La Rafle (film, 2010)

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La Rafle
Description de cette image, également commentée ci-après

Oliver Cywie dans le rôle de Simon Zygler.

Réalisation Roselyne Bosch
Scénario Roselyne Bosch
Acteurs principaux
Sociétés de production Legende Films
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre Drame historique
Durée 115 minutes
Sortie 2010

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

La Rafle est un film dramatique et historique écrit et réalisé par Roselyne Bosch, sorti en 2010.

Ce film est inspiré de la tragédie de la rafle du Vél' d'Hiv' des et , dates où la police française a arrêté à leur domicile treize mille personnes fichées comme juives, dont quatre mille cinquante-et-un enfants, et notamment les deux rares survivants Ann Traube[1] et Joseph Weismann[2], interprété par le jeune Hugo Leverdez.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Article connexe : Rafle du Vélodrome d'Hiver.

Ce film évoque l'arrestation par des policiers français, le et leur détention au Vélodrome d'Hiver, dans des conditions épouvantables, des treize mille cent cinquante-deux victimes de la rafle du Vél' d'Hiv', avant leur déportation, au bout de quelques jours, vers le camp de transit de Beaune-la-Rolande (Loiret) puis le camp d'extermination d'Auschwitz-Birkenau.

Résumé[modifier | modifier le code]

Pendant l'été 1942 la France est sous l'occupation allemande, les Juifs sont obligés de porter l'étoile jaune ; Dans le quartier de la Butte Montmartre, deux familles juives vivent comme les autres habitants de ce quartier, à l'exception près qu'étant juifs, ils appréhendent l'arrivée de la Gestapo. À Paris, les avis sont partagés, certains veulent protéger les Juifs en les cachant alors que d'autres comme la boulangère préfèrent les insulter, les injurier, et les rabaisser.

Dans la nuit du 15 au , leur destin bascule à la suite d'un accord entre les nazis et les autorités françaises sur l'arrestation et la déportation des nombreux Juifs, accord qui débouche sur la rafle du Vélodrome d'Hiver. Le quartier de la Butte Montmartre n'y échappera pas, en effet la famille de Joseph Weismann, un enfant juif d'une douzaine d'années, et leurs voisins sont arrêtés après avoir tenté par plusieurs moyens d'y échapper. Le père de Joseph aurait pu échapper à cette arrestation si Joseph ne l'avait pas malencontreusement dénoncé alors que sa mère s'était prétendue veuve auprès de miliciens.

À la suite de cette rafle, ils sont amenés dans le vélodrome d'Hiver, où Joseph et Noé, le petit frère de son meilleur ami, rencontrent une infirmière, Annette Monod, qui fera tout son possible pour les aider eux et les autres enfants juifs. Dans ce vélodrome, les conditions sont précaires et insalubres : ils n'ont pas d'eau, ils sont entassés et ils sont obligés de faire leurs besoins où il y a de la place. Les maigres vivres qu'ils ont emportés doivent être partagés pour que chacun d'entre eux puisse manger. Un petit matin alors que les prisonniers sont assoiffés, les pompiers font irruption et ouvrent les vannes pour donner à boire aux prisonniers. Ils acceptent aussi de « faire passer » les lettres qui leur sont confiées. Le capitaine Pierret, des pompiers de Paris, se sert même de son grade (le plus élevé parmi tous les militaires présents au Vél' d'Hiv' : Gendarmerie nationale et pompiers de Paris) pour prendre le commandement du Vél' d'Hiv' afin d'imposer le silence aux gendarmes mécontents de son attitude et celle de ses hommes.

Au bout de deux jours, les raflés sont déportés dans un camp de transit, à Beaune-la-Rolande, dans le Loiret, où les conditions de vie sont insupportables : nourriture mauvaise et en maigre quantité, maladies, sans parler du désespoir psychologique des déportés. Affamés et affaiblis, les Juifs affrontent la faim et la soif. Quelques jours plus tard, les parents et les plus âgés de leurs enfants sont déportés dans un camp d'extermination, à Auschwitz, seuls les plus jeunes doivent rester en espérant leur retour qui n'aura pas lieu. Ces enfants ont été arrachés des bras de leur mère et Annette redouble d'efforts malgré la fatigue pour s'occuper d'eux.

