Curaçao

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Curaçao
Curaçao (nl)
Armoiries
Armoiries
Drapeau
Drapeau
Image illustrative de l'article Curaçao
Administration
Pays Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas
Statut politique Territoire autonome ("pays", néerlandais : land)
Capitale Willemstad
Gouvernement
- Chef d'État
- Gouverneur
- Ministre-président
Parlement local et Gouvernorat des Pays-Bas
Willem-Alexander
Lucille George-Wout
Ivar Asjes
Démographie
Gentilé Curacien
Population 173 400 hab. (2006)
Densité 385 hab./km2
Langue(s) néerlandais, papiamento (officielle), anglais, espagnol (locales)
Géographie
Coordonnées 12° 11′ N 69° 00′ O / 12.183333333333, -6912° 11′ Nord 69° 00′ Ouest / 12.183333333333, -69  
Superficie 450 km2
Divers
Monnaie Florin des Antilles néerlandaises (ANG)
Fuseau horaire UTC -4
Domaine internet .cw
Indicatif téléphonique 599-9
Hymne Himno di Kòrsou

Curaçao (Kòrsou en papiamento) est une des Îles Sous-le-Vent et un pays des petites Antilles, formant un pays ou territoire autonome à part entière au sein du royaume des Pays-Bas depuis la dissolution de la fédération des Antilles néerlandaises le 10 octobre 2010. Son code ISO 3166-1 alpha-2 est « CW ».

Population[modifier | modifier le code]

Pont de la Reine Emma à Willemstad

La population de Curaçao provient de multiples origines : Indiens d'Amérique, Africains, Néerlandais, Espagnols, Portugais, Libanais, etc, ce qui donne une grande diversité ethnique et culturelle. En témoigne le papiamento, créole basé sur une multitude de langues et qui est la base de la communication sur l'île.

Curaçao est fortement influencé par les Pays-Bas à cause des siècles de colonisation. L'héritage néerlandais est encore très présent dans l'architecture coloniale et post-coloniale, le système judiciaire, l'éducation, les mouvements de population (de nombreux étudiants partent chaque année étudier aux Pays-Bas, 4 % des Curaciens sont nés aux Pays-Bas, 100 000 habitants de Curaçao vivent désormais aux Pays-Bas et 40 % des touristes viennent d'Europe).

La majorité de la population est d'origine africaine, descendante des esclaves noirs affranchis en 1863. Leur héritage est présent dans les influences africaines du papiamento, le genre musical appelé Tambú, la cuisine, les religions…

La communauté juive n'a jamais connu de lois discriminantes sur l'île et elle s'est très tôt implantée dans le secteur économique, politique et culturel. Durant le XXe siècle, de nombreux juifs ashkénazes sont venus sur Curaçao, attirés par la liberté dont ils pouvaient jouir.

Géographie[modifier | modifier le code]

Carte de Curaçao

Curaçao fait partie du groupe d'îles de petites Antilles appelé « Îles Sous-le-Vent ». L'île se trouve au large des côtes du Venezuela, dans la mer des Caraïbes, entre les autres îles des Antilles néerlandaises d'Aruba et de Bonaire, ces trois îles étant quelquefois appelées sous le sigle îles ABC.

La côte Nord-Est (Au-Vent) est rocheuse et battue par la houle et le vent alors que la côte Sud-Ouest (Sous-le-Vent) en est abritée et accueille les villes, les plages et la majorité des récifs coralliens. La végétation de l'île est composée d'une savane semi-aride parsemée de cactus, d'arbustes épineux. L'île, trop au Sud, n'est pas soumise au passage des cyclones. Le point le plus haut de l'île, le Christoffelberg (du nom de Christophe Colomb), culmine à 375 mètres et se situe dans le Curaçao Christoffelpark, une réserve de faune et de flore.

