Saint-Pierre (Martinique)

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Saint-Pierre
Saint-Pierre, en arrière-plan la Montagne Pelée.
Saint-Pierre, en arrière-plan la Montagne Pelée.
Blason de Saint-Pierre
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Martinique
Département Martinique (sous-préfecture)
Arrondissement Saint-Pierre
Canton Saint-Pierre
Intercommunalité Communauté de communes du Nord Martinique
Maire
Mandat
Raphaël Martine
2008-2014
Code postal 97250
Code commune 97225
Démographie
Gentilé Pierrotains
Population
municipale
4 396 hab. (2011)
Densité 114 hab./km2
Géographie
Coordonnées 14° 44′ 30″ N 61° 10′ 33″ O / 14.7417, -61.1758 ()14° 44′ 30″ Nord 61° 10′ 33″ Ouest / 14.7417, -61.1758 ()  
Altitude Min. 0 m – Max. 1 395 m
Superficie 38,72 km2
Localisation

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Saint-Pierre

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Saint-Pierre
Liens
Site web http://www.saintpierremaville.fr

Saint-Pierre est une commune française située dans le département de Martinique en région Martinique. Saint-Pierre est située à 31 km au nord de Fort-de-France sur la côte caraïbe au sud-ouest de la Montagne Pelée. Ses habitants sont appelés les Pierrotains (aussi écrit Pierrotins) et les Pierrotines.

La ville de Saint-Pierre a été fondée en 1635 par Pierre Belain d'Esnambuc. Elle était l'ancienne capitale économique de la Martinique jusqu'en 1902, date de l'éruption de la Montagne Pelée. Elle a été capitale administrative de la Martinique de 1635 à 1692, puisqu'elle a abrité le Palais du Gouverneur durant cette période. C'est en 1692, que le Palais du Gouverneur a été transféré à Fort-de-France.

Aujourd'hui, Saint-Pierre est le siège d'une sous-préfecture créée par le décret du signé par le Premier ministre Édouard Balladur. C'est le Chef-lieu de l'Arrondissement de Saint-Pierre. La commune est actuellement le principal pôle administratif et commercial du nord caraïbe de la Martinique. En effet, en plus de la sous-préfecture, on trouve également à Saint-Pierre, un hôpital, un lycée professionnel, un centre des Impôts, une agence de la CGSS, de la CAF et du Pôle Emploi, mais aussi une antenne de la CCI de la Martinique.

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

La commune se situe sur l'île de la Martinique au sein de l'Océan Atlantique. Le climat y est de type tropical. La ville de Saint-Pierre est du côté ouest de l'île, c'est-à-dire sur la mer des Caraïbes.

Topographie[modifier | modifier le code]

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Géologie[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Plan du fort Saint-Pierre de la Martinique, par Jean-Baptiste Labat.
Plan du fort Saint-Pierre de la Martinique, par Jean-Baptiste Labat.

Les premiers colons de Martinique s'installent à Saint-Pierre dès 1635 et de là, partent à la conquête du reste de l'île. Afin d'éviter de se soumettre au joug colonisateur, les derniers autochtones de Martinique, les Caraïbes, se seraient alors suicidés en se jetant d'une falaise au nord de la ville, nommée depuis le Tombeau des Caraïbes. Il s'agit d'une interprétation erronée d'un épisode de la colonisation de Grenade par les Français, durant laquelle les Caraïbes, surpris lors d'une fête, préférèrent mourir ainsi que sous les coups des assaillants.

La ville se développe grâce à l'industrie sucrière et au commerce des esclaves. Le port de Saint-Pierre attire alors des navires et marchands du monde entier. Surnommée le Petit Paris, le Paris des Isles, la Perle des Antilles ou encore la Venise tropicale, la ville était alors le chef-lieu mais aussi la capitale économique et culturelle de toutes les Antilles. En 1900, Saint-Pierre, cas unique dans la région, possédait un équipement particulièrement moderne : un réseau d'éclairage urbain électrique, un tramway hippomobile, un théâtre de 800 places, une chambre de commerce, l'un des premiers asiles soignant les aliénés, un jardin botanique et un port particulièrement actif.

La ville en ruine après l'éruption.
La ville en ruine après l'éruption.

Le 8 mai 1902, à la suite de l'éruption de la Montagne Pelée, une nuée ardente rase en quelques secondes toute la ville, faisant 26 000 morts et détruisant 40 navires dans le port. Un prisonnier, Cyparis, protégé par les murs épais de sa cellule, put survivre à la catastrophe. Le cordonnier Léon Compère-Léandre aurait également survécu, protégé, lui aussi, par des murs épais[1].

La ville reste alors en cendres pendant plusieurs décennies avant d'être progressivement reconstruite (la Chambre de commerce reconstruite à l'identique est actuellement un des plus beaux ouvrages architecturaux de l'île).

