Mo Yan
Mo Yan
Mo Yan en 2008.
| Nom de naissance | Guan Moye |
|---|---|
| Activités | Romancier, nouvelliste, essayiste |
| Naissance | mars 1956 Gaomi, Shandong, Chine |
| Langue d'écriture | Mandarin |
| Mouvement | Quête des racines |
| Genres | roman, nouvelle |
| Distinctions | Prix Nobel de littérature (2012) |
Œuvres principales
Le Clan du sorgho
Mo Yan (chinois : 莫言 ; pinyin : ; littéralement : « celui qui ne parle pas »), de son vrai nom Guan Moye (管谟业/管謨業, ), est un écrivain chinois, né le 17 février 1955[réf. nécessaire] ou en mars 1956[1],[2],[3] à Gaomi dans la province du Shandong en Chine. Le 11 octobre 2012, il a reçu le prix Nobel de littérature.
Sommaire |
Biographie [modifier]
Guan Moye est né en 1955 au sein d'une famille paysanne du Shandong. De 1959 à 1961, sa famille connut la faim en raison du Grand Bond en avant.
En 1966, pendant la Révolution culturelle, il fut classé parmi les « mauvais éléments » et renvoyé de l'école[réf. nécessaire]. Sa famille vit dans une grande pauvreté durant cette période[4].
Il travaille en usine[4] avant d'intégrer en 1976 l’Armée populaire de libération, puis le Parti communiste en 1979[2].
Mo Yan est diplômé de l'Institut des arts et des lettres de l'Armée populaire de libération (zh) en 1986, puis de l'Université normale de Pékin[4], en 1991.
Son origine paysanne, à propos de laquelle Mo Yan évoque le rôle joué par les histoires racontées par sa grand-mère, et son éducation au sein de l'armée tranchent avec celles de nombreux autres écrivains, imprégnés de la lecture des grands romans classiques[2].
Ses parents lui ont appris, par prudence, à éviter de parler à l'extérieur. C'est la raison du choix de son pseudonyme, Mo Yan, « Celui qui ne parle pas »[5]. En 1981, il publie sa première nouvelle, Radis de cristal, et prend son nom de plume Mo Yan. Sa reconnaissance est immédiate, mais ce n’est qu’avec Le Clan du sorgho, qui est porté à l'écran sous le nom Le Sorgho rouge par Zhang Yimou en 1986, qu'il atteint sa notoriété actuelle.
Mo Yan démissionne de l'armée en 1999, où il travaillait jusque-là au département de la culture[2].
Le prix Nobel de littérature a été attribué en 2012 à Mo Yan, « qui avec un réalisme hallucinatoire unit conte, histoire et le contemporain » selon l'Académie suédoise[6],[7].
Œuvres [modifier]
Son œuvre se rattache au mouvement de la « Quête des racines[3] ». Elle évoque l'histoire de sa province natale, le Shandong, d'un point de vue historique, avec Le Clan du sorgho (1986), politique, avec La Mélopée de l'ail paradisiaque (1988), ou ethnologique. L'autobiographie y occupe une part importante. Sur le plan formel, son écriture réaliste ne dédaigne pas de faire appel à l'humour, comme avec Les Treize Pas (1989), ou au fantastique[2]. Sa prédilection pour les personnages marginaux, ses descriptions s'attachant aux détails l'ont fait comparer en Chine à William Faulkner[1].
Le Pays de l'alcool, écrit après les événements de 1989, a pour but la dénonciation de la corruption des hauts cadres. Beaux Seins, belles fesses (1995) est, comme Le Clan du sorgho, une saga familiale, qui a reçu le prix décerné par la revue Dajia en 1996, après avoir été censuré[8].
C'est un des écrivains les plus réputés en Chine et à l'étranger aujourd'hui. Son style se caractérise par son traitement très libre de thèmes comme le sexe, le pouvoir, la politique décrivant sans détours mais non sans humour les méandres psychiques et physiques de la Chine contemporaine. Son intelligence et son interprétation de la Chine contemporaine expliquent sans doute pourquoi il n'a jamais été encore censuré — à l'exception de certains passages lors des premières éditions de Beaux seins, belles fesses.