À la suite des dernières paroles de sa mère lui disant de s'enfuir, Joseph et un de ses camarades s'enfuient avec la complicité d'autres. Joseph ne peut pas emmener avec lui son meilleur ami parce qu'il est malade, il a une vilaine hernie qui l'empêche de marcher. Finalement Joseph survivra grâce à son évasion ainsi que Noé qui s'est échappé du train et qui a été recueilli par un couple de personnes âgées. En 1945, à la fin de la guerre, ils retrouvent tous deux Annette au Lutetia, un hôtel parisien où sont accueillis les rescapés des camps.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Production[modifier | modifier le code]

Projet[modifier | modifier le code]

Casting[modifier | modifier le code]

Tournage[modifier | modifier le code]

Le tournage commence le au pied de la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, où vivait une grande partie de la communauté juive parisienne dont Joseph Weismann (Hugo Leverdez), Simon Zygler (Olivier Cywie) et Nono Zygler (Mathieu et Romain Di Concetto) qui ont grandi dans ce quartier, en passant par le jardin du bois de Boulogne où discutent Philippe Pétain et Pierre Laval à propos des enfants juifs que les Allemands ne veulent pas[4].

Les acteurs et l'équipe partent au début juin en Hongrie à Budapest où a été reconstitué à un quart le vélodrome, puis numérisé pour donner l'illusion d'en avoir un entier, dans lequel furent détenus des milliers de raflés des 16 et 17 juillet 1942[4]. Il se termine le .

Lieux de tournage[5],[6] 

Bande originale[modifier | modifier le code]

Le compositeur britannique Christian Henson retrouve Roselyne Bosch pour qui il avait mis en musique son premier film Animal.

Réception[modifier | modifier le code]

Box-office[modifier | modifier le code]

Lors de sa première semaine de diffusion, le film s'est classé premier en France par le nombre d'entrées (812 932 soit 1 350 spectateurs par copie)[7]. La fréquentation augmente la semaine suivante avec plus de 900 000 entrées[8], pour totaliser 2 470 000 entrées en quatrième semaine[9].

Film Box-Office France[10] Box-Office Etranger[11] Total
La Rafle 2 851 845 entrées 101 473 entrées 2 952 595 entrées

À ce jour le film totalise 2 851 122 entrées et se hisse à la 7e place des films français sur l’année 2010. Le DVD du film, sorti le 7 septembre 2010, a été numéro 1 des ventes pendant trois semaines consécutives[12].

Réception critique[modifier | modifier le code]

La réception critique a été partagée, le site français Allociné donne une note moyenne des critiques de 2,8 sur 5 pour 24 titres de presse[13], et le site Rottentomatoes donne quant à lui un pourcentage de 56 % de critiques positives[14]. Les critiques positives retiennent la force et l'utilité du message de La Rafle, ainsi que l’importance qu’une telle œuvre soit diffusée, notamment auprès des jeunes générations, près de 70 ans après les faits, alors que les critiques négatives lui reprochent sa complaisance et son simplisme, son chantage à l'émotion et son manque d'incarnation :