Actuellement classée Ville d'art et d'histoire, l'activité de Saint-Pierre est basée essentiellement sur le tourisme et notamment sur la plongée, le port présentant de nombreuses épaves de navires.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 4 396 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1961. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1961 1967 1974 1982 1990 1999 2006 2009 2011
6 347 6 559 6 180 5 438 5 007 4 453 4 581 4 453 4 396
(Sources : Insee : Population sans doubles comptes à partir de 1961[2] puis population municipale à partir de 2006[3])
Histogramme de l'évolution démographique


Administration[modifier | modifier le code]

Saint-Pierre est le siège d'une troisième sous-préfecture de la Martinique.

Liste des maires successifs[4]
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2001 en cours Raphaël Martine RDM Conseiller général (depuis 2001)
mars 1988 mars 2001 Louis Pierre-Charles DVG puis DVD Conseiller général (1988-2001)
mars 1977 mars 1988 Jean Maurice app. UDF Conseiller général (1979-1982)
juin 1962 mars 1977 Eugène Pierre-Charles SFIO puis Centriste Conseiller général (1955-1979)
juin 1945 mai 1962 Paul Pierre-Charles ... ...
août 1943 mai 1945 Charles Marques ... ...


Enseignement[modifier | modifier le code]

  • Lycée Professionnel Saint James
  • Collège Louis Delgrès

Sports[modifier | modifier le code]

Equipements sportifs :

  • Stade Paul Pierre-Charles (quartier le Fort)
  • Stade Gabriel Suvélor (Bourg)

Clubs sportifs :

  • L'Assaut de Saint-Pierre, football, athlétisme
  • Tout Sézon, football féminin

L'Assaut de Saint-Pierre a été l'une des meilleures équipes de football durant les années 60 en Martinique et aux Antilles françaises. En effet, cette équipe remporta 15 trophées en une décennie : 4 titres de Champion de Martinique en (1963, 1966, 1967, 1968), une Coupe de France, finale départementale en 1966, 5 Coupes de Martinique en (1964, 1965, 1966, 1967, 1968), 2 Coupes Théolade en (1963 et 1968), et 3 titres de Champion des Antilles-Guyane en (1963, 1966 et 1968).

Les grands joueurs de l'Assaut de Saint-Pierre des années 1960 avaient pour nom, Yvon Lutbert, Roger Lutbert, Yvon Chomet, Lucien Lafayette, Gérard Alton, Serge Martial, Serge Belleroche, Louis-Georges Vestris, Georges Bannais, Yves Ramassamy, Floriva Modeste, Valentin Louison, Marcel Aurélia et Joseph Jean etc... L'entraîneur de l'époque était le charismatique Frédéric Betzi, ancienne gloire du football martiniquais.

Économie[modifier | modifier le code]

Une antenne de la Chambre de commerce et d'industrie de la Martinique est présente sur la commune de Saint-Pierre. L'industrie extractive est fortement implantée à Saint-Pierre, où elle procure une cinquantaine d'emplois directs et tout autant d'emplois indirects. Trois sociétés y exploitent des gisements de pouzzolane. Issue des coulées générées des éruptions de la Montagne Pelée, cette pouzzolane y est ensuite traitée afin de produire annuellement plus d'un million de tonnes de sable lavé et de granulats destinés à la fabrication des bétons et mortiers pour le BTP. Très appréciée, la pouzzolane de Saint-Pierre peut également être introduite dans la fabrication du ciment, comme succédané partiel du clinker.

Culture et partimoine[modifier | modifier le code]

Personnalités[modifier | modifier le code]

Caricature de Pierre-Marie Pory-Papy en 1848-1849, par Cham.
Caricature de Pierre-Marie Pory-Papy en 1848-1849, par Cham
  • Henri Lémery ; premier martiniquais de l'histoire membre d'un gouvernement en France. Ministre de la Justice en 1934. De 1917 à 1920, il est nommé successivement sous-secrétaire d'État au Commerce, à l'Industrie, aux Postes et Télégraphes, aux Transports maritimes et à la Marine marchande
  • Alcide Delmont (1874-1959), deuxième martiniquais de l'histoire membre d'un gouvernement en France. Député et sous-secrétaire d'État aux Colonies du 3 novembre 1929 au 21 février 1930 et du 2 mars au 30 décembre 1930
  • Amédée Knight, ancien sénateur de la Martinique
  • Pierre Belain d'Esnambuc, flibustier normand, qui y débarque en 1635 ;
  • Pierre Louis d'Arnauld (1771-1832), général d'Empire ;
  • Étienne Mentor (1771-?), député de l'île de Saint-Domingue au Conseil des Cinq-Cents ;
  • Cyrille Bissette, ancien député et l'un des pères de l'abolition de l'esclavage en Martinique ;
  • Marius Hurard, avocat et député de la Martinique de 1881 à 1893. Fondateur de l'école laïque en Martinique ;
  • Louis-Auguste Cyparis ; l'un des survivants avec Léon Compère de l'éruption du 8 mai 1902 de la Montagne Pelée en Martinique
  • Louis Delgrès ; abolitionnistes et antiesclavagiste. Héros de la lutte contre le rétablissement de l'esclavage en Guadeloupe, mort sans capituler avec trois cents combattants au Matouba en 1802. Pour que vive la liberté".
  • Pierre César Dery (1768 ; mort au combat le 18 octobre 1812 à la Bataille de Winkowo), général des armées de la République et de l'Empire (nom gravé sous l'Arc de Triomphe) ;
  • Auguste-François Perrinon ; abolitionniste et député de 1849-1850
  • Pierre-Marie Pory-Papy ; abolitionniste et maire de Saint-Pierre en 1848
  • Alfred Agnès, antiesclavagiste et maire de Saint-Pierre de 1848 à 1853
  • Joseph Desmazes, sénateur de la Martinique de 1876 à 1882 et ancien président du conseil général de Martinique
  • Victor Depaz, industriel et maire de Saint-Pierre en 1941
  • Paul Pierre-Charles, maire de Saint-Pierre de 1945 à 1962
  • Gilbert Gratiant, écrivain

