Montagne Pelée

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Montagne Pelée
La montagne Pelée vue de l'anse Turin au Carbet.
La montagne Pelée vue de l'anse Turin au Carbet.
Géographie
Altitude 1 397 m[1]
Massif Martinique
Coordonnées 14° 48′ 35″ N 61° 10′ 01″ O / 14.809756, -61.166955 ()14° 48′ 35″ Nord 61° 10′ 01″ Ouest / 14.809756, -61.166955 ()  [1]
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région et département d'outre-mer Martinique
Géologie
Âge 300 000 ans[1]
Roches Andésite, andésite basaltique, dacite[1]
Type Volcan gris
Activité Actif
Dernière éruption 16 septembre 1929 - fin 1932
Code 1600-12=
Observatoire Observatoire volcanologique et sismologique de Martinique

Géolocalisation sur la carte : Martinique

(Voir situation sur carte : Martinique)
Montagne Pelée

Géolocalisation sur la carte : Petites Antilles

(Voir situation sur carte : Petites Antilles)
Montagne Pelée

La montagne Pelée est un volcan actif situé dans le Nord de la Martinique, une île des Antilles constituant un département d'outre-mer de France. La montagne est notamment connue pour son éruption de 1902 qui a entraîné la destruction de la ville de Saint-Pierre située à ses pieds et au cours de laquelle près de 30 000 personnes sont mortes. Cette éruption a servi à caractériser le type éruptif péléen tirant son nom du volcan.

Toponymie[modifier | modifier le code]

La montagne Pelée tire probablement son nom, plus précisément son qualificatif, de l'aspect dénudé que présentait son sommet au moment de la colonisation de la Martinique vers 1635[1]. L'absence de végétation à cette époque pourrait être due à une éruption volcanique quelques années auparavant[1]. Une autre version attribuerait l'origine de ce nom à la déesse du feu des indigènes Caraïbes, Pelé, dont la montagne était une allégorie[réf. nécessaire].

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation, topographie[modifier | modifier le code]

La montagne Pelée est située dans le Nord de la Martinique[1]. Avec 1 397 mètres d'altitude, elle constitue le point culminant de cette île[1].

D'un diamètre de onze à quinze kilomètres, la montagne occupe une superficie de 120 km2[1]. Il s'agit d'un stratovolcan présentant un dôme de lave en son centre[1].

Géologie[modifier | modifier le code]

Les activités volcaniques et sismiques importantes des Petites Antilles résultent de la subduction de la plaque sud-américaine sous la plaque caraïbe. Le dynamisme volcanique péléen se caractérise par des éruptions rares mais violentes : l'andésite contenue dans les profondeurs du volcan est une lave à forte teneur en silice, très visqueuse. Cette lave, presque solide, forme un dôme en couvercle dans la bouche éruptive et lorsque la pression ne peut plus être contenue, l'éjection brutale des gaz détruit le couvercle et provoque des nuées ardentes : un nuage de gaz sous pression, de cendres brûlantes et de blocs de lave, déferle sur les pentes du volcan.

Climat[modifier | modifier le code]

L'altitude et l'exposition aux vents favorisent une forte pluviométrie.

Située en Martinique, la montagne est avant tout sous l'action d'un climat tropical, caractérisé par des températures élevées (+25 °C) dont les variations annuelles sont modestes. La montagne Pelée prenant pied au niveau de la mer et culminant à presque 1 400 mètres d'altitude, on observe un étagement du climat. À sa base, le climat est comparable à celui régnant aux alentours. Dans sa partie supérieure, les températures peuvent descendre en dessous de 10 °C, tandis que la pluviométrie peut avoisiner 10 000 mm par an[2].

Faune et flore[modifier | modifier le code]

En raison des différences importantes d'altitude, la végétation peléenne est étagée. Par ailleurs, elle prend racine sur un sol de nature volcanique.

En bordure de mer, la végétation est relativement sèche, clairsemée de prairies composé de hautes herbes en remontant les pentes douces coté Caraïbes. Se succèdent alors champs de banane et petites forêts isolées, toujours côté Caraïbes. Sur les autres versants plus sauvages, on observe une végétation plus riche composée de grands arbres. Une fois passée une certaine altitude, les grands arbres laissent la place aux fougères et autre plantes de haute montagne.