Les Saliñas sont des lacs salés qui accueillent des flamants roses. L'îlot de Petit Curaçao (Klein Curaçao en néerlandais) se situe au Sud-Est de Curaçao.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'île de Curaçao a fait partie des principaux repaires de pirates. Elle a donc abrité des boucaniers pendant les heures de gloire de la piraterie.

Les premiers habitants de Curaçao furent les Amérindiens Arawaks qui arrivèrent du Venezuela.

En 1499, l'île est découverte par Alonso de Ojeda qui prend possession de l'île au nom de l'Espagne et décime les Arawaks. Il appellera l'île "Isla de los Gigantes". Au début du XVIe siècle, après avoir dépeuplé l'île par de fréquents raids pour fournir Hispaniola en esclaves, les Espagnols voient à ce que l'île soit repeuplée d'Amérindiens. Curaçao est rattachée administrativement au gouverneur du Venezuela (Coro) excepté lors de la concession Welser.

Colonisation néerlandaise[modifier | modifier le code]

Les marchands juifs et protestants d'Anvers avaient tissé un réseau de livraison au départ de la petite île antillaise de Curaçao. Fuyant la reconquête espagnole durant la Guerre de Quatre-vingt Ans vers Amsterdam à la fin du XVIe siècle, ils apportèrent leurs connaissances. Les navires hollandais ont très tôt remonté la Rivière Yaracuy, qui se jette dans l'Atlantique à côté du port de Tucacas[réf. nécessaire].

Pendant les années 1630, la Compagnie néerlandaise des Indes occidentales, ayant complété l'occupation de la Nouvelle-Hollande (Pernambuco) depuis 1629, se cherchait un port d'attache situé directement dans la mer des Caraïbes.

De plus, avec la perte définitive des salines de la Punta de Araya, un lagon nouvellement fortifié par les Espagnols à un jet de pierre de la côte vénézuélienne et celle momentanée de Saint-Martin, les directeurs se souciaient de procurer une nouvelle saline pour l'industrie halieutique néerlandaise. Sur les conseils de Jan Janszoon Otzen qui avait été fait prisonnier à Tortuga (Venezuela) quelques années auparavant puis transféré à Curaçao afin de lui faire couper du bois avant de le ramener en Europe, la compagnie décida de conquérir l'île. Otzen avait dressé un portrait idyllique de la géographie de Curaçao. En 1634, la compagnie affrète une escadre de six vaisseaux sous le commandement de Joannes van Walbeeck et Pierre le Grand. Un gouverneur et 38 colons européens s'installent sur l'île, où vivent quelque 400 Amérindiens. Les Néerlandais s'aperçurent que les marais salants décrits par Otzen étaient impropres à l'exploitation.

En 1635, malgré la formation à Madrid par Olivares d'un conseil spécial pour la reconquête de Curaçao, les Espagnols attendirent l'année suivante. Mais le faible détachement naval chargé de cette mission ne put même pas s'y rendre. Déterminée à garder sa possession, la Compagnie néerlandaise des Indes occidentales reçut l'appui des États de Hollande et des États généraux néerlandais, l'administration de la nouvelle colonie (et de ses dépendances : Aruba, Bonaire) étant passée sous la coupe de la chambre amstellodamoise de la compagnie. Celle-ci fournit rapidement des renforts et des provisions à Walbeeck.

La plaque tournante des corsaires néerlandais[modifier | modifier le code]

Dans les années suivantes, la Compagnie néerlandaise des Indes occidentales obligea ses corsaires à rapporter à Curaçao tout butin acquis aux dépens des Espagnols. Entre temps, les Néerlandais avaient entamé la construction d'un fort (Fort Amsterdam) et la fondation d'une ville située au fond de la baie de Schottegat, Willemstad, nommée en l'honneur du fils et futur héritier du stathouder Frédéric-Henri, Guillaume II d'Orange-Nassau.

En 1642, Pieter Stuyvesant est nommé gouverneur, avant de partir en 1647 gouverner la Nouvelle-Néerlande.

