Boris Pasternak

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Boris Pasternak

Description de l'image  Boris Pasternak cropped.jpg.
Nom de naissance Boris Leonidovitch Pasternak
Activités Poète, romancier, traducteur
Naissance
Moscou, Empire russe
Décès (à 70 ans)
Peredelkino, URSS
Langue d'écriture russe
Distinctions Prix Nobel de littérature (1958)

Œuvres principales

Le Docteur Jivago

Boris Leonidovitch Pasternak (en russe : Борис Леонидович Пастернак), né le à Moscou et mort le à Peredelkino (en), près de Moscou, est un poète et romancier russe, lauréat du prix Nobel de littérature en 1958.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Issu d'une famille juive qui se croyait d'origine espagnole et prétendait descendre d'Isaac Abravanel[1], fils aîné du peintre Leonid Pasternak et de Rosalie Isidorovna Kaufman, une jeune pianiste concertiste renommée d'Odessa[2], Boris naît le à Moscou[3]. Installée à Moscou, la famille passe généralement l'été à Odessa. Leonid est très lié avec le peintre Isaac Levitan, mais aussi Mikhaïl Nesterov, Sergueï Ivanov, Vassili Polenov, Nikolaï Gay, Valentin Serov, et d'autres représentants du mouvement des Ambulants. La famille Pasternak s'agrandit : un second fils, Alexandre, en février 1893, une fille, Josefina-Ioanna, en février 1900 et une seconde, Lydia, en 1902.

En 1894, Leonid obtient le poste d'enseignant à l'École de peinture et de sculpture de Moscou, sur proposition du prince Lvov, et sous la condition expresse posée par Leonid que, bien que juif non pratiquant, il n'aurait pas à se convertir au christianisme orthodoxe pour être admis[4]. Le [5], Rosalie donne un concert de musique de chambre dans la maison familiale, concert auquel assistent Léon Tolstoï et deux de ses filles[6]. Leonid discute avec Tolstoï d'une série de tableaux inspirés de Guerre et Paix. Apparemment pour raison familiale, Rosalie interrompt sa carrière musicale quelques mois plus tard.

En juillet 1900, à Koursk, la famille Pasternak partant pour Odessa rencontre le jeune poète allemand Rainer Maria Rilke et son égérie Lou Andreas-Salomé, qui se rendent à Iasnaïa Poliana pour rencontrer Léon Tolstoï[7].

Jeunesse[modifier | modifier le code]

En automne 1900, Boris commença le gymnase. Mais bien qu'ayant brillamment réussi l'examen d'entrée, et malgré le soutien du maire de Moscou, il ne fut pas admis avant la deuxième année en raison du strict numerus clausus qui limitait le nombre d'élèves juifs à 10 pour 345[8].

Le , son père se propose de peindre un nocturne : des chevaux lancés à vive allure dans le crépuscule. Boris obtient de pouvoir participer comme modèle. Mais son cheval s'emballe et il fait une lourde chute dans un ruisseau. Il en réchappe miraculeusement, mais l'accident lui brise un fémur. La fracture se ressoude mal et le laisse avec une jambe légèrement plus courte que l'autre, que Pasternak compensera par une démarche particulière[9].

La famille Pasternak fait la connaissance du compositeur Alexandre Scriabine, qui occupe une datcha voisine. En automne de la même année, Boris commence des études musicales avec Iouli Engel et Reinhold Glière[10]. À Noël 1904, premier séjour à Saint-Pétersbourg.

En octobre 1905, Boris Pasternak se fait prendre dans une manifestions étudiante[11] et en sort passablement malmené par les forces de sécurité. En décembre 1905, la famille Pasternak s'installe à Berlin. Elle y reste jusqu'au 11 août 1906. Boris découvre la musique de Richard Wagner[12]. La famille passe l'été sur l'île allemande de Rügen.

En main 1908, Boris Pasternak réussit brillamment son baccalauréat et s'inscrit à la faculté de droit de l'université de Moscou. En raison de ses résultats, il est dispensé d'examen d'entrée. On ne fait pas non plus opposition à la poursuite simultanée de ses études musicales. Il abandonne cependant la musique en 1909, malgré les encouragements de Scriabine, sous prétexte qu'il n'a pas l'oreille absolue.

Puis il étudie la philosophie en Allemagne auprès de Paul Natorp, où il réside une année avec sa famille. Revenu à Moscou en 1914, il y tisse des liens avec le groupe futuriste local. Il publie cette même année son premier recueil de poésie Un jumeau dans les nuages, sans grand écho auprès du public.

