W. H. Auden
W. H. Auden
W. H. Auden en 1939,
photographié par Carl Van Vechten
| Nom de naissance | Wystan Hugh Auden |
|---|---|
| Activités | poète |
| Naissance | 21 février 1907 York, |
| Décès | 29 septembre 1973 (à 66 ans) Vienne, |
| Langue d'écriture | anglais |
Wystan Hugh Auden, plus connu sous la signature W. H. Auden (York, 21 février 1907 – Vienne, Autriche, 29 septembre 1973) est un poète et critique anglo-américain, largement considéré comme l’un des plus importants et influents du XXe siècle. Il a vécu la première partie de sa vie au Royaume-Uni, puis a émigré aux États-Unis en 1939 et est devenu citoyen américain en 1946.
Sommaire |
Vie[modifier]
Auden passe le début de son enfance à Harborne, Birmingham, où son père le Dr George Auden est professeur de santé publique à l’université de Birmingham. Dès l’âge de huit ans, il est envoyé en pension, d’abord dans le Surrey, ensuite à la Gresham's School de Norfolk.
Il étudie ensuite au collège de Christ Church (Oxford), puis il va vivre pendant un an à Berlin à l’époque de la république de Weimar, dont l’atmosphère de tolérance est plus favorable à l’expression ouverte de son homosexualité. De retour au Royaume-Uni, il enseigne dans deux écoles de garçons de 1930 à 1935. La plus importante, et où il est le plus heureux, est la Downs School, près de Great Malvern, où il passe trois ans et écrit quelques-uns des plus beaux poèmes d’amour du début de son œuvre, tels This lunar beauty, Lay your sleeping head, my love, Fish in the unruffled lakes et Out on the lawn I lie in bed.
En 1935, Auden fait un mariage de convenance avec Erika Mann, la fille lesbienne de l'écrivain allemand Thomas Mann, afin de procurer à celle-ci un passeport britannique lui permettant d’échapper au Troisième Reich. Bien que le « couple » n’ait jamais vécu ensemble, ils sont restés amis et n’ont jamais pris la peine de divorcer.
Auden et son ami Christopher Isherwood émigrent aux États-Unis en 1939. Ce départ du Royaume-Uni, juste au moment où commence la Seconde Guerre mondiale, est largement vu comme une trahison et la réputation poétique d’Auden en souffre brièvement. Peu après son arrivée à New York, il donne une lecture publique avec Isherwood et Louis MacNeice, où il rencontre pour la première fois le poète Chester Kallman, qui devient son amant et compagnon pour le reste de sa vie, bien que cette relation soit souvent orageuse.
Ayant passé les années de guerre aux États-Unis, Auden est naturalisé américain en 1946, mais retourne en Europe en été à partir de 1948, d’abord en Italie puis en Autriche. De 1956 à 1961, il est professeur de poésie à l'université d’Oxford, un poste qui exige seulement de sa part de donner trois conférences par an, de sorte qu’il ne passe que quelques semaines à Oxford durant cette période. Pendant sa dernière année de vie, en 1973, il revient de New York à Oxford.
Œuvre[modifier]
Auden a écrit une quantité considérable d’ouvrages de critique et d’essais ainsi que des pièces de théâtre en collaboration avec son ami Christopher Isherwood, mais il est surtout connu en tant que poète. Son travail se caractérise par une variété exceptionnelle allant de formes traditionnelles rigoureuses telles que la villanelle à des formes originales et complexes avec l’habileté technique qu’il déploie quelle que soit la forme employée. Il a été aussi responsable en partie du retour au mètre anglo–saxon accentué dans la poésie anglaise.
Il existe une controverse sur le fait qu’Auden a retravaillé ses poèmes dans leurs publications successives et a fait supprimer plusieurs de ses poèmes les plus connus des éditions ultérieures parce qu’il ne les trouvait plus ni sincères ni exacts. Son exécuteur testamentaire littéraire, Edward Mendelson, affirme dans son introduction aux Poèmes choisis d’Auden que c’est là en fait une preuve de sa foi en le pouvoir et l’importance de la poésie. Ce recueil comprend certains vers qu'Auden avait rejetés et des versions initiales de ceux qu’il avait ensuite modifiés.
Avant de devenir anglican (dans une version de l’anglicanisme plus proche du protestantisme que le catholicisme de ses parents), Auden s’était activement intéressé aux débats politiques de la gauche de son temps et certaines de ses œuvres reflètent ces préoccupations, comme Spain, un poème sur la guerre civile espagnole, et September 1, 1939 sur le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale (deux poèmes répudiés ultérieurement par lui et exclus de ses Collected Poems). Parmi ses autres œuvres[1], on note également son oratorio de Noël, For the Time Being, The Unknown Citizen, Musée des Beaux-Arts, et des vers sur la mort de William Butler Yeats et de Sigmund Freud.
