Pablo Neruda

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Pablo Neruda

Description de l'image  Pablo Neruda.jpg.
Nom de naissance Ricardo Eliecer Neftalí Reyes Basoalto
Activités Poète, écrivain, diplomate, personnalité politique
Naissance
Parral, Drapeau du Chili Chili
Décès (à 69 ans)
Santiago, Drapeau du Chili Chili
Langue d'écriture Espagnol
Mouvement Modernisme
Genres Poésie
Distinctions Prix Nobel de littérature (1971)

Signature

Signature de Pablo Neruda

Pablo Neruda, nom de plume de Ricardo Eliecer Neftalí Reyes Basoalto, est un poète, écrivain, diplomate, homme politique et penseur chilien, né le à Parral (province de Linares, Chili), mort le à Santiago du Chili .

Biographie[modifier | modifier le code]

Photographie du jeune Pablo Neruda.
La Chascona, maison de Neruda à Santiago du Chili.

Sa mère, Rosa Basoalto, institutrice, meurt deux mois après sa naissance. Son père, José del Carmen Reyes Morales, se remariera en 1906. Son premier apprentissage est la nature « Mon enfance, ce sont des souliers mouillés, des troncs cassés / Tombés dans la jungle, décorés par les lianes. C'est la découverte du monde du vent et du feuillage. »

De 1910 à 1920, il fréquente le lycée pour garçons de Temuco au Chili. À treize ans déjà, il publie ses premiers poèmes et textes en prose. À partir de 1921, il étudie la langue et la littérature française à Santiago et la pédagogie. Il choisit son pseudonyme en hommage au poète tchèque Jan Neruda (1834-1891), et veut devenir professeur de français. Il se fait très rapidement une renommée avec ses publications et des récitals de poésie.

À dix-neuf ans, il publie son premier livre Crepusculario, Crépusculaire. Suit, un an plus tard, Veinte poemas de amor y una canción desesperada, Vingt Poèmes d'amour et une chanson désespérée.

En 1927, Neruda entre au service diplomatique. Il devient consul à Rangoon, Colombo, Batavia, Calcutta, Buenos Aires. En décembre 1930, il épouse une hollandaise, Maryka Hagenaar (qu'il renomme Maruca), qui lui donne une fille  : Malva Marina Reyes, née le . En 1932, il rentre au Chili, en 1933, il publie Residencia en la tierra, Résidence sur la Terre.

La Casa de las Flores, maison de Neruda à Madrid.

À partir de 1935, il est consul en Espagne où il entretient des relations amicales avec Federico García Lorca qu'il avait connu à Buenos Aires et qui aura une influence déterminante sur sa vie et son œuvre, mais aussi avec Rafael Alberti et Jorge Guillén. Après le putsch de Franco du 18 juillet et l'assassinat de García Lorca, Neruda se fait l'avocat de la République espagnole. Il rédige J'explique certaines choses (sur la guerre d'Espagne) en 1937. Il est révoqué comme consul et commence España en el corazón, L'Espagne au cœur, qu'il publie en 1937 et dans lequel il franchit un pas décisif dans sa démarche. Son chant, « de sombre et solitaire, devient solidaire et agissant » (Jean-Paul Vidal). La même année, il fonde le Comité hispano-américain pour le soutien à l'Espagne et l'Alliance des intellectuels chiliens pour la défense de la culture.

Il fait la connaissance de sa seconde épouse Delia del Carril. En août 1939, il affrète un bateau, le Winnipeg, pour transporter des réfugiés espagnols de la France vers le Chili, sélectionnant soigneusement parmi eux ses amis communistes au détriment des trotskistes et des anarchistes. Il se verra reprocher d'avoir délivré un visa chilien à David Alfaro Siqueiros, organisateur de la première tentative d'assassinat de Trotsky du 24 mai 1940. Il fait des voyages au Mexique, à Cuba et au Pérou. Il visite la forteresse inca de Machu Picchu. En 1945, il est élu au Sénat et devient membre du parti communiste chilien.

