Sam Harris

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Sam Harris

alt=Description de cette image, également commentée ci-après

Sam Harris

Naissance 9 avril 1967 (47 ans)
Nationalité américain
Profession
auteur, spécialiste des neurosciences
Signature de Sam Harris

Sam Harris (né le 9 avril 1967) est auteur, spécialiste des neurosciences, de nationalité américaine, cofondateur et responsable du Project Reason.

Il est l'auteur d'ouvrages à succès dans le monde anglo-saxon tels que The End of Faith, best seller resté au classement des meilleures ventes selon le New York Times pendant 33 semaines, Letter to a Christian Nation, ou encore The Moral Landscape. Célèbre pour sa critique acerbe des religions et son scepticisme scientifique, il milite pour la séparation de l'Église et de l'État, la liberté de religion, et la liberté de critiquer les religions. Harris est aussi l'auteur de nombreux articles publiés dans les journaux Huffington Post, Los Angeles Times, Washington Post, New York Times, Newsweek, ou encore Nature. Ses articles portent essentiellement sur la religion, la morale, les neurosciences, le libre arbitre, et le terrorisme.

Figure mondiale de l'athéisme militant et défenseur reconnu de la pensée scientifique, il donne régulièrement des conférences aux États-Unis d'Amérique et en Grande-Bretagne, notamment à l'université d'Oxford, à Cambridge, Harvard, Caltech, UC Berkeley, ou encore à l'université Stanford. Il participe par ailleurs en tant qu'invité aux principaux shows télévisés américains tels que Nightline, Real Time with Bill Maher, The O'Reilly Factor, The Daily Show, The Colbert Report, The Last Word, et fait une apparition dans le documentaire The God Who Wasn't There.

Biographie[modifier | modifier le code]

Harris ne s'est pas étendu dans les médias sur les détails de sa vie personnelle[1]. Il fut éduqué par sa mère de confession juive et son père quaker[1],[2]. Il est allé à l'Université Stanford mais abandonna rapidement. Il a parlé publiquement de son expérience avec les MDMA quand il était étudiant et de l'inspiration spirituelle et psychologique que cela lui insuffla[3]. Il a aussi étudié avec plusieurs maîtres dans les traditions bouddhistes et hindouistes. Après onze années, il est retourné à Stanford et a complété un Bachelor of Arts en Philosophie. Il entreprit un Phd en neuroscience à l'UCLA[1], utilisant l'Imagerie par résonance magnétique fonctionnelle pour conduire des recherches sur les bases neurologiques de la croyance, l'incroyance et l'incertitude[4].

Opinions[modifier | modifier le code]

Le message principal de Harris est que le temps est venu d'aborder librement la question de l'idéal de tolérance religieuse[5]p. 14-15. Mettant en lumière le problème particulier posé par l'islam et le terrorisme international, Harris critique directement les religions de tout genre et toute forme de persuasion non fondée sur la rationalité. Il voit dans la religion un frein au progrès vers des approches plus éclairées de la spiritualité et de l'éthique.

Athée, Harris affirme que ce terme n'est pas obligatoire. Son point de vue est que l'athéisme n'est pas un dogme ni une philosophie, mais la "destruction de mauvaises idées". Il déclare que la religion est parsemée de mauvaises idées, "une des plus perverses utilisations de l'intelligence que nous ayons créée"[6]. Il compare les croyances religieuses modernes aux mythes de la Grèce antique, qui étaient acceptés comme faits mais sont considérées comme métaphoriques ou erronées aujourd'hui[7]. Dans une interview sur PBS en janvier 2007, Harris déclara "nous n'avons pas un mot pour ne pas croire en Zeus, ce qui signifie que nous sommes tous athées vis-à-vis de Zeus. Et nous n'avons pas un mot pour ne pas être un astrologue". Il poursuit en déclarant que le terme sera inutile quand "nous aurons tous atteint un niveau d'honnêteté intellectuelle où nous n'allons plus prétendre être certains de certaines choses dont nous ne sommes pas certains"[8].

Il rejette aussi l'affirmation que la Bible était inspirée par un dieu omniscient. Il affirme que si c'était vrai, le livre pourrait « faire des prédictions spécifiques et falsifiables sur des événements humains ». Au contraire, la Bible « ne contient pas une seule phrase qui n'aurait pas pu être écrite par un homme ou une femme du Ier siècle »[9].

