Peter Brook

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Peter Brook
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Peter Brook à Paris en 2005

Naissance (91 ans)
Chiswick, Londres
Activité principale Metteur en scène, Comédien Réalisateur et Écrivain
Style Théâtre, Cinéma
Années d'activité 1944-aujourd'hui
Récompenses Molière du metteur en scène en 1991 pour La Tempête, Molière d'honneur en 2011, Molière du théâtre musical en 2011 pour La flûte enchantée de Mozart.

Peter Brook, né le à Chiswick à Londres, est un metteur en scène, acteur, réalisateur et écrivain britannique.

Artiste novateur dans ses interprétations des pièces du grand répertoire international, et plus particulièrement des classiques de Shakespeare. Il est le théoricien de L'Espace vide. Depuis le milieu des années 1970, sa compagnie est en résidence à Paris au Théâtre des Bouffes du Nord.

Biographie[modifier | modifier le code]

Peter Brook naît à Londres le 21 mars 1925, fils de deux Juifs lituaniens immigrés en Angleterre. Il fait ses études à la Westminster School, la Gresham's School et le Magdalen College où il étudie la littérature comparée. En parallèle à ses études, il écrit des scripts pour la télévision. C’est dans ce cadre qu’il réalise une adaptation cinématographique d'un roman de Laurence Sterne, A Sentimental Journey.

À l'âge de 5 ans, il met en scène en marionnettes Hamlet. Il commence sa carrière théâtrale en 1942 par une adaptation du The Tragical History of Docteur Faustus de Christopher Marlowe. Il monte à la fois des classiques (dont Shakespeare) et des pièces d’auteurs contemporains comme Jean Anouilh, Jean-Paul Sartre, Jean Genet, André Roussin et des auteurs d’avant-garde tel Peter Weiss. Il veut rapprocher le cinéma et le théâtre. Peter Brook s'inscrit, comme Giorgio Strehler ou Jean Vilar, dans le nouveau courant du théâtre, influencé par Brecht ou l'héritage de Jacques Copeau et Edward Gordon Craig. Il va travailler dans cet esprit sur des pièces de Shakespeare comme La Tempête et Hamlet. Mais il souhaite avant tout mettre en avant les œuvres moins connues de Shakespeare. À partir de 1948, il travaille au Covent Garden où il cherche des innovations en montant des opéras, par exemple Salomé (1949) de Richard Strauss. Ces expériences lui feront porter sa réflexion sur ce qu’il nomme « le théâtre mort » ou « théâtre bourgeois » (« Deadly theater »), qui a perdu tout son sens, et dont il cherchera à se démarquer. Il met en scène en 1953 pour la télévision américaine Le Roi Lear avec Orson Welles dans le rôle-titre. En 1959 il réalise une adaptation cinématographique d'un roman de Marguerite Duras, Moderato Cantabile, en 1959, avec Jeanne Moreau et Jean-Paul Belmondo.

En 1962, il crée à Londres le Roi Lear de Shakespeare, avec la Royal Shakespeare Company, et décide alors de renoncer au décor pour œuvrer dans ce qu'il appellera l’espace vide, lequel doit développer l'imagination du spectateur. Peter Brook travaillera plusieurs fois avec la Royal Shakespeare Company entre 1945 et 1979. Il poussera plus loin l’expérience en s’inspirant du "théâtre de la cruauté" d’Antonin Artaud, qui est en prise directe avec le public. Il fait montre d'engagement politique en montant Marat-Sade de Peter Weiss, et US en 1966, une pièce traitant de la guerre du Viêt Nam qui repose entièrement sur le travail d'improvisation de sa troupe. C’est à partir de ce moment qu’il se démarque définitivement du théâtre traditionnel.

En 1968, Peter Brook est invité par Jean-Louis Barrault à Paris pour participer à un atelier théâtral d’échange culturel. À partir de cela, il fonde, en 1970, le Centre International de Recherches Théâtrales (CIRT) où il va travailler avec des acteurs de différents pays et différentes cultures. Brook, qui effectue essentiellement un travail de recherche sur le théâtre, va emmener sa troupe en tournée à travers le monde à la rencontre de nouvelles cultures. Invitée en Iran par le régime du Shah, la troupe donne un premier spectacle, Orghast, en 1971. Au cours d'un voyage de trois mois et demi dans des villages d'Afrique, Peter Brook et sa compagnie découvrent de nouvelles formes de théâtre, et, entre 1973 et 1974, travaillent aux États-Unis, et rencontrent des Indiens.

