Internationalisme

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L’internationalisme correspond à un ensemble de positions idéologiques diverses et parfois antagonistes qui, par différence ou par opposition au nationalisme, défendent des programmes politiques et des intérêts sociaux par-delà les frontières. Il est particulièrement défendu au sein du mouvement ouvrier (inspirée notamment du marxisme et du socialisme libertaire) qui prône la solidarité des prolétaires de tous les pays, mais se trouve également déféndus par les défendeurs de l’altermondialisme et du capitalisme.

Définition et historique[modifier | modifier le code]

Définition[modifier | modifier le code]

L’internationalisme est une idéologie qui encourage et met en place une solidarité de principes, d'intentions et d'actions parmi les individus et les forces collectives, et qui tend vers une organisation dépassant les structures nationales.

L’internationalisme souhaite la fin des affrontements entre les États et s'oppose au nationalisme et au chauvinisme, en défendant des intérêts qui sont communs à l'humanité. Le nationalisme est un principe politique qui apparaît à la fin du XVIIIe siècle. Il définit le groupe national comme une essence basée sur un ensemble de principes et de valeurs ethniques, culturels ou sociaux. Le groupe national est alors lié de manière exclusive à l’État-nation. Le chauvinisme, qui tient son étymologie du nom de Nicolas Chauvin, est une forme de patriotisme exclusif.

L’internationalisme est à ne pas confondre avec plusieurs notions à caractère transnational ou international.

  • Le cosmopolitisme[1] est différent de l’internationalisme en ce qu’il est un mode de vie, plutôt qu’une idéologie. Il tire ses origines de l’antiquité grecque et propose à l’homme se sentir « citoyen du monde » et de considérer celui comme sa patrie.
  • L’universalisme promeut des valeurs et des idées valides partout dans le monde, à toute époque et pour toute classe sociale. Il postule que tous les êtres humains auraient une nature commune, une unité globale et fondamentale plus forte que les différences (langues, histoire, traditions). L'universalisme républicain, qui est une doctrine d'origine française, présente la République et ses valeurs de liberté, égalité des individus et fraternité comme un idéal universel.
  • Le mondialisme est un mouvement idéologiquement neutre en principe, visant à l’unité du monde et la solidarité entre les citoyens. Le mondialisme est lui-même à ne pas confondre avec mondialisation, qui est un processus économique et social.

Historique[modifier | modifier le code]

L’idée de coopération entre les nations dans le but de créer un système de paix et d'échanges existe avant le développement de l'internationalisme au XIXe siècle. Une de ces conceptions majeures est développée par Emmanuel Kant dans son ouvrage Vers la paix perpétuelle[2]. Selon lui, la paix au niveau mondial ne peut se réaliser que par la création d'un cadre juridique commun. La première étape de la construction de la paix perpétuelle est l’adoption par les États d’une constitution républicaine (c’est-à-dire de la démocratie représentative). Ces États formeraient ensuite une fédération d’États libres, capables de substituer aux relations de force des relations de droit sur la base du respect des droits des personnes. Kant n’envisage pas un gouvernement mondial.

Le concept d'internationalisme émerge au milieu du XIXe siècle. Il définit alors les relations entre les nations puis la collaboration dans des organisations internationales (voir Internationalisme institutionnel). Il se diffuse en Europe et aux États-Unis, dans le cadre du développement des États-nations et de l'expansion coloniale européenne. Il prend une connotation politique avec le développement des Internationales ouvrières et a un sens péjoratif pour les nationalistes. Au cours du XXe siècle, la notion d'internationalisme aura des significations plus larges, voire contradictoires.

Les évolutions du mouvement ouvrier[modifier | modifier le code]

L'internationalisme de gauche ou prolétarien[3] qui apparaît au XIXe siècle vise :

  • dans un premier temps, à la solidarité internationale entre les prolétaires (ouvriers, paysans, employés, salariés, précaires, chômeurs, etc.)
  • puis après un processus révolutionnaire ou réformiste, à la mise en place d'un régime international supprimant les États et leurs frontières ; c'est alors le socialisme (ou communisme), une société qui ne comprend ni États, ni classes, ni exploitation.

