Mario Vargas Llosa

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Mario Vargas Llosa (ˈmaɾjo ˈβarɣas ˈʎosa), marquis de Vargas Llosa[1], né Jorge Mario Pedro Vargas Llosa le 28 mars 1936 à Arequipa, région d'Arequipa, au Pérou, est un écrivain péruvien, auteur de romans et d'essais politiques. Il est lauréat du prix Nobel de littérature 2010 « pour sa cartographie des structures du pouvoir et ses images aiguisées de la résistance de l'individu, de sa révolte et de son échec[2] ».

Comme beaucoup d'auteurs latino-américains, Mario Vargas Llosa s'est engagé en politique tout au long de sa vie. Ses opinions se sont progressivement déplacées du communisme au libéralisme. Il soutient initialement le gouvernement révolutionnaire de Fidel Castro, mais est rapidement déçu. En 1990, il est candidat à l'élection présidentielle péruvienne à la tête d'une coalition, le Frente Democrático (FREDEMO), qui perd face à Alberto Fujimori.

Biographie[modifier | modifier le code]

Thèse de Mario Vargas Llosa « Bases para una interpretación de Rubén Darío », pour son université, l'Université San Marcos (Pérou), en 1958.

Mario Vargas Llosa est issu de la classe moyenne péruvienne[3]. Il est le fils unique d'Ernesto Vargas Maldonado et de Dora Llosa Ureta. Ses parents se séparent quelques mois après sa naissance à la suite de la révélation, par son père, d'une liaison avec une femme allemande qui donnera deux demi-frères au jeune Mario : Ernesto et Enrique Vargas[4],[5]. Élevé par sa famille maternelle, Mario Vargas Llosa passe du Pérou à la Bolivie où son grand-père tient une plantation de coton[6]. Sous le gouvernement de José Luis Bustamante y Rivero, l'aïeul se voit offrir un poste diplomatique à Piura[7]. Cet épisode marque le retour des Llosa au Pérou. En 1946, à l'âge de 10 ans, Mario part vivre à Lima où il rencontre son père pour la première fois alors qu'il l'avait longtemps cru mort[8]. Ses parents se remettent ensemble et déménagent à Magdalena del Mar, une banlieue aisée de la capitale[9]. Il est admis à l'école élémentaire catholique Colegio La Salle[10]

À l'âge de 14 ans, il est envoyé en internat à l'Académie militaire de Lima par son père qui ne voit pas d'un bon œil sa vocation poétique naissante[8]. Cet épisode lui laisse un sinistre souvenir et la matière de son livre La Ville et les chiens[7].

Il étudie ensuite la littérature et le droit à l'Université San Marcos, une faculté publique[8], exerçant en parallèle différentes professions : correcteur littéraire puis collaborateur aux rubriques cinéma de la revue Literatura (1957-1958) et du journal El Comercio[7]. Durant ses études, il découvre l'œuvre de Jean-Paul Sartre et le marxisme qui le marquent durablement[8]. Il combat également la dictature militaire du général Manuel Odría[8]. Pendant une brève période, il s'implique dans une branche étudiante du Parti communiste péruvien qu'il abandonne en protestation de la ligne stalinienne du mouvement sur l'art et la littérature[8]. La révolution cubaine fait un temps revivre ses espoirs d'une révolution progressiste[8].

Grâce à une bourse d'étude, il poursuit son cursus universitaire à Madrid où il soutient, en 1958, une thèse de doctorat sur Rubén Darío. Après avoir écrit un recueil de nouvelles remarqué, Les Caïds (Los Jefes, 1959), œuvre qui obtient le Prix Leopoldo Alas, il épouse la belle-sœur de son oncle maternel : sa tante par alliance Julia Urquidi, de 10 ans son aînée. Cette relation lui inspirera des années plus tard le roman La Tía Julia y el escribidor (La Tante Julia et le scribouillard). En 1964, il se sépare d'Urquidi et se marie avec sa cousine Patricia Llosa, avec qui il aura trois fils. Avec sa première épouse, il s'installe à Paris en 1959 dans l'espoir de recevoir une bourse pour reprendre des études, mais sa demande est rejetée[11]. Le couple reste malgré tout dans la capitale française et Vargas Llosa y travaille en tant que professeur d'espagnol, puis journaliste pour l'Agence France-Presse et la télévision[7]. Il se passionne pour la littérature du pays, suit avec intérêt la querelle opposant Sartre à Albert Camus et écrit de manière prolifique[11],[8]. Il part ensuite pour Londres et Barcelone où il côtoie les grandes figures de la Gauche divine[8]. Lors de son séjour en Europe, il se lie d'amitié avec d'autres jeunes auteurs, futurs piliers du boom latino-américain : l'Argentin Julio Cortázar, le Mexicain Carlos Fuentes et le Colombien Gabriel García Márquez[8]. Il retourne à Lima en 1974 et est élu à l'Académie péruvienne un an plus tard[7].

