Critique du christianisme

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Les critiques du christianisme doivent être distinguées des critiques générales portées contre les religions ainsi que des critiques spécifiques portées contre les églises chrétiennes : catholicisme, protestantisme, orthodoxie.

Sommaire

Critique du Nouveau Testament [modifier]

Similitudes avec les religions païennes [modifier]

La mythologie grecque a pu inspirer une mythologie judéo-chrétienne. Ainsi dans la Génèse, il est parlé des fils de Dieu qui se marièrent avec femmes des hommes (Genèse 6:1-2) comme le faisaient les divinités grecques. Le Dieu chrétien est parfois très analogue au Zeus (ou Jupiter) des mythologies greco-latines

On notera que ces rares "similitudes" s'arrêtent là. En effet, les dieux de la mythologie sont des projections anthropomorphes soumis à bien des vices et vides de tout contenu théologique.

Critique autour de Jésus [modifier]

Jésus et le Christianisme [modifier]

Des chercheurs tels que Daniel Marguerat avancent que Jésus "n'avait pas du tout l'idée de fonder une nouvelle religion rivalisant avec la religion d'Israèl ; il voulait réformer le dogme juif qui n'obtempera point" [1]. Selon Michel Quesnel, Jésus n'est pas le fondateur du christianisme : "Après ce qui a précédé, nous ne voyons point pourquoi Jésus est qualifié de fondateur. Sa religion était le Judaïsme tant dans sa conduite que dans son instruction ; il en récusa les formalités mais n'en renia pas les fondements" [2].

Cette critique est elle aussi très atypique puisque le Christ dit lui-même : «Et moi je te dis que tu es Pierre et sur ce roc je bâtirai mon Eglise. [...] Je te donnerai les clefs du royaume des Cieux, et ce que tu lieras sur la terre se trouvera lié dans les cieux, et ce que tu délieras sur la terre se trouvera délié dans les cieux.» (Matthieu, 16:18-19). En revanche, la fondation de cette Église n'est effectivement pas étrangère au Judaïsme puisque le Christ dit : "N'allez pas croire que je sois venu pour abolir la Loi ou les Prophètes; je ne suis pas venu abolir mais accomplir." (Matthieu 5:17)

Remise en cause de l'existence de Jésus [modifier]

Voir en particulier l'article Thèse mythiste.

La contingence de Jésus et de l'Incarnation [modifier]

Le discours véritable de Celse (vers 176) compare les chrétiens «  à une troupe de chauve-souris, à des souris sorties de leur trou, à des grenouilles tenant conseil autour d’un marais, à des vers formant assemblée dans un coin de bourbier, se disputant pour savoir qui d’entre eux sont les plus grands pécheurs et disant : « A nous Dieu révèle et prédit tout d’avance : il néglige le monde entier, le mouvement du ciel, et sans souci de la vaste terre, pour nous seuls il gouverne, avec nous seuls il communique par ses messagers, ne cessant de les envoyer et de chercher par quels moyens nous lui serons unis pour toujours… »[3].» Dans Additions aux penseés philosophiques, ou objections diverses contre les écrits de différents théologiens, Denis Diderot lui fait écho en écrivant qu'une religion intéressant tous les hommes aurait dû être « éternelle, universelle et évidente » [4], or aucune ne l'est ce qui implique que les religions sont fausses. Michel de Certeau valide cette critique dans Le Christianisme éclaté, Seuil, Paris, 1974 (un dialogue avec Jean-Marie Domenach sur France-Inter ensuite transcrit et publié), insistant sur la relativité du christianisme, estimant que le christianisme doit renoncer à « l’illusoire prétention d’être […] un message en principe vrai pour tous[5]. »

Critique de l’Église [modifier]

Autres critiques [modifier]

Critique de la notion de transcendance [modifier]

Commune au judaïsme, à l'islam et à toutes les philosophies fondées sur une transcendance, elle remet en question plus généralement l'existence de Dieu, de la Révélation, de l'Au-delà, etc. Voir en particulier les articles déisme et athéisme.

Critique émanant du judaïsme [modifier]

Déjà mentionnée dans les récits de l'existence terrestre de Jésus de Nazareth et dans les critiques que lui-même adressait aux pharisiens, elle consiste principalement à dénier qu'il soit le Messie annoncé dans les prophéties. Réciproquement, les chrétiens reprochent aux israélites de ne pas avoir été fidèles à l'Alliance en accueillant le messie envoyé.

Critique émanant de l'islam [modifier]

Cette critique qui apparaît dès les origines de l'islam voit dans les statues et les images saintes une forme d'idolâtrie et dans la Trinité du polythéisme.

Les musulmans reprochent à l'Église d'avoir jeté l'anathème sur l'islam, le Coran, le prophète de l'islam, et la oumma en 680 dans les résolutions du Concile œcuménique tenu à Constantinople sachant que chaque concile est inspiré par le Saint Esprit[6].

Critique nietzschéenne [modifier]

Pour Nietzsche, le christianisme est la religion des faibles[7], qui cherchent à empêcher les forts de vivre leur liberté[8].

Notes et références [modifier]

  1. Mohamed Talbi, Afin que mon cœur se rassure, éd. Nirvana, 2010, p.352
  2. Mohamed Talbi, Afin que mon cœur se rassure, éd. Nirvana, 2010, p.351
  3. Cité par Bernard Sesboüé, Christ Seigneur et Fils de Dieu, Lethielleux, Paris, 2010, p. 83-84.
  4. Cité dans Pourquoi nous ne sommes pas chrétiens. 40 écrivains et philosophes, 40 réponses, Max Milo, Paris, 2009, p. 174.
  5. Michel de Certeau et Jean-Marie Domenach, Le Christianisme éclaté, p. 69-71.
  6. Mohamed Talbi, Afin que mon cœur se rassure, éd. Nirvana, 2010, p.306
  7. Que chacun soit une "âme immortelle" et de rang égal avec chacun, [...] que de petits cagots, des toqués aux trois quarts aient le droit de se figurer que pour eux les lois de la nature sont enfreintes sans cesse, - une telle gradation de tous les égoïsmes jusqu'à l'infini [...] ne peut pas être marquée d'assez de mépris. Et pourtant le christianisme doit sa victoire à cette pitoyable flatterie de la vanité personnelle, -par là il a attiré à lui tout ce qui est manqué, bassement révolté, tous ceux qui n'ont pas eu leur part, le rebut et l'écume de l'humanité., in L'Antéchrist, éditions Mercure de France, 1952, pp. 241-242
  8. Le poison de la doctrine des "droits égaux pour tous", ce poison, le christianisme l'a semé par principe; le christianisme a détruit notre bonheur sur la terre... Accorder l'immortalité à Pierre et à Paul fut jusqu'à présent l'attentat le plus énorme, le plus méchant contre l'humanité noble., ibid.

Voir aussi [modifier]

Articles connexes [modifier]

Thèmes [modifier]

Histoire [modifier]

Liens externes [modifier]