En 1946, Neruda dirige la campagne électorale de González Videla qui, après son élection comme président, se révèlera être un dictateur farouchement anticommuniste. Le poète réagit par un discours au Sénat portant le célèbre titre d'Émile Zola : J'accuse ! Il échappe de justesse à son arrestation et se réfugie à l'étranger. Son exil en Europe le conduit en URSS, en Pologne, en Hongrie, en Italie. Il visitera également l'Inde et le Mexique. C'est là que paraîtra en 1950 son Canto General, Chant Général, écrit dans la clandestinité. L'œuvre est interdite au Chili.

En 1949, Neruda est devenu membre du Conseil Mondial de la Paix à Paris. En 1953, il obtient le Prix Staline « pour la paix » et en 1955, en même temps que Pablo Picasso, le Prix international de la paix. Il rencontre la femme de sa vie, Matilde Urrutia qui l'inspire pour des poèmes d'amour d'une fulgurante beauté Cien sonetos de amor, Cent Sonnets d'Amour. De retour au Chili en 1952, il publie en 1954 les Odes élémentaires. En 1957, il devient président de l'Union des écrivains chiliens, l'année suivante il publie : Extravagario, Vaguedivague. Cette même année, tout comme en 1964, il soutient pleinement la campagne électorale de Salvador Allende comme candidat à la présidence de la République. Il a été à cette période l'une des cibles du Congrès pour la liberté de la culture, association culturelle anticommuniste fondée en 1950. En 1964, Neruda publie Memorial de Isla Negra, le retour sur son passé et son rêve d'une humanité plus fraternelle. En 1965, il est nommé Doctor honoris causa de l'Université d'Oxford.

Maison d'Isla Negra, province de San Antonio.
La Sebastiana, maison de Neruda à Valparaíso.

Sa seule pièce de théâtre : Fulgor y muerte de Joaquín Murrieta, Splendeur et Mort de Joaquín Murrieta, est créée en 1967. Neruda publie, coup sur coup, La Barkarole, La Barcarole, Las manos del dia, Les mains du jour et Arte de pájaros, L'Art des oiseaux. En 1969, le parti communiste le désigne comme candidat à l’élection présidentielle, mais Neruda renonce en faveur d'Allende comme candidat unique de l'Unidad Popular. Après l'élection d'Allende, Neruda accepte le poste d'ambassadeur en France où il rencontrera Mikis Theodorakis et où il publiera La espada encendida, L'épée en flammes, et Las piedras del cielo (Les pierres du ciel), livres, dans lesquels sa méditation sur la solidarité nécessaire et le silence du monde, atteint son expression la plus intense. C'est lors de ce poste d'ambassadeur en France que son cancer de la prostate est diagnostiqué à l'hôpital Cochin où il est admis[1].

Le , Pablo Neruda obtient, après Gabriela Mistral en 1945 et Miguel Ángel Asturias en 1967, comme troisième écrivain d'Amérique Latine, le Prix Nobel de littérature. En 1972, il retourne au Chili et est triomphalement accueilli au stade de Santiago. Neruda rédige Incitación al Nixoncidio y elogio de la revolución, Incitation au nixoncide et éloge de la révolution.

Le Coup d'État du 11 septembre 1973 au Chili renverse le président élu, Salvador Allende. La maison de Neruda à Santiago est saccagée et ses livres jetés au bûcher[2]. Le poète et homme politique meurt le de « cachexie cancéreuse » selon son certificat de décès[3]. L'inhumation du corps de Pablo Neruda, transporté depuis sa maison saccagée jusqu'au cimetière central de Santiago, devient, malgré la surveillance policière, la première manifestation publique de protestation contre la terreur militaire du nouveau pouvoir militaire. À la fin de la dictature militaire, son corps est inhumé selon ses vœux aux côtés de sa compagne près de sa maison à la Casa de Isla Negra (en)[4].