L'écrivain[modifier | modifier le code]

Boom latino-américain[modifier | modifier le code]

Avec Julio Cortázar, Carlos Fuentes, Juan Rulfo, Gabriel García Márquez, Juan Carlos Onetti et José Donoso, Mario Vargas Llosa est considéré comme l'un des grands noms du boom de la littérature latino-américaine des années 1960[12],[13]. À des degrés divers, tous ces auteurs revendiquent l'influence des courants littéraires moderniste et postmoderne européens ou nord-américains[12],[13]. Leur style visionnaire, foisonnant et luxuriant a révélé au monde entier la complexité artistique, idéologique et politique du continent sud-américain qu'ils peignent comme une entité pittoresque, morcelée et paradoxale[14],[12],[13].

Style[modifier | modifier le code]

Dès la parution de son premier roman, Vargas Llosa devient un écrivain reconnu, régulièrement invité dans les universités du monde entier pour y donner des cours et des conférences. À la fois chroniqueur et pourfendeur de l'Amérique latine, il est considéré par une partie de la critique comme le maître du « bouillonnement romanesque »[15]. Contrairement à ses collègues du boom, Vargas Llosa s'écarte rapidement du réalisme magique en vigueur[12],[13]. Mais ses récits gardent la spécificité latino-américaine de changer régulièrement de voix pour passer du général au particulier en opposition aux littératures européenne et anglo-saxonne qui ont tendance à partir d'un caractère particulier pour dériver vers le général[13]. Le romancier cherche également à rompre avec la veine indigéniste, dominante dans les lettres sud-américaines[16].

Techniques et influences[modifier | modifier le code]

Les ouvrages de Vargas Llosa trahissent l'influence de William Faulkner pour les recherches stylistiques et Honoré de Balzac pour la densité de l'observation psychologique et sociale[17]. Ils se démarquent par un style polyphonique, une ironie mordante et une tonalité dramatico-bouffonne dans l'évocation des mythes et des aspirations des peuples latino-américains écrasés par les dictatures[15],[12]. Ses récits sont identifiables par une fragmentation de la chronologie et la pluralité de narrateurs[13]. Par ailleurs, ses personnages sont inséparables du climat et du cadre culturel, historique et géographique dont ils sont issus. L'action de ses romans débute sur une acmé qui installe une atmosphère oppressante, enfermant les protagonistes dans un engrenage implacable[18]. Par le biais d'une écriture épique, apparemment sans effets, Vargas Llosa retranscrit les mutations brutales d'une civilisation marquée par la violence et le sexe[13]. Dans ses fictions, les pouvoirs politiques (notamment le caudillisme) apparaissent comme le symbole du pourrissement moral de la société[13].

La Ville et les chiens [modifier | modifier le code]

Vargas Llosa rédige La Ville et les chiens à Paris en 1963, ouvrage qui fait de lui un auteur de renom (prix Biblioteca Breve du roman et prix de la Critique espagnole). Son roman est traduit presque aussitôt dans une vingtaine de langues et se voit salué par la presse étrangère pour son originalité[8]. Vargas Llosa y juxtapose une tradition romanesque classique à des recherches d'écriture novatrices sur le plan narratif et formel[19]. Dans cette œuvre, un réalisme folklorique lié au costumbrismo se mêle à des envolées poétiques proches du symbolisme. Le romancier décrit alors la vie menée par les cadets (les chiens) et met en contraste l'oppression de la discipline, la violence et les brimades subies par les jeunes gens avec le vent de liberté qui souffle sur la ville[12]. L'auteur est vivement critiqué dans son pays pour s'être attaqué à l'institution militaire[8]. On l'accuse d'être stipendié par l'Équateur pour déstabiliser l'armée péruvienne et cent exemplaires du roman sont brûlés lors d'une cérémonie expiatoire dans la cour du collège militaire de Lima[8]. Cependant, le livre n'est pas interdit à la vente et connaît un grand succès public au Pérou[8].

