Vélodrome d'Hiver

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Vélodrome d'Hiver
Vélodrome d'hiver 1913.jpg
Généralités
Noms précédents
Palais des Sports de Grenelle
Surnom(s)
Vél’ d’Hiv’
Adresse
Rue Nélaton
Paris, Drapeau de la France France
Construction et ouverture
Ouverture
1909
Rénovation
Démolition
1959
Équipement
Capacité
17 000
Localisation
Coordonnées
Localisation sur la carte du 16e arrondissement de Paris
voir sur la carte du 16e arrondissement de Paris
Red pog.svg
Localisation sur la carte de Paris
voir sur la carte de Paris
Red pog.svg
Localisation sur la carte du 7e arrondissement de Paris
voir sur la carte du 7e arrondissement de Paris
Red pog.svg

Le Vélodrome d’Hiver à Paris (ou vélodrome d’hiver de Paris) a été érigé en 1909 et détruit en 1959. On l'appelait familièrement le « Vél’ d’Hiv’ »[a]. Il était situé rue Nélaton, dans le 15e arrondissement. Il est connu pour avoir été en 1942 le théâtre de la rafle du Vél’ d’Hiv’.

Histoire[modifier | modifier le code]

Du début du siècle à la Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

L'inauguration du Vélodrome d'Hiver (1910).
Le Patin d'Or, course de patinage à roulettes courue au Vélodrome d'Hiver, en 1911.

Au début du XXe siècle, la compétition cycliste devient un spectacle de masse prisé par la population ouvrière des villes. La construction des vélodromes participe à cette vogue. Dès 1902, Henri Desgrange demande à l'architecte Gaston Lambert d'aménager la Galerie des Machines, vestige de l'exposition universelle de 1889 situé dans le quartier de Grenelle, pour y créer une piste de compétition cycliste. Inauguré le , le vélodrome connaît rapidement un grand succès populaire. Mais en 1909, la ville annonce la destruction de la Galerie des Machines afin de libérer la perspective vers le Champ de Mars.

Desgrange décide alors d'édifier tout à côté, à l'angle du boulevard de Grenelle et de la rue Nélaton, un nouveau temple du vélo. Ce futur « Palais des Sports » a pour architectes MM. Lambert et Durand, qui l'intitulent le « temple des sports du boulevard de Grenelle ». Dans le nouveau « Vél’ d’Hiv’ » construit en charpente métallique qui voit alors le jour, 17 000 spectateurs assis sur des gradins de briques et de béton, peuvent observer les coureurs qui parcourent une piste en bois de sapin ovale, avec virages relevés de 250 mètres de développement autour d'une vaste pelouse centrale. La salle est éclairée par une immense verrière zénithale et plus de mille ampoules. Le meeting d'ouverture eu lieu en .

De nombreuses manifestations animèrent cet équipement. La fameuse course cycliste dite des « Six jours de Paris », créée en 1913, par Bob Desmarets[b], à l'exemple d'une course américaine équivalente, connut son heure de gloire dans l'entre-deux-guerres, et devint vite le sommet de la saison cycliste. En 1926 commença l'élection de la « Reine des Six jours », chargée de donner le départ de la course ; les Reines étaient choisies dans le milieu des artistes populaires à la mode : Édith Piaf, Yvette Horner, La Houppa, furent ainsi Reines des Six jours. L'animation se répandait alors de jour comme de nuit jusque dans les rues du quartier.

En 1931[2], l'édifice est rénové par l'américain Jeff Dickson et devient le « Palais des Sports de Grenelle »[3]. En effet, avec sa compagnie, la Jeff Dickson International Sports, il organise en plus des traditionnels matchs de boxe et course de vélos, d'autres compétitions sportives dans l'enceinte[4] : tennis, basket-ball mais également hockey et patinage sur glace (grâce à un équipement adéquat permettant la réalisation d'une patinoire). C'est le début des « années folles » du hockey sur glace[2].

