Grazia Deledda

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Grazia Deledda

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Grazia Deledda en 1926.

Activités Écrivain
Naissance 27 septembre 1871
Nuoro, Sardaigne, Drapeau de l'Italie Italie
Décès 15 août 1936 (à 64 ans)
Rome, Drapeau de l'Italie Italie
Langue d'écriture italien
Genres Roman, nouvelle, poésie, théâtre

Grazia Deledda, née le 27 septembre 1871 à Nuoro (en sarde, Nugoro), Italie, et morte à Rome le 15 août 1936, est une femme de lettres italienne de la fin du XIXe et du début du XXe siècle.

Biographie[modifier | modifier le code]

Grazia Deledda en compagnie de son mari et son fils, à Rome, vers 1905.

Avec Giuseppe Brotzu, Antonio Gramsci et Emilio Lussu, Grazia Deledda compte parmi les Sardes les plus importants du XXe siècle.

Née dans un famille de la classe moyenne, elle n'a pas terminé la période de scolarisation primaire. Ses parents demandent alors à un ami de parachever son éducation par des leçons dispensées à la maison. La jeune fille est toutefois autodidacte dans son apprentissage de l'écriture littéraire.

Dans ses œuvres, qui pour la plupart se déroulent dans la partie la plus profonde de la Sardaigne (la Barbagia), elle offre la description d'un monde agropastoral gouverné par une loi antique et non écrite appelée balentia. Dans cet univers rigide et pétri de traditions, ses nouvelles parviennent à esquisser avec finesse les émois, les violences et les inquiétudes de l'âme humaine, notamment dans le recueil Les Tentations (Le Tentazioni, 1899).

Plusieurs des romans de Deledda atteignent également la force d'évocation qui fait le propre de son art, notamment Elia Portolu (1903) et surtout Des roseaux sous le vent (Cane al vento, 1913) où la vie des hommes est comparée à des roseaux qui se plient au vent sans être brisés.

L'opposition entre la ville et le milieu rural est un thème récurrent de son œuvre. Par exemple, Dans le désert est le récit de Rosalia Asquer, une jeune Sarde venue s'installer chez son oncle à Rome. Ses parents et ses connaissances restées au village ne tardent pas à s'inquiéter de la vie qu'elle mène dans la grande ville, où tout leur paraît terriblement onéreux et immoral. Or la jeune femme espère réaliser tant de ses aspirations que Rome ne suffit pas à combler sa soif de liberté.

Certains romans s'attachent d'ailleurs aux regrets de ceux qui n'ont pas saisi au vol la chance de s'évader de leur monde étroit. Dans Le Pays sous le vent (Il Paese del vento, 1931), une innocente jeune fille, ignorante de ce qu'est l'amour, est présentée chez ses parents à Gabriele, un fils de bonne famille charmeur et excentrique. Cette brève rencontre, où se noue un lien chaste et secret, hante la jeune fille encore longtemps après le départ de Gabriele. Des années plus tard, elle se marie et, pendant son voyage de noces, croise Gabriele, malade, qui réveille en elle ses anciens désirs qu'elle oppose à la médiocrité de sa présente situation.

L'œuvre de Deledda traite donc des thèmes forts de l'amour, de la douleur et de la mort, qui nourrissent les sentiments du péché et de la fatalité. S'y retrouvent en filigrane les influences du vérisme de Giovanni Verga, et aussi du « décadentisme » de Gabriele D'Annunzio.

Fidèle à son personnage, Grazia Deledda reçoit le Prix Nobel de littérature en 1926 sans un sourire.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Roman, nouvelles, poésie[modifier | modifier le code]