La Maison verte[modifier | modifier le code]

Dans La Maison verte (1966), l'auteur évoque, avec un grand souci du détail et un impressionnant souffle narratif, la vie dans la lointaine forêt péruvienne et la zone urbaine de Piura. Il y met en scène une maison close dans laquelle se croisent divers personnages[16]. Ce roman lui vaut à nouveau le prix de la Critique, puis le prix international de littérature Rómulo Gallegos en 1967[16]. Vargas Llosa y approfondit sa technique expérimentale de « narrations télescopiques » et de « vases communicants », selon ses propres termes, qu'il tire de Faulkner[8]. Ce procédé consiste à entrecroiser simultanément plusieurs histoires se déroulant en divers lieux et époques[8].

Les fresques[modifier | modifier le code]

Parmi les autres romans de Vargas Llosa, on retient Conversation à la cathédrale (1969), variation kaléidoscopique sur la figure du père et portrait corrosif des dirigeants péruviens. L'auteur continue alors d'entrelacer histoires, situations, temporalités, personnages et décors de manière vertigineuse[17]. Il s'agit de l'ouvrage qui lui demande le plus de travail et qu'il sauverait s'il fallait n'en garder qu'un[8]. Pantaléon et les visiteuses (1973) se conçoit comme une satire paillarde, burlesque et subversive du fanatisme militaire et religieux au Pérou[20]. La Guerre de la fin du monde (1982), qui traite de la politique brésilienne au XIXe siècle et de la guerre de Canudos, rencontre un immense succès critique et public et marque le sommet de la carrière de Vargas Llosa[8]. Qui a tué Palomino Molero ? (1986) est un roman consacré aux violences politiques péruviennes.

Le registre intimiste et La Fête au bouc[modifier | modifier le code]

En dehors des grandes fresques, Vargas Llosa s'essaie à un registre intimiste et semi-autobiographique avec La Tante Julia et le Scribouillard (1977) et Éloge de la marâtre (1990). La Fête au bouc (2000), qui évoque les derniers jours du dictateur dominicain Rafael Leonidas Trujillo, revient à la polyphonie, au genre épico-politique et à la peinture romanesque du pouvoir dans le pure esprit ibéro-américain. En effet, l'ouvrage est caractéristique du roman du dictateur, représenté entre autres par Miguel Ángel Asturias (El señor Presidente), Augusto Roa Bastos (Moi, le Suprême) et Gabriel García Márquez (L'Automne du patriarche)[8].

Essais[modifier | modifier le code]

Vargas Llosa a également écrit des pièces de théâtre et des essais littéraires comme L'Orgie perpétuelle (1975) et La Tentation de l'impossible (2008), consacrés respectivement à Gustave Flaubert et Victor Hugo. Il a, de plus, publié des mémoires (Contre vents et marées, Le Poisson dans l'eau) et des réflexions politiques sur l'Amérique latine (La Voie de la liberté)[21]. En 2012, il signe un essai intitulé La civilización del espectáculo dans lequel il fustige la société de divertissement contemporaine et le dépérissement des arts.

Politique[modifier | modifier le code]

Mario Vargas Llosa en 1985.

Vargas Llosa est d'abord tenté par le communisme, mais la révolution cubaine, qu'il soutient ardemment au départ, le déçoit à tel point qu'il se tourne directement vers le libéralisme. Le Printemps de Prague en 1968 et ses lectures d'Alexandre Soljenitsine, Raymond Aron et Jean-François Revel le confortent dans son changement brutal d'opinion, l'éloignant encore un peu plus de l'idéal révolutionnaire[8]. Dès lors, il ne manifeste aucune retenue dans sa virulente critique du castrisme ou encore de la Révolution sandiniste au Nicaragua. Son positionnement est qualifié d'« ultra libéral » par l'universitaire Serge Audier (Paris IV)[22]. Son parcours intellectuel est influencé par quatre auteurs : Adam Smith, Karl Popper, Friedrich Hayek et Isaiah Berlin[23]. Il lit également avec avidité les ouvrages d'économie de Milton Friedman et apporte son soutien aux politiques austéritaires de Ronald Reagan et Margaret Thatcher[8]. Dans son pays, il fonde le mouvement de droite libérale Libertad.