Dans "The End of Faith", Harris consacre un chapitre sur la "nature de la foi". Son principal argument est que toutes nos croyances, exceptées celles concernant les dogmes religieux, sont fondées sur l'hypothèse, l'expérience et la déduction. Les points de vue "sacrés" des religions seraient dans tout autre contexte considérés comme des signes de "démence". Il porte son attention particulièrement sur la transsubstantiation, la doctrine de l’Église catholique romaine qui veut que, durant la messe, le pain et le vin de l'Eucharistie se changent en substance en corps et sang de Jésus Christ. Harris déclare que si un individu développait par lui-même cette foi, il ou elle serait considéré certainement comme "dément". Dans le contexte religieux, cependant, de tels enseignements ne peuvent pas - ne doivent pas - être remis en question. Il écrit qu'il s'agit "presque d'un accident de l'histoire, qui est considéré normal dans notre société, que de croire que le Créateur de l'univers peut entendre vos pensées alors qu'il s'agit d'une démonstration de maladie mentale de croire qu'il communique avec vous en faisant taper la pluie en code Morse sur la fenêtre de votre chambre"[5]p. 72.

Dialogue intolérant[modifier | modifier le code]

Harris reconnaît qu'il prêche pour une forme corrective et bénigne d'intolérance, la distinguant de la persécution religieuse telle qu'on a pu la voir se développer dans l'histoire. Il encourage une forme d'intolérance dans la discussion, dans laquelle les convictions personnelles sont soumises à preuves, et l'honnêteté intellectuelle est réclamée aussi bien dans les idées religieuses comme non-religieuses. Il pense aussi qu'il faut en finir avec les inhibitions qui empêchent la critique ouverte des idées, croyances et pratiques religieuses sous le prétexte de 'tolérance'[10].

Harris explique que ce type de conversation et recherche est essentiel au progrès dans tous les autres domaines de connaissance. À titre d'exemple, il suggère que peu de gens exigeraient le 'respect' de visions radicalement différentes en physique ou en histoire ; au contraire, remarque-t-il, les sociétés demandent des raisons logiques et des preuves valides de telles affirmations; ceux qui échouent à fournir des preuves tangibles sont rapidement marginalisés dans ces domaines. Ainsi, Harris suggère que la déférence routinière accordée aux idéologies religieuses constitue un double standard. C'est un double standard qui, suivant les attaques du 11 septembre 2001, pose un risque grave[10].

Dans une interview pour PBS en 2007, Harris expliqua que "l'utilité de la religion, le fait qu'elle donne à la vie un sens, qu'elle permette aux gens de se sentir bien n'est pas un argument pour la vérité d'une doctrine religieuse. Ce n'est pas un argument qu'il est raisonnable de croire que Jésus était vraiment né d'une vierge ou que la Bible est la parfaite parole du créateur de l'univers. Vous ne pouvez croire ces choses ou vous devriez pouvoir croire en ces choses si vous pensez qu'il y a de bonnes raisons de croire en ces choses".

L'Amérique croyante[modifier | modifier le code]

Harris base sa critique sur la situation et le rôle de la religion aux États-Unis. Harris est inquiet concernant l'influence négative des dogmes religieux sur de nombreux espaces de la culture américaine. Par exemple, il cite des sondages où 44 % des Américains croient qu'il est « certain » ou « probable » que Jésus reviendra sur Terre dans les cinquante prochaines années. Le même pourcentage croit que le créationnisme devrait être enseigné dans les écoles publiques et que Dieu a littéralement promis la terre d'Israël aux juifs d'aujourd'hui[11],[12].

Ce type de croyances infondées, souvent libres de toute critique objective, empêche de penser un futur durable, selon Harris. Il précise que, à la lumière de la prophétie biblique, un Armageddon général est considéré par beaucoup comme un précurseur nécessaire à la parousie. Harris suggère qu'une importante proportion de la population Américaine pourrait voir un conflit nucléaire au Moyen-Orient comme un événement souhaitable et précurseur de la Fin des temps.

Harris remarque aussi que les mêmes individus qui tiennent ces opinions sont élus ou élisent des présidents, sénateurs et députés, rendant presque impossible pour quelqu'un qui n'exprime pas la même foi d'être élu. Quand George W. Bush invoque publiquement Dieu dans ses discours concernant soit les affaires étrangères ou de politique intérieure, Harris invite les lecteurs à s'interroger : comment réagiraient-ils si le Président citait Zeus ou Apollon de la même manière[11] ?

Islam[modifier | modifier le code]

Harris critique toutes les religions, mais considère l'islam comme particulièrement dangereux envers la civilisation[13]. Harris critique la réponse générale de l'Occident aux attentats terroristes, comme les 11 septembre, il critique l'idée de considérer l'islam comme une "religion de paix" tout en déclarant la "guerre contre le 'terrorisme'". Harris voit le premier sentiment comme contredit par l'analyse et le second comme dénué de sens[5]p. 31, p. 28.

