J. M. Coetzee

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J. M. Coetzee

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J.M. Coetzee en 2006

Naissance 9 février 1940
Le Cap
Nationalité Drapeau d'Afrique du Sud Afrique du Sud
Profession Écrivain, professeur de littérature
Distinctions Prix Nobel de littérature
Prix Booker...

J. M. Coetzee (prononciation : /kʊtsiə/[1]), de son nom complet John Maxwell Coetzee, est un romancier et professeur en littérature sud-africain d'expression anglaise, né le 9 février 1940 au Cap en Afrique du Sud. Il est lauréat de nombreux prix littéraires de premier ordre dont le prix Nobel de littérature en 2003.

Sommaire

[modifier] Biographie

Coetzee naît au Cap dans une famille boer (colons afrikaners). Son père est avocat et sa mère institutrice. L'anglais est sa langue maternelle et il suit d'ailleurs sa scolarité dans une école anglophone. Il ne semble d'abord pas se destiner à un cursus universitaire dans les lettres et étudie les mathématiques à l'université du Cap. En 1960, il part pour l'Angleterre et poursuit à Londres des études de linguistique et d'informatique.

Après avoir travaillé comme programmeur pour IBM, puis pour International Computers, Coetzee nourrit des ambitions littéraires, mais il est tiraillé entre ses besoins financiers et sa passion pour les lettres et l'écriture. L'attribution d'une bourse d'étude lui permet de reprendre des études d'anglais à l'université du Texas à Austin, où il soutient une thèse de doctorat en 1965 sur les romans de Samuel Beckett. Il se voit ensuite proposer un poste à l'université de Buffalo (New York) où il enseigne jusqu'en 1971. L'année suivante, il obtient une chaire de professeur en littérature au département d'anglais de l'université du Cap. Son premier roman, Terres de crépuscule (Dusklands), y est publié en 1974.

Coetzee s'installe en Australie en 2002 pour enseigner à l'université d'Adélaïde. Il est maintenant professeur émérite à l'université de Chicago (Illinois), aux États-Unis.

L'auteur a reçu de nombreux prix littéraires de premier ordre : il fut le premier écrivain et à ce jour le seul avec l'auteur australien Peter Carey, à obtenir deux fois le prestigieux Prix Booker, en 1983 pour Michael K, sa vie, son temps (Life and Times of Michael K) et en 1999 pour Disgrâce (Disgrace). La plus importante des récompenses internationales : le prix Nobel de littérature, vient couronner en 2003 une œuvre « qui, dans de multiples travestissements, expose la complicité déconcertante de l’aliénation. » [2]

[modifier] Son œuvre

[modifier] Thématiques du roman coetzien

Coetzee se définit comme un « écrivain occidental vivant en Afrique du Sud. »[3]. Ses romans prennent donc généralement pour toile de fond son pays natal et sa réalité politique (racisme, ségrégationnisme, inégalités ethniques et sociales, violence, paranoïa...). Cependant, ses livres, contrairement à ceux de sa consœur Nadine Gordimer ne traitent pas des spécificités du régime sud-africain en eux-mêmes, ne cédant ni aux tentations du parti pris, ni aux modes idéologiques ni au manichéisme. Ses récits se veulent en dehors de l'histoire et de toute réflexion dialectique. L'auteur traite certes des problèmes de sa nation, mais il les subvertit sur un mode allégorique et étudie leurs répercussions sur l'individu jusque dans son intimité, élargissant même le propos à toutes les formes d'oppression dans le temps, quelles qu'elles soient.

[modifier] Le positionnement du romancier

Coetzee renvoie le cadre de l'apartheid à un fonctionnement philosophique plus général : « la société d’apartheid était une société de maître et d’esclaves, où les maîtres eux-mêmes n’étaient pas libres ». L'écrivain cherche d'ailleurs lui-même à démystifier le rôle de l'artiste, l'incluant, comme maillon ordinaire, à la chaîne sociale dont il est censé se départir : « Je ne suis pas le représentant d’une communauté ou quoi que ce soit d’autre. Je suis juste quelqu’un qui, comme tout prisonnier enchaîné, a des intuitions de liberté et qui construit des représentations de gens laissant tomber ces chaînes et tournant leurs visages vers la lumière. ». En effet, Coetzee s'attache à illustrer l'humanité fébrile de vies et de destins singuliers pris en étau dans un système politique dont ils sont à la fois les victimes et les complices.