En 1971, Peter Brook et la productrice Micheline Rozan découvrent dans Paris, un théâtre à l'italienne sur le point d'être démoli : le théâtre des Bouffes du Nord. Ayant le coup de foudre, Peter Brook s'y installe avec le CIRT. En 1974, le théâtre est rouvert avec la représentation de Timon d'Athènes de Shakespeare, qui attire un public nombreux. Brook a laissé la salle telle qu'il l'a découverte, dans son dépouillement. Il a fait ajouter une imposante avant-scène semi-circulaire au même niveau que les gradins sur lesquels prend place le public du parterre, pour créer un rapport de proximité entre acteurs et spectateurs. Cette salle de 500 places devient un lieu important de la création théâtrale européenne.

Brook, avec l'aide de Jean-Claude Carrière, adapte pour le théâtre, le Mahabharata, une épopée mythologique hindoue ; ce sera l'un de ses spectacles les plus impressionnants et les plus accomplis du metteur en scène. Brook mettra une dizaine d'années pour réaliser complètement ce projet, qui est représenté pour la première fois au festival d'Avignon de 1985, dans la carrière Boulbon[1], sur une durée de près de neuf heures. La troupe ira régulièrement en Inde afin d'y étudier la culture. Cette création semble être la synthèse du travail qu'a accompli Brook depuis des années. En 1989, Peter Brook en réalise une adaptation filmique.

Brook est un artiste complet. Que ce soit dans le domaine de l'opéra, du théâtre, du cinéma ou encore de l'écriture, son travail est admiré. Son écrit le plus connu est L’Espace vide, un essai sur la mise en scène, il a également écrit des pièces en compagnie de Marie-Hélène Estienne comme L'homme Qui en 1998. À l'opéra, sa mise en scène d'Une flûte enchantée lui mérite le Molière du théâtre musical, en 2011.

Son film Tell me lies (1967), inédit sur les écrans, est diffusé en salles de cinéma à partir d'octobre 2012.

Aujourd'hui, Peter Brook est reconnu comme un véritable maître et chacune de ses créations est attendue. Il semble avoir transmis sa passion à ses deux enfants Simon Brook et Irina Brook.

Théorie de L'espace vide[modifier | modifier le code]

L’Espace Vide est un écrit sur le théâtre de Peter Brook, qu'il base sur les différentes rencontres et expériences menées au cours de son travail. L’auteur dégage quatre types de théâtre : «Le théâtre rasoir» sclérosé; «Le théâtre sacré» de l’invisible devenu visible; «Le théâtre brut» et enfin «Le théâtre immédiat». C’est dans cette dernière notion que Peter Brook tente de synthétiser ce qui selon lui formerait le théâtre idéal. L’auteur y explicite aussi trois aspects du théâtre: le travail de mise en scène en étroite relation avec celui de la scénographie, celui des répétitions et du travail des acteurs et l’analyse qu'il fait de la réception d’un spectacle par un public dans un lieu précis.

L’Espace vide est la conception de la scénographie de Peter Brook: c’est en quelque sorte un retour à la source, à un dispositif plus simplifié, épuré. Ce n’est qu’à partir de 1962, en créant Le Roi Lear qu’il décide de renoncer au décor pour travailler l’espace vide qu'il préconisera ultérieurement. Ainsi le spectacle repose essentiellement sur le comédien, les mouvements du corps réels et intuitifs de ce dernier. «Le théâtre immédiat» que revendique Peter Brook consiste pour les artistes à remettre en question chaque jour les découvertes des répétitions précédentes, comme si la pièce leur échappait. Peter Brook désire aussi un théâtre très proche du public. Il s’est d’ailleurs beaucoup inspiré du théâtre de la cruauté d’Antonin Artaud, qui aspire à un contact direct avec le spectateur, faisant partie intégrante de la création artistique globale.