  • Le Nouvel Observateur[3], relève, sous la plume de François Forestier, que « la réalisatrice s’est attaquée avec courage à ce point aveugle de l’Histoire de France et que « très solidement documenté, interprété avec ferveur […] la qualité d’émotion du film est extraordinaire : impossible de rester insensible au spectacle de cette honte. Pourquoi sommes-nous si lents à examiner les zones sombres de notre Histoire ? La Rafle est un film qui fait honneur au cinéma français.»
  • Le Figaroscope[15] se demande « Comment évoquer la tragédie du Vel' d'Hiv' sans creuser le même sillon que certains films sur la déportation tels La Liste de Schindler, Au revoir les enfants, Les Guichets du Louvre, Monsieur Klein ou Le Pianiste ? La réalisatrice Roselyne Bosch a trouvé la solution. En filmant cette rafle à hauteur d'enfants. Sa fresque grave, méticuleusement reconstituée, est émouvante sans être larmoyante », insiste sur « l'interprétation tendue et déchirante de Mélanie Laurent » et juge que « la Rafle fait ressurgir un pan peu glorieux du passé de la France sous l'Occupation, mais est magnifié par le courage de ceux que l'on nommera les « Justes » »
  • Le Journal du dimanche[16] note que « l’émotion va crescendo, sans ostentation ni dérapages, avec une forme de sobriété. Presque trop. Comme si Roselyne Bosch avait craint de se laisser déborder par l’émotion implicite du sujet, se rassurant avec un cinéma qui se fait dès lors plus illustratif qu’inventif: le sujet d’abord. Personne ne songera à le lui reprocher.»
  • Paris Match[17] indique,sous la plume d’Alain Spira, que « Roselyne Bosch met les points sur les « i » de notre Histoire en plaçant le spectateur au cœur de ce vélodrome transformé en enfer […] Les vedettes de ce drame historique sont, avant tout, les enfants, acteurs et figurants, qui donnent au film sa bouleversante authenticité. Pour appréhender ce sommet de l’horreur, Roselyne Bosch se tient à la bonne distance, filmant dans un style neutre, mais avec une impressionnante intensité. »
  • Télé 7 jours[18] juge que la réalisatrice signe « un film pour la mémoire, dont l'ambition pédagogique se traduit parfois en situations artificielles et appuyées. Le plus souvent, elle sait trouver le ton et l'émotion justes, avec la complicité d'une belle troupe d'acteurs.»
  • Ouest-France[19] voit dans La Rafle un film « impressionnant, spectaculaire, prenant. Avec des interprètes qui, de Jean Reno à Sylvie Testud, de Gad Elmaleh à Mélanie Laurent, trouvent leur force expressive dans la pudeur, la retenue et la sincérité d'un film nécessaire.»
  • Le Temps[20], quotidien suisse, veut retenir, à travers ce film, l'efficacité de son discours « prenant et utile.»
  • Pour Studio Ciné Live[21], et son rédacteur en chef Fabrice Leclerc, « la dimension émotionnelle du film de Roselyne Bosch l'emporte souvent, reléguant les critiques sur ses faiblesses formelles au second plan ». La Rafle a donc pour lui un « caractère salutaire. […] c'est un film qu'il faut défendre par son sujet.»
