Isaac Bashevis Singer

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Singer.

Isaac Bashevis Singer

alt=Description de cette image, également commentée ci-après

Isaac Bashevis Singer lors du Miami Book Fair International, 1988

Nom de naissance Yitskhok-Hersh Zynger
Activités Écrivain
Naissance 21 novembre 1902
Leoncin, Drapeau du Royaume du Congrès Royaume du Congrès (Pologne)
Décès 24 juillet 1991 (à 88 ans)
Surfside, Floride, Drapeau des États-Unis États-Unis
Langue d'écriture Yiddish
Genres Nouvelles
Distinctions Prix Nobel de littérature (1978)
National Book Award (1974)

Œuvres principales

  • Yentl
  • Le Magicien de Lublin

Isaac Bashevis Singer (né Yitskhok-Hersh Zynger, en yiddish : יצחק באַשעװיס זינגער) est un écrivain juif polonais naturalisé américain, né à Leoncin dans le Royaume du Congrès (Pologne) le 21 novembre 1902[1] et décédé le 24 juillet 1991 à Miami en Floride.

Auteur de romans en yiddish, il a reçu le prix Louis Lamed à deux reprises puis le National Book Award en 1974 (ex æquo avec Thomas Pynchon) et le prix Nobel de littérature en 1978 « pour son art de conteur enthousiaste qui prend racine dans la culture et les traditions judéo-polonaises et ressuscite l'universalité de la condition humaine. »[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Yitskhok-Hersh Zynger naît d'un père rabbin hassidique et d'une mère elle-même fille de rabbin. À 4 ans, il déménage avec sa famille à Varsovie où il grandit et où son père devient à la fois leader spirituel et juge en prenant la présidence d'un beth din (tribunal rabbinique) que l'auteur définit plus tard, dans une nouvelle, comme « une sorte de tribunal qui serait à la fois prétoire, synagogue, salle d'étude et bureau de psychanalyste. »[3]. L'écrivain passe son adolescence à Varsovie ou dans la ville médiévale de Biłgoraj dans laquelle vit son grand-père[4]. Il poursuit des études dans une école rabbinique où lui est dispensée une éducation traditionnelle et religieuse. Il y apprend l'hébreu moderne et s'intéresse aux préceptes de la kabbale. Tout en étudiant la Torah, il découvre à 12 ans l'œuvre de Léon Tolstoï, Fiodor Dostoïevski, Guy de Maupassant et Gustave Flaubert dans une traduction yiddish qui le marque et l'influence durablement[3].

Sur l'exemple de son frère, l'écrivain Israel Joshua Singer, il abandonne le rabbinat pour se consacrer à la littérature et au journalisme[3]. Il débute sa carrière en 1925 en publiant, sous divers pseudonymes, des nouvelles dans des revues yiddish comme Literarische Bleter et en traduisant en yiddish des romans de Knut Hamsun ou encore La Montagne magique de Thomas Mann[3],[4]. Le pseudonyme d'« Isaac Bashevis Singer », qu'il finit par adopter comme seul nom de plume, lui permet de se distinguer de celui de son frère « Israel Joshua Singer »[4]. Son premier roman La Corne du bélier (Satan in Goray), tableau du judaïsme polonais au XVIIe siècle, paraît en 1932[4]. Si ses ouvrages de jeunesse ont été rédigés en hébreu, il fait vite le choix d'écrire en yiddish, sa langue maternelle. Le yiddish est essentiellement oral mais son travail d'écrivain, qui en fait un inventaire et en reprend les codes et les formules idiomatiques, le transforme en témoignage précieux et en document d'une grande richesse. Plus tard, il donne au quotidien yiddish Forward et à diverses revues des romans édités en feuilletons et rassemblés postérieurement en volumes dans leur traduction anglaise[4].

Afin de fuir l'antisémitisme grandissant à cette époque, il quitte la Pologne pour les États-Unis en 1935 avec son frère et devient citoyen américain en 1943. Durant sa carrière il publie dix-huit romans, quatorze livres pour enfants et plusieurs recueils de nouvelles. L'enthousiasme du public américain pour ses livres vient avec leur traduction anglaise dans les années 1950, entreprise par Saul Bellow. Son œuvre romanesque, extrêmement riche, puise sa matière dans la Pologne d'antan, l'histoire du peuple juif, le folklore ashkénaze, la mythologie hébraïque, l'exégèse biblique, les souvenirs d'enfance et, dans une moindre mesure, l'expérience américaine[4].