À partir de 1636, les Néerlandais importent des esclaves au Brésil mais sans investir trop car leur situation militaire est précaire, avec un soulèvement portugais. A Curaçao, le gouverneur hollandais Matthias Beck signale une demande des Espagnols en Espagne, mais l'île n'en accueille aucun avant 1658[1].

Curaçao devint la plaque tournante des corsaires néerlandais et des marchands. Leurs navires servent à la Traite négrière, à l'époque encore modeste, des colonies françaises, anglaises des Îles du Vent ainsi que celles de la terre ferme espagnole[2].

À partir de là, le papiamento, un créole à base de néerlandais, d'espagnol, de portugais et de langues africaines, va s'implanter chez les esclaves.

En 1678, une expédition française commandée par l'amiral Comte Jean II d'Entrées devait s'emparer de l'île. Après avoir repris Tobago à Jacob Binckes, l'expédition s'échoua cependant en route sur les coraux des Archipel de Las Aves. Curaçao échappa ainsi à la tentative de conquête française[3].

L'arrivée des juifs néerlandais du Brésil, de Pomeroon et des Antilles françaises[modifier | modifier le code]

En 1652, la Compagnie néerlandaise des Indes occidentales passe contrat avec David Cohen Nassi (1612-1685), autorisant les Juifs à cultiver la terre à Curaçao, mais leur refusant la liberté religieuse pleine et entière ainsi que l'autorisation de se livrer au commerce[4]. Nassi, alias Joseph Nunes Da Fonseca et Christovao de Tavora, était un "converso" (converti, nouveau-chrétien) ayant vécu en Nouvelle-Hollande avant de devenir un colonisateur chevronné[5].

En 1654, la Nouvelle-Hollande redevient portugaise, après une quinzaine d'années de guerre au Brésil, les Pays-Bas capitulent. Leurs derniers ressortissants essaiment un peu partout dans les Caraïbes. Ils fondent en 1655 la colonie du Pomeroon, sur les rives du fleuve du même nom. Mais la large concentration de négociants et d'armateurs juifs à Curaçao fait de l'île l'épicentre de l'histoire des Juifs aux Caraïbes.

Au Brésil, les planteurs du Maragnon se soulevèrent contre les Hollandais dès 1642, et tous les Brésiliens en font autant en 1645, année où Fernandès Vieira gagna deux batailles importantes[6]. Entre 1636, les esclaves revendus par des bateaux hollandais sur le marché brésilien étaient tous vendus à crédit mais à partir de 1644 et 1645, la proportion d'esclaves vendus passe à respectivement 78 % et 100 %, reflet de l’appréhension des portugais, qui sentent que le Brésil risque de leur échapper[7] très prochainement[8].

L'île de Curaçao sert aussi de refuge après l'expulsion des juifs de la Martinique et de la Guadeloupe en 1685, en particulier de Benjamin da Costa d'Andrade, qui avait acquis des Amérindiens[9], ainsi que la technique de préparation du breuvage, en 1664[10]. À partir de 1693, la colonie devient le centre mondial du commerce du cacao.

Le centre mondial du commerce du cacao[modifier | modifier le code]

Les Néerlandais utilisèrent à cet effet une enclave de la côte du Venezuela, Tucacas, centre commercial peuplé de Juifs et de Chrétiens de Curaçao pour obtenir des quantités considérables de cacao et de tabac[11]. Les Juifs exportaient ces denrées vers Amsterdam. Ils participaient aussi au commerce entre Curaçao et d'autres parties du Nouveau Monde et importaient des Pays-Bas des toiles de lin d'Allemagne, du vin de Madère et de Bordeaux, de la cannelle et du poivre des Indes Orientales[12]. Les sépharades utilisèrent leur connaissance de l'espagnol et du portugais pour commercer — légalement et illégalement — avec les colonies espagnoles voisines.