Ses principaux théoriciens sont Karl Marx, Friedrich Engels, Herman Gorter, Rosa Luxemburg, Lénine, Kautsky, Karl Liebknecht, Eduard Bernstein, Jean Jaurès. Le slogan « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! », dernière ligne du Manifeste du Parti communiste, le drapeau rouge et le chant « L’Internationale » en deviennent les principaux symboles. L'internationalisme de gauche est un pacifisme et s'oppose aux guerres entre les peuples.

Première Internationale, internationalisme ouvrier[modifier | modifier le code]

L'Association internationale des travailleurs est fondée à Londres en 1864. C'est une première tentative formelle pour l'union du mouvement ouvrier international naissant en Europe. Cette fédération voit se rassembler, et parfois s'opposer, deux tendances socialistes :

  • les socialistes dits autoritaires, marxistes, ou communistes
  • les anti-autoritaires, mutuellistes influencés notamment par Proudhon et Bakounine. Ces dissensions internes font imploser le mouvement en 1872, lorsque Marx fait exclure Bakounine au congrès de l'AIT à La Haye.

Cette scission vient affaiblir encore un mouvement divisé et frappé par la répression après la Commune de Paris. Le 15 juillet 1876, le congrès réuni à Philadelphie décide l'auto-dissolution de l’Internationale.

Association internationale des travailleurs, internationalisme anarchiste[modifier | modifier le code]

Cette dislocation fait naître une internationale anti-autoritaire, la Fédération jurassienne fondée à St-Imier en 1872. Cette association est donc l'héritière directe de l'AIT. Elle est peu à peu délaissée par les militants anarchistes qui vont préférer de nouvelles formes de militantisme, comme la propagande par le fait, ou encore l'anarcho-syndicalisme.

L’Association internationale des travailleurs une internationale anarcho-syndicaliste qui reprend le nom de la Première Internationale, est fondée en 1922 à Berlin. Cette association est encore active aujourd'hui et dispose de sections en Europe et en Amérique du Sud.

La dimension internationaliste du mouvement anarchiste s'est également exprimée en dehors des organisations formelles que sont les partis politiques, les fédérations ou les syndicats, à travers notamment une organisation en réseaux, façonnés au gré des rencontres et des affinités entre militants du monde entier[4].

Deuxième Internationale, internationalisme socialiste[modifier | modifier le code]

L’Internationale ouvrière socialiste (Deuxième Internationale) est fondée le 14 juillet 1889 à Paris à l’initiative de Friedrich Engels. Contrairement à la Première Internationale, les délégués ne créent pas d’organismes centraux, mais organisent des conférences périodiques pour favoriser les échanges entre les groupes de travail nationaux.

La condition préalable à de l'établissement de la Deuxième Internationale a été la croissance du mouvement ouvrier dans les pays européens et aux États-Unis, l’élaboration de la législation concernant les partis socialistes et communistes, la propagation des idées socialistes[5].

Au début du XXe siècle, la Deuxième Internationale exerce une force influence dans le mouvement ouvrier  avec 12 partis de 23 pays. Les Congrès de la Deuxième Internationale se focalisent sur les enjeux du nationalisme, du chauvinisme, de la course aux armements et de la menace d'une guerre mondiale. Mais en 1914, le principe national l’emporte sur l’idée internationaliste et la majorité de ses partis soutiennent la guerre, à l’exception des socialistes russes, serbe et de petites minorités d’autres partis.