[modifier] Une œuvre cruelle, pessimiste et ambiguë

Au cœur de ce pays (In the Heart of the Country, 1977), raconte l'histoire d'une vieille fille seule dans une ferme. En attendant les barbares (Waiting for the Barbarians, 1980) évoque les turpitudes d'un pouvoir central, miroir d'un régime ségrégationniste, qui craint une invasion barbare dans un désert. C'est d'ailleurs ce roman qui valut à l'auteur une renommée internationale. Michael K, sa vie, son temps conte l'itinéraire physique et mental d'un inoffensif bec-de-lièvre combattant pour la liberté dans un pays ravagé par la guerre civile. Disgrâce (1999) traite, quant à lui, de la société post-apartheid et de ses dysfonctionnements (violences, viols...). Œuvre de la maturité, Disgrâce assoit définitivement le prestige littéraire du romancier. Par le biais d'une écriture qui rompt toute distance, comme celle d'un journal de bord ou la narration d'un cauchemar[4], Coetzee explore les comportements et les discours propres aux situations de survie individuelle dans des régimes politiques qui ont brisé toute possibilité de dialogue et ont anéanti le sens des mots[3]. Cet ordre de la violence isole chacun dans un soliloque ou dans une parole sans plus de ligne directrice. Le lecteur est alors pris de malaise dans la mesure où il s'identifie aux personnages, épris de culpabilité et luttant pour leur liberté, mais fascinés en même temps par le morbide, la violence et l'humiliation. L'individu cherche à s'extraire de sa propre aliénation tout en s'y confortant. Ce fonctionnement proprement « amoral » (en dehors de toute considération sur le bien et le mal) entrave tout processus de libération possible. Ce scepticisme, à la limite de la misanthropie, ne va pas sans rappeler les thèmes d'un Kafka ou d'un Beckett.

[modifier] Le style de l'auteur

Le style romanesque de Coetzee est d'une grande habileté. Il « n’applique jamais la même recette à deux ouvrages, ce qui contribue à la grande variété de son œuvre. »[2], selon les termes du jury Nobel. Coetzee se révèle être un orfèvre de la langue, réfléchissant avec une grande pertinence et une extrême minutie le vocabulaire, le rythme de la phrase et le poids des mots. Sa prose luxuriante n'omet ni l'ironie, ni l'humour noir, ni l'ambiguïté du sens. L'auteur enrichit les codes de la fiction moderne et du langage littéraire avec l'approche du sémioticien et du linguiste qu'il fut à ses débuts[3]. Peu d'écrivains sud-africains ont réussi à trouver l'équilibre entre appel de justice sociale et réflexion des techniques et des formes du roman contemporain.

En 1994, avec l'élection de Nelson Mandela à la tête de l'État, Coetzee retrouve son inspiration dans le pastiche littéraire post-moderne et post-colonial, genre qu'il avait déjà inauguré avec Foe (1986), parodie de Robinson Crusoé. Le Maître de Pétersbourg (The Master of St. Petersburg, 1994) évoque en préambule, le parcours d'un Dostoïevski imaginaire qui revient dans le Saint-Pétersbourg de 1869 après s'être exilé à Dresde, en Allemagne, pour échapper à ses créanciers russes.

[modifier] Œuvres traduites en français

[modifier] Prix littéraires

[modifier] Références

  1. (fr) Prononciation de John M. Coetzee en Afrikaans, Forvo
  2. a et b Notice bibliographique sur J.M. Coetzee sur le site de l'Académie suédoise
  3. a, b et c Article consacré à J.M. Coetzee par Jacqueline Bardolph in le Nouveau Dictionnaire des auteurs, de tous les temps et de tous les pays, édition Laffont-Bompiani, Paris, 1994, volume 1, page 705
  4. Article de Jacqueline Bardolph concernant J.M. Coetzee sur le site consacré aux écrivains d'Afrique du Sud

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[modifier] Voir aussi

[modifier] Articles connexes


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