Candidat libéral à l'élection présidentielle péruvienne de 1990, il est sévèrement battu au second tour, contre toute attente car il a l'appui des médias et des élites, par un inconnu d'origine japonaise, Alberto Fujimori contre lequel il avait essayé de monter la population péruvienne en stigmatisant la communauté asiatique[24]. À la suite de cette défaite, il quitte le Pérou pour s'établir en Espagne, à Madrid. Vargas Llosa, qui a demandé et obtenu la nationalité espagnole en 1993 du gouvernement de Felipe González, reconnaît qu'il se sent espagnol, autant que péruvien. Ainsi, dans la conférence du 7 décembre 2010 en tant que lauréat du prix Nobel, il déclare : « J’aime l’Espagne autant que le Pérou et ma dette envers elle est aussi grande que l’est ma gratitude. Sans l’Espagne je ne me trouverais pas aujourd’hui à cette tribune »[25]. Devant l'Académie de Stockholm, il déclare également, à propos de ses positions : « Je déteste toute forme de nationalisme, d’idéologie – ou plutôt de religion – provinciale, aux idées courtes et exclusives, qui rogne l’horizon intellectuel et dissimule en son sein des préjugés ethniques et racistes, car elle transforme en valeur suprême, en privilège moral et ontologique, la circonstance fortuite du lieu de naissance. »[8].

Partageant sa vie entre l'Europe et l'Amérique du Sud, il continue de soutenir la politique de rigueur des gouvernements conservateurs occidentaux, notamment de José María Aznar en Espagne et Silvio Berlusconi en Italie[8].

Dans l'année 2007, Vargas Llosa est membre fondateur du parti espagnol UPyD (Union, progrès et démocratie) qui s'auto-définit comme progressiste.

En avril 2011, lors des élections présidentielles péruviennes, il appuie le vote du candidat nationaliste Ollanta Humala, contre la candidate Keiko Fujimori, fille de l'ancien président Alberto Fujimori, son adversaire durant les présidentielles de 1990.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Mario Vargas Llosa est membre de l'Académie royale espagnole. Il a reçu le Prix Cervantes en 1994, le Prix Jérusalem en 1995 et, en 2005, le Irving Kristol Award de l'American Enterprise Institute. Il prononce alors un discours remarqué, Confessions d'un libéral (Confessions of a Liberal)[26].

Vargas Llosa est titulaire de 40 doctorats honoris causa à travers le monde, parmi lesquels celui de l'Université nationale majeure de San Marcos (son alma mater), de l'Université Rennes 2 Haute Bretagne, de l'université de Reims Champagne-Ardenne depuis le 19 septembre 2007 ou encore de l'université de Bordeaux 3 depuis le 13 novembre 2009[27].

Le 7 octobre 2010, il reçoit le prix Nobel de littérature pour « sa cartographie des structures du pouvoir et ses images aiguisées des résistances, révoltes, et défaites des individus. », selon l'explication de l'Académie suédoise[2].

La même année, il se voit offrir le titre honorifique de marquis par le roi Juan Carlos d'Espagne.

Le défenseur de la corrida[modifier | modifier le code]

Grand aficionado, Mario Vargas Llosa a pris la tête d'un mouvement de défense de la corrida qu'il considère comme une culture de masse, et une culture à protéger. Pour cela, il a publié un manifeste dans lequel il déclare :

« Les corridas constituent un spectacle de masse qui ne provoque pas de manifestations de violence ni d’actes de vandalisme et d’agressivité dans et hors des arènes… Elles stimulent aussi des valeurs et des aptitudes humaines comme la bravoure, l’héroïsme, le dépassement de soi, entre beaucoup d’autres[28]. »

L’écrivain Bryce Echenique, le poète Antonio Cisneros se sont associés à lui. Il a aussi recueilli l'appui d'un nombre de personnalités du monde de la culture qui ont signé ce manifeste, d'un groupe d'intellectuels, d'artistes[29]. Il a reçu également l'appui du juriste Diego García Sayán[30], vice-président de la Cour interaméricaine des droits de l'homme[31] lors de ses déclarations au Pérou[32]. Enfin il ne perd jamais une occasion de rédiger des articles de soutien à la corrida dans plusieurs journaux [33],[34].