Critique [modifier]
L'écrivain chinois Ma Jian a déploré le manque de solidarité et d'engagement de Mo Yan vis-a-vis des autres écrivains et intellectuels chinois réprimés et/ou mis en détention en violation de la liberté d'expression reconnue par la Constitution[réf. nécessaire][9].
Liste des œuvres [modifier]
Quelque quatre-vingts romans, essais et nouvelles composent son œuvre.
- 1984 : Touming de hong luobo (透明的红萝卜/透明的紅蘿蔔, )
Le Radis de cristal, trad. Pascale Wei-Guinot et Wei Xiaoping, Paris, Philippe Picquier, 1993
- 1985 :
- Qiushui
Déluge (trad. dans le Radis de cristal)
- Ku he
La Rivière tarie, trad. Gao Changhui et Danielle Turc-Crisa dans La Remontée vers le jour. Nouvelles de Chine (1978-1988), Alinéa, 1988
- Qiushui
- 1986 :
- Zhulu
Le Chantier, trad. Chantal Chen-Andro, Scanéditions, 1993, Le Seuil, 2007
- Honggaoliang jiazu, (红高粱家族/紅高粱家族, )
Le Clan du sorgho, trad. Pascale Guinot et Sylvie Gentil, Arles, Actes Sud, 1993
- Zuiguo
La Faute, trad. Chantal Chen-Andro, dans Anthologie de nouvelles chinoises contemporaines, Gallimard, 1994
- Zhulu
- 1988 :
- Tiantang suantai zhige
La Mélopée de l'ail paradisiaque, traduction de Chantal Chen-Andro, Paris, Messidor, 1990, Le Seuil, 2005
- Yangmao zhuanyehu (chinois 養貓專業戶)
- Tiantang suantai zhige
- 1989 : Shisan bu (十三步, )
Les Treize Pas, traduction de Sylvie Gentil, Paris, Le Seuil, 1995
- 1993 : Jiu Guo (酒国/酒國, )
Le Pays de l'alcool, traduction de Noël et Liliane Dutrait, Paris, Le Seuil, 2000. Prix Laure Bataillon 2000 de la meilleure œuvre de fiction traduite en français
- 1995 : Fengru Feitun (丰乳肥臀, )
Beaux seins, belles fesses, traduction de Noël et Liliane Dutrait, Paris, Le Seuil, 2004
- 2003 : Sishiyi pao (四十一炮, )
Quarante et un coups de canon (zh), traduction de Noël et Liliane Dutrait, Paris, Le Seuil, 2008
- 2009 : Wa (蛙, ), Éditions d'art et de littérature de Shanghai (zh). Prix Mao Dun (en) 2011.
Grenouilles (zh), traduction Chantal Chen-Andro, Paris, Le Seuil, 2011
Autres œuvres :
- Le Clan herbivore (食草家族, shí cǎo jiāzú)(non traduit)
- La Forêt rouge (shí cǎo jiāzú红树林 Hong shulin)(non traduit)
- Le Supplice du santal (檀香刑, ), 2001, traduction de Chantal Chen-Andro, Paris, Le Seuil, 2006.
- Explosion, traduction de Camille Loivier, Éditions Caractères, 2004.
- La Carte au Trésor, (藏宝图 Cangbao tu), traduction d'Antoine Ferragne, Paris, Philippe Picquier, 2004.
- Enfant de fer, traduction de Chantal Chen-Andro, Paris, Le Seuil, 2004.
- Le maître a de plus en plus d'humour, traduction de Noël Dutrait, Paris, Le Seuil, 2006.
- La Joie (huānlè/歡樂), traduction de Marie Laureillard, Paris, Philippe Picquier, 2007.
- La Dure Loi du karma (en), (生死疲劳/生死疲勞, ), traduction de Chantal Chen-Andro, Paris, Le Seuil, 2009.