  • Nell'azzurro!..., 1890
  • Stella d'oriente (Ilia di Saint-Ismael), 1890
  • Fior di Sardegna, 1891
  • Racconti sardi, 1894
  • Tradizioni popolari di Nuoro in Sardegna, 1894
  • Anime oneste. Romanzo famigliare, 1895
    Publié en français sous le titre Âmes honnêtes. roman familial, traduit par Fanny Rivière, Lyon, A. Effantin, 1899
  • La via del male, 1896
  • L'ospite, 1897
  • Paesaggi sardi, 1897
  • Il tesoro, 1897
  • Le tentazioni, 1899 (recueil de neuf nouvelles)
    Publié en français sous le titre Les Tentations, traduit par E. Albertini et Édouard Maynial, Paris, Mercure de France, 1905 ; réédition, Paris, Presses du compagnonnage / Éditions Rombaldi, collection Prix Nobel de littérature, 1962 ; réédition, Toulouse, Éditions Ombres, 1989 ; réédition, Toulouse, Éditions Ombres, « Petite bibliothèque Ombres » no 155, 2006
  • La giustizia, 1899
    Publié en français sous le titre La Justice des hommes, traduit par Félicie Roussille, Paris, Mignot, « In Extenso » no 24, s.d. ; réédition, Paris, Éditions La Renaissance du livre, s.d.
  • Giaffah. Racconto, 1900
  • Il vecchio della montagna, 1900
  • La regina delle tenebre, 1902
  • Dopo il divorzio, 1902
  • Elias Portolu, 1903
    Publié en français sous le titre Elias Portolu, traduit par Georges Hérelle, Paris, Calmann-Lévy, 1903 ; réédition, Paris, Nelson, 1928 ; réédition sous le même titre, et précédé de La Madre, dans une traduction nouvelle de Madeleine Santschi, Paris, Stock, « Nouveau cabinet cosmopolite », 1981 ; réédition sous le même titre dans une nouvelle traduction de Léa Fazerr, Paris, Éditions Autrement, 1997
  • Cenere, 1904
    Publié en français sous le titre Cendres, traduit par Georges Hérelle, Paris, Calmann-Lévy, 1905 ; réédition sous le titre Braises, dans une nouvelle traduction intégrale de Fabienne-Andréa Costa, Paris, Éditions Autrement, 1999
  • I giuochi della vita, 1905
    Publié en français sous le titre La Voie du mal, traduit par Georges Hérelle, Paris, Calmann-Lévy, 1908
  • Nostalgie, 1905
  • L'ombra del passato, 1907
    Publié en français sous le titre Le Fantôme du passé, traduit par Georges Hérelle, Paris, Calmann-Lévy, 1908 ; réédition, Paris, L'Harmattan, « Les Introuvables », 2006
  • Amori moderni, 1907
    Publié en français sous le titre Je meurs où je m'attache, traduit par de Albert Lécuyer, Paris, Hachette, 1909
  • Il nonno. Novelle, 1908
  • Il nostro padrone, 1910
  • Sino al confine, 1910
    Publié en français sous le titre Dans le désert, traduit par Marc Hélys, Paris, Hachette, 1912 ; réédition, Paris, L'Harmattan, « Les Introuvables », 2006
  • Colombi e sparvieri, 1912
    Publié en français sous le titre L'Amour et la Haine, traduit par Albert Lécuyer, Paris, Hachette, 1913
  • Chiaroscuro. Novelle, 1912
  • Canne al vento, 1913
    Publié en français sous le titre Des roseaux sous le vent, traduit par Marc Hélys, Paris, Grasset, 1919 ; réédition, sous le titre Roseaux au vent, dans une nouvelle traduction de Marie Billoret, ebook Falige Editore, 2014
  • Le colpe altrui, 1914
  • Marianna Sirca, 1915
    Publié en français sous le titre Marianna, traduit par Adolphe V. Thomas, Paris, Éditions de la Paix, 1949
  • Il fanciullo nascosto. Novelle, 1915
  • L'incendio nell'oliveto, 1918
  • Il ritorno del figlio, suivi de La bambina rubata. Novelle, 1919
  • La madre, 1920
    Publié en français sous le titre La Madre, suivi de Elias Portolu, traduits par Madeleine Santschi, Paris, Stock, « Nouveau cabinet cosmopolite », 1981
  • L'edera, 1921
    Publié en français sous le titre Le Lierre sur l'arbre mort, traduit par Fabienne-Andréa Costa, Paris, Éditions Autrement, 1998
  • Il segreto dell'uomo solitario, 1921
    Publié en français sous le titre Dans l'ombre, la mère, traduit par Myriam Cheyns-Condé, révisée par Fabienne-Andréa Costa, Paris, Éditions Autrement, 2000
  • Il Dio dei viventi, 1922
  • Il flauto nel bosco. Novelle, 1923
  • La danza della collana, 1924
  • La fuga in Egitto, 1925
  • Il sigillo d'amore, 1926
  • Annalena Bilsini, 1927
  • Il vecchio e i fanciulli, 1928
  • Il dono di Natale, 1930
  • Il paese del vento, 1931
    Publié en français sous le titre Le Pays sous le vent, traduit par Chiara Monti et Fabienne-Andréa Costa, Paris, Éditions Autrement, 2006
  • La vigna sul mare, 1932
  • Sole d'estate, 1933
  • L'argine, 1934
  • La chiesa della solitudine, 1936
  • Cosima, 1937
  • Versi e prose giovanili, 1938
  • Il cedro del Libano. Novelle, 1939

Théâtre[modifier | modifier le code]

  • L'edera. Dramma in tre atti, 1912 (adaptation du roman éponyme à la scène en collaboration avec Camillo Antona-Traversi)
    Publié en français sous le titre Le Lierre, drame en trois actes, dans Œuvres libres, mars 1928
  • La Grazia. Dramma pastorale in tre atti, 1921 (en collaboration avec Claudio Guastalla et Vincenzo Michetti)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]


Liens externes[modifier | modifier le code]

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