Au début du XVIIIe siècle, une immigration en provenance des Pays-Bas, d'Europe et d'Asie fait grossir la population à 2.000 personnes. De nombreuses familles juives s'installent à Curaçao et construisent en 1732 la synagogue Mikve Israel-Emanuel qui est aujourd'hui la plus vieille synagogue encore vouée au culte en Amérique.

Aux XVIIIe et XIXe siècles, les Anglais et les Français occupent brièvement l'île, ajoutant leurs influences à la culture locale.

Ère contemporaine[modifier | modifier le code]

En 1828, Curaçao est réuni avec les autres îles appartenant aux Pays-Bas sous la dénomination d'Indes occidentales néerlandaises, dirigées par le gouverneur général de la Guyane hollandaise. En 1848, l'ensemble prend le nom de Curaçao.

En 1863, l'abolition de l'esclavage ruine l'économie de l'île en provoquant un exode vers les autres îles des Antilles.

En 1914, du pétrole est découvert sous le lac Maracaibo au Venezuela. La compagnie pétrolière Caribbean Petroleum Company décide alors de construire une raffinerie sur Curaçao qui ouvrira en mai 1918. Dans les années 1960, les 440 hectares de la raffinerie de Schottegat sont achetés par Shell Curaçao N.V.. À partir de la Seconde Guerre mondiale, Curaçao vit principalement du raffinage du pétrole, du tourisme et du placement bancaire.

Le 1er janvier 1954, les Antilles néerlandaises deviennent un État autonome du royaume des Pays-Bas avec Curaçao comme principale île. En 1986, Aruba se sépare des Antilles néerlandaises pour former un territoire à part entière.

Vue de Willemstad

En décembre 2006 à La Haye, le gouvernement des Antilles néerlandaises signe avec le gouvernement néerlandais, sur une base non consultative, un accord intitulé déclaration finale qui prévoit la dissolution des institutions politiques communes pour le 15 décembre 2008. Celle-ci est finalement effective le 10 octobre 2010, date à laquelle Curaçao devient un nouveau pays (ou territoire) autonome au sein du royaume des Pays-Bas.

Administration[modifier | modifier le code]

En tant que « pays autonome »,Curaçao dispose de sa propre Constitution, d'un gouvernement et d'un parlement local. Le royaume des Pays-Bas y exerce sa représentation par le biais d'un gouverneur. Les fonctions régaliennes du Ministère des Affaires étrangères et du Ministère de la Défense sont exercées au niveau du Royaume. Ses relations avec l'Union européenne relèvent du statut des Pays et territoires d'outremer. Elle dispose d'une Cour de Justice commune à l'ensemble des îles des Antilles néerlandaises, y compris donc les anciennes îles ayant choisi le statut de territorialité locale de l'État des Pays-Bas, Bonaire, Saint-Eustache et Saba[13].

Nom[modifier | modifier le code]

De nombreuses théories tentent de trouver l'origine du nom de Curaçao.

La plus probable est que les Espagnols aient appelé l'île Corazón (cœur). Les cartographes portugais auraient ensuite retranscrit le nom en portugais : Curaçau ou Curaçao.

Culture[modifier | modifier le code]

La culture de Curaçao s'est créée sous de multiples influences provenant de continents différents.

Musées[modifier | modifier le code]

De nombreux musées variés se trouvent sur l'île : maisons coloniales, culture africaine, plantations, musée maritime, culture juive, archéologie, numismatique…

Artistes locaux[modifier | modifier le code]

Les multiples influences de différentes cultures permettent un important foisonnement d'art créole, contemporain, surréaliste, etc., sous forme de peintures, de sculptures, de bijoux, etc., qui viennent remplir les nombreuses galeries d'art.

