Boris Pasternak
Boris Pasternak
Борис Пастернак
| Nom de naissance | Boris Leonidovitch Pasternak |
|---|---|
| Activités | Poète, romancier |
| Naissance | 10 février 1890 Moscou |
| Décès | 30 mai 1960 (à 70 ans) Peredelkino |
| Langue d'écriture | russe |
| Distinctions | Prix Nobel de littérature (1958) |
Boris Leonidovitch Pasternak (en russe : Борис Леонидович Пастернак ; né le 29 janvierjul./ 10 février 1890greg. à Moscou et mort le 30 mai 1960 à Peredelkino (en), près de Moscou) est un poète et romancier russe.
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Biographie [modifier]
Né dans une famille juive, fils du peintre Leonid Pasternak et d'une pianiste, née Rosalie Kaufmann, il passe sa jeunesse dans une atmosphère cosmopolite. Puis il étudie la philosophie en Allemagne auprès de Paul Natorp, où il réside une année avec sa famille. Revenu à Moscou en 1914, il y tisse des liens avec le groupe futuriste local. Il publie cette même année son premier recueil de poésie Un jumeau dans les nuages, sans grand écho auprès du public.
Son second recueil, Par-dessus les barrières (1917) connaît le même sort. Dans ses deux œuvres de jeunesse teintées par les mouvements d'avant-garde, Pasternak cherche encore sa voie, on y décèle déjà le talent « musical » du poète qui l'éloigne du symbolisme pour le rapprocher du futurisme. Pasternak s'affirme avec son recueil suivant, Ma sœur la vie (1917) qui circule sous forme de manuscrit jusqu'en 1922 avant d'être publié cette année-là.
Pendant la Première Guerre mondiale, il enseigne et travaille dans une usine chimique dans l'Oural; ce qui lui donne de la matière pour sa célèbre saga Docteur Jivago plusieurs années plus tard. Il tombe en disgrâce auprès des autorités soviétiques pendant les années 1930 ; accusé de subjectivisme — ses livres parlent du passé et non du présent, son style est poétique et non socialiste — il parvient néanmoins à ne pas être envoyé dans un goulag. En plus de sa famille, il a à partir de 1947 une relation amoureuse passionnée avec Olga Ivinskaïa qui lui inspire le personnage de Lara dans Le Docteur Jivago.
Il reçoit la visite de la poétesse uruguayenne Susana Soca, directrice des Cahiers de la Licorne, qui récupère des textes de l'auteur et les traduit en espagnol pour leur première publication mondiale : Seconde naissance et Essai d'autobiographie. Elle meurt dans un accident d'avion et la correspondance Pasternak - Soca disparaît.
La publication en 1957 du Docteur Jivago, digne héritier de la tradition classique du roman russe, motive la décision de l'Académie suédoise qui accorde le prix Nobel à Pasternak le 23 octobre 1958. Cela déclenche la colère des autorités soviétiques, considérant l'auteur comme un « agent de l'Occident capitaliste, anti-communiste et anti-patriotique », lequel est forcé de décliner la récompense, s'épargnant à lui ainsi qu'à ses proches de lourdes sanctions - de son vivant. Il meurt deux ans plus tard des suites d'un cancer. Sur son lit de mort, il aurait dit à sa femme : « La vie a été belle, très belle, mais il faut aussi mourir un jour. J'ai aimé la vie et toi[1] ».
Après sa mort, Olga Ivinskaïa et sa fille Irina Emelianova sont arrêtées, entre autres, pour trafic de devises : le pouvoir décide de se venger[2].
Docteur Jivago ne paraît en Union soviétique qu'en 1985, à la faveur de la perestroïka.
Œuvres [modifier]
- Un jumeau dans les nuages (1914)
- Par-dessus les barrières (1917)
- Ma sœur la vie (1917)
- L'an 1905 (1927)
- Le Lieutenant Schmidt (1927)
- Sauf-conduit (1931)
- Seconde naissance (1932)
- Le Docteur Jivago (1957)
- Essai d'autobiographie (1958)
Anthologie bilingue russe - français [modifier]
- Boris Pasternak, Poèmes (choisis par son fils Evguéni Pasternak). Éd. Vie Ouvrière, Bruxelles, 1989 (ISBN 2-87003-229-3)
Bibliographie [modifier]
- Notices d’autorité : Système universitaire de documentation • Bibliothèque nationale de France • Fichier d’autorité international virtuel • Bibliothèque du Congrès • Gemeinsame Normdatei • WorldCat
- André du Bouchet, Le second silence de Boris Pasternak, Rennes, La rivière échappée, 2009 (réédition d'un article de 1959 paru dans la revue Critique).
Notes et références [modifier]
- Extrait de Le Fantôme de Staline de Vladimir Fédorovski.
- Voir l'ouvrage de cette dernière, Légendes de la rue Potapov, paru chez Fayard.