Au contraire, il demande que la civilisation occidentale reconnaisse qu'elle est en guerre contre l'Islam, qui selon lui prône une doctrine de soumission politique et religieuse, non un message de paix. Il observe que le Coran et les hadiths contiennent des incitations à la haine, au meurtre des infidèles et une récompense au paradis (comme les 72 vierges) pour ces actes. Harris considère le jihad, qu'il appelle "métaphysique du martyre", comme source de danger. Il rejette l'argument selon lequel de tels comportements seraient le résultat de musulmans extrémistes mais pas de la majorité. Il considère que la controverse concernant les caricatures de Mahomet du journal Jyllands-Posten eut lieu non parce que les dessins étaient irrévérents, mais parce que "la plupart des musulmans croient sacrilège de représenter le Prophète ainsi."[14] Harris maintient que l'Occident est en guerre contre "précisément la vision de la vie prescrite à tous les musulmans par le Coran, et plus tard élaborée dans la littérature des hadiths."[5]p. 109-110

Harris reconnaît que d'autres religions que l'islam peuvent inspirer et ont inspiré des atrocités. Il discute l'exemple de l'Inquisition et de la chasse aux sorcières dans "The End of Faith". Cependant, il pense que l'islam engendre plus facilement de tels desseins que la plupart des autres religions. Il résume pourquoi en 2005:

« Quiconque imagine que les problèmes terrestres comptent pour le terrorisme musulman se doit de répondre à des questions de ce genre : Pourquoi n'y a-t-il pas de kamikazes bouddhistes tibétains ? Les Tibétains ont souffert d'une occupation bien plus brutale, et bien plus cynique, que n'importe qui, et que la Grande-Bretagne, les États-Unis ou Israël aient jamais imposée au monde musulman. Où sont les foules de Tibétains prêtes à perpétrer des attentats suicides contre des non-combattants Chinois ? Ils n'existent pas. Quelle est la différence qui fait la différence ? La différence est dans les préceptes spécifiques de l'Islam. Cela ne veut pas dire que le bouddhisme ne pourrait pas aider à inspirer la violence suicidaire. Il peut et l'a fait (Japon, Seconde Guerre Mondiale). Mais cela ne concède absolument rien aux apologistes de l'Islam. Quiconque adhère à la vision bouddhiste, par exemple, est censé fournir un réel effort pour justifier un comportement nuisible à autrui. La vision musulmane demande moins d'effort, puisque de tels comportements sont décrits et approuvés dans les textes sacrés de cette religion. La vérité que l'on doit en fin de compte affronter est que l'islam contient des notions spécifiques de martyre et jihad qui expliquent entièrement le caractère de la violence musulmane[13]. »

Harris a appelé les communautés musulmanes à pratiquer la critique ouverte de leur foi et à offrir assistance aux gouvernements occidentaux dans la localisation des extrémistes religieux parmi eux. Il a argumenté sur le fait que les croyants doivent être préparés au profilage religieux comme moyen de combattre le terrorisme si une corrélation était établie de façon sûre entre adhésion à l'islam et comportements terroristes[13].

Note et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c David Segal, « Atheist Evangelist », The Washington Post,‎ 26 octobre 2006
  2. Ron Csillag, « Losing faith in religion », Toronto Star,‎ 2 juillet 2005
  3. http://video.google.com/videoplay?docid=1817047955646441009&hl=en
  4. "Biography for Sam Harris", IMDb.
  5. a, b, c et d Sam Harris, The End of Faith: Religion, Terror, and the Future of Reason, W.W. Norton & Company,‎ 2004
  6. Sam Harris, « The Problem with Atheism », The Washington Post,‎ 28 septembre 2007
  7. Cicéron mentionne déjà dans une de ses lettres que « plus personne ne croit qu'Atlas porte réellement le monde sur ses épaules aujourd'hui ». Sénèque rappelle de son côté que « pour le philosophe, la religion est fausse, pour le peuple, elle est vraie, pour le dirigeant, elle est utile ».
  8. « Interview: Sam Harris »,‎ 2005
  9. « Reply to a Christian », Council for Secular Humanism
  10. a et b Dans The God Who Wasn't There, extended interviews, documentaire interview de Brian Flemming & Sam Harris, 2005, Beyond Belief Media
  11. a et b « The Politics of Ignorance », The Huffington Post
  12. (en) « Pew Research Center - Religion and Politics », Pew Research Center
  13. a, b et c (en) Sam Harris, « Bombing our illusions », HuffingtonPost.com,‎ 10 octobre 2005
  14. (en) Sam Harris, « Who Are the Moderate Muslims? », HuffingtonPost.com,‎ 16 février 2006

Bibliographie[modifier | modifier le code]