Auden est souvent évoqué comme appartenant à un groupe d’écrivains d’inspiration commune, parmi lesquels on trouve Edward Upward, Christopher Isherwood, Louis MacNeice (avec qui il a collaboré aux Letters from Iceland en 1936), Cecil Day-Lewis et Stephen Spender, bien que lui–même ait cessé de se considérer comme membre de ce groupe dès l’âge de 24 ans.
Il a aussi collaboré étroitement avec des compositeurs, écrivant un livret d’opéra pour Benjamin Britten (Paul Bunyan), et, en collaboration avec Chester Kallman, un livret pour Igor Stravinski (The Rake's Progress), un autre pour Nicolas Nabokov (Love's Labour's Lost) et deux autres pour Hans Werner Henze (Elegy for young Lovers et Les Bassarides).
Citations[modifier]
|
|
Ces citations ne correspondent pas aux exigences d’un article encyclopédique ; il semble qu’elles auraient davantage leur place sur Wikiquote.
Si ces citations disposent de références précises, vous êtes invités à les transférer vous-même sur W. H. Auden ou à les insérer dans le texte de cet article, ou si cet article entier doit être transféré, à demander un administrateur de Wikiquote de procéder au transfert.
Sinon, ces citations seront automatiquement supprimées. |
- « We are all here on earth to help others. What I can't figure out is what the others are here for.[2] »
- « I and the public know,
What all schoolchildren learn,
Those to whom evil is done,
Do evil in return. »
Ouvrages disponibles en langue française[modifier]
- Poésies choisies, traduction Jean Lambert, Paris, Gallimard, collection Du monde entier, 1976 ; Paris, Gallimard, collection Poésie, 2005, avec une préface de Guy Goffette
- Dis-moi la vérité sur l'amour, Paris, Christian Bourgois éditeur, 1995
- Essais critiques, traduction Claude Habib, Claude Mouchard et Pierre Pachet, suivi de En souvenir de W.H. Auden par Hannah Arendt, traduction Martine Reyss et Eric Adda, Paris, Belin, 2000
- Shorts, traduction Frank Lemonde, Paris, Rivages poche/Petite Bibliothèque, 2003
- Le Prolifique et le Dévoreur, traduction Béatrice Vierne, Paris, Anatolia/Le Rocher, 2003
- En lisant Shakespeare, conférences reconstituées par Arthur Kirsch, traduction Dominique Goy-Blanquet, Paris, Anatolia/Le Rocher, 2003
- Quand j'écris je t'aime, traduction Béatrice Vierne, Paris, Anatolia/Le Rocher, 2003
- Journal de guerre en Chine avec Christopher Isherwood, traduction Béatrice Vierne, Paris, Anatolia/Le Rocher, 2003
- Lettres d'Islande, avec Louis Mc Neice, Paris, Anatolia/Le Rocher, 2006
- Horae canonicae, Paris, Rivages, 2006
- La Mer et le Miroir (commentaire de La Tempête) de Shakespeare, édition bilingue, traduit et présenté par Bruno Bayen et Pierre Pachet, Paris, Le Bruit du temps éditions, 2009
Documentation[modifier]
En langue anglaise[modifier]
- Humphrey Carpenter, W. H. Auden: a biography (1981)
- Richard Davenport-Hines, Auden (1995)
- Edward Mendelson, Early Auden (1981)
- Edward Mendelson, Later Auden (1999)
- Norman Page, Auden and Isherwood: The Berlin Years (2000)
- Thekla Clark, Wystan and Chester: A Personal Memoir of W. H. Auden and Chester Kallman (1996)
- Dorothy J. Farnan, Auden in Love (1985)
En langue française[modifier]
- Guy Goffette, Auden ou l'œil de la baleine, Paris, Gallimard, collection L'un et l'autre, 2005
Notes et références[modifier]
- En 1994, dans le film de Mike Newell Quatre mariages et un enterrement, un des personnages lit devant le cercueil de son ami décédé le poème d’amour Funeral Blues (écrit à l’origine pour être chanté par une soprano de ses amis, Hedli Anderson). Cette scène a grandement contribué à faire connaître Auden auprès du public français.
- Nous sommes tous sur Terre pour aider les autres. Mais, ce que je ne comprends pas, c'est ce que les autres font là.
Liens externes[modifier]
- (en) The W.H. Auden Society
- (en) Guardian Books "Author Page", avec un profil et des liens vers d’autres articles
- (en) Interviews audio de la BBC