Paul Vecchiali
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Paul Vecchiali, né à Ajaccio le 28 avril 1930, est un cinéaste, producteur indépendant et écrivain français.
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Biographie [modifier]
Il passe son enfance à Toulon. Sa famille, soupçonnée de pétainisme alors que le père était en constante relation avec son beau-frère, un des plus anciens compagnons de la résistance, préfère quitter cette ville après la guerre. Paul Vecchiali entre à l'École polytechnique, dont il est diplômé en 1955.
Il produit les premiers Jean Eustache, était l'ami de Jacques Demy et dirige son idole Danielle Darrieux. Il collabore aux Cahiers du Cinéma et à La Revue du cinéma, avouant une passion notamment pour Robert Bresson, Jean Grémillon et Max Ophüls.
Il a fondé la maison de production Diagonale en 1976[1].
Son cinéma s'inspire du cinéma français des années 1930, avec une touche expérimentale (Paul Vecchiali préfère « recherche ») et de l'autobiographie.
Il réalise son premier film en 1961, un film muet, tout en travaillant comme officier-instructeur à Polytechnique.
Paul Vecchiali a abordé dans ses films les thèmes du sida, de l'homosexualité, de la bisexualité, de la non-sexualité, de la peine de mort et de la religion. Il a tourné, avec les productions pour la télévision, plus d'une cinquantaine de films. Il n'a obtenu que quatre fois l'avance sur recettes du CNC, ce qui lui a inspiré le scénario de À vot' bon cœur.
Le dictionnaire du cinéma français des années 70 de Cinéma 80 : « Qu'il aborde le fantastique ([[L'étrangleur), la comédie musicale (Femmes femmes), la pornographie (Change pas de main), la pédophilie et la peine de mort (La Machine), l'épuration sanglante qui suivit la Libération (En haut des marches), la prostitution (Rosa la rose, fille publique), ou le romanesque (Corps à cœur, C'est la vie), Vecchiali impose une vision du monde originale, éminemment subversive dans la mesure où tout, inné et acquis, concourt à décortiquer le réel de ce qui l'opacifie, idées ou regards reçus ».
François Truffaut fera partie des rares personnes à s'enthousiasmer pour Vecchiali à ses débuts[2]. Quant à Jacques Demy, il déclare à Paul Vecchiali : « On n'est peut-être que tous les deux à aimer Robert Bresson et Danielle Darrieux ».
Paul Vecchiali vit depuis 2006 dans le Var à Plan de la Tour.
Fidèle à son image de provocateur, Paul Vecchiali a déclaré le 25 janvier 2012, dans les colonnes de Corse-Matin : « Même si, bien naturellement, je ne détiens pas la vérité, je dis ce que je pense. Oui, je trouve le jeu de Daniel Auteuil vide et sans aspérités. Oui, je trouve que le cinéma d'André Téchiné s'assimile à du « copier-coller », qui emprunte beaucoup trop à d'autres cinéastes. Oui, c'est vrai, Patrice Chéreau est pour moi un artiste « canada dry »... auquel il manque l'essentiel : l'émotion, la passion. » [3]
Filmographie [modifier]
- 1961 : Les Petits Drames (film détruit/inédit)
- 1962 : Les Roses de la vie (court métrage)
- 1964 : Le Récit de Rebecca (court métrage)
- 1965 : Les Ruses du diable
- 1967 : Les Premières Vacances (court métrage)
- 1968 : Les animaux malades de la science (émission télévision)
- 1969-1971 : Réservé aux curieux (émission télévision pour enfants)
- 1972 : L'Étrangleur
- 1972 : Les Jonquilles (court métrage)
- 1973 : Prenez garde aux moroses (télévision)
- 1973 : Albert Camus (documentaire)
- 1974 : Femmes femmes
- 1975 : Change pas de main
- 1977 : La Machine
- 1978 : Maladie (court métrage)
- 1978 : Corps à cœur
- 1980 : C'est la vie !