  • Pour l'Express[22], Emmanuelle Cirodde précise que « le caractère salutaire de ce film tient surtout à la somme d'informations qu'il recèle […]. Ce véritable travail journalistique installe La Rafle dans la catégorie des films dits « utiles ». […] Alors que La liste de Schindler ou Le Pianiste écrivaient des héros solitaires capables de transcender l'atrocité de leur sort par leur pouvoir ou leur art, Roselyne Bosch inscrit, elle, son film dans l'ordinaire factuel des victimes d'un drame par essence collectif. On n'en ressort que plus concerné. »
  • La Tribune de Genève[23] relève que le film « appuie parfois sur le pathos » mais salue « le remarquable souci d’exactitude de cette œuvre pédagogique d’utilité publique ».
  • Le quotidien Le Figaro[24] évoque, sous la plume de Laurence Haloche, une « fresque grave, méticuleusement reconstituée, (…) émouvante sans être larmoyante », ajoutant que « la réalisatrice impose avec raison un point de vue personnel filmé à hauteur d'enfant, avec une approche féminine et sensible qui n'induit pas pour autant de désespoir apathique.»
  • Le Matin[25] parle d’un film « poignant », d'une mise en scène « sobre à défaut d'être particulièrement inspirée » et loue la réussite de ce film qui se veut populaire, porté par une distribution de choix composé de valeurs sûres, de seconds rôles marquants et de jeunes acteurs au magnétisme irrésistible.»
  • Pour La Croix[26], il s'agit d'un « récit collectif bouleversant, éprouvant sans céder à la crudité. […] Servi avec retenue par une pléiade d’acteurs, La Rafle fait œuvre utile. À chaque génération son travail de mémoire.»
  • L'hebdomadaire Le Point[27], note que « l'intérêt de cette fresque, au-delà d'un évident devoir de mémoire, est son travail documentaire : beaucoup d'histoires vraies, presque toujours racontées avec exactitude ».
  • Le site culturel Fluctuat.net[28] relève pour sa part que « dans un style proche du documentaire, la caméra de Roselyne Bosch crée régulièrement un sentiment de stupeur. En filmant notamment à hauteur d'enfants, La Rafle jette sur chaque nouvelle étape narrative un regard d'étonnement et d'incompréhension. Parvenant à éviter les effets trop larmoyants et s'appuyant sur plusieurs personnages réels - l'infirmière Annette Monod (Mélanie Laurent) ou Joseph Weismann (Hugo Leverdez), enfant à l'époque des faits -, le film multiplie les angles de vue. Il s'en dégage une impression de film-fleuve, doublée d'une grande force d'évocation ».
  • Le magazine américain Cineaste magazine[29], relève l’extrême précision du film, dont le scénario est basé sur des faits réels et sur de vrais témoignages, tout en insistant sur son axe principal : filmer à hauteur d'enfant. La journaliste Sandy Flitterman-Lewis rappelle que « La Rafle, film utile et documenté, lève le voile sur un évènement historique ignoré depuis 70 ans aux États-Unis »

