Yannick Jaulin

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Yannick Jaulin
Naissance
Aubigny (Vendée), Drapeau de la France France
Activité principale
Conteur · Comédien · Dramaturge · Chanteur
Distinctions
Auteur
Langue d’écriture Parlanjhe (poitevin) · Français
Genres

Yannick Jaulin est un conteur, acteur et dramaturge français, né à Aubigny (Vendée), le . On le présente aussi comme "diseur", chanteur, humoriste[1],[2],[3].

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance marquée par le patois poitevin[modifier | modifier le code]

Yannick Jaulin est originaire de Vendée. Il est marqué dès l'enfance par la pratique du parlanjhe, dit aussi poitevin-saintongeais, langue romane d'oïl (comme le gallo, le picard) dit "patois".

Fils d'agriculteurs, rural dans l'âme, le poitevin est sa langue maternelle (il découvre le français en arrivant à l'école). Il en fait une de ses principales sources d'inspiration.

« Toute sa vie, mon grand-père a baissé sa casquette devant son maître, un noble loqueteux et dégénéré. Adolescent, je n'étais qu'un belou de la campagne, avec mes pat'd'éph et ma Flandria, sans aucune réflexion critique. On disait : "C'est d'même qu'ol aet", c'est comme ça »

— Rapporté par Stéphane Davet[4]

Dans sa jeunesse, il devient l'un des animateurs de l'Aigail, une des sections de l'Amicale laïque d'Aubigny et l'un des membres très actifs de l'UPCP. Outre un travail considérable de collecte des musiques, chants, danses, contes et autres traditions, ce groupe produit alors des spectacles de création, librement inspirés de ce fond culturel[1].

« Je ne perdais pas une miette de ces rencontres, elles me transportaient, elles renforçaient ma propre identité. Ce qui me marquait le plus, c’est la qualité humaine de ces vieux, leurs itinéraires incroyables. Un prétexte à l’humanité... »

— Rapporté par Eric Fourreau[5]

« Ça garochait. On portait des costumes folkloriques, mais on faisait pousser la meilleure herbe du pays. Et, une fois les chausses enlevées, ça y allait avec une tripotée de belles drôlesses. »

— Rapporté par Stéphane Davet[4]

Oralité et éclectisme[modifier | modifier le code]

Après avoir collecté des histoires de villages ou mêlé rock et conte, il finit par basculer complètement du côté des mots. De bistrots en cimetières, le conteur croise fées et menteurs, cherchant les caractères qui, depuis que l'homme est l'homme, traversent et agitent le monde. Yannick Jaulin transforme ces petites mécaniques humaines en histoires à la fois ancrées dans leurs temps et universelles.

Sa poésie personnelle, zébrée d'humour, empreinte de mots d'hier et d'aujourd'hui, en fait un artiste décalé de la scène française, résistant aux classifications.

« Contrairement aux artistes icônes, le conteur est au milieu du monde, pas au-dessus. Le conte dit en substance : "Mets-toi en route, tu vas te casser la gueule, mais tu vas trouver ta princesse". Une démarche du "Faites-le vous-même" à l'opposé de celle de la grande consommation et des "cerveaux disponibles". »

— Rapporté par Stéphane Davet[4]

Auteur et conteur contemporain[modifier | modifier le code]

En perpétuelles expérimentations, Yannick Jaulin s'inscrit dans la création contemporaine en faisant naître des formes orales et dramaturgies hybrides, qui appartiennent à la fois au conte, au théâtre contemporain (collaboration avec Laurent Brethome, Wajdi Mouawad, Matthieu Roy), aux arts de la rue, aux arts visuels, à la conférence...

Ses spectacles font souvent la part belle aux récits issus de collectages, contes du répertoire traditionnel, culture populaire, récits de vie, librement recontextualisés, adaptés et improvisés. Il réinvente les classique du conte populaire, interroge l'actualité et aborde des thème universels (la mort, dans J'ai pas fermé l'œil de la nuit) et contemporains, qu'il s'agisse de la domination culturelle (Le Dodo), et plus récemment, les religions (dans Comme vider la mer avec une cuiller).

