cubains aujourd'hui.

La région de La Havane compte plusieurs écoles de médecine. Parmi elles, l'ELAM, Escuela Latinoamericana de Medicina en espagnol, École Latino-américaine de Médecine en français, est une école internationale de médecine très importante à Cuba, c'est aussi une partie proéminente du système de santé cubain.

Fondée en 1999 et exploitée par le gouvernement cubain, l'ELAM a été décrite comme étant probablement la plus grande école médicale dans le monde. Environ 10 000 et 12 000 étudiants de 27 et 29 pays ont été signalés comme étant inscrits en 2006, respectivement au début 2007. Toutes les personnes inscrites sont des étudiants internationaux de l'extérieur de Cuba et elles proviennent principalement de l'Amérique latine et des Caraïbes ainsi que d'Afrique. L'école accepte également des étudiants des États-Unis - 91 auraient été inscrits en janvier 2007. Frais de scolarité, d'hébergement et conseil sont gratuits, une petite allocation est prévue pour les étudiants[19],[20],[21],[22],[23].

La mission de l'ELAM est dédiée à la formation de médecins généralistes et de fournisseurs de soins de santé primaires pour les communautés pauvres en dehors de Cuba[20],[24]. Il est préféré que les étudiants de l'ELAM viennent des communautés les plus pauvres avec l'intention de retourner pratiquer dans ces domaines dans leur pays. La préférence est donnée aux candidats qui sont financièrement démunies et / ou aux personnes de couleur qui montrent le plus d'engagement à travailler dans leurs communautés pauvres[21],[22],[25],[26]. Les décisions finales d'admission sont prises par un comité représentant les professeurs d'ELAM et le Ministère cubain de la Santé Publique[23].

Administration[modifier | modifier le code]

La Havane est aujourd'hui le centre du gouvernement cubain. Le maire est Juan Contino Aslán.

Vue panoramique sur la ville de La Havane et son port

Transports[modifier | modifier le code]

Plan des lignes de bus

La ville est desservie par l'aéroport international José Martí.

Il y a aussi la Carretera Central, une sorte d'autoroute qui relie Pinar del Río à Santiago de Cuba en passant par La Havane.

Tous les moyens de transport possibles sont utilisés à Cuba comme à La Havane. Cela va de la marche à pied en passant par la voiture et des charrettes tirées pas des chevaux. Il y a de nombreux taxis, utilisant des voitures européennes récentes ou des vieilles Lada déglinguées en passant par des américaines d'époques.

Il existe aussi des calèches à chevaux, idéal pour faire un tour de ville, et des triporteurs avec ou sans moteur.

Un réseau de seize lignes de bus, géré par la Metrobús, principalement utilisés par les cubains, parcourt l'agglomération, mais là, sans notions d'espagnol, impossible de savoir où ils vont.

De nombreuses excursions sont proposées par les hôtels et les offices de tourisme. Il y a aussi une gare routière qui propose des liaisons journalières bon marché dans des bus géré par la Omnibus Metropolitanos, dans des véhicules Yutong modernes et confortables avec des destinations dans toute l'île.

Enfin, le train est surtout utilisé par les cubains et la capitale possède une importante gare ferroviaire.

Il est aussi possible de louer des voitures et des scooters. Les prix sont comparables à ceux pratiqués en Europe.

Patrimoine[modifier | modifier le code]

La Havane a beaucoup hérité de l'architecture coloniale espagnole. Elle est membre de l'Organisation des villes du patrimoine mondial.

Son architecture est restée préservée des ravages du modernisme et les immeubles, aux couleurs délavées par le temps, sont autant de témoignages de la splendeur de l'empreinte espagnole. Ce qui n'empêche pas une partie de la ville, non restaurée, d'être dans un état de délabrement avancé. Les anciens palais de l'aristocratie coloniale sont occupés par des familles pauvres, qui n'ont pas les moyens de les entretenir. Cette situation reflète la réalité économique actuelle de l'île causée en partie par le blocus américain mis en place le 7 février 1962.