Musique[modifier | modifier le code]

Différents styles et genres de musiques et de danses se côtoient et se mélangent (valse autrichienne, danses espagnoles, polka de Bohême, quadrille français, etc.) pour donner de nouveaux styles :

  • le Tambú : aussi appelé « Blues de Curaçao », il fut créé par les premiers esclaves noirs qui, comme ceux des États-Unis, voulaient exprimer leurs frustrations et les difficultés de leur vie. Il se joue avec un tambu (tambour), un kachu (corne de vache), un agan (morceau de fer) et un chapi (houe). Les femmes peuvent parfois accompagner la musique et donner le rythme en tapant des mains. La danse s'effectue en couple et alterne séparation des corps et déhanchements.
  • le Seú : c'est la danse traditionnelle effectuée dans les champs pour célébrer les récoltes et la moisson. Elle se décompose en wapa qui imitent les mouvements effectués lors des différentes étapes de la culture d'un champ. Aujourd'hui, c'est la danse favorite des 2 000 festivaliers qui défilent à Willemstad chaque Lundi de Pâques.
  • le Tumba : c'est une des formes musicales les plus importantes à Curaçao qui est une forme de merengue ayant subi des influences du jazz. C'est la musique la plus jouée lors du défilé du carnaval.
  • les chants des travailleurs : ils étaient chantés lors des travaux des esclaves. Il en existe plus de 1 500.
  • la musique contemporaine : elle est influencée par le merengue, le calypso, le reggae, la salsa, le cha-cha-cha et est chantée en papiamento.

Cuisine[modifier | modifier le code]

À l'image de ses habitants, la cuisine de Curaçao est très métissée. Outre la cuisine dite internationale, toujours relevée d'une note locale, les plats sont basés sur la viande de porc, de poulet, la banane, les haricots.

Les plats typiques sont :

  • le Yuana : viande d'iguane, également décliné en soupe (Sopi Yuana) ;
  • le Kabritu : viande de chèvre ;
  • le Keshi Yená : fromage fourré au poulet épicé ;
  • des bonbons et sucreries : Sunchi (meringue), Panseiku (praline), Kokada (noix de coco rapée).

Langue[modifier | modifier le code]

Le néerlandais est la langue officielle mais l'anglais et l'espagnol sont aussi utilisés. La langue la plus parlée, et ce dans toutes les couches de la société, est le papiamento, un créole à base d'espagnol, de néerlandais, de portugais, de français, d'anglais, de langues africaines et de langue Arawak.

Le nom papiamento dériverait de l'espagnol papear qui signifie parler, discuter. Il serait né au XVIIe siècle entre les esclaves africains et leurs maîtres portugais qui tentaient de communiquer.

Le premier document écrit en papiamento date de 1775. Il s'agit d'une lettre entre deux membres de la communauté juive. La reconnaissance officielle de la langue s'est faite en 1802 lorsqu'elle fut mentionnée dans un rapport du gouverneur.

Curaçao est une société polyglotte. Les langues parlées sont le papiamento, le néerlandais, l'anglais et l'espagnol. La plupart des personnes sur l'île (85 pour cent) parle le papiamento. Beaucoup de gens peuvent parler l'ensemble de ces quatre langues. L'espagnol et l'anglais ont tous deux une longue présence historique sur l'île avec le néerlandais et le papiamento. L'espagnol reste une langue importante à travers le XVIIIe et XIXe siècles aussi en raison des liens économiques étroits avec le Venezuela et la Colombie à proximité. L'utilisation de l'anglais remonte au début du XIXe siècle, lorsque Curaçao devint une colonie britannique. En fait, après la restauration de la domination hollandaise en 1815, des officiers coloniaux notèrent déjà une large utilisation de l'anglais sur l'île (van de Putte, 1999). L'immigration récente en provenance des îles anglophones des Caraïbes et des Antilles néerlandaises de (Saint-Eustache, Saba et Sint Maarten)-où la langue principale est l'anglais, ainsi que l'ascendant de l'anglais comme langue mondiale, a intensifié l'utilisation de l'anglais à Curaçao. Pendant une grande partie de l'histoire coloniale, le néerlandais n'a jamais été autant parlée que l'anglais ou l'espagnol et est resté exclusivement une langue des situations administratives et juridiques, l'utilisation populaire du néerlandais a augmenté vers la fin du 19e siècle et du début du XXe siècle (van de Putte, 1999)[14].