Depuis plusieurs années, Yannick Jaulin accompagne et parraine une nouvelle génération de conteurs et conteuses qui explorent d'autres formes de l'oralité.

Il se présente parfois comme faisant du "stand-up mythologique".

Pougne Hérisson et le Nombril du Monde[modifier | modifier le code]

[réf. nécessaire] Le raconteur d'histoires devient passeur de mondes, artiste engagé et vit ses opinions sur scène comme sur le terrain.

En 1986 Yannick Jaulin découvre le village de Pougne-Hérisson, dans les Deux-Sèvres. Les habitants assistant à un de ses spectacles l'invitent à nourrir son imaginaire sur place. Pougne-Hérisson, commune rurale du Poitou, sertie dans le granit, devient le décor des histoires du conteur.En 1996, la Cie Yannick Jaulin, Le beau Monde?, s'implante à Pougne-Hérisson. Elle y porte ses propres spectacles et poursuit la direction artistique des projets culturels. Elle impulse la ligne artistique : recherches sur l'oralité, sur différentes formes de paroles et d'histoires. Le milieu rural devient un champ d'expérimentations perpétuel, terrain d'innovations et d'exigence artistique.

Depuis 1992, Yannick Jaulin a initié une manifestation loufoque « Sacré Nombril » qui a lieu tous les deux ans dans ce petit village de moins de quatre cents habitants. Chaque édition repose sur un thème tout en proposant systématiquement des spectacles de rue, de cirque, de la chanson, du conte, du récit, des expositions (les plus beaux nombrils), des rituels, des jeux (championnat de « T’as menti »), des histoires de Pougne Hérisson racontées par Yannick Jaulin... Cette manifestation tient le pari d’être un rendez-vous ouvert à des publics variés, à prendre en compte les dimensions locales et rurales tout en ayant une reconnaissance nationale et médiatique. Cette originale biennale du 15 août, est rapidement reconnue comme telle dans l'Hexagone, comme on peut le constater à chaque édition de par sa couverture médiatique (télévisions, radios, presse nationale et régionale)[réf. nécessaire]. Dans un mélange surréaliste, ce village accueille pendant deux jours, plus de 3000 spectateurs.

Sources d'inspiration[modifier | modifier le code]

Ses créations, mâtinées de one man show, puisent leurs influences autant dans la culture rock que la tradition poitevine, en passant par la BD et le cinéma. Pendant son adolescence, il a participé à des activités de collectage auprès des personnes âgées afin de conserver la culture populaire poitevine[4].

Citation[modifier | modifier le code]

" Un pays qui n'a plus d'histoires dans son ciel est un pays qui n'est plus capable de rêver"

(Yannick Jaulin le lutin céleste, Eric Fourreau, Éditions de l'attribut, 2005).

Spectacles/Auteur[modifier | modifier le code]

  • Les Oisives (2016 interprétation : Angélique Clairand, Valérie Puech
  • La bête à deux dos ou le coaching amoureux (2007 créé et interprété par Angelique Clairand)
  • Chemin de la belle Etoile (création 2009 Sebastien Bertrand)

Créations[modifier | modifier le code]

  • Ma Langue Maternelle va mourir et j'ai du mal à vous parler d'Amour (2018)
  • Le Mystère de St Pou - Son et Lumières à Pougne-Hérisson, création collective avec J Rouger, G Baraton, Titus, Anne Marcel, Camille Rocailleux (2016, 2018)
  • Comme vider la mer avec une cuiller (2015)
  • Conteur ? Conteur (2012)
  • 2 allers simples pour chez moi (2012) avec Kent
  • Les Sentiers de la Tourmente (2011) avec l'Auvergne Imaginée
  • Le Dodo (2010)
  • Merlicoquet et autres contes de randonnée (2009)
  • La Tournée du Ponant (2008) avec Sloï
  • Terrien (2007)
  • Plus loin a l'Est c'est l'Ouest (2004)
  • Menteur (2003)
  • J'ai pas fermé l'œil de la nuit (2000)
  • Jaulin en scène (2000)
  • Rien que du beau Monde (1996)
  • La vie des Roses (1994)
  • Pougne-Hérisson (1991)
  • Géants (1989)
  • Château-Fromage (1987)
  • Gargantua (1987)
  • Feux Follets (1986)
  • Belesbat (1986)
  • Tradition du goût (1985)
  • La mogette d’or (1985)
  • La beroète à Balthazar (1984)
  • La montagne verte (1984)
  • Création du groupe Jan do Fiao (1982)