- La Belle à dos d’âne dans l’avenue de Chang’a, traduction de Marie Laureillard, Paris, Philippe Picquier, 2011.
- Le Veau suivi de Le Coureur de fond, traduction de François Sastourné, Paris, Le Seuil, 2012.
- Au pays des conteurs. Discours du Prix Nobel de littérature 2012, traduction de Chantal Chen-Andro, Paris, Le Seuil, 2013.
- Le Grand Chambard, traduction de Chantal Chen-Andro, Paris, Le Seuil, 2013.
Distinctions [modifier]
- 1996 : Prix Dajia pour Beaux seins, belles fesses
- 2000 : Prix Laure Bataillon de la meilleure œuvre de fiction traduite en français pour Le Pays de l'alcool
- 2005
- Prix international Nonino (en)
- Docteur ès lettres honoris causa, Open University of Hong Kong (en)[10]
- 2006 : Grand Prix de la culture asiatique de Fukuoka
- 2009 : Prix Newman pour la littérature chinoise (en)[11]
- 2011
- Prix Mao Dun pour Grenouilles
- Prix Manhae de littérature
- 2012 : Prix Nobel de littérature
Adaptations au cinéma [modifier]
- 1987 : Le Sorgho rouge, de Zhang Yimou.
- 2000 : Happy Times, de Zhang Yimou.
- 2003 : Nuan (en), de Huo Jianqi (en)
Notes [modifier]
Références [modifier]
- André Lévy (dir.), Dictionnaire de la littérature chinoise, Presses universitaires de France, coll. « Quadrige », 1994, rééd. 2000, p. 223.
- Noël Dutrait, Petit Précis à l'usage de l'amateur de littérature chinoise contemporaine, Philippe Picquier, 2002, p. 58-59.
- Yinde Zhang, Histoire de la littérature chinoise, Ellipses, 2004, p. 92.
- Christopher Clair, « IWP participant wins Nobel Prize for Literature », The University of Iowa, 11 octobre 2012.
- Martine Bulard, « Mo Yan, un Prix Nobel aux deux visages », Planète Asie, les Blogs du Diplo, 12 octobre 2012
- Communiqué de presse, Svenska Akademien, 11 octobre 2012.
- Discours de réception, trad. Chantal Chen-Andro, Svenska Akademien, 7 décembre 2012.
- Noël Dutrait, Petit Précis à l'usage de l'amateur de littérature chinoise contemporaine, Philippe Picquier, 2002, p. 60-61.
- Chine: accusé d'être trop proche du Parti communiste, le Nobel Mo Yan se défendLe Point Culture, 12 octobre 2012
- « OUHK Hails 2012 Nobel Prize Winner Mo Yan », Open University of Hong Kong
- Mo Yan Wins Newman Prize for Chinese Literature, Université de l'Oklahoma.
Voir aussi [modifier]
- Notices d’autorité : Système universitaire de documentation • Bibliothèque nationale de France • Fichier d’autorité international virtuel • Bibliothèque du Congrès • Gemeinsame Normdatei • WorldCat
Documents [modifier]
- Entretiens
- « Le Pays de l'alcool de Mo Yan », entretien avec l'auteur, Perspectives chinoises, 2000, vol. 58, no 58. [lire en ligne]
- (en) « The Real Mo Yan », Humanities, vol. 32, no 1, 2011. [lire en ligne]
- Lecture, séminaire
- [audio] (zh) Lecture de Mo Yan , Iowa City, Iowa, 13 septembre 2004, sur le site de l'université de l'Iowa (traduction simultanée en anglais).
- [vidéo] (zh) « Chinese Literature as World Literature: Writer, Translator and Critics », by Dr Mo Yan and Professor Howard Goldblatt, Open University of Hong Kong, 2005.
- [vidéo] Howard Goldblatt, English translator, discusses Mo Yan, the Nobel Prize, and controversy surrounding the prize
- Documentaire