Parmi les victimes de l'éruption du 8 mai 1902, on compte :

Culture et Musique[modifier | modifier le code]

Le groupe « Les Léopards », originaire de Saint Pierre, fut l’un des groupes de Kadans les plus populaire en Martinique dans le début des années 70. Il s'agit du premier groupe Martiniquais à avoir obtenu un disque d'or en 1976.

Sites[modifier | modifier le code]

La commune de Saint-Pierre est classée ville d'art et d'histoire.

L'ancien Théâtre, construit à la fin du XVIIIe siècle sur le modèle du grand théâtre de Bordeaux, sert également, outre des spectacles divertissants, de lieu de réunions publiques. Déficitaire, il est fermé en 1901, un an avant la catastrophe du 8 mai 1902. Il accueille des spectateurs célèbres à l'instar de Donatien-Marie-Joseph de Rochambeau ou de Ferdinand de Lesseps.

La cathédrale de Notre-Dame-de-l’Assomption (auparavant appelée église du Mouillage et cathédrale Notre-Dame-du-Bon-Port), a été reconstruite à l'initiative de Victor Depaz, avec le concours de Monseigneur Lequien. Lors de l'éruption principale (8 mai 1902), une partie de la façade de ce bel édifice, avait été épargnée, mais s'effondra par l'éruption suivante (20 mai 1902). Beaucoup de victimes trouvèrent la mort lors de la messe de l'Ascension. L'une des cloches qui se trouvaient dans les tours de la cathédrale d'origine, a été ramenée de la ville de Kertch (Crimée), par l'amiral Bruat (1796-1855), et installée le 28 juillet 1857. Après la destruction de la ville, la cloche est vendue aux enchères à Fort-de-France, et offerte au Vatican. Finalement ramenée en Martinique, en 1982, elle se trouve actuellement au musée vulcanologique de Saint-Pierre[5]. Le bénitier de la cathédrale est conservé à l'église Saint-Laurent de Paris.

On peut également y voir : les ruines de l'Église du Fort, les ruines de l'Asile Bethléem, les ruines de la rue Bouillé, le cachot de Cyparis, les piliers du pont Verger, la rue Monte-au-Ciel, la Maison coloniale de santé, la distillerie Depaz (où est produit le rhum Depaz), les épaves sous-marines, le quartier La Galère, le Fond Coré, l'habitation Duchamp et l'Habitation Anse Latouche (dont la plus grande partie se situe sur la commune du Carbet).

Musées[modifier | modifier le code]

Musée Franck A. Perret - Musée vulcanologique.
Musée Franck A. Perret - Musée vulcanologique.

Dans les arts[modifier | modifier le code]

  • L'écrivain martiniquais Raphaël Confiant consacre son roman Nuée ardente à la destruction de Saint-Pierre en 1902.
  • Patrick Chamoiseau y inscrit le début de l'action de son roman Texaco ; il a également écrit les textes du jeu vidéo Méwilo, dont l'action se déroule à Saint-Pierre un peu avant la catastrophe de 1902.
  • Albanie Burand a consacré un ouvrage sur la vie politique à Saint-Pierre.
  • Raphaël Tardon parle des derniers jours avant l'éruption du 8 mai 1902 dans son roman La Cadeira.
  • Salavina, beau-frère de René Bonneville, parle de la vie à Saint-Pierre avant 1902 dans Saint-Pierre, Venise tropicale.
  • Marie-Reine de Jaham fait de Saint Pierre et de ses alentours le pivot de son roman Les héritiers du Paradis, la quatrième partie de sa saga romanesque L’or des iles.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Régis Menu, « Il était une fois un port... Saint-Pierre à la Martinique », Revue maritime, no 463,‎ novembre 2003 (lire en ligne)
  2. Historique de la population des communes de 1961 à 2008
  3. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2011
  4. MairesGenWeb : Les maires de Saint-Pierre
  5. voir Saint-Pierre, avant et après de Maïotte Dauphite, avec la collaboration de Marcel Mystille, Edition du Centre d'Art Musée Paul Gauguin, Anse Turin (Martinique), 1983.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]