Les opposants à la guerre dénoncent le massacre des peuples entre eux pour les intérêts des dirigeants de chaque État. Ils se réunissent en Suisse à la conférence de Zimmerwald en 1915 et à la conférence de Kiental en 1916. Dans l’après-guerre, les divisions entre les partis socialistes et la naissance de la Troisième Internationale entraînent la mort de la Deuxième Internationale. En tentant de recomposer le schisme entre communistes et socialistes, certains partis fondent à Vienne, en février 1921, l’Union des partis socialistes pour l'action internationale. En mai 1923, lors de la conférence de Hambourg, cette organisation devient l’Internationale ouvrière socialiste, qui se proclame héritière de la Deuxième Internationale[6].

Cette nouvelle expérience, gravement menacée par l’arrivée au pouvoir des dictatures en Europe dans les années 1930 va durer jusqu’au déclenchement de la seconde guerre mondiale en 1939. Après sa dissolution formelle, elle se reconstitue pendant le congrès de Francfort en 1951, sous le nom d’Internationale socialiste. Cette organisation se défini comme démocratique, anticommuniste et anti-impérialiste, s’ouvrant aux partis socialistes du Tiers Monde surtout à partir du Congrès de Genève (26-28 novembre 1976). L’Internationale socialiste est encore active aujourd’hui comme lieu de rencontre et de débat théorique et rassemble 159 partis[7].

Troisième Internationale, internationalisme communiste[modifier | modifier le code]

La Troisième Internationale dite aussi Komintern ou Comintern[8], est l'organisation internationale des partis communistes créée en 1919 à Moscou. La dimension internationaliste est à la base de cette organisation et de ces propositions. Son but était de réunir tous les courantes révolutionnaires, pacifistes et anti-impérialistes de tendance communiste. Puisque la Révolution d'Octobre ouvrait dans l'histoire des luttes prolétaires une nouvelle phase de conquête du pouvoir, la Troisième Internationale se proposait comme l'instrument organisationnel de la révolution communiste mondiale.

La Troisième Internationale est rapidement devenue un instrument de la politique étrangère soviétique. Les congrès mondiaux ne se réunissent plus après le VIe congrès en 1934. En 1943 elle est supprimée par Staline dans le contexte de la Seconde guerre mondiale. En 1947 est fondé le Kominform qui se propose de connecter tous les partis communistes d'Europe et fonctionne jusqu’en 1956. Dans les années 1950-1980, les partis communistes chinois et albanais organisent des réseaux internationalistes sans les formaliser dans une organisation.

Dans les années 1930, l’appareil de la Troisième Internationale compte près de 500 militants permanents de toutes nationalités, basés à Moscou. L’internationalisme communiste se manifeste au niveau des militants par l’engagement dans des organisations de masse, antifascistes (par exemple pendant la Guerre d’Espagne), pacifistes (Mouvement de la Paix) et de solidarité internationale et anti-coloniale.

En 1927, le « Premier Congrès international contre l'impérialisme et le colonialisme » est convoqué à Bruxelles. L'événement accompagne la création de la Ligue contre l’impérialisme et l'oppression coloniale, organisation affiliée à l’Internationale communiste et s’appuie sur les analyses de Lénine dans sa brochure L'Impérialisme, stade suprême du capitalisme.

Quatrième Internationale, internationalisme trotskiste[modifier | modifier le code]

Léon Trotski fonde la Quatrième Internationale en 1938 alors qu’il est en exil à Paris[9]. Le Programme de transition écrit par Trotski lui-même défend l’idée de la Révolution permanente. La IVe Internationale se veut l’héritière de la Commune de Paris, de Marx et Engels et de la révolution d’octobre 1917. Elle se positionne contre la bureaucratie stalinienne, contre la montée des fascismes et contre les politiques impérialistes.