Histoire[modifier | modifier le code]

Carte des zones touchées par l'éruption de 1902 : en gris foncé le 2 mai, en gris clair le 30 août.

La montagne Pelée a connu une éruption vers 300 qui a entraîné une interruption dans le peuplement précolombien de la Martinique.

Lors du débarquement des Français le 15 septembre 1635, le volcan vient de connaître une éruption avec mise en place d'un dôme dans le cratère sommital à partir duquel un certain nombre d'écoulements pyroclastiques se sont épanchés dans les vallées dont celle de la Rivière-des-Pères proche de Saint-Pierre. La végétation a été détruite sur une bonne partie des flancs du volcan et dans toute la zone sommitale, d'où le nom de montagne Pelée que les premiers habitants donnèrent à ce volcan.

Le 8 mai 1902, au cours d'une éruption, une nuée ardente partie du sommet du volcan détruit entièrement la ville de Saint-Pierre faisant environ 29 000 morts[1]. Il y eut deux survivants, Louis-Auguste Cyparis, un prisonnier sauvé par l'épaisseur des murs de son cachot, et Léon Compère-Léandre, un cordonnier qui vivait à la périphérie de la ville. Aujourd'hui reconstruite, Saint-Pierre est une petite cité de 5 000 habitants[1]. Avant l'éruption, la ville était la capitale commerciale de la Martinique et était alors surnommée « le Petit Paris des Antilles »[réf. souhaitée].

À la suite de l'éruption, le volcan conserve une activité soutenue, ce qui attise la curiosité de nombreux scientifiques. L'activité volcanologique du site est alors étudiée par de nombreux scientifiques tant d'Europe que des États-Unis.

La dernière éruption en date est celle de 1929-1932. Elle n'a pas fait de victime grâce aux évacuations de populations. C'est à la suite de cette éruption que la montagne Pelée a acquis sa forme actuelle avec une caldeira bien dessinée.

En mars 2010, alors que la Martinique connaît une grande sécheresse, un incendie se déclare sur la face sud-ouest de la montagne Pelée et consume, pendant plus de cinq jours, l'intégralité du dôme du volcan. Le 17 mai 2010, un lahar dévale la vallée de la rivière du Prêcheur. Bien qu'intervenant peu de temps après l'incendie ces deux évènements n'ont aucun lien de cause à effet. C'est l'éboulement de grande importance de la falaise du piton Marcel qui est à l'origine de ces coulées.

Chronologie des éruptions[modifier | modifier le code]

Randonnée[modifier | modifier le code]

La montagne Pelée peut être parcourue sur des sentiers aménagés sur certains tronçons. Deux itinéraires accèdent au sommet, dont le cratère est également entouré de sentiers. La randonnée offerte est rude en raison d'une dénivellation très forte, voire extrême en certains endroits. L’ascension débute dans un climat chaud et très ensoleillé, et se termine dans un environnement froid, venteux et presque toujours brumeux. La difficulté des sentiers tient aussi du fait que, dans de longs passages pentus, l'ascension se fait sur des amas pierreux. Lors de la remontée du cratère, l'itinéraire tient de l'escalade. Du fait qu'il n'existe aucun ravitaillement au sommet, après le premier refuge, accessible par la route, la randonnée se fait en autonomie complète.

Il existe au sommet deux refuges permettant de passer la nuit en bivouac dans des conditions relativement austères. Le deuxième refuge est situé sur la pourtour du cratère, dans sa partie basse. Il offre deux salles de 12 m2 en terre battue, souvent boueuses en raison de l'humidité du climat et des fenêtres endommagées. Le troisième refuge, construit près du sommet est une pièce de 10 m2, sans fenêtre ni porte.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k et l (fr) François Girault, Philippe Bouysse et Jean-Philippe Rançon, Volcans vus de l'espace, Paris, Nathan,‎ septembre 1998, 192 p. (ISBN 2092608290), p. 45 à 47
  2. Académie de la Martinique, « La flore d'altitude : Montagne Pelée, Pitons du Carbet », sur www-peda.ac-martinique.fr (consulté le mercredi 2 mars 2010)
  3. a, b, c, d et e (en) « Histoire éruptive », Global Volcanism Program (consulté le 28 septembre 2011)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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