D’autres publications jugent plus sévèrement le film et regrettent son académisme, son manque d'incarnation ainsi que sa maladresse dans sa tentative de concilier émotion et vérité historique :

  • Le Monde[30] souligne que le film « ne nous apporte rien de fondamental sur l'évènement » et regrette sa « médiocrité » sur le plan esthétique : « Beaucoup de choses y sonnent désespérément faux. Tel accent yiddish est sans conteste un accent, mais pas yiddish. Hitler est certes reconnaissable, mais l'acteur grimé qui l'interprète est peu crédible. Tout le monde reconnaît l'humoriste Gad Elmaleh sous sa défroque de petit artisan juif trotskyste, et s'intéresse malheureusement davantage à sa composition qu'au personnage qu'il incarne ».
  • Télérama[31] juge que « Roselyne Bosch (…) oscille entre image d'Épinal et réquisitoire : mélange maladroit, voire impossible. Du Vél d'Hiv' au camp de transit de Beaune-la-Rolande, les séquences tire-larmes, surjouées et lénifiantes se succèdent. (…) Peut-on concilier les bons sentiments avec l'horreur pure ? ». L'hebdomadaire juge sévèrement le portrait d'une France héroïque, globalement résistante, que contredit la vérité historique.
  • Les Cahiers du cinéma[32] évoque un film « long et pénible », plutôt simpliste et manichéen (usant de grandes dichotomies telles que l'État contre le petit peuple, la police contre les pompiers, les adultes contre les enfants, le mal contre le bien). La revue de cinéma déplore un film où « rien n'est incarné », où « tout n'est qu'intention, ou maquillage ».
  • L'Express[33] souligne également le déchirement du récit qui tente de mêler « le fait à la compassion, le devoir de mémoire à l'identification »; et de rajouter que le film, « sans âme ni passion, […] ni réussi ni polémique, produit l'effet inverse de celui désiré : il se regarde d'un œil sec ».
  • L'hebdomadaire Les Inrockuptibles[34] abonde dans ce sens en soulignant l'échec du film qui cherche « la synthèse sans s’accrocher à un choix ».
  • Le Parisien[35] déplore l'académisme du film, dans lequel « tout paraît un peu formaté, amidonné ».
  • Même constat pour Charlie Hebdo[36], qui souligne que la réalisatrice « tombe dans l'éternel travers de la reconstitution anachronique ».
  • Éric Neuhoff, du Figaro Madame, se refuse à parler de cinéma. Il fustige les excès du film, l'absence de regard et d'originalité, ainsi que l'outrance de la reconstitution (en prenant pour exemple l'apparition « grotesque » d'Hitler, de Pétain et de Pierre Laval, dignes de Benny Hill)[37].
  • Libération[38] évoque quant à lui un « lourd mélo historique », « entre kitch rétro et chantage à l’exactitude […] qui aurait dû prôner un historicisme matérialiste lavé de toute empathie. ». Dans le même journal, l'historienne Annette Wieviorka, spécialiste la Shoah et de l'histoire des Juifs au XXe siècle critique les nombreuses inexactitudes historiques, dont le traitement du choix de la destination de déportation, traité « de la façon la plus simpliste possible, sans souci de témoignages ou de documents »[39].
  • Le Soir[40] déplore lui aussi un film « trop illustratif ».
  • Alain Riou, du Nouvel Observateur, évoque un film « tire-larmes », qui n'est pas aussi utile et salutaire qu'on veut le dire, puisqu'il échoue à donner corps à son sujet[37].
  • Sophie Avon, de Sud Ouest, de son côté, se demande comment un « mauvais film » comme celui-ci serait utile et nécessaire. La journaliste qualifie le résultat d' « insignifiant », d' « insupportable » et « bourré de pathos ». Elle déplore la manière de filmer les enfants, qui rend le propos « pittoresque » et proche de l'imagerie[37].
  • La rédaction de Chronic'art juge très sévèrement ce film qui nous propose « d'explorer le côté nounours de la Shoah » avec force chromos et artifices. Le site culturel critique le chantage à l'émotion fait au nom du « devoir de mémoire » ainsi que la description du génocide des Juifs peinturlurée « en vilain cauchemar, à oublier vite en serrant fort le nounours de Nono ». L'auteur de la critique explique que le film en vient à épouser un point de vue malheureux en insinuant, par ses images d'un Paris éternel dérangé par l'arrivée de la Gestapo, « que la vraie barbarie nazie, au fond, c'est moins la Shoah, que le mauvais goût qui fut le sien de venir troubler l'ordre pépère du Faubourg 36 »[41].
  • Le magazine américain Variety juge positivement la reconstitution historique et l'interprétation des acteurs (ce qui rend le projet « attachant »), mais regrette les simplifications et le manichéisme du récit, plusieurs « lourdeurs », et la « naïveté des dialogues »[42].
  • Le magazine américain The Hollywood Reporter parle d'un film rempli de « fausses notes », un récit « sur-documenté et sous-dramatisé », qui ne nous révèle rien de plus que ce que l'on ne savait déjà, se contentant d'aligner des évènements factuels sans apporter de regard neuf ou de révélations. Les personnages y sont à « deux dimensions ». Le magazine se déclare gêné par la manière dont le film diminue la responsabilité de la population française dans ce drame (malgré le personnage de la femme du boulanger) - défaut produisant un véritable « malaise ». Cette vision des choses est qualifiée de « douteuse ». Le magazine s'interroge donc sur la pertinence du projet, qui s'apparente quasiment à un « feel-good movie sur l'Holocauste »[43].