Les congrès mondiaux de la IVe Internationale ont pour ambition de réunir l'ensemble de ses sections pour prendre position sur les différents événements historiques et déterminer la conduite à tenir face aux prises de pouvoir militaires et totalitaires. Les congrès mondiaux vont également se positionner sur la stratégie à adopter vis à vis des autres partis et syndicats de gauche. Ces décisions entraînent de nombreuses scissions au sein des mouvements se réclamant du trotskisme. La plus importante des scissions se déroule en 1952, lorsque le Parti communiste internationaliste (PCI) refuse de pratiquer la politique de l'entrisme défendue par Michel Pablo et votée par la IV Internationale [10] :

  • Aujourd'hui le Secrétariat unifié comporte une soixantaine d'organisations membres ou sympathisantes à travers le monde.

Chaque années les jeunesses révolutionnaires membres de la Quatrième Internationale organisent pour une semaine un camp regroupant les jeunes militants anticapitalistes, révolutionnaire du monde entier. Le but de ce rassemblement étant d'échanger sur les différentes expériences de lutte [11].

Mouvements de citoyens et de solidarité internationale[modifier | modifier le code]

L'altermondialisme[modifier | modifier le code]

Parmi les mouvements ayant tenté un dépassement des logiques nationales, l'altermondialisme doit être cité dans les principales expériences récentes.

Ce mouvement promeut, contre la dérégulation financière et la marchandisation à outrance des années 1980-1990, un mouvement de résistance coordonné à l'échelle internationale qui résiste à la mise en coupe réglée du monde par les multinationales. Pour cette raison l'altermondialisme regroupe des militants d'horizons très différents : syndicalistes, écologistes, paysans, pacifistes, etc.

Ce mouvement naît à partir de la révolte des indiens du Chiapas au Mexique en 1994 et se forme de façon officielle au Sommet de l'Organisation Mondiale du Commerce en 1999. Depuis lors il s'est régulièrement réuni lors de contre-sommets lorsque les élites du monde se rassemblent, et organise des forums sociaux mondiaux (FSM), dont le premier a eu lieu en 2001 à Porto Alegre. Les différents mouvements tentent de se coordonner et de définir un calendrier d'action.

Malgré ses intentions internationalistes ce mouvement n'est pas exempt de contradictions, la plupart des manifestations ont lieu surtout en Europe ou en Amérique latine, et beaucoup moins en Afrique alors que ce continent est le plus touché par les problèmes soulevés par le mouvement altermondialiste. D'autre part les mobilisations sont souvent plus nationales ou continentales qu'internationales, ce qui pose la question des difficultés à mettre en place un véritable mouvement internationaliste.

Associations et organisations-non gouvernementales[modifier | modifier le code]

Un nouveau type d’internationalisme centré sur les aspects sociaux, humanitaires, moraux et de sauvegarde de la planète se développe à côté des internationalismes politiques, notamment après la fin de la Seconde Guerre mondiale. Le but de cet internationalisme est de créer des associations dont les membres appartiennent à différentes nations pour la coopération et la réalisation d'objectifs communs au niveau international. Dans cette perspective les associations humanitaire, les ONG ainsi que le courant écologiste peuvent être considérées comme des internationalismes puisqu'ils se basent sur des approches globales et préconisent des modes de coordination internationaux.

L’internationalisme humanitaire[12]. est l’ensemble des principes et des activités relatifs à l’assistance et à la protection de victimes civiles de désastres naturels ou produits par l’homme, surtout les conflits armés. La Croix-Rouge est l’une des premières structures allant au-delà des intérêts nationaux, tout en comprenant des représentants des États-nations. Elle a pour but de renforcer l’action humanitaire en répondant aux besoins en matière d’assistance et de protection. Elle s'efforce aussi de contribuer au règlement des conflits par des voies pacifiques. Dans la seconde moitié du XXe siècle un nouveau modèle d’internationalisme humanitaire s’impose : l’humanitaire sans frontières. En 1971 deux jeunes médecins en mission en Biafra fondent l’organisation Médecins sans frontières. Selon ce type d’organisation, qui a inspiré beaucoup d’autres professionnels comme les avocats ou les ingénieurs à s’engager, l’aide à l’humanité devrait être internationaliste et ne pas rester circonscrite dans les dynamiques des souverainetés nationales et territoriales.