Citations[modifier | modifier le code]

  • « Le théâtre est un art autodestructeur. Il est écrit sur le sable. Le théâtre réunit chaque soirs des gens différents et il leur parle à travers le comportement des acteurs. Une mise en scène est établie et doit être reproduite – mais du jour où elle est fixée, quelque chose d’invisible commence à mourir. » (L’Espace vide).
  • «... Nous devons prouver qu'il n'y a aucune tricherie, qu'il n'y a rien de caché. Nous devons ouvrir nos mains nues et faire voir que nous n'avons rien dans nos manches. Alors, nous pourrons commencer.» (Peter Brook)
  • "On va au théâtre pour retrouver la vie mais s'il n'y a aucune différence entre la vie en dehors du théâtre et la vie à l'intérieur, alors le théâtre n'a aucun sens. Ce n'est pas la peine d'en faire. Mais si l'on accepte que la vie dans le théâtre est plus visible, plus lisible qu'à l'extérieur, on voit que c'est à la fois la même chose et un peu autrement. À partir de cela on peut donner diverses précisions. la première est que cette vie-là est plus lisible et plus intense parce qu'elle est plus concentrée. Le fait même de réduire l'espace, et de ramasser le temps, crée une concentration".- Peter Brook, 1991

Filmographie[modifier | modifier le code]

Réalisateur[modifier | modifier le code]

Metteur en scène[modifier | modifier le code]

Prix et récompenses[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sur Peter Brook 
  • Georges Banu, Peter Brook : De Timon d'Athènes à Hamlet, Flammarion, 2001
  • Georges Banu, Peter Brook Vers un théâtre premier, Éditions du Seuil collection Points Essais, 2005
  • Mickael Kustow, Peter Brook : Une biographie, Éditions du Seuil, 2006
  • Margaret Croyden, Conversations avec Peter Brook, Éditions du Seuil, 2007
  • Basarab Nicolescu, Peter Brook et la pensée traditionnelle, in Brook - Les voies de la création théâtrale XIII, Editions du CNRS, Paris, 1985, p. 143-161, edited by Georges Banu.
  • (en) Dale Moffitt, Between Two Silences: Talking with Peter Brook , Southern Methodist University Press, 1999, 224 p.
  • (en) J.C. Trewin, Peter Brook : A Biography, Macdonald, 1971, 216 p.
  • (en) Penelope Houston et Tom Milne, Interview with Peter Brook, Sight and Sound, été 1963, p. 108-113.
  • (en) John Russell Taylor, Peter Brook, or the Limitations of Intelligence, Sight and Sound, p. 80-84.
  • (en) Andrew Todd and Jean-Guy Lecat, The Open Circle: Peter Brook's Theatre Environments, Faber and Faber, 2003, 276 P.
  • (he) Ouriel Zohar, Meetings with Peter Brook, Zohar, Tel-Aviv 1990, 176 p.
  • Ouriel Zohar, Les passionnés de Peter Brook, Coulisses, No.9, p. 77–84 Université de Franche-Comté, Besançon 1993.
  • Ouriel Zohar, Les acteurs de Peter Brook, Coulisses, No.12, p. 40–50, Université de Franche-Comté, 1995.
  • Ouriel Zohar, L'homme derrière l'auteur de théâtre, le Tchekhov de P. Brook, Coulisses, No.14, p. 22–28, Université de Franche-Comté, Besançon, 1996.
  • Ouriel Zohar, La quête de vérité de Peter Brook dans La Conférence des oiseaux, in Théâtres du Monde, Revue Interdisciplinaire de l'Université d'Avignon, Institut de Recherches Internationales sur les Arts du Spectacle, Faculté des lettres et des sciences humaines, No. 21, p. 281-288, (2011).
  • Ouriel Zohar, Peter Brook, Julian Beck et Choulamite Bat-Dori: étude comparative de trois réalisateurs, in Théâtres du Monde, Revue Interdisciplinaire de l'Université d'Avignon, Institut de Recherches Internationales sur les Arts du Spectacle, Faculté des lettres et des sciences humaines, No. 22, p. 353–369 (2012).
  • (he) Ouriel Zohar, "The Passion for Quality" (Brook's Theatre) in Shdemot, Oranim & Haifa University Ed. No. 80, p. 97–106, Tel-Aviv 1982.
  • (he) Ouriel Zohar, "Peter Brook, Researcher and Creative Artist", in Shdemot, Oranim & Haifa University Ed. No. 96-97, p. 157–163, Tel-Aviv, 1985.
  • (he) Ouriel Zohar, «Brook's Version of the Tragedy of Carmen», in Bamah, Drama Quarterly, No. 105/6, p. 124–129, The Hebrew University, Jerusalem, 1986.
  • (he) Ouriel Zohar, "Peter Brook's Improvisation Techniques" in Bamah, Drama Quarterly, Editor : No. 112, p. 65–69, The Hebrew University, Jerusalem, 1988.
  • (he) Ouriel Zohar, "The Journey of Peter Brook from 'The Conference of The Birds' into Himself" in Beeri, No. 1, p. 115–122, Beit-Berl, 1988.


De Peter Brook 

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]