Historiquement, l'éducation à Curaçao, Aruba et Bonaire a été principalement en espagnol jusqu'à la fin du XIXe siècle. Il y avait aussi les efforts visant à introduire l'enseignement bilingue populaires en néerlandais et en papiamento dans la fin du XIXe siècle (van de Putte, 1999). Le néerlandais a été la seule langue d'enseignement dans le système éducatif dans le début du XXe siècle pour faciliter l'éducation pour les descendants d'employés expatriés de Shell Royal néerlandais (Romer, 1999). Le papiamento a été provisoirement re-introduit dans le programme scolaire au cours des années mi-1980. Des débats politiques récents étaient centrés sur la question du papiamento devenant la seule langue d'enseignement. Les partisans pour l'instauration du papiamento en tant que la seule langue d'enseignement font valoir que cela aidera à préserver la langue et améliorer la qualité de l'enseignement primaire et secondaire. Les partisans pour l'enseignement en langue néerlandaise soutiennent que les élèves qui étudient en néerlandais seront mieux préparés pour l'enseignement universitaire gratuit offert aux résidents de Curaçao aux Pays-Bas[14].

En vigueur le 1er juillet 2007, les Antilles néerlandaises déclarent le néerlandais, le papiamento, et l'anglais comme langues officielles, en reconnaissance des communautés néerlandophones, anglophones et celles qui parlent le papiamento de toutes les îles. Curaçao a décidé de continuer avec cette approche multilingue dans son nouveau statut de pays constituant[14]. Statistiques : papiamento langue maternelle : 88 %, anglais (en seconde langue 85 %), anglais langue maternelle : 8 %, espagnol (en seconde langue : 45 %), espagnol langue maternelle : 3 %, néerlandais (en seconde langue : 12 %), néerlandais langue maternelle : - de 1 % [réf. nécessaire] Autres langues parlées : portugais (Brésil), français, et créole haïtien.

Religion[modifier | modifier le code]

Dans un recensement de 2001, 85 % des Curaciens se déclarent catholiques. Le protestantisme, le judaïsme, l'adventisme, le méthodisme, le vaudou et la santeria sont également bien implantés. Le pentecôtisme, l'islam et l'hindouisme sont en progression.

Symboles[modifier | modifier le code]

Drapeau de Curaçao

Drapeau : le fond bleu symbolise le ciel et la mer. La bande jaune représente le soleil. Les deux étoiles représentent Curaçao et Klein Curaçao, leurs cinq branches faisant référence aux cinq continents dont sont originaires les habitants de Curaçao.

Armoiries de Curaçao

Blasonnement : parti, au premier d'argent à un vaisseau au naturel portant un pavillon des Pays-Bas voguant sur une mer d'azur, au second d'argent au bigaradier terrassé de sinople fruité au naturel, sur le tout de gueules au pal de sable chargé de trois flanquis d'argent (qui est d'Amsterdam).

Le vaisseau rappelle les armes de la Compagnie néerlandaise des Indes occidentales, qui fonda une colonie sur l'île. Le bigaradier (plus exactement laraha (en)) porte les sortes d'oranges amères à l'origine du curaçao. L'écusson aux armes d'Amsterdam rappelle que la colonie appartint à cette ville.

Philatélie[modifier | modifier le code]

Timbre de Curaçao à 2,5 centimes de 1873 à l'effigie de Guillaume III (n° 1 Yvert)

Entre 1873 et 1948, Curaçao a émis 198 timbres-poste, 88 timbres pour la poste aérienne et 43 timbres-taxe. Ces timbres étaient valables dans certaines colonies de la Compagnie néerlandaise des Indes occidentales, soit Curaçao, Aruba, Bonaire, Saba, Sint-Eustatius (Saint-Eustache) et Saint-Martin.

