Rachel Ertel

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Rachel Ertel
une illustration sous licence libre serait bienvenue
Fonction
Professeure des universités
Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (79 ans)
SlonimVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
Autres informations
A travaillé pour
Œuvres principales
  • Le Shtetl, la bourgade juive de Pologne de la tradition à la modernité (1982)

Rachel Ertel, née le à Slonim en Pologne, est une essayiste et traductrice française, professeur émérite de l'université Paris-Diderot. Elle est spécialiste de la langue et de la littérature yiddish.

Biographie[modifier | modifier le code]

Rachel Ertel naît à Slonim, ville biélorusse alors située en Pologne. Sa mère, Riwa Mirski, écrit des poèmes et des récits yiddish, sous le nom de Menuha Ram[1], son père Moishe Waldman (propriétaire d'une scierie) est lui aussi un poète yiddish. Durant la Seconde Guerre mondiale, sa mère et elle sont exilées au Kazakhstan, puis elles reviennent à Łódź en 1946, à Varsovie en 1948, et enfin Paris, où sa famille s'installe au cours de l'année 1948, au foyer « Le Toit familial », situé 9 rue Guy-Patin, dans le 10e arrondissement de Paris[2].

Elle est agrégée d'anglais et soutient en 1978 une thèse d'État intitulée Aspects du roman juif américain : contribution à une ethnologie de la littérature[3]. Elle est professeure de littérature anglaise à l'université Paris 7, où elle fonde le Centre d'études judéo-américaines (CEJA), qui est durant les décennies 1970-1980, le principal lieu d’enseignement de langue et de littérature yiddish en France[4]. Elle a contribué, dans un espace universitaire, à former des traducteurs de yiddish, dans un souci d'assurer la « permanence du yiddish », et de son espace culturel[5].

Dans le même souci de transmission, elle édite des textes yiddish devenus inaccessibles, notamment Khaliastra, revue littéraire Varsovie 1922-Paris 1924 : la bande[6], et traduit des œuvres d'auteurs yiddish de l'anglais en français, notamment les poèmes de Jacob Glatstein, Eli Chekhtman, Jerome Rothenberg[7] ou encore Leïb Rochman[8].

Son ouvrage consacré au « shtetl », terme yiddish qui désigne des bourgades ou quartiers juifs polonais, s'applique à montrer l'organisation de la société juive ashkénaze ; elle y voit un idéal-type, structurant pour l'historiographie, mais surtout pour la création littéraire yiddish[9].

Activités éditoriales et associatives[modifier | modifier le code]

Rachel Ertel dirige la collection « Domaine yiddish ». Elle est présidente d’honneur de la Maison de la culture yiddish– Bibliothèque Medem[10].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Essais et poésie[modifier | modifier le code]

  • En marge : sur les minorités aux États-Unis, avec Élise Marienstras et Geneviève Fabre, Paris, éditions Maspero, coll. « Cahiers libres », no 189-191.
  • Le Roman juif américain, une écriture minoritaire, éditions Payot, 1980.
  • Le Shtetl, la bourgade juive de Pologne de la tradition à la modernité, Payot, 1982 (rééd.1986).
  • Dans la langue de personne : poésie yiddish de l’anéantissement, éditions du Seuil, 1993.
  • Brasiers de mots, Paris, éditions Liana Levi, 2003.

Articles[modifier | modifier le code]

  • « Nous sommes les souvenants qui refusons l'oubli ». Pouvoir de la poésie, Le Coq-Héron, « La vie des morts parmi les vivants », 2015, no 221, p. 14-21.
  • « Les fantômes du 9 rue Guy Patin (en souvenirs) », Les Temps modernes, mai 2015, no 686, p. 21-54.
  • « La permanence du yiddish », Vacarme, janvier 2013, no 62, p. 173-193, [lire en ligne].

Document audiovisuel[modifier | modifier le code]

  • New-York, tendances yiddish, avec David Unger, Paris, JEM productions, 2012, DVD 52 min.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Notice BNF. Le Vent qui passe, éditions Julliard, 1974.
  2. Rachel Ertel, « Les fantômes du 9 rue Guy-Patin (en souvenirs) », in Les Temps modernes, mai 2015, no 686, p. 21-54.
  3. Thèse d'État, notice du Sudoc.
  4. Notice sur le site La règle du jeu (consulté le 12 décembre 2015)
  5. Rachel Ertel, conférence inaugurale, colloque international » La permanence du yiddish » (2012), éditée par la revue Vacarme, 2013, en ligne.
  6. Khaliastra, revue littéraire Varsovie 1922-Paris 1924, notice du Sudoc
  7. Jerome Rothenberg, Khurbn : poèmes, Éditions Caractères (ISBN 978-2-85446-535-8).
  8. Leïb Rochmann, À pas aveugles de par le monde, éditions Denoël, 2012.
  9. Joëlle Bahloul, « R. Ertel – Le shtetl, la bourgade juive de Pologne : de la tradition à la modernité » [compte rendu], in L'Homme, 1988, vol. 28 no 106 p. 375-376.
  10. Organigramme de la Maison de la culture yiddish, Paris (consulté le 12 décembre 2015)

Liens externes[modifier | modifier le code]