Son second recueil, Par-dessus les barrières (1917) connaît le même sort. Dans ses deux œuvres de jeunesse teintées par les mouvements d'avant-garde, Pasternak cherche encore sa voie, on y décèle déjà le talent « musical » du poète qui l'éloigne du symbolisme pour le rapprocher du futurisme. Pasternak s'affirme avec son recueil suivant, Ma sœur la vie (1917) qui circule sous forme de manuscrit jusqu'en 1922 avant d'être publié cette année-là.

Pendant la Première Guerre mondiale, il enseigne et travaille dans une usine chimique dans l'Oural; ce qui lui donne de la matière pour sa célèbre saga, Le Docteur Jivago, plusieurs années plus tard. Il tombe en disgrâce auprès des autorités soviétiques pendant les années 1930 ; accusé de subjectivisme — ses livres parlent du passé et non du présent, son style est poétique et non socialiste — il parvient néanmoins à ne pas être envoyé au Goulag. En plus de sa famille, il entretient à partir de 1947 une relation amoureuse passionnée avec Olga Ivinskaïa qui lui inspire le personnage de Lara dans Le Docteur Jivago.

Il reçoit la visite de la poétesse uruguayenne Susana Soca, directrice des Cahiers de la Licorne, qui récupère des textes de l'auteur et les traduit en espagnol pour leur première publication mondiale : Seconde naissance et Essai d'autobiographie. Elle meurt dans un accident d'avion et la correspondance Pasternak - Soca disparaît.

Le prix Nobel[modifier | modifier le code]

La publication en 1957 en Italie aux Éditions Feltrinelli du Docteur Jivago, digne héritier de la tradition classique du roman russe, motive la décision de l'Académie suédoise qui accorde le prix Nobel à Pasternak le . Cela déclenche la colère des autorités soviétiques, considérant l'auteur comme un « agent de l'Occident capitaliste, anti-communiste et anti-patriotique », lequel est forcé de décliner la récompense, s'épargnant à lui ainsi qu'à ses proches de lourdes sanctions - de son vivant. Il meurt deux ans plus tard des suites d'un cancer. Sur son lit de mort, il aurait dit à sa femme : « La vie a été belle, très belle, mais il faut aussi mourir un jour. J'ai aimé la vie et toi[13] ».

Après sa mort, Olga Ivinskaïa et sa fille Irina Emelianova sont arrêtées, entre autres, pour trafic de devises : le pouvoir décide de se venger[14].

Le Docteur Jivago ne paraît en Union soviétique qu'en 1985, à la faveur de la perestroïka.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Enveloppe postale commémorative.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dmitri Bykov Boris Pasternak, 2006, p. 18
  2. Dmitri Bykov 2006, p. 20
  3. Hasard du calendrier, cette date est aussi celle du jour anniversaire de la mort d'Alexandre Pouchkine.
  4. Dmitri Bykov 2006, p. 21
  5. Dmitri Bykov rapporte la même anecdote et précise que Boris Pasternak faisait remonter à cette date précise sa « mémoire continue. »
  6. Michel Aucouturier 1990, p. XLI
  7. Michel Aucouturier 1990, p. XLII
  8. Dmitri Bykov 2006, p. 23
  9. Dmitri Bykov 2006, p. 27
  10. Michel Aucouturier 1990, p. XLII
  11. Il s'agit des obsèques de l'étudiant Nikolaï Bauman, dont le nom sera donnée par la suite à l'Université technique d'État de Moscou-Bauman.
  12. Dmitri Bykov 2006, p. 35
  13. Extrait de Le Fantôme de Staline de Vladimir Fédorovski.
  14. Voir l'ouvrage de cette dernière, Légendes de la rue Potapov, paru chez Fayard.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • André du Bouchet, Le Second Silence de Boris Pasternak, Rennes, La rivière échappée, 2009 (réédition d'un article de 1959 paru dans la revue Critique).
  • Dmitri Bykov (trad. Hélène Henry), Boris Pasternak [« Борис Пастернак »], Paris, Fayard,‎ 2011 (1re éd. 2006), 912 p. (ISBN 978-2-213-63236-0) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Boris Pasternak (trad. Michel Aucouturier, préf. Michel Aucouturier), Œuvres, Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade » (no 363),‎ 30 janvier 1990 (1re éd. 1990), 1890 p. (ISBN 2-07-011179-2) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (ru)-(fr) Boris Pasternak, Poèmes (choisis par son fils, Evguéni Pasternak). Éd. Vie Ouvrière, Bruxelles, 1989 (ISBN 2-87003-229-3)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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