Le poète est officiellement décédé d'un cancer de la prostate, à la clinique Santa Maria (es) de Santiago. Cependant, à la suite de témoignages convergents (dont celui de Manuel Araya qui était à l'époque jeune militant que le Parti communiste chilien avait désigné comme chauffeur, garde du corps et secrétaire de Neruda[5]) soutenant que Neruda a été assassiné par injection létale à la veille de son exil pour le Mexique afin de l'empêcher de témoigner des crimes du régime dictatorial du général Pinochet [6], le parti communiste chilien a demandé le 2 juin 2011 l'ouverture d'une enquête pour déterminer les conditions exactes de sa mort[7]. L'exhumation des restes de Pablo Neruda, visant à déterminer les causes de sa mort, a été entreprise le 8 avril 2013 sous l'autorité du juge Mario Carroza[6], le magistrat étant aiguillonné par le développement des enquêtes sur des morts suspectes, notamment celle de l'ancien président chilien Eduardo Frei Montalva : Eugenio Berríos (en), biochimiste chilien travaillant pour la DINA pendant le régime de Pinochet, est ainsi fortement suspecté de complicité d'assassinat en tant que concepteur de poisons sophistiqués[8].Mais le 8 novembre 2013, le groupe d'experts internationaux a écarté l'hypothèse de l'empoisonnement. Le dossier judiciaire reste cependant encore ouvert[9].

En 1974, l'autobiographie de Neruda Confieso que he vivido, J'avoue que j'ai vécu, paraît à titre posthume, extrait :

« Je veux vivre dans un pays où il n'y ait pas d'excommuniés.
Je veux vivre dans un monde où les êtres soient seulement humains, sans autres titres que celui-ci, sans être obsédés par une règle, par un mot, par une étiquette.
Je veux qu'on puisse entrer dans toutes les églises, dans toutes les imprimeries.
Je veux qu'on n'attende plus jamais personne à la porte d'un hôtel de ville pour l'arrêter, pour l'expulser.
Je veux que tous entrent et sortent en souriant de la mairie.
Je ne veux plus que quiconque fuie en gondole, que quiconque soit poursuivi par des motos.
Je veux que l'immense majorité, la seule majorité : tout le monde, puisse parler, lire, écouter, s'épanouir. »

Œuvres de Pablo Neruda[modifier | modifier le code]

  • J'explique certaines choses, 1937 Gallimard
  • Les Hommes du Nitrate 1950 Gallimard
  • Les vers du capitaine, 1952, Imprenta L'Arte Tipografica
  • (es) Una Casa en la arena, textes de Neruda, photographies de Sergio Larrain, 1966
  • Valparaíso, textes de Neruda, photographies de Sergio Larrain, éditions Hazan, 1991, (ISBN 978-2-85025-258-7)
  • Influence de la France et de l'Espagne sur la littérature 1997 Caractères
  • Vingt poèmes d'amour et une chanson désespérée 1998 Gallimard
  • Né pour naître 1996/1996 Gallimard
  • La Centaine d'amour 1995 Gallimard
  • Premio nobel de littérature 1971
  • J'avoue que j'ai vécu 1975, 1997 Gallimard
  • Chant Général 1984 Gallimard
  • La Rose détachée et autres poèmes 1982 Gallimard
  • Les Premiers Livres 1982 Gallimard
  • Splendeur et mort de Joaquim Murieta 1978 Gallimard
  • Mémorial de l'île noire 1977 Gallimard
  • Odes élémentaires 1974 Gallimard
  • L'Épée de flammes 1973 Gallimard
  • Incitation au nixonicide et Éloge de la révolution chilienne, 1973 adaptation de Marc Delouze (Éditeurs français réunis).
  • Résidence sur la terre 1972 Gallimard
  • Les Pierres du ciel - Les pierres du Chili, photographies d'Antonio Quintana, 1972 Gallimard
  • L'Espagne au cœur 1938 Denoël
  • J'avoue que j'ai vécu, Gallimard, 1987
  • "Sévérité", traduction par Victor Martinez d'un poème inédit en français de Neruda, in moriturus no 5, Les Cabannes, 2005.
  • Espagne dans le cœur , poème, 1937
  • Oda a la manzana, poème, 1957
  • Le livre des questions, édition Gallimard jeunesse[10].

