Louis Guilloux

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Louis Guilloux, né à Saint-Brieuc le 15 janvier 1899 et mort le 14 octobre 1980 dans la même ville, est un écrivain français.

Depuis 1983, un prix littéraire porte son nom.

Biographie[modifier | modifier le code]

Louis Guilloux naît à Saint-Brieuc en 1899, d'un père cordonnier et militant socialiste, comme Guilloux le raconte dans La Maison du peuple. Malgré quelques séjours à Paris et Angers, toute sa vie durant il reste attaché à sa ville natale, dans laquelle il situe l'action de plusieurs de ses romans.

Grâce à une bourse il entre au lycée Anatole Le Braz de Saint-Brieuc. Il s'y lie d'amitié avec le professeur de philosophie Georges Palante, dont il s'inspire pour composer le personnage de Cripure, pathétique héros du Sang Noir. Il découvre Romain Rolland, alors très lu par les jeunes, et Jules Valles dont il partagera la révolte. Durant la Première Guerre mondiale, en 1916, il est surveillant d'internat.
Il rencontre en 1917 le philosophe Jean Grenier, futur professeur d'Albert Camus. Après l'armistice, on lui confie un poste de répétiteur au Lycée Gerson[1].

En 1920, sa vocation d'écrivain prend naissance ; il commence à écrire des récits et des contes qui sont ensuite publiés dans des journaux (Le Peuple, Ce soir...). En 1922, il devient « lecteur d'anglais » et traducteur pour le journal L'Intransigeant. Plus tard, il devient le traducteur de l'écrivain Margaret Kennedy, mais également de l'auteur noir américain Claude McKay (Home to Harlem), de John Steinbeck pour Les Pâturages du ciel (1948), et avec Didier Robert, d'une partie de la série des Hornblower, romans de marine de C. S. Forester[2].

Signature de l'auteur.

Il épouse Renée Tricoire en 1924. Par l'intermédiaire d'André Chamson, il rencontre Daniel Halévy, directeur de la collection Les Cahiers verts chez Grasset, et d'autres écrivains dont Max Jacob, avec lequel il se lie d'amitié.

Son premier roman La Maison du peuple paraît chez Grasset en 1927.

Auteur engagé, il signe la pétition parue le 15 avril 1927 dans la revue Europe contre la loi sur l’organisation générale de la nation pour le temps de guerre qui abroge toute indépendance intellectuelle et toute liberté d’opinion. Son nom côtoie ceux d'Alain, Raymond Aron, Lucien Descaves, Henry Poulaille, Jules Romains, Séverine… En 1935, il participe au 1er congrès mondial des écrivains antifascistes, puis devient responsable pour les Côtes-du-Nord du Secours rouge, ancêtre du Secours populaire, qui vient en aide aux chômeurs et aux premiers réfugiés espagnols.

Son œuvre majeure Le Sang noir manque de peu le Prix Goncourt en 1935. Dans ce roman qui se déroule sur une journée, en 1917, certainement à Saint-Brieuc même si la ville n'est pas nommée, Guilloux caricature un singulier professeur de philosophie, Cripure, moqué par ses élèves et par les habitants de la ville. Même si le cadre est à l'écart du front, Le Sang noir se déroule dans le climat pesant de la Première Guerre mondiale, et Guilloux évoque une émeute de conscrits ainsi que les exécutions des mutins, notamment du Chemin des Dames.

Le roman est remarqué par André Gide, qui en 1936 invite Guilloux à l'accompagner dans son célèbre voyage en URSS. En février 1973, alors que Louis Guilloux est invité à diner chez Claude Roy, celui-ci lui demande pourquoi il n'a jamais rien écrit sur le voyage de 36 en URSS : « Je lui ai raconté tout au long en lui donnant les raisons que j'avais eues de me taire jusqu'à présent [...]. La conviction s'est faite en moi dès ce moment-là, et depuis lors elle demeure, que Gide n'est allé en Russie que pour y chercher l'autorité de dire ce qu'il savait qu'il dirait. Tout en bavardant avec Claude Roy je me suis souvenu de cette admirable soirée de pique-nique sous le grand chêne, avec Iachvili, Tabidze, Dabit et Schiffrin à une vingtaine de kilomètres de Tiflis, et des trois paysans qui achevaient leur repas dans le pré non loin de nous, et des toasts que nous échangions. Depuis lors, Iachvili et Tabidzé ont été « physiquement liquidés » par notre grand camarade Staline[3]. »

Durant la Seconde Guerre mondiale, sa maison de Saint-Brieuc au 13 rue Lavoisier est un lieu de rencontre de résistants, les miliciens viennent arrêter une résistante qu'il héberge. En 1942, il écrit Le Pain des rêves, qui reçoit le Prix du roman populiste. À la Libération il est interprète pour les tribunaux militaires américains (O.K., Joe). 1945 marque la naissance de son amitié avec Albert Camus qui préface une réédition de Compagnons.