Les organisations non gouvernementales (ONG) et organisations non gouvernementales internationales (ONGI) sont des associations à but non lucratif, indépendantes des États et des institutions internationales et financée par des fonds privés. Globalement on répartit les ONG en deux ensembles, les ONG humanitaires et les ONG de plaidoyer.

Les ONG définissent une mission précise d'intervention et s'organisent à différents échelons du local à l'international[13]. Pour permettre une telle organisation au niveau mondial et obtenir une certaine légitimité technique, les ONG ont dû se doter d’infrastructures stables. Dès lors, elles se sont engagées dans une professionnalisation croissante et qui est source d'un certain nombre de critiques.

La question écologique, un enjeu global[modifier | modifier le code]

L'origine du terme écologie montre une approche globalisée par définition[14]. Comme le problème environnemental concerne l'ensemble du globe, les mouvements prônent une coordination internationale pour répondre aux problèmes environnementaux. L’écologie politique tente de trouver une réponse politique pour organiser au niveau international la mise en œuvre de politiques respectueuses de l'environnement inspirées des travaux scientifiques. Même quand la question est locale, l'approche est pensée en termes d'équilibre global.

Le mouvement écologistes est très divers dans ses organisations, ONG (on parle alors d’Organisation non gouvernementale environnementale (ONGE) et partis politiques n'en sont que les plus connus.

La principale critique vis-à-vis de l'écologie est qu'elle ne parvient pas à imposer une véritable coordination internationale ni au niveau des États, ni au niveau de l’internationalisme militant.

Le capitalisme et la défense de la mondialisation marchande[modifier | modifier le code]

Internationalismes de droite[modifier | modifier le code]

L’internationalisme de droite est une notion problématique, qui n’est pas toujours appuyée sur une idéologie revendiquée ou une organisation. Il est souvent catégorisé et dénoncé de l’extérieur. Néanmoins, les défenseurs du libéralisme plaidant pour la libre circulation des échanges et des capitaux, ils jouent également en faveur d'un dépassement des cadres nationaux.


Le terme d'internationalisme libéral peut avoir alors deux sens :

  • Réunion des partis se proclamant « libéraux ». L’Internationale libérale fondée en 1947 décide de « développer une organisation partisane au niveau transnational » et fonctionne comme un acteur politique européen.
  • Principe de politique étrangère limitant la souveraineté des États au nom de valeurs partagées (libéralisme économique, démocratie, droits de l’homme) et prônant une gouvernance mondiale.

Replis identitaires transfrontaliers[modifier | modifier le code]

Internationalisme fasciste, néo-fasciste et d’extrême droite[modifier | modifier le code]

Le fascisme est une révolution nationaliste qui construit autant par exclusion que par inclusion. On peut parler de « fascisme global », incluant des régimes autoritaires (Franco, Japon) et établissant des collaborations internationales (financements, accords comme le pacte antikomintern à la fin des années 1930)[15]. Il ne s’organise jamais comme une « Internationale », terme trop connoté à gauche. Après 1945, les tentatives de fondation d’internationales néo-fascistes (le terme est alors interdit de facto et même de jure) comme l’Internationale de Malmö, le Mouvement social européen ou Ordre nouveau européen, restent marginales et cantonnées à l’Europe[16]. La solidarité internationaliste d’extrême droite peut fonctionner par réseaux sur des enjeux précis, comme dans le cas de l’OAS défendant l’Algérie française.

À la fin du XXe siècle se développent de nouvelles droites extrêmes qui partagent le refus de la mondialisation, des migrations, du cosmopolitisme post-industriel, de la construction européenne, mais dont l’internationalisme reste limité par les valeurs identitaires.

Internationalismes terroristes[modifier | modifier le code]

Le phénomène du terrorisme, notamment depuis les années 1970 et 1980, présente des aspects internationalistes[17].

