Internationalisme

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L’internationalisme est une théorie du mouvement ouvrier (inspirée notamment du marxisme et du socialisme libertaire) qui prône la solidarité et l'unité internationale.

L'internationalisme, qui apparaît au XIXe siècle en étant notamment issu des révolutions démocratiques, souhaite la fin des affrontements entre les États, et vise :

  • dans un premier temps, à la solidarité internationale entre les prolétaires (ouvriers, paysans, employés, salariés, précaires, chômeurs, etc.) ce qui implique de s'opposer au nationalisme et au chauvinisme, en défendant des intérêts qui sont communs à l'humanité ;
  • après un processus révolutionnaire, à la mise en place d'un régime international supprimant les États et leurs frontières ; c'est alors le socialisme (ou communisme), une société qui ne comprend ni États, ni classes, ni exploitation.

Dans la perspective internationaliste, les travailleurs agissent solidairement avec comme but la révolution mondiale, et soutiennent les travailleurs d'autres pays et non leur gouvernement local. L'internationalisme est résumé dans le slogan « Travailleurs de tous les pays, unissez-vous ! », la dernière ligne du Manifeste communiste. Les premiers syndicalistes apprirent que plus de membres signifiait plus d'efficacité parce qu'en joignant leurs forces, les travailleurs gagnaient plus de pouvoir de négociation. Ceci appliqué à un niveau international accroîtrait la puissance des travailleurs contre celle de leurs patrons. Il faut s'allier contre la classe dirigeante qui, selon les marxistes, opprime les travailleurs.

L'internationalisme est un pacifisme et s'oppose aux guerres entre les peuples. D'après la théorie marxiste l'antonymie de l'internationalisme, prolétarien, est le « nationalisme bourgeois ».

Karl Marx disait : « Je suis un citoyen du monde »[1]. Cette vision est assez différente de celle de certains sociaux-démocrates, comme George Orwell pendant la seconde guerre mondiale, qui observa que « dans tous les pays, les pauvres sont plus nationalistes que les riches »[2].

Les théoriciens de l'internationalisme marxiste sont Karl Marx, Friedrich Engels, Herman Gorter, Rosa Luxemburg, Lénine, Karl Liebknecht, Léon Trotski, Anton Pannekoek et Antonio Gramsci. Les partisans de cet internationalisme se regroupent dans des structures internationales : l'Association internationale des travailleurs, la Deuxième Internationale, la Troisième Internationale, l'Internationale Communiste ouvrière, le Centre marxiste révolutionnaire international, la Quatrième Internationale, etc. L'Internationale est un chant important de ce mouvement.

La défense de ce principe a été à l'origine de la scission historique de 1914, entre ceux qui ont accepté la guerre mondiale et donc renoncé à l'internationalisme (sociaux-démocrates), et ceux qui ont refusé ce qu'ils voyaient comme le massacre de peuples entre eux pour les intérêts des dirigeants de chaque État.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Souvenirs personnels sur Karl Marx, par Paul Lafargue.
  2. George Orwell, The Lion and the Unicorn. Orwelll contredisait ainsi ses opinions antérieures, lorsqu'il était membre du Parti travailliste indépendant (ILP).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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