Combat (journal)

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Combat
Pays Drapeau de la France France
Langue Français
Périodicité quotidien
Genre Presse nationale
Date de fondation décembre 1941
Date du dernier numéro août 1974
Ville d’édition Paris

Combat, sous-titré Le Journal de Paris, est un journal quotidien français clandestin né pendant la Seconde Guerre mondiale comme organe de presse du mouvement de résistant Combat. Il a été publié de 1941 à 1974 et une grande partie de sa rédaction, à la cessation de parution, fut à l'origine deux mois plus tard de la création du Quotidien de Paris.

Historique[modifier | modifier le code]

Fondation durant la Résistance[modifier | modifier le code]

En zone interdite (Nord et le Pas-de-Calais), paraît Les Petites Ailes qui devient, en zone occupée et en zone libre : Les Petites Ailes de France. En août 1941, le titre change dans les deux zones : au Nord, Résistance ; au Sud, Vérités. Le groupe Nord est détruit. En zone Sud, lors de la fusion du Mouvement de libération nationale (MLN) avec le groupe « Liberté », Vérités devient un nouveau journal, commun aux trois zones, dont le titre donne au MLN un nouveau nom, Combat[réf. souhaitée] qui paraît pour son premier numéro en décembre 1941 (15 exemplaires) sous l'impulsion de Bertie Albrecht et d'Henri Frenay[1]. La fabrication de Combat était dirigée par André Bollier.

Après la Libération, Combat est animé par Albert Ollivier, Jean Bloch-Michel, Georges Altschuler et surtout Pascal Pia qui y entraîne son ami Albert Camus en automne 1943[2]. Y contribuèrent également Jean-Paul Sartre, André Malraux, Paul Gordeaux, Emmanuel Mounier puis Raymond Aron et Pierre Herbart. Le journal, né dans la Résistance, bénéficiant de signatures prestigieuses, demeure une référence très forte après la guerre.

Après-guerre[modifier | modifier le code]

En août 1944, Combat prend les locaux de l'Intransigeant situés 100, rue Réaumur. Un an après sa naissance, il ne peut prétendre rivaliser avec les grands quotidiens et son tirage commence déjà à s'effriter, passant de 185 000 exemplaires en janvier 1945 à 150 000 en août de la même année. Au cours de l'année 1946, la publication, qui s'oppose au jeu des partis comme vecteurs de la reconstruction de la France, se rapproche du général de Gaulle sans pour autant devenir la voix officielle de son mouvement.

En 1947, l'équipe formée par Pia et Camus se disperse. Le journal est repris par le journaliste Claude Bourdet et l'homme d’affaires franco-tunisien, Henri Smadja. Fidèle à ses origines, la ligne éditoriale du journal cherchera à être le lieu d'expression de ceux qui persistent à croire qu'on peut créer en France un mouvement populaire de gauche non communiste. En juillet 1948, Victor Fay, un militant marxiste, prend la direction de Combat, mais n'empêche pas l'information de perdre de l'importance au profit de sujets populaires.

En 1950, Claude Bourdet, s'opposant à Smadja et au soutien gaulliste, quitte le journal.

Guerre d'Algérie[modifier | modifier le code]

En 1960, Henri Smadja nomme rédacteur en chef le jeune Philippe Tesson. Celui-ci saura s'entourer de plumes très diverses de gauche comme de droite. Cette diversité de prises de position n'est pas sans se manifester durant la guerre d'Algérie, pendant laquelle la pluralité des prises de positions s'exprime au grand jour. Le journal se fait l'écho de voix tant opposées au colonialisme qu'à la rébellion FLN, les articles de Pierre Boutang s'opposent à ceux de Maurice Clavel. Enfin, observant l'évolution de la politique gouvernementale, le journal, par la plume de Raoul Girardet, condamne la politique d'« abandon » et exprime un profond anti-gaullisme. Durant toutes ces années, Combat s'illustre par sa connaissance précise du conflit, son refus d'une Algérie indépendante musulmane ou communiste[3].

Lors des événements de Mai 1968, Combat se distingue à travers des plumes comme celle de Jacques-Arnaud Penent, Marc Valle ou Maurice Clavel et la diffusion augmente fortement. En dépit de ce dernier sursaut, au début des années 1970, le journal périclite, le manque d'argent est pressant. Philippe Tesson, qui a fondé entre temps le Quotidien du médecin, propose de s'associer et de modifier en profondeur le quotidien. Henri Smadja refuse[4]. Début 1974, Tesson quitte le journal entraînant l'équipe rédactionnelle et, en mars 1974, crée Le Quotidien de Paris, titre faisant allusion au sous-titre de Combat, pour lui succéder[5].

Le dernier dessinateur des unes de Combat fut Michel Vergez, qui continua ensuite sa démarche d'illustration puis de création artistique à part entière.

Le 14 juillet 1974, Smadja disparaît et Combat cesse définitivement de paraître un mois plus tard.

Journalistes de Combat[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Combat no 1 de décembre 1941.
  2. Sylvie Courtine-Denamy, Le souci du monde. Dialogue entre Hannah Arendt et quelques-uns de ses contemporains, Vrin,‎ 1999, p. 81
  3. «Combat» et la guerre d'Algérie Anne-Marie Duranton-Crabol, Vingtième Siècle. Revue d'histoire, année 1993, volume 40, numéro 40, pp. 86-96
  4. « Philippe Tesson, gourmet de la vie », Jean-Claude Raspiengeas, La Croix, 21 octobre 2011
  5. « Philippe Tesson, le verbe fait homme », Jacques Nerson, Valeurs actuelles, 10 décembre 2009

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Yves-Marie Ajchenbaum, À la vie, à la mort. Histoire du journal « Combat », 1941-1974, Paris, Le Monde éditions, 1994, (ISBN 2-878-99092-7).

Lien externe[modifier | modifier le code]

  • Numéros de Combat accessibles dans Gallica, la bibliothèque numérique de la BnF.