  • Collaborations entre différentes organisations terroristes : il s’agit d’un partage de moyens et d’informations, conduisant à la formation de réseaux terroristes internationaux. En septembre 1988, un accord de collaboration est conclu entre la Fraction armée rouge et les Brigades rouges italiennes[18]. Une idéologie commune n’est pas une condition nécessaire. La coopération peut être essentiellement pragmatique (fourniture des armes, financements, actions à l’étranger etc.). Un exemple est la collaboration entre les groupes palestiniens et les groupes néo-nazis[19].
  • Appui de certains États au terrorisme. Les pays les moins scrupuleux ont choisi le terrorisme comme moyen de promouvoir leurs intérêts politiques et contribuent à l’internationalisation de la violence politique. Pendant la Guerre Froide, les liens entre les organisations terroristes de la gauche révolutionnaire en Europe de l’Ouest et les institutions politico-militaires des régimes communistes sont attestés. Les Brigades rouges italiennes ont utilisé les financements et l’aide des services secrets des pays du Pacte de Varsovie[20].
  • L’internationalisme islamiste comprend une composante de terrorisme islamiste dans ses réseaux, sa propagande et son recrutement. L’État islamique s’appuyant sur la terreur remet en question l’organisation et l’inscription territoriale des États-nations hérités des XIXe et XXe siècles[21].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Lourme, Louis. Qu’est-ce que le cosmopolitisme ? Paris : J. Vrin 2012
  2. http://www.philomag.com/les-idees/kant-et-le-projet-de-paix-perpetuelle-8982
  3. Claudie Weill, « L'internationalisme en question(s) », Matériaux pour l’histoire de notre temps 2006/4.
  4. http://fr.contrainfo.espiv.net/
  5. Patrizia Dogliani « Socialisme et internationalisme », Cahiers Jaurès, no 191, 2009/1
  6. Zorgbibe, Charles, “L’Internationale socialiste : structure et idéologie”, Politique étrangère, Vol.34, 1969, p. 84-86.
  7. http://www.internationalesocialiste.org/
  8. Pierre Broué, Histoire de l'Internationale communiste, 1919-1943, Paris, Fayard, 1997
  9. Bensaid Daniel, Les Trotskysmes, Que sais-je ?, PUF, 2002
  10. Bensaid Daniel, Les Trotskysmes, coll. « Que sais-je ? », 2002.
  11. http://www.internationalcamp.org/
  12. Brodiez Axelle, Dumons Bruno, « Éditorial : Faire l'histoire de l'humanitaire », Le Mouvement Social 2/2009 (no 227)
  13. Graber Nils, « Les activités d'un réseau d'ONG à Cuba : internationalisme médical et santé globale », Revue Tiers Monde 3/2013 (no 215) , p. 149-164
  14. P. Acot, Histoire de l'écologie, PUF, Paris, 1988
  15. Larsen Stein Ugelvik, (dir.), Fascism outside Europe. The European impulse against domestic conditions in the diffusion of global fascism, NY, Columbia University Press, 2001
  16. Anne Duranton-Crabol, L’Europe de l’extrême-droite, Bruxelles, Complexe, 1991
  17. Michel Wieviorka : « Le réseau de la terreur : une hypothèse à revisiter », in Cultures et conflits, no 4, hiver 1991 – 1992
  18. http://etoilerouge.chez-alice.fr/docrevinter/allemagne11.html
  19. http://www.lefigaro.fr/international/2012/06/20/01003-20120620ARTFIG00527-des-neonazis-allemands-au-cote-de-septembre-noir.php
  20. Bianconi, Giovanni : « Mario Moretti era un infiltrato CIA e KGB dietro il caso Moro ». Corriere della Sera, 21 mai 2003
  21. http://www.laviedesidees.fr/Aux-origines-de-l-Etat-islamique.html

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]