La ville est en bordure de l'océan Atlantique, le Malecon est une voie routière qui longe la côte. On trouve de l'autre côté de la rue des bâtiments aux façades pastel, délavées par le soleil et l'air marin. Comme toutes celles du début du XXe siècle, ces maisons ont deux ou trois étages et une loggia, le tout dans des styles les plus divers.

La Havane garde le souvenir de ses forteresses et de son rempart érigé à partir du XVIIe siècle en fronton de mer.

La Habana Vieja, le cœur historique de La Havane classé comme appartenant au patrimoine de l'humanité par l'UNESCO, est le plus grand centre-ville colonial d'Amérique latine. Après deux siècles de quasi-abandon, le quartier retrouve de sa splendeur grâce aux travaux de restauration conduits par Eusebio Leal Spengler, l'historiador de la ciudad. Habana Vieja se caractérise par son architecture hispano-andalouse mise en valeur par le soleil tropical et une végétation luxuriante. Le temps semble s'être arrêté sans faire pour autant du quartier un musée poussiéreux. Le programme de restauration ne s'étend pas seulement aux monuments et aux bâtiments les plus importants mais concerne aussi les boutiques et les petites maisons d'habitation. Il s'agit de permettre à Habana Vieja de retrouver sa beauté et sa vitalité d'antan en tenant compte des exigences modernes. Dominée par la silhouette élégante de l'église, la Plaza de la Catedral est un des hauts lieux de Habana Vieja.

Culture[modifier | modifier le code]

La tour du mémorial José Martí au crépuscule

Avant la Révolution cubaine, la capitale possédait 135 salles de cinéma dont la plupart ont été fermées : il n’en reste plus qu’une vingtaine[27].

La ville est le foyer de plusieurs manifestations culturelles importantes telles que le Festival de Ballet de La Havane, le Festival del Nuevo Cine Latinoamericano, le Plaza Jazz Festival et le Festival international de guitare Leo Brouwer.

Ville natale de l'écrivain et poète moderniste José Martí qui est honoré par le mémorial José Martí, la ville est une des plus actives en Amérique latine. Ainsi, la Foire internationale du livre de La Havane fêtait ses 20 ans d'existence en 2011. Elle a accueilli pour l'occasion 360 000 visiteurs et près de 700 000 livres furent vendus[28].

La Casa de las Americas (ou « Maison de l'Amérique ») est une institution chargée de promouvoir l'art et la littérature des peuples de langue espagnole, du Rio Grande jusqu'à la Patagonie, qui accueille chaque année un festival littéraire. Le jury comprend des personnalités telles que Gabriel García Márquez et Mario Vargas Llosa.

Il y a aussi des discothèques et des boîtes de nuit, cabarets, théâtres, etc., où les touristes nationaux et étrangers peuvent passer la nuit.

Événements[modifier | modifier le code]

Du 17 au 24 juillet 2010, La Havane a accueilli le 95e Congrès universel d'espéranto.

Blason[modifier | modifier le code]

Le blason de La Havane se compose de trois tours de forts qui représentent les trois principaux forts qui défendaient à l'origine la ville : le fort Fuerza, le fort El Morro et le fort San Salvador de la Punta. La clé représente l'image de La Havane comme la « clé vers le Nouveau Monde et un rempart des Caraïbes », ceci repris d'un décret royal espagnol de 1634. Le blason est soutenu par une branche de chêne d'un côté et une couronne de laurier de l'autre. Le chêne symbolise la force de la nation, et le laurier l'honneur et la gloire. Ces symboles étaient censés représenter les droits de l'homme : égalité, liberté et fraternité.