La rafle du Vélodrome d'Hiver[modifier | modifier le code]

Plaque commémorative de la rafle de 1942, à l’ancien emplacement du vélodrome.
Article détaillé : Rafle du Vélodrome d'Hiver.

À partir des 16 et , c'est là que furent détenus plusieurs jours, dans des conditions très précaires, une partie — 8 160 personnes : 4 115 enfants, 2 916 femmes et 1 129 hommes — des 13 152 Juifs (4 115 enfants, 5 919 femmes et 3 118 hommes), victimes de la rafle du Vél’ d’Hiv’[5], avant leur déportation vers le camp d'extermination d'Auschwitz-Birkenau.

Après-guerre et destruction[modifier | modifier le code]

L'après-guerre y vit l'organisation de tournois de boxe (avec, par exemple, Marcel Cerdan ou Sugar Ray Robinson), d'épreuves équestres, de défilés de mode et même de courses de taureaux (à Paris la dernière corrida eut justement lieu au Vélodrome d'Hiver le [6]).

La revue sur glace Holiday on Ice s'y produit de 1950 à 1958, avant d'inaugurer le nouveau palais des sports de Paris, porte de Versailles, en 1960.

Au mois d', le Vélodrome d'Hiver accueillit un centre de rétention de Français musulmans d'Algérie (FMA) sur ordre du préfet de Police récemment promu, Maurice Papon[7],[8].

Le vélodrome fut détruit en 1959. Un site du ministère de l'Intérieur, le « site Nélaton » (du nom de la rue)[9], occupait l'ancien emplacement du Vélodrome d'Hiver.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Selon la graphie conseillée par le typographe Lacroux : cf. le début de la section « I. Usages de l’apostrophe », exemple du « Bat’ d’Af’ » pour le « Bataillon d’Afrique » (cf. aussi la p. 182 de l'édition au format [PDF] de l'ouvrage de Lacroux) ; la typographie adoptée par Le Petit Larousse, édition 2008 et l’Encyclopédie Larousse (« Vél’d’Hiv »)[1] ainsi que celles d’autres ouvrages ou journaux seraient donc fautives au regard de cette recommandation.
  2. Directeur du Vélodrome d'Hiver et père de Sophie Desmarets.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Rafle du Vél’d’Hiv (16-17 juillet 1942) », sur larousse.fr, Larousse – Encyclopédie (consulté le 15 décembre 2016).
  2. a et b Tristan Alric, Un siècle de hockey en France, éditions FFHG, 2008, p. 21.
  3. Tristan Alric, op. cit., p. 23.
  4. Tristan Alric, op. cit., p. 22.
  5. Éric Conan et Henry Rousso (nouvelle édition revue, corrigée et augmentée), Vichy, un passé qui ne passe pas, Paris, Gallimard, coll. « Folio histoire année=1996 », 2e éd. (1re éd. Fayard, 1994), 513 p. (ISBN 978-2-07-032900-7).
  6. Affiche de la dernière corrida parisienne (site spécialisé de l'association La Querencia de Paris).
  7. Jean-Luc Einaudi, La Bataille de Paris, Paris, Seuil, 1991, p. 52-53.
  8. Ina.fr, « vérification d'identité des Algériens au Vél’ d’Hiv’ ».
  9. Siège historique de la direction de la Surveillance du territoire au 7, rue Nélaton, jusqu'à son déménagement à Levallois-Perret en 2007.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Luc Einaudi, La Bataille de Paris, Paris, Seuil, 1991.
  • Sébastien Penuisic, sous la direction de Luc Capdevila, Les Six jours au Vél’ d’Hiv’ (1913-1939) : un sport-spectacle-évènement parisien, mémoire de maîtrise en histoire, université de Rennes 2, 2001, 230 p.
  • Dominique Grandfils, Au Temps du Vél’ d’Hiv’, Gremese, 2014.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

icône image Image externe
Photographies de presse sur le site de la Bibliothèque nationale de France BnF