- 1982 : Cœur de hareng (télévision)
- 1983 : En haut des marches
- 1983 : Lettre d'un cinéaste (court métrage)
- 1983 : L'Archipel des amours (séquence Masculins singuliers)
- 1984 : Trous de mémoire
- 1985 : Rosa la rose, fille publique
- 1986 : À titre posthume (télévision)
- 1986 : Soft qui peut (télévision)
- 1986 : Les Barnufles (court métrage)
- 1987 : Once More ou Encore
- 1988 : Le Café des Jules
- 1989 : Les jurés de l'ombre (télévision)
- 1989 : En cas de bonheur (télévision)
- 1989 : Avec sentiment (court métrage)
- 1989 : Le Front dans les nuages (télévision)
- 1989 : Le leurre (court métrage)
- 1990 : Louise ou le passé humilié (court métrage)
- 1990 : Lize ou la femme miroir (court métrage)
- 1990 : La tendresse de l'araignée (télévision)
- 1991 : L'Impure (téléfilm)
- 1991 : Vous êtes folle Imogène (téléfilm)
- 1992 : Sanguine (téléfilm)
- 1992 : Fugue en sol mineur (court métrage)
- 1993 : Point d'orgue (télévision)
- 1994 : Wonder Boy-De sueur et de sang
- 1994 : La terre aux vivants (court métrage)
- 1995 : Les Boulingrin (court métrage)
- 1996 : Zone franche
- 1996 : Imogène contre-espionne (téléfilm)
- 1996 : L'@mour est à réinventer (séquence Les Larmes du sida)
- 1998 : Victor Schoelcher, l'abolition (télévision)
- 2003 : La marquise est à Bicêtre
- 2004 : À vot' bon cœur
- 2005 : Dis-moi (court métrage)
- 2005 : Bareback ou la guerre des sens (inédit en salles)
- 2006 : Et + si @ff (inédit en salles)
- 2007 : ... Et tremble d'être heureux (inédit en salles)
- 2008 : Humeurs et rumeurs (inédit en salles)
- 2010 : Les Gens d'en-bas
- 2011 : Retour à Mayerling
Théâtre [modifier]
- Auteur
- 1979 : Vous ne trouvez pas que ça sent la guerre ? de Noël Simsolo et Paul Vecchiali, mise en scène Christian Rauth, Festival d'Avignon
- Metteur en scène
- 1984 : Revoir la mer de Jean-Pierre Thibaudat, Petit Odéon
- 1985 : La Parisienne d'Henry Becque, Comédie-Française
- 1989 : Poussières de Paul Vecchiali
- 1989 : La parigina et La vedova d'Henry Becque
- 1992 : Carmen Paradiz de Corinne Cousin
- 2008 : Albertine de Mona Heftre, d'après les écrits d'Albertine Sarrazin
- 2009 : La Fille du puisatier, adapté du film de Marcel Pagnol par Paul Vecchiali
Bibliographie [modifier]
- Marie Christine, D'halluin et Cie, 1966
- Poussières (théâtre, 1992, Ed. Aléas)
- Quand meurt le fantastique (nouvelles, 1992, Ed. Aléas)
- La pieuvre par neuf (roman policier, 1998, Ed. Baleine)
- Les frontières de l'aube, Stock, 2000
- Indécente mémoire (roman, 2003, Ed. H&O)
- Vade retro (roman, 2004, Ed. H&O)
- Vesperales (roman, 2008, Ed. H&O)
- Les parfums de l'aurore, Reflet, 2007
- Calme était la mer, H & O, 2010
- L’Encinéclopédie. Cinéastes "français" des années 1930 et leur œuvre, 2 vol., Éditions de l'Œil, 2010
Voir aussi [modifier]
- 1979 : montage de Les Belles Manières de Jean-Claude Guiguet
- 2005 : Emmanuel Vernières a réalisé un documentaire sur Paul Vecchiali intitulé Paul Vecchiali en diagonales
- 2006 : Jean Gourguet, un artisan du cinéma, documentaire TV de Christophe Bier dans lequel Paul Vecchiali joue son propre rôle.
- 2010 : Jean Aurenche, écrivain de cinéma, documentaire de Alexandre Hilaire et Yacine Badday : Paul Vecchiali intervient comme témoin sur sa collaboration avec Jean Aurenche.
Références [modifier]
- Philippe Azoury, « La ligne Diagonale », Libération, 4 janvier 2006 [texte intégral (page consultée le 24 février 2012)]
- Lors de la projection des Ruses du diable, il déclare : « Paul Vecchiali est le seul héritier de Jean Renoir »
- Corse-Matin Paul Vecchiali ou l'insolence d'un réalisateur
Liens externes [modifier]
- (en) Paul Vecchiali sur l’Internet Movie Database
- Dossier Paul Vecchiali dans Cadrage.net, juin 2005
- Portrait de Paul Vecchiali