Sports[modifier | modifier le code]

De nombreux Cubains sont passionnés de sport, et particulièrement de baseball et aussi de volley-ball où l'équipe nationale est considérée parmi les meilleures nations du monde. Les deux équipes de baseball de La Havane qui jouent dans le Championnat de Cuba de baseball, sont : Industriales et Metropolitanos Guerreros. La ville est équipée de plusieurs stades importants, le plus important étant le Estadio Latinoamericano. L'admission aux événements sportifs est généralement gratuite, et de nombreux matchs improvisés sont disputés à travers les quartiers de la ville.

Jumelages[modifier | modifier le code]

Panorama sur Vedado

Galerie d'images[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Latin America Population - Havana city population.
  2. (en) Capital city - capital of Spanish Cuba in 1552
  3. Eusebio Leal, La Habana, ciudad antigua, La Havane, Editorial Letras Cubanas, 1988
  4. a et b (es) Historia de la India Habana
  5. Hurricanecity.com Havana, Cuba's history with tropical systems.
  6. (es) Historia de la Construcción Naval en Cuba
  7. Eusebio Leal, La Habana, ciudad antigua, La Havane, Editorial Letras Cubanas, 1988, p. 7.
  8. José Martín Félix de Arrate y Acosta, Llave del Nuevo Mundo : antemural de las Indias Occidentales. La Habana descripta : noticias de su fundación, aumentos y estados, La Havane, Comisión Nacional Cubana de la Unesco, 1964.
  9. Hugh Thomas, Cuba, A pursuit of freedom, 2e édition, p. 1.
  10. Pocock, Tom: Battle for Empire: The very first world war 1756-63. Chapter Six
  11. Francisca López Civeira, Oscar Loyola Vega & Arnaldo Silva León, Cuba y su historia, La Havane, Editorial Gente Nueva, 2005, pp. 28-30.
  12. (en) Spanish-American War, Effects of the Press on Spanish-American Relations in 1898
  13. Jorge Ibarra, Cuba : 1898-1921. Partidos políticos y clases sociales, La Havane, Editorial de Ciencias Sociales, 1992, p. 225
  14. Quand la mafia enfumait la havane - article du Point du 27 juin 2010.
  15. Enrique Cirules, El imperio de La Habana, La Havane, Editorial José Martí, 2003.
  16. (en) Atenas.cu, « 2004 Population trends, by Province and Municipality »,‎ 2004 (consulté le 6 octobre 2007) (es)
  17. (en) Statoids, « Municipios of Cuba »,‎ juillet 2003 (consulté le 6 octobre 2007)
  18. L'altas des minorités Thiery SanJuan Le Monde hors-série 2011.
  19. ¡Salud! - Synopsis, ¡Salud! documentary website; accessed Feb. 2, 2006
  20. a et b "Dr Diplomat", The Economist magazine, Jan. 25 2007
  21. a et b "Affirmative Action, Cuban Style", Fitzhugh Mullan, The New England Journal of Medicine Vol. 351 No.26, Dec. 23 2004
  22. a et b "Cuba spreads medical care as political tool", DeWayne Wickham, USA Today, Jan. 30 2001
  23. a et b "Path to becoming a doctor via the third world", Paul Nussbaum, The Philadelphia Inquirer, Dec. 3 2006
  24. "The Cuban Solution", Cindy Loose, The Washington Post magazine, Jul. 23 2006
  25. LASM Medical School Scholarship Program Brochure, IFCO website, accessed Feb. 2 2007
  26. "Castro Makes a Dream Offer: Plan for free medical education greeted by some with skepticism", Ellen Yan, Newsday, Feb. 28 2001
  27. Guillaume Carpentier, Les ruines de la révolution, dans Le Monde du 31-12-2008, mis en ligne le 30-12-2008, [lire en ligne]
  28. http://www.granma.cu/frances/culturelles/21febrero-360%20000%20personnes.html 360 000 personnes à la Foire du livre]
  29. (es) « Ciutats agermanades », sur bcn.es (consulté le 12 septembre 2009)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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  • {Visite de La Havane} [1]