Participation en tant qu'acteur[modifier | modifier le code]

Publications de Yannick Jaulin[modifier | modifier le code]

  • J’ai pas fermé l’œil de la nuit… (texte intégral)
  • Il était une fois J'ai pas fermé l'œil de la nuit (coécrit avec Titus)
  • La légende de Pougne-Hérisson, le Nombril du Monde (coécrit avec Titus)
  • Jaulin raconte Pougne-Hérisson (texte de spectacle suivi d’un entretien avec Nathael Moreau)
  • Terrien (texte du spectacle et entretiens avec wajdi Mouawad)
  • Le tracteur aux dromadaires (ill. Marie-France Goyet), St-Sébastien-sur-Loire, Éd. d'Orbestier, coll. « Rêves bleus », , 30 p., 33 cm (ISBN 978-2-84238-166-0, notice BnF no FRBNF43706490)
  • La Cheneuille (ill. Toni Demuro), St-Sébastien-sur-Loire, Éd. d'Orbestier, coll. « Rêves bleus », , 32 p., 22 cm (ISBN 978-2-84238-175-2, notice BnF no FRBNF43783876)
  • La Papote (ill. Samuel Ribeyron), Paris, Didier Jeunesse, , 26 p., 26 cm (ISBN 978-2-278-07791-5, notice BnF no FRBNF44349880)

Discographie[modifier | modifier le code]

  • Merlicoquet et autres contes de randonnée (Didier jeunesse/Harmonia Mundi)
  • Terrien (Texte et DVD)
  • Menteur, (livre CD et DVD)
  • J’ai pas fermé l’œil de la nuit…, (livre CD)
  • Contes du Marais Poitevin
  • Contes d’animaux
  • Rien que du beau monde
  • Contes pour les drôles et les moins drôles
  • Contes pour les drôles, Zéro de conduite
  • Mick de Chaï, Le beau monde
  • Jan do Fiao
  • La vie des Roses
  • Pougne-Hérisson
  • Contes à rire et à faire zire
  • Contes de Château-Fromage 87

Distinctions diverses et variées[modifier | modifier le code]

Divers[modifier | modifier le code]

Dans le spectacle, "Terrien", qu'il définit comme "l’histoire d’un homme qui aime tellement les histoires qu’il se fait avoir par l’une d’elles. L’histoire d’un aveuglement. Et d’une révélation", il évoque sa dérive sectaire au sein de l’Ordre du Temple solaire, qu'il a quitté, avec sa compagne, environ un an avant les suicides collectifs[3]. Il témoigne de cette période dans l'émission spécial investigation (Canal +) , décembre 2012.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Yannick JAULIN, diseur (acteur et conteur) », Mairie d'Aubigny (consulté le 25 mars 2013)
  2. Fourreau 2005, p. 15.
  3. a et b Frédérique Roussel, « C'est patois, c'est moi - Portrait », Libération, (consulté le 26 mars 2013)
  4. a b c et d Stéphane Davet, « Yannick Jaulin, un affabulateur dans le terroir », sur Le Monde, (consulté le 21 décembre 2015)
  5. Fourreau 2005, p. 21.
  6. Louvre pour tous, « Culture : les décorés de la Légion d’honneur du 14 juillet 2013 », sur www.louvrepourtous.fr, (consulté le 4 février 2015)
  7. « Yannick Jaulin chevalier de la Légion d'honneur et "fier de l'être" », sur SudOuest.fr, (consulté le 4 février 2015)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Éric Fourreau, Yannick Jaulin le lutin céleste, Bessières, Éditions de l'Attribut, , 121 p. (ISBN 2916002006, lire en ligne) retrace le parcours personnel et artistique du conteur.