Polémique autour du film[modifier | modifier le code]

En septembre 2010, à l'occasion de la campagne de promotion du DVD, la réalisatrice Roselyne Bosch donne un entretien à la revue Les Années Laser et établit un parallèle entre ceux qui n'auraient pas aimé son film et Adolf Hitler[44] :

« Je me méfie de toute personne qui ne pleure pas en voyant le film. Il lui manque un gène : celui de la compassion. […] On pleure pendant La Rafle parce que… on ne peut que pleurer. Sauf si on est un « enfant gâté » de l’époque, sauf si on se délecte du cynisme au cinéma, sauf si on considère que les émotions humaines sont une abomination ou une faiblesse. C’est du reste ce que pensait Hitler : que les émotions sont de la sensiblerie. Il est intéressant de voir que ces pisse-froid rejoignent Hitler en esprit, non ? En tout cas, s’il y a une guerre, je n’aimerais pas être dans la même tranchée que ceux qui trouvent qu’il y a « trop » d’émotion dans La Rafle[45]. »

Ces propos font réagir le magazine Première qui affirme que la réalisatrice est « sans doute allée trop loin »[46]. Les Inrockuptibles, sous la plume de Jean-Baptiste Morain, écrivent à ce propos :

« À aucun moment Rose Bosch ne se demande si ces critiques ne pourraient être fondées, ou en tout cas acceptables. Non. Elle préfère s’en prendre directement à l'insensibilité de ceux qui n'ont pas apprécié son film, en les assimilant à des nazis. Rose Bosch confond tout : l’insensibilité à son film avec l’insensibilité à la rafle du Vel' d’Hiv'. Qui peut rester insensible à la plus grande arrestation massive de Juifs réalisée en France pendant la Seconde Guerre mondiale ? Mais tout spectateur a encore le droit de ne pas aimer la façon dont Rose Bosch la met en scène et la reconstitue. La Rafle de Rose Bosch n’est pas la rafle du Vel' d’Hiv' - on a un peu honte d’avoir à le rappeler ici à sa réalisatrice[47],[44]. »

En janvier 2011, sur le site AlloCiné, la réalisatrice revient sur cette polémique, expliquant avoir simplement souhaité « mettre en garde contre le déferlement de cynisme et le recul de l'émotion ». Citant une couverture de L'Express datant d'octobre 2010 (soit deux mois après le début de cette polémique) et consacrée, précisément, aux effets pervers du « recul de compassion » dans nos sociétés, elle précise, que pour elle « il ne s’agissait pas d’aimer ou ne pas aimer le film. Ce n'était pas le sujet de mon indignation, mais bien ce cynisme qui fait tache d'huile et conduit tout droit aux extrêmes. »

En juin 2012, la réalisatrice demande à Overblog la suppression d'un article critiquant sa comparaison entre les personnes n'ayant pas pleuré en voyant son film et Hitler, ainsi que la divulgation de l'identité de l'auteur de cet article. En avril 2013, la cour d'appel confirme que l'article n'a pas à être supprimé, et que son auteur peut rester anonyme[48].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Autour du film[modifier | modifier le code]