Le colossal Le Jeu de patience remporte le prix Renaudot en 1949.

En 1972, il signe pour la télévision l'adaptation des Thibault de Roger Martin du Gard, et en 1973 celle de trois récits de Joseph Conrad, La Ligne d'ombre, La Folie Almayer et Freya des sept îles[4].

Après avoir encore publié un récit, Coco perdu, et les Carnets 1921-1944 (1978), il meurt le 14 octobre 1980 à Saint-Brieuc.

Ses amitiés[modifier | modifier le code]

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Louis Guilloux a été l'ami de nombreux écrivains, particulièrement d'Albert Camus, d'André Malraux, de Jean Guéhenno ou de Jean Grenier.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • La Maison du peuple, Grasset, 1927.
  • Dossier confidentiel, Grasset, 1930.
  • Compagnons, Grasset, 1931.
  • Souvenirs sur Georges Palante, O.L. Aubert Saint-Brieuc, 1931 ; réédition Calligrammes, 1980
  • Souvenirs sur Georges Palante, Préface Yannick Pelletier, Edition Diabase, 2014
  • Hyménée, Grasset, 1932.
  • Le Lecteur écrit, compilation de courriers de lecteurs du journal L'Intransigeant, 1933.
  • Angélina, Grasset, 1934.
  • Le Sang noir, Gallimard, 1935.
  • Histoire de brigands, récits, Editions sociales internationales, 1936.
  • Le Pain des rêves, Gallimard, 1942.
  • Le Jeu de patience, Gallimard, 1949.
  • Absent de Paris, Gallimard, 1952.
  • Parpagnacco ou la Conjuration, Gallimard, 1954.
  • Les Batailles perdues, Gallimard, 1960.
  • Cripure, pièce tirée du Sang noir, 1961.
  • La Confrontation, Gallimard, 1967.
  • La Bretagne que j'aime, Ma Bretagne, 1973.
  • Salido, suivi de OK Joe !, 1976, Gallimard[5].
  • Coco perdu, Gallimard, 1978.
  • Carnets 1921-1944, Gallimard, 1978

Œuvres posthumes[modifier | modifier le code]

  • Grand Bêta, conte, 1981.
  • Carnets 1944-1974, Gallimard, 1982.
  • L'Herbe d'oubli, mémoires, Gallimard, 1984.
  • Labyrinthe, Gallimard, 1999.
  • Vingt ans ma belle âge, Gallimard, 1999.

Correspondance[modifier | modifier le code]

  • Cahiers Louis Guilloux no 2 - Georges Palante et Louis Guilloux - L Amitié - La Fêlure, Folle Avoine, 2009 : lettres de Georges Palante à Louis Guilloux et autres textes
  • Louis Guilloux - Jean Guéhenno, Correspondance (1927-1967), La Part Commune, 2010.
  • Albert Camus - Louis Guilloux , Correspondance (1945-1959), Gallimard, 2013

Adaptations[modifier | modifier le code]

  • Compagnons. Réalisation par Jean-Paul Roux, adaptation par Louis Guilloux lui-même et Jean-Paul Roux. Ce téléfilm d'une durée de 1 h 12 a été diffusé à la télévision le 5 décembre 1967.
  • Le Pain des rêves. Réalisation par Jean-Paul Roux, adaptation par Louis Guilloux lui-même et Jean-Paul Roux. Ce téléfilm d'une durée de 1 h 31 a été diffusé à la télévision le 23 janvier 1974.
  • Le Sang noir de Louis Guilloux a été adapté en 2007 pour la télévision, mis en scène par Peter Kassovitz et produit par BFC production (Françoise Castro). Le rôle de Cripure est tenu par Rufus. Le film a été tourné en mars et avril 2006 à Lille et à Cambrai par l'équipe de France 3 Production Lille.