Son frère aîné meurt subitement en février 1944, à New York, d'une thrombose, et son frère cadet meurt dans la Russie soviétique, vers 1945, après avoir été déporté avec sa mère et son épouse dans le sud du Kazakhstan.

Isaac Bashevis Singer prolonge la tradition disparue des conteurs yiddishs[4]. Ses récits mêlent indistinctement monde quotidien et merveilleux[4]. L'auteur fait cohabiter la satire, dans l'observation des mœurs juives contemporaines, et le surnaturel à travers les fantômes, les démons et les esprits malins qui font de fréquentes apparitions dans ses fictions et jouent un rôle essentiel car ils permettent de ressusciter la culture hébraïque et d'imager les problèmes inhérents à la sexualité[4]. Nombre de ses livres évoquent dans un mélange d'humour, de grotesque, de noirceur et de fantaisie narrative et verbale, la vie des Juifs polonais avant la Seconde Guerre mondiale[4].

Singer étend ensuite sa réflexion littéraire sur la notion de spiritualité et d'identité, faisant de l'individu juif un être en proie aux doutes, déchiré entre le respect de ses traditions et la volonté d'assouvir ses passions dans une société où il cherche à s'imposer sans jamais trouver sa place[4]. Dans ses écrits tardifs, l'auteur outrepasse le cadre de sa communauté originelle pour évoquer les doutes et les névroses de l'homme dans le monde contemporain dont il rapproche la souffrance de celle des animaux. Dans les années 1970, Singer devient d'ailleurs un végétarien militant[5], et établit des liens entre le comportement humain envers le monde animal et celui des Nazis durant le second conflit mondial[6].

Isaac Bashevis Singer meurt en 1991 à Miami des suites d'un accident vasculaire cérébral.

En 1983, Barbra Streisand avait adapté au cinéma sa nouvelle Yentl.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Adaptations[modifier | modifier le code]

Films[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Bien souvent on peut lire que Singer est né le 14 juillet 1904, et parfois que c'était à Radzymin (lointaine banlieue de Varsovie). L'erreur sur son lieu de naissance repose sur le fait que ses parents ont émigré dans cette ville alors qu'il était très jeune. En ce qui concerne la date, le 14 juillet 1904, elle semble avoir été choisie par Singer lui-même, dans le but d'éviter la conscription (il aurait toutefois plusieurs fois admis sa véritable date de naissance, par exemple à son biographe officiel, Paul Kresh (voir Paul Kresh, Isaac Bashevis Singer, The Magician of West 86th Street, A Biography, The Dial Press, New York 1979, p. 390.)
  2. Traduit de l'anglais: « for his impassioned narrative art which, with roots in a Polish-Jewish cultural tradition, brings universal human conditions to life. » (source Site officiel de la Fondation Nobel in « Nobel prize Laureates in literature », partie consacrée à Isaac Bashevis Singer, 1978).
  3. a, b, c et d Isaac Bashevis Singer sur le site de l'encyclopædia Universalis, consulté le 23 juin 2014.
  4. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k Isaac Bashevis Singer sur le site de l'encyclopédie Larousse, consulté le 23 juin 2014.
  5. « Why is one born? Why does one suffer? In my case, the suffering of animals also makes me very sad. I'm a vegetarian, you know. », entretien avec Newsweek, 16 octobre 1978 après avoir gagné le prix Nobel.
  6. « As often as Herman had witnessed the slaughter of animals and fish, he always had the same thought: In their behavior toward creatures, all men were Nazis. The smugness with which man could do with other species as he pleased exemplified the most extreme racist theories, the principle that might is right. » dans son livre Enemies, A Love Story (ASIN: B0000DS8XZ) ( (ISBN 0-374-51522-0)).
  7. 'La nouvelle Yentl avait été éditée en yiddish dès 1962 aux États-Unis.