À noter que, tant sur l'affiche de sortie en France qu'au générique, la graphie exacte du titre est la Rafle. (avec un point)[49].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Évadée du Vél' d'Hiv' une Niçoise inspire "La Rafle" », sur le site Maville.com, le 5 mars 2010.
  2. « Un crime oublié par Éric Conan », sur le site L'Express, le 15 mai 2003.
  3. a et b François Forestier, « La Rafle », Nouvelobs.com, (consulté le 22 avril)
  4. a et b Sophie Benamon (Studio Ciné Live), « Sur le tournage de La Rafle », sur Collectif VAN, (consulté le 22 juin 2010)
  5. « Filming locations for La Rafle (2010) », sur Internet Movie Database (consulté le 22 juin 2010)
  6. « Rafle (La) », sur L2TC.com (consulté le 14 octobre 2012).
  7. Le Figaro, Top 10 du cinéma, 19 mars 2010
  8. Le Figaro, Top 10 du cinéma, 26 mars 2010
  9. Le Figaro, Top 10 du cinéma, 9 avril 2010
  10. JP's Box-Office Fiche : La rafle
  11. Unifrance Bilan avril 2010
  12. [GfK]
  13. Revue de presse Allociné
  14. revue de presse
  15. Olivier Delcroix, « La rafle », Le Figaro, (consulté le 21 avril 2011)
  16. Carlos Gomez, « L'extraordinaire reconstitution. », Le Journal du dimanche, (consulté le 22 avril)
  17. Alain Spira, « La Rafle », Paris Match, (consulté le 22 avril)
  18. « La Rafle », Télé 7 jours, (consulté le 22 avril)
  19. « La Rafle au cœur d'une sombre page d'Histoire », Ouest-France, (consulté le 22 avril)
  20. « La Rafle », Le Temps, (consulté le 22 avril)
  21. Fabrice Leclerc, « La Rafle, dramatiquement utile », Studio Ciné Live, (consulté le 22 avril)
  22. Emmanuelle Cirodde, « La Rafle, dramatiquement utile », Studio Ciné Live, (consulté le 25 septembre)
  23. TDG.ch
  24. « La rafle », sur le site Le Figaro, le 9 mars 2010.
  25. Jean-Phillippe Bernard, « L'horreur un matin d'été », Le Matin, (consulté le 25 avril)
  26. « « La Rafle », un film pour ne pas oublier », sur le site La Croix, le 9 mars 2010.
  27. « La Rafle », sur le site Le Point, le 9 mars 2010.
  28. Damien Leblanc, « Mémoire fragmentée », Fluctuat.net, (consulté le 22 avril)
  29. Sandy Flitterman-Lewis, « La Rafle, film review », Nouvelobs.com, (consulté le 3 novembre 2011)
  30. « "La Rafle" : l'éprouvant spectacle de 'La Rafle' du [[Vél'd'Hiv']] », sur le site Le Monde, le 10 mars 2010.
  31. « "La rafle" », sur le site Télérama.
  32. Les Cahiers du cinéma n°654, mars 2010, p. 37
  33. « La Rafle, vu par Éric Libiot », sur le site L'Express, le 10 mars 2010.
  34. « La Rafle », sur le site Les Inrockuptibles, le 5 mars 2010.
  35. « « La Rafle » : oui, mais… », sur le site Le Parisien, le 10 mars 2010.
  36. Allociné.fr
  37. a, b et c Le Masque et la Plume, Jérôme Garcin, France Inter, émission du 4 avril 2010
  38. Didier Péron, « La Rafle : leurres de vérité pour le Vel' d’Hiv' », sur liberation.fr, Libération, .
  39. Annette Wieviorka, « La Rafle, drame pédagogique et hymne à la France », sur Libération.fr, Libération, (consulté le 25 avril 2016).
  40. Le Soir.be
  41. « La Rafle », sur le site Chronicart
  42. « The Round Up », sur le site variety.com, le 11 mars 2010.
  43. « The Round Up -- Film Review », sur le site hollywoodreporter.com, le 15 octobre 2010.
  44. a et b Gilles Klein, « Réfractaires à "La Rafle", comparés à Hitler », Arrêt sur images, (consulté le 23 avril 2013)
  45. « La réalisatrice de « La Rafle » compare les spectateurs insensibles à son film à Hitler », 20minutes.fr, 23 septembre 2010.
  46. « Pour la réalisatrice de La Rafle, ceux qui ne pleurent pas devant son film sont des nazis », premiere.fr, 23 septembre 2010.
  47. Jean-Baptiste Morain, « Rose Bosch : « Ceux qui n'aiment pas La Rafle rejoignent Hitler en esprit », les Inrocks.com, 27 septembre 2010.
  48. http://www.numerama.com/magazine/22869-overblog-protege-avec-succes-la-liberte-d-expression-d-un-client-maj.html
  49. Cf. l'affiche visible sur la fiche du film sur AlloCiné.fr, consultée le 25 septembre 2011.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Anna Traube, Évadée du Vél'd'Hiv, collection Témoignages de la Shoah, Paris : Le Manuscrit, 2009 (ISBN 2-7481-5318-9)

Liens externes[modifier | modifier le code]