L'amitié brisée avec Gabriel García Márquez[modifier | modifier le code]

Après avoir fait l'éloge de Cent ans de solitude, qualifié de « grand roman de chevalerie » d'Amérique latine, Vargas Llosa se lie d'amitié avec Gabriel García Márquez lorsqu'il le rencontre à l'aéroport de Caracas le 1er août 1967[35]. Les deux auteurs participent alors au 13e congrès international de littérature ibéro-américaine et le Péruvien reçoit le Prix Rómulo Gallegos pour La Maison verte, récompense que le Colombien obtient cinq ans plus tard pour Cent ans de solitude[35]. Toutefois, Vargas Llosa refuse de reverser l'argent de la distinction au régime castriste comme il y est incité alors que García Márquez financera un mouvement révolutionnaire vénézuélien grâce au prix[35].

En 1971, Vargas Llosa publie García Márquez : Histoire d’un déicide, livre critique dans lequel il fait part de son admiration pour son aîné[35]. Les deux complices sont par ailleurs un temps voisins à Barcelone. Cette relation amicale très forte s'achève brutalement le 12 février 1976 lorsqu'à la première des Survivants des Andes, García Márquez reçoit un coup de poing en plein visage de la part de Vargas Llosa dans le hall d'un cinéma de Mexico[35],[36]. Les motifs de cette querelle restent flous mais seraient d'ordre privé : soit il s'agirait de la relation difficile, en raison d'infidélités répétées, entre l'écrivain péruvien et sa seconde épouse Patricia Llosa dont García Márquez aurait pris la défense, soit d'une liaison qu'aurait eue l'auteur colombien avec elle[35],[36]. D'autres raisons moins triviales, notamment la divergence de points de vue politiques, sont évoquées[35].

Les deux anciens amis, qui ne se reverront plus, refusent de révéler la moindre information sur le sujet[36]. Durant 35 ans, Vargas Llosa fait interdire toute nouvelle publication de son livre sur García Márquez[35]. Après la mort de ce dernier en 2014, le Péruvien affirme avoir noué un pacte avec lui pour garder à jamais le silence sur la cause de cette amitié brisée[36]. Reconnaissant à son ex-complice d'avoir tenu sa promesse jusqu'à la fin, il affirme vouloir en faire autant et laisser les historiens et biographes faire la vérité sur cette affaire[36].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Fiction[modifier | modifier le code]

Théâtre[modifier | modifier le code]

Autobiographie[modifier | modifier le code]

Essais[modifier | modifier le code]