Prix Louis Guilloux[modifier | modifier le code]

Le Conseil général des Côtes-d'Armor a créé en 1983 le prix Louis Guilloux « pour perpétuer les valeurs littéraires et morales de l'écrivain breton. »[réf. nécessaire] Ce prix est décerné chaque année à une œuvre de langue française ayant une «  dimension humaine d'une pensée généreuse, refusant tout manichéisme, tout sacrifice de l'individu au profit d'abstractions idéologiques »[6].

Lieux[modifier | modifier le code]

Le nom de Louis Guilloux a notamment été donné à une place de la ville de Saint-Brieuc, à une rue de la ville de Rennes (Coordonnées :48° 06′ 36″ N 1° 41′ 57″ O / 48.11, -1.69917 ()), et de celle de Nantes.

Le nom de Louis Guilloux a notamment été donné à un lycée professionnel à Rennes.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Louis Guilloux (1930) Dossier confidentiel ; Grasset, 2 sept. 1987 - 252 pages, voir l'introduction
  2. Catalogue de la bibliothèque universitaire de Paris III.
  3. Louis Guilloux, D'une guerre l'autre – Romans, récits, Paris, Gallimard, coll. « Quarto », 2009, 1117 p. (ISBN 978-2-07-012241-7), p. 98.
  4. Louis Guilloux sur IMDB.
  5. Dans Carrefour, 29 juillet 1976, Pascal Pia écrit : « O.K. Joe ! raconte ce qu'a vu le narrateur lorsqu'en août 1944 il servait d'interprète auprès des officiers américains chargés d'instruire et de juger le procès des GI's, coupables d'avoir violé des paysannes dans une Bretagne qui n'était pas encore entièrement libérée, puisque des troupes allemandes tenaient toujours Lorient, Brest et Saint-Malo. Presque toujours ces forceurs de filles étaient des Noirs, que le tribunal condamnait à mort, et qui étaient bientôt pendus. Une fois pourtant, un Blanc eut à répondre d'un meurtre commis après boire. Ses juges l'acquittèrent, sans avoir estimé nécessaire de demander à l'interprète la traduction des témoignages. » in D'une guerre à l'autre, p. 99.
  6. Présentation du prix sur le site des Bibliothèques des Côtes d’Armor

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Confrontations, revue annuelle de l’association La Société des Amis de Louis Guilloux, « Louis Guilloux, un écrivain nourri de l’histoire de son siècle ».
  • Yves Loisel, Louis Guilloux, biographie, éditions Coop Breizh.
  • Élise Dirou, Le Saint Brieuc de Louis Guilloux, éditions de la Ville Close.
  • Yannick Pelletier, Thèmes et symboles dans l'œuvre romanesque de Louis Guilloux, Klincksieck-Presses Universitaires de Rennes 2, 1979.
  • Yannick Pelletier (directeur), Louis Guilloux, Plein Chant, 1982.
  • Jean-Louis Jacob, Louis Guilloux, colloque de Cerisy, Calligrammes, 1986.
  • Yannick Pelletier, Louis Guilloux, de Bretagne et du monde, mémoires d'un responsable, bibliothèque des Côtes-d'Armor, 1994.
  • Yannick Pelletier (directeur), Le Mal absolu (colloque Louis Guilloux et la guerre), Folle Avoine/ Ville de Saint-Brieuc, 1995.
  • Henri Godard (directeur), Louis Guilloux, Dix-neuf/Vingt, 1997.
  • Walter Redfern, Louis Guilloux, Ear-witness, Rodopi, Amsterdam, 1998.
  • Dossier Louis Guilloux, Europe, 1999.
  • Yannick Pelletier, Louis Guilloux, ministère des Affaires étrangères-ADPF, 1999.
  • Yannick Pelletier, Des Ténèbres à l'Espoir, An Here, 1999.
  • Henri Godard, Louis Guilloux, romancier de la condition humaine, Gallimard, 1999.
  • Yannick Pelletier, Louis Guilloux et la Bretagne, Blanc Silex, 2004.

Discographie[modifier | modifier le code]

  • Louis Guilloux, Le Sang noir, textes choisis par Louis Guilloux et Yannick Pelletier, lus par Louis Guilloux, éditions Coop-Breizh, Spézet.

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Roland Savidan et Florence Mahé, Louis Guilloux l'insoumis, Société des Amis de Louis Guilloux et R.S. productions, 70 minutes, 2009 ;  éd. Cinémathèque de Bretagne, 2010.

Vidéos[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]