Iconographie[modifier | modifier le code]

(liste non exhaustive)

Bibliographie sur Pablo Neruda[modifier | modifier le code]

Livres[modifier | modifier le code]

  • J. Marcenac : Pablo Neruda, Seghers 1973
  • E. Rodriguez-Monegal : Le Voyageur immobile, Gallimard, 1973
  • J. Marcenac et Claude Couffon, Seghers 2004 : Cet ouvrage est le deuxième que la collection « Poètes d'aujourd'hui » consacre à Pablo Neruda. Le texte de Jean Marcenac, maintes fois réédité entre 1953 et 1976, y est complété par une étude de Claude Couffon, traducteur et ami du poète. L'anthologie donne à lire des poèmes de jeunesse récemment mis au jour et les œuvres majeures de Neruda : Vingt poèmes d'amour, Une chanson désespérée, Résidence sur la terre, Les Vers du Capitaine, La Centaine d'amour, et le Canto General, œuvre maîtresse de la poésie latino-américaine de notre temps.(extrait de la quatrième de couverture)
  • A. Skármeta : Une ardente patience, le facteur Seuil/Points 1987. Ce roman narre l'histoire de Mario Jiménez, un jeune facteur résidant sur l'île noire, dont le seul client est le célèbre Pablo Neruda. Mario va demander au poète de lui apprendre la poésie afin de séduire la belle Beatriz Gonzalez
  • (es) Matilde Urrutia, Mi vida junto a Pablo Neruda, Seix Barral, Barcelone, 1986 (ISBN 84-322-4580-1)

Articles[modifier | modifier le code]

  • Jean-Paul Vidal in : Grande Encyclopédie Larousse (p. 8472)
  • Josy Braun : Ein Krebsgeschwür das Junta heisst, in : Phare /tageblatt (L), 29.9.1973
  • Guy Wagner : Autodafé, ibid.
  • Robert Gliedner: Der Tod Nerudas, in : Phare, 8.10.73

Cinéma[modifier | modifier le code]

Musique[modifier | modifier le code]

Pablo Neruda dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Chili : le corps du poète Pablo Neruda sera exhumé le 8 avril », sur RFI,‎ 13 mars 2013
  2. « Pablo Neruda, le barde d'utilité publique », sur humanite.fr,‎ 16 août 2004
  3. « Pablo Neruda exhumé au Chili », sur liberation.fr,‎ 8 avril 2013
  4. « L'enterrement de Pablo Neruda », sur ina.fr,‎ 3 octobre 1973
  5. « Chili : L'exhumation des restes de Pablo Neruda a débuté », sur bfmtv.com,‎ 8 avril 2013
  6. a et b Source Livres Hebdo : "Les restes de Pablo Neruda exhumés"
  7. Pablo Neruda a-t-il été assassiné?, radio canada, 2 juin 2011
  8. (es) Jorge Molina Sanhueza, Crimen imperfecto : historia del químico DINA Eugenio Berríos y la muerte de Eduardo Frei Montalva, Lom Ediciones,‎ 2002, 235 p. (lire en ligne)
  9. Chili: des experts internationaux écartent l'empoisonnement voir le Monde.fr du 9.11.13 http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2013/11/09/des-experts-ecartent-l-empoisonnement-de-pablo-neruda_3511010_3222.html
  10. le livre des questions
  11. Sophie Malexis, Emile Savitry, un photographe de Montparnasse, éditions des 5 Continents, 2011, p. 43/112. pp.