  • La orgía perpetua: Flaubert y "Madame Bovary", 1975 (L'orgie perpétuelle : Flaubert et Madame Bovary, 1978)
  • Cartas a un joven novelista, 1997 (Lettres à un jeune romancier, 2000)
  • El lenguaje de la pasión, 2001 (Le langage de la passion. Chroniques de la fin du siècle, 2005)
  • Un demi-siècle avec Borges, L'Herne, coll. « Essais Philosophie », 2004 et Carnets, 2010 (publication originale en français)
  • Dictionnaire amoureux de l’Amérique latine, Plon, 2005 (publication originale en français)
  • Diccionario del amante de América Latina, Paidos, 2006 (publication en espagnol)
  • La tentación de lo imposible, 2004 (La tentation de l'impossible. Victor Hugo et Les Misérables, 2008)
  • El viaje a la ficción, ensayo sobre Juan Carlos Onetti , 2008 (Voyage vers la fiction : Le Monde de Juan Carlos Onetti, Gallimard, 2009)
  • De sabres et d'utopies : Visions d'Amérique latine, Gallimard, coll. « Arcades », 2011
  • La civilización del espectáculo (La civilisation du spectacle), Alfaguara, 2012.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (es) Boletín Oficial del Estado (Bulletin officiel de l'État), « Real Decreto 134/2011 (Décret Royal 134/2011) », sur Madrid,‎ 3 février 2011 (consulté le 4 février 2011)
  2. a et b Personnel de rédaction, « The Nobel Prize in Litterature 2010 », Fondation Nobel,‎ 2010 (consulté le 7 octobre 2010)
  3. Williams 2001, p. 15–16
  4. Williams 2001, p. 17
  5. Morote 1998, p. 14
  6. Morote 1998, p. 6–7
  7. a, b, c, d et e Notice bibliographique consacrée à Mario Vargas Llosa sur le site de l'Académie suédoise.
  8. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r, s, t, u, v et w « Mario Vargas Llosa, l’écrivain et son double », Le Spectacle du Monde,‎ janvier 2011 (lire en ligne)
  9. Williams 2001, p. 31
  10. Williams 2001, p. 32
  11. a et b Williams 2001, p. 45
  12. a, b, c, d, e et f (fr) L'Express.fr, « Mario Vargas Llosa, un Nobel amplement mérité », consulté le 14 octobre 2010.
  13. a, b, c, d, e, f, g et h (fr) Rue 89, « Mario Vargas Llosa, un prix Nobel de littérature très politique », consulté le 23 juillet 2011.
  14. Article Universalis sur Mario Vargas Llosa
  15. a et b Le Monde.fr, « Mario Vargas Llosa, maître du bouillonnement romanesque », consulté le 14 octobre 2010.
  16. a, b et c « Les dimensions du désir chez Vargas Llosa » par Bernard Sesé sur le site de l'encyclopædia Universalis, consulté le 18 novembre 2013.
  17. a et b « De la réalité sociale à la réalité verbale chez Vargas Llosa » par Bernard Sesé sur le site de l'encyclopædia Universalis, consulté le 18 novembre 2013.
  18. « Un goût précoce pour l'écriture chez Vargas Llosa » par Bernard Sesé sur le site de l'encyclopædia Universalis, consulté le 18 novembre 2013.
  19. « Violence et contestation chez Vargas Llosa » par Bernard Sesé sur le site de l'encyclopædia Universalis, consulté le 18 novembre 2013.
  20. « Cycle de l'ironie chez Vargas Llosa » par Bernard Sesé sur le site de l'encyclopædia Universalis, consulté le 18 novembre 2013.
  21. (fr), Le Point.fr, « Le Nobel à Mario Vargas Llosa », consulté le 14 octobre 2010.
  22. Serge Audier, La gauche réformiste et le libéralisme in L'Économie politique no 40, octobre 2008. Serge Audier est maître de conférences en philosophie morale et politique à l’Université de Paris-Sorbonne (Paris IV) et membre de l'Institut universitaire de France.
  23. Mario Vargas Llosa, Les Enjeux de la liberté, p. 139
  24. 'Indio', 'china', 'gringo', 'cholo': el racismo sale a la luz en las elecciones de Perú sur elmundo.es
  25. Mario Vargas Llosa : Éloge de la lecture et de la fiction - Conférence Nobel, le 7 décembre 2010
  26. (en) Confessions of a Liberal, Mario Vargas Llosa, 3 mars 2005
  27. Matin plus, 21 septembre 2007
  28. la corrida est une culture
  29. le manifeste de Vargas Llosa en faveur de la corrida
  30. Diego García Sayán
  31. IDH
  32. soutien à la corrida au Pérou
  33. Vargas Llosa dans La Republica
  34. pour la corrida au Pérou
  35. a, b, c, d, e, f, g et h Philippe Lançon, « García Márquez, le temps de la solitude », Libération,‎ 17 avril 2014 (lire en ligne)
  36. a, b, c, d et e « Le pacte secret de Garcia Marquez et Vargas Llosa », France TV Info,‎ 25 avril 2014 (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (es) Raymond L. Williams, Vargas Llosa: otra historia de un deicidio, Mexico, Taurus,‎ 2001 (ISBN 968-19-0814-7)
  • (es) Herbert Morote, Vargas Llosa, tal cual, Lima, Jaime Campodónico,‎ 1998