Le 1er janvier 1949, les colonies néerlandaises des Antilles acquièrent le statut de territoire des Pays-Bas et sont rebaptisées Antilles néerlandaises dont elles utilisent les timbres depuis (sauf Aruba qui émet ses propres timbres depuis 1986).

Économie[modifier | modifier le code]

L'économie se fonde sur le tourisme, l'industrie pétrolière, les services financiers ; il est connu comme paradis fiscal. C'est également un pavillon de complaisance.

L'île compte une raffinerie de pétrole, nommée Isla, qui est opérée par la société pétrolière publique vénézuélienne PDVSA, ainsi que cimenterie Caricement Antilles, propriété du groupe suisse Holcim.

Curaçao dispose d'une banque centrale commune avec Saint-Martin. Cette banque centrale est responsable de l'émission de la monnaie, et de la surveillance des réserves monétaires. La monnaie de 2014, le florin des Antilles néerlandaises (NAf), est appelé à être remplacé par le florin caraïbéen (CMg). Tous deux sont à parité fixe avec le dollar américain, avec un taux de change de 1 US$ = 1.79 CMg = 1.79 NAf[15].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Les Pays-Bas et la traite des Noirs, par P. C. Emmer et Mireille Cohendy
  2. Cornelis Ch. Goslinga, The Dutch in the Caribbean and on the Wild Coast, 1580-1680, Gainesville (Floride), University of Florida Press, 1971, p. 264-75.
  3. James Pritchard, In Search of Empire. The French in the Americas, 1670-1730, Cambridge, Cambridge University Press, 2004, p. 295.
  4. C.T.Gehring, Schiltkamp,Curaçao Papers, 1640-1665, New York, Heart of the Lakes...1987, p.49-51p
  5. I.S et S.A Emmanuel, History of the Jews of the Netherlands Antilles, Cincinnati, American Jewish Archives,1970, t.1, p.42-43
  6. http://www.cosmovisions.com/ChronoBresil16.htm
  7. British Capitalism and Caribbean Slavery: The Legacy of Eric Williams, par Barbara Lewis Solow et Stanley L. Engerman, page 45
  8. http://books.google.fr/books?id=38XY-cvqh30C&pg=PA43&dq=barbados+1636+SLAVE&hl=fr&ei=YhTUS8fUEMmgOOOmlOQN&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=2&ved=0CDUQ6AEwAQ#v=onepage&q=barbados%201636%20SLAVE&f=false
  9. shttp://www.worldjewishcongress.org/communities/northamerica/comm_martinique.html
  10. http://books.google.fr/books?id=fvA8AAAAIAAJ&pg=PA296&lpg=PA296&dq=%22Benjamin+Da+Costa%22+cacao&source=bl&ots=VZo74-wt3J&sig=mpdEsgLEvg0Ug6aRMtAWyoG-trY&hl=fr&ei=q3rDS4ybN5GnOOrYxJcE&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=4&ved=0CBMQ6AEwAw#v=onepage&q&f=false
  11. W.Klooster, Contraband Trade by Curaçao's Jews with countries of idolatry, 1660-1800,Studia Rosenthaliana, p.72
  12. W.Klooster, The Jews in Suriname and Curaçao, p.356
  13. (en)About the Government of Sint Maarten sur le site officiel de Saint-Martin
  14. a, b et c http://en.wikipedia.org/wiki/Cura%C3%A7ao
  15. (en)FAQ About the bank et page Currency du site de la Centrale Bank van Curaçao en Sint Marteen

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Goslinga, Cornelis Ch. The Dutch in the Caribbean and on the Wild Coast, 1580-1680. Gainesville (Floride), University of Florida Press, 1971, 647 pages.
  • Van den Boogaart and Emmer. The Dutch Participation in the Atlantic Slave Trade. 1596-1650

Liens externes[modifier | modifier le code]

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