Gaston Gallimard

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Gaston Gallimard (18 janvier 1881, Paris - 25 décembre 1975, Neuilly-sur-Seine) est un éditeur français, fondateur des éditions Gallimard qui occupent une place majeure dans la littérature française du XXe siècle. Il a mené également des entreprises extra-littéraires : administrateur de théâtre, patron de presse, producteur de cinéma et organisateur de concerts.

Parcours[modifier | modifier le code]

Son père, Paul Gallimard (1850-1929), est un rentier qui traduit les œuvres de John Keats pour Le Mercure de France et collectionne les livres rares, comme il le fait des tableaux impressionnistes. Il est ami avec Auguste Renoir. Il fréquente aussi les théâtres. Il a épousé Lucie Duché (1858-1942). Son grand-père est Gustave Gallimard (1821-1918), d'une famille originaire de Saint-Florentin en Bourgogne et sa grand-mère Henriette Chabrier (1829-1918), originaire d'Auvergne. Son arrière-grand-père, Sébastien Gallimard (1794-1873), avait épousé Eugénie Martineau (1799-1878), petite-fille de Louis-Simon Martineau, avocat, député de Paris aux États généraux et à la Constituante, rapporteur du comité sur la Constitution civile du clergé en 1790.

Gaston Gallimard étudie pendant sept ans au Lycée Condorcet, où il fait la connaissance de Roger Martin du Gard. Il arrête ses études après avoir obtenu son baccalauréat en 1898. À vingt ans, Gaston Gallimard est un dandy qui semble destiné à suivre les traces de son père. Il devient secrétaire de l’auteur dramatique Robert de Flers. Alors qu'il passe ses vacances d'été dans la villa familiale de Benerville-sur-Mer (Calvados), il rencontre Marcel Proust en 1907 ou 1908.

La Nouvelle Revue française[modifier | modifier le code]

En 1910, la Nouvelle Revue française crée un comptoir d’édition et engage Gallimard comme gérant. Celui-ci apporte avec André Gide et Jean Schlumberger le capital nécessaire.

Le 17 décembre 1912, à Paris, Gallimard épouse Yvonne Redelsperger.

En 1913, il est nommé administrateur du théâtre du Vieux-Colombier qui vient d’être créé. Il fait connaissance avec la comédienne Valentine Tessier, qui deviendra sa maîtresse.

En 1914, naît son fils, Claude.

Lors de la Première Guerre mondiale, Gallimard cherche par tous les moyens à se faire réformer. Il fait plusieurs séjours dans des sanatoriums. Ses activités d’éditeur tournent au ralenti. En 1917, il part pour New York pendant six mois, où il accompagne la troupe du Vieux-Colombier dans une tournée de propagande pour la culture française.

En 1918, après un second séjour aux États-Unis, il décide de créer une véritable entreprise clairement distincte de la NRF, la librairie Gallimard. Son frère Raymond jusqu'alors actionnaire, le rejoint pour se charger de la gestion.

Au début des années 1920, une campagne de presse contre l’influence croissante de la NRF est lancée. La riposte face à cette « croisade de longues figures » mobilise tout l’entregent de Gallimard.

En 1928, la création de ZED-publications vise à lancer des hebdomadaires (Détective, Voilà, Marianne…) et des revues (Revue du cinéma…) tout en protégeant la librairie Gallimard des éventuels échecs. L’hebdomadaire de faits divers Détective rencontre un très grand succès.

En 1930, Gallimard divorce et se remarie avec Jeanne-Léonie Dumont.

En 1933, il produit le film Madame Bovary de Jean Renoir, dont le rôle principal est tenu par Valentine Tessier. C’est un échec commercial.

Gallimard et l'Occupation[modifier | modifier le code]

Gallimard fuit la Seconde Guerre mondiale dans le sud de la France et ne revient à Paris qu’après l’Armistice de 1940. Il cède la direction de la NRF à Drieu La Rochelle, auteur fasciste militant, et accepte de s’autocensurer contre un contingent de papier. L’attitude de l’éditeur est ambiguë. Il accueille dans ses bureaux des réunions clandestines des Lettres françaises fondées par Paulhan tout en publiant des traductions de classiques allemands, comme Goethe, pour se concilier l’Occupant. Il refuse avec habileté le pamphlet de Lucien Rebatet Les Décombres mais n’hésite pas, dans sa proposition de rachat des Éditions Calmann-Lévy, à déclarer sa maison « aryenne à capitaux aryens ». La guerre est l’occasion d’une autre entreprise extra-littéraire : les « concerts de la Pléiade » que Gallimard organise à partir de 1943.

Après-guerre[modifier | modifier le code]

Le suicide de Drieu La Rochelle et le soutien sans faille d’écrivains résistants (Camus, Malraux…) permettent à Gallimard de protéger la librairie Gallimard de l’épuration qui suit la Libération. Chargée de tous les péchés, la NRF est interdite de publication. Gaston Gallimard rachète en 1946 à Jeanne Loviton 90 % des parts de son concurrent, les éditions Denoël, que la maîtresse de Robert Denoël venait d'hériter après l'assassinat (jamais complètement élucidé) de ce dernier en décembre 1945.

En 1960, Albert Camus et Michel, le fils de Raymond (frère de Gaston) et « fils spirituel » de Gaston, se tuent dans un accident de voiture.

Inauguration de la plaque de la rue Gaston-Gallimard, le 15 juin 2011

Gaston Gallimard, dont les forces déclinent, passe progressivement le pouvoir à son fils Claude. Il meurt en 1975. Grâce à l'action de son petit-fils, son nom a été donné en 2011 à une partie de l'ancienne rue Sébastien-Bottin : rue Gaston-Gallimard.

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Textes de Gaston Gallimard
  • Friedrich Hebbel, Judith, tragédie en cinq actes traduite de l'allemand par Gaston Gallimard & Pierre de Lanux. Paris, Éditions de la Nouvelle Revue française, 1911.
  • « Il a inventé des auteurs, un public », En souvenir de René Julliard, Paris, René Julliard, 1963, p. 50.
Correspondances

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre Assouline, Gaston Gallimard : Un demi-siècle d’édition française, Balland, 1984, Folio, 2006
  • Catalogue Gallimard. 1911-2011, 1711 p.
  • Gallimard. Un Siècle d'édition, Bibliothèque nationale de France / Gallimard, 2011.
  • Alban Cerisier, Gallimard. Un éditeur à l'œuvre, Gallimard, 2011, coll. « Découvertes